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Lundi 28 avril 2008



Fiche technique :
Avec Brad Renfro, Ni
ck Stahl, Rachel Miner, Bijou Phillips, Michael Pitt, Kelli Garner, Daniel Franzese, Leo Fitzpatrick et Deborah Smith Ford. Réalisé par Larry Clark. Scénario : Zachary Long et Roger Pullis. Directeur de la photographie : Steve Gainer. Compositeur : Eminem.
Durée : 111 mn. Disponible en VO, VOST et VF.



Résumé :
Bobby Kent est mort le 14 juillet 1993. Alors qu'il était allongé dans son sang, il demanda de l'aide puis la grâce à son meilleur ami, Marty Puccio. Sa réponse fut instantanée et préméditée : il l'étripa et lui renversa la tête en arrière pour lui trancher la gorge. L'incident laissa les habitants sans voix, les parents des jeunes meurtriers dépressifs et inconsolables et un groupe d'adolescents accusés d'un crime sanglant pour lequel ils ne se repentiront jamais.

 

 

L'avis de Traveling avant :
Six ans après le choc effroyable de Kids, Larry Clark suit de nouveau à la trace une bande d'adolescents américains désoeuvrés et laissés à eux-mêmes, se gavant jusqu'à plus soif de sexe, de sensations fortes et de drogues à la dure. Plus âgés, profitant du confort aseptisé des banlieues et du luxe relatif de leur situation sociale et familiale, ils n'en sont pas moins les rejetons, les dignes héritiers et continuateurs de son premier film : jeunes, oisifs, cons voire tarés jusqu'à la moelle, inadaptés et déconnectés d'une réalité qui semble se dérouler dans une autre dimension que la leur, à la fois bulle surprotégée et chaos autodestructeur.



Les purs produits décérébrés d'une société qui fabrique des monstres d'abrutissement. Volontairement traumatisant et provocateur jusqu'au malaise, le style de Larry Clark pousse encore plus loin, avec Bully, ce constat dévastateur et alarmiste : car le réalisateur ne se contente plus de filmer le quotidien de ces jeunes inadaptés affectifs, mais nous montre les conséquences – désastreuses, tragiques – de leurs raisonnements et actes inconséquents.



Bifurquant vers le fait divers, privilégiant toujours une approche hyperréaliste et documentaire qui flirte sans cesse avec le sensationnalisme trash, le photographe-cinéaste ouvre cette fois la porte de chambre de jeunes issus de la classe moyenne américaine. Ce qu'il nous laisse entrevoir – ce que les parents ne veulent pas voir – c'est l'horreur pure, l'exact revers de toutes les mises en scène hollywoodiennes qui confortent les parents et la société bien-pensante et hypocrite dans une image embellie et mensongère de l'adolescence.



Une certaine part de la triste réalité, hélas, réside ailleurs, loin des sourires Barbie-Ken que l'on nous sert jusqu'à vomir. Bully, film-pavé qui bouleverse et remue en profondeur, n'est pas très beau à voir : il nous oblige à regarder en face le terrible cul-de-sac vers lequel se dirige la progéniture de l'ère du vide.
Inspiré d'un fait divers sanglant et absurde survenu en Floride, Bully met en scène avec une implacable logique narrative – réglée au quart de tour, et aidée d'un fini documentaire brut saisissant – la dérive criminelle d'un groupe d'adolescents bien décidés à assassiner l'un des leurs, une petite frappe prétentieuse qui brutalise, manipule et abuse tous et toutes autour de lui.



Marty (Nick Stahl, stupéfiant dans le rôle) s'acharne en particulier sur Bobby (Brad Renfro, remarquable, méconnaissable), son ami d'enfance, sur qui il exerce un ascendant malsain, exigeant qu'il accomplisse toutes sortes d'actes dégradants. Leur relation, qui frôle sans cesse l'homosexualité latente, a tout du rapport de pouvoir tyrannique, Marty-dominant exerçant sur Bobby-dominé un rapport de bourreau-victime dans lequel ce dernier se complaît avec une ambiguïté, une satisfaction sadomasochiste de tous les instants.



Mais la nouvelle petite amie de Bobby (Bijou Philips), elle-même malmenée par Marty, comprend rapidement la dynamique installée entre les deux garçons, force Bobby à prendre conscience et à se révolter, puis, contre toute attente et bon sens, soulève l'ensemble du groupe d'amis liés à Marty et les convainc d'attenter à sa vie, d'éliminer ce monstre qui vampirise leurs vies. Ce qui, au début, a tout du fantasme juvénile et du délire passager, devient peu à peu une obsession de groupe qui débouchera sur l'innommable. Leur vengeance, aussi naïve et maladroite que stupide, violente et irréfléchie, fait basculer Bully de portrait implacable de la tourmente adolescente au cauchemar sordide.

 


Portraitiste impitoyable des tares d'une Amérique dont la morale bien-pensante et le culte du confort et de l'abondance sont les façades qui dissimulent un malaise et un mal de vivre immenses, Larry Clark nous assène une nouvelle claque en pleine figure, et avec quelle force d'impact ! Impossible de rester de glace devant un tel film. Sa démonstration sans concession, cohérente et authentique dans sa radicale crudité, a de quoi soulever maintes questions et réflexions. Et plusieurs auront été effectivement choqués devant les actes et propos inqualifiables de cette jeunesse dépravée, qui cultive la douleur et l'humiliation jusqu'à exhiber ses blessures avec fierté, une jeunesse dépourvue de toute sensibilité, qui confond fiction et réalité, que Clark met en scène avec un sens de la spontanéité et un souci du détail maniaques.



Certains ont soulevé le problème de son angle d'approche : il est vrai que le travail de Clark, plus que jamais dans Bully, frôle sans cesse la complaisance malsaine et le voyeurisme pervers. On l'accuse de filmer ses « sujets » comme un vieux cochon excité, chosifiant ses personnages, les transformant en objets de jouissance pour obsédés sexuels. Mais qualifier ainsi sa démarche la réduit considérablement : c'est oublier un peu vite à quel point Clark ne suresthétise pas l'acte sexuel, qui est traité, comme l'ensemble de ce qui est représenté, avec un sens documentaire-vérité évident. Que le cinéaste opte systématiquement pour la représentation de situations crues et explicites relève bien évidemment d'une double volonté de provocation et de confrontation des tabous que Clark partage avec tout un pan du cinéma indépendant américain contemporain : pensons seulement à un Todd Solondz.



Contrairement à ce dernier, toutefois, Clark s'ancre davantage dans le social - nul humour ici, sinon un pathétique risible – et assume pleinement l'héritage documentaire et cinéma-vérité, tout en resserrant l'étau narratif autour du crime à accomplir, laissant le spectateur prisonnier de la mise en place du fait divers, qui fait bifurquer le film à mi-chemin vers le thriller social. On pourra regretter que la complexe et fascinante relation entre Marty et Bobby soit ainsi rapidement évincée au profit de la démonstration implacable de l'acte de vengeance, trouver aussi que ces jeunes écervelés sont réduits à l'état de simples pantins grotesques et abrutis sous les yeux du cinéaste qui porte sur eux un regard aussi dénué de sympathie. Mais la réalité est-elle si éloignée de ce que Clark dépeint ? Toute la question de la pertinence de la démarche de Clark se situe là :  Bully est-il le miroir déformant ou grossissant, ou encore le juste reflet-témoignage de la pathétique réalité d'une certaine jeunesse ?



Situé sans doute quelque part entre les deux, ce film dérangeant de Larry Clark force l'admiration par la précision et la justesse chirurgicales de sa mise en scène, irréprochable et pleine de fulgurances, et par le tour de force de la direction d'acteurs – tous, professionnels comme amateurs, y sont tout simplement hallucinants. Après cette nouvelle et traumatisante séance d'électrochocs signée Larry Clark, on attend avec impatience que le cinéaste s'attaque aux grand absents de son univers adolescent, à ceux qu'il pointe du doigt à travers l'oisiveté à la fois tranquille et sauvage de ces enfants abandonnés à leur absence de repères : les parents. Eux aussi, souhaitons-le, seront soumis au terrible regard-scalpel de Larry Clark.
Pour plus d’informations :

par Travelling avant publié dans : FILMS : Les Toiles Roses communauté : Gays news
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Vendredi 25 avril 2008


Fiche technique :
Avec Lorenzo Balducci, Francesco Venditti, Moran Atias, Sandro Giordano, Massimiliano Caprara, Paola Ranzoni, Loretta Goggi, Paolo Villaggio, Alexandra La Capria et Giorgio Santangelo. Réalisation : Luciano Melchionna. Scénario : Luciano Melchionna et Alexandra La Capria. Directeur de la photographie : Tarek Ben Abdallah.
Durée : 112 mn. Disponible en VO et VOST.



Résumé :
Luca est un jeune homme taciturne et mal dans sa peau. Soudain, il tombe amoureux de Riccardo, le frère de sa petite amie. Parallèlement, Luca s’adonne à des beuveries avec ses amis dans leur repaire situé dans le sous-sol d’une usine désaffectée.
Les liens entre cette bande de jeunes décadents psychopathes et ce jeune homme, qui se découvre, se tissent peu à peu au fil d’une construction alternant temps présent et flash-back.



L’avis de Psykokwak :
Dès les premières images, nous entrons dans les profondeurs d’une usine désaffectée. C’est dans ce no man’s land que s’est réfugié Luca. Avec des compères, il séquestre un type d’une cinquantaine d’année, un peu rondouillard. Un bourgeois ?  Peu importe, il a pour son malheur croisé à la sortie d’un sex shop cette bande de jeunes qui l’ont enlevé sans raison apparente.


Nous sommes à Latina, près de Rome, une ville développée sous Mussolini, à l’architecture caractéristique du style totalitaire du fascisme. Ville qui a servi de décors pour le film Mon frère est fils unique de Daniele Luchetti.
La trame du film conjugue des séquences actuelles et des retours en arrière scandés par des plans fixes de cercueils et de courtes présentations dédiées à chaque personnage de l’histoire. Autant de chapitres que de personnages et pour fil d’Ariane, le portrait de Luca.


On ne comprend pas au début de ce qu’il s’agit, pourquoi ces jeunes adultes, trois garçons et deux filles, s’acharnent sur ce pauvre type dans une sorte de délire comportemental où la drogue, le sexe se mélangent… La répétition des plans fixes de cercueils ponctuent la narration et nous préviennent du dénouement tragique de leur violente dérive. Ce n’est que progressivement que le puzzle se construit pour donner une cohérence à l’histoire.


Le réalisateur s’intéresse à un épisode récent de ses différents personnages comme pour essayer de comprendre le sens de leur comportement. Une sourde rage semble tous les animer. Rage contre un père absent à l’anniversaire de son fils, colère vis à vis d’une mère insensible à la souffrance d’un chien, l’ennui d’un travail peu gratifiant dans une morgue, le désespoir d’une fille délaissée par son copain, une révolte contre un esprit petit bourgeois, autant de portraits alignés et qui, toutefois, expliquent difficilement leur conduite insensée. Aucun discours politique ne vient étayer leur démarche. Seul le rassemblement de ces individus désenchantés expliquerait ce déchaînement de violence dont nous gratifie Lucianno Melchionna. Les effets d’une dynamique de groupe, associés à des prises de drogues et à un désœuvrement partagé pourraient donner un début de compréhension à leurs actes sauvages et gratuits.


Faut-il y voir une critique d’une jeunesse en perte de repères dans une société anonyme ?
Et il y a Luca qui mène une vie assez banale de livreur de courses, jusqu’à ce qu’il rencontre Riccardo le frère de sa petite amie. Entre les deux hommes débute une histoire d’amour qui est brutalement interrompue par le tabassage à mort de Riccardo.
Film pessimiste et dérangeant où l’on se perd dans les portraits longuets et pas très convaincants des personnages. Des coupes dynamiseraient le rythme d’un film que je trouve ennuyeux. La bande son réussie souligne avec des musiques industrielles la déshumanisation des protagonistes.
Pour plus d’informations :

 

par Psykokwak publié dans : FILMS : Les Toiles Roses communauté : Gays news
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Jeudi 24 avril 2008


Fiche technique :
Avec Rattanaballang Tohssawat, Chaiwat Thongsaeng, Wiradit Srimalai, Chutcha Rujinanon, Suchao Pongwilai, Chonprakhan Janthareuang, Uthumporn Silaphan et Rachanu Boonchuduang. Réalisation : Poj Arnon. Scénario : Poj Arnon.
Durée : 120 mn. Disponible en VO et VOST.



Résumé :
Jeune truand sauvage et sans pitié, malmené par la vie depuis son enfance, Mehk est un tueur à gage sans état d'âme dans une vie qu'il semble fuir sans cesse. L'argent qu'il gagne en exécutant des contrats lui permet d'entretenir sa mère et son frère atteints du sida.



Son dernier contrat, supprimer un jeune et riche fils de famille, va tout faire basculer. Mehk renonce à tuer sa victime. Une amitié se noue entre les deux garçons désormais poursuivis par les hommes de main du patron de Mehk.



L’avis de Psykokwak :
Mehk (Nuage), tueur à gage enchaîne les contrats sans état d’âme. Solitaire, ce travail n’est qu’un pis aller dans sa morne existence, juste utile à financer les soins nécessaires pour sa mère et Mhok (Brouillard), son frère, qui crèvent à petit feu du SIDA. Mhok a été violé par son beau-père qui les a contaminé. Il est régulièrement brutalisé et dépouillé de ses médicaments par des jeunes du quartier effrayés par sa maladie.


Mehk (Rattanaballang Tohssawat) doit kidnapper Itt (Pierre) et le ramener à son patron. On imagine que le jeune homme d’affaires informait la police sur les activités illicites de son patron. Mission risquée dont s’acquitte Mehk. Mais lorsqu’on lui demande de descendre Itt (Chaiwat Tongseang), il refuse prétextant que c’est un bon gars, pas comme les salauds qu’il dessoude d’habitude. Une fusillade éclate qui se poursuit dans une fabrique de statues de Bouddha dont les têtes explosent sous l’impact des balles.


Mehk, blessé, est alors secouru par Itt qui le trimballe jusqu’à la planque glauque de Mehk. Puis il le soigne. Ils logent dans un taudis niché sur la terrasse d’un immeuble de Bangkok. Une cohabitation étrange s’installe qui débouche sur une relation amoureuse difficile à accepter pour Mehk qui prend du champs. Itt, dépité, n’a de cesse de l’exhorter à revenir. Mehk tergiverse entre sa petite famille à l’agonie et sa passion amoureuse pour Itt.


Sa mère se suicide après avoir découvert que Mhok se prostituait pour payer leurs traitements médicamenteux. Mehk finit par être coffré par la police… alors que Itt perd la vue lors d’un ultime règlement de compte.


Sacré cinéma thaï ! Après les kitschissimes Larmes du tigre noir, le queer Satreelex Iron ladies , l’envoûtant et fantasmagorique Tropical  Malady, le touchant Beautiful boxer , et ce Bangok Love Story, le cinéma altersexuel thaï me réjouit.


L’intrigue autour d’une histoire de truands avec une histoire d’amour entre deux mecs ce n’est pas courante. Les quelques scènes d’action viennent rythmer les longs et beaux échanges entre les deux hommes. J’ai pensé à l’Ami américain de Wenders. Et aussi à Brokeback Mountain, même si le réalisateur Poj Arnon déclare avoir eu l’idée de son scénario avant la sortie du film de Ang Lee.


La photographie est léchée dans des teintes saturées de jaune orangé, ou plus sombres, de nombreuses séquences se déroulent la nuit et sous la pluie. Les deux héros ayant une furieuse propension à baiser à même le sol détrempé quand ce n’est carrément pas dans des flaques d’eau.


Il fait chaud et humide à Bangkok et nos deux protagonistes se baladent souvent en caleçon, ce qui permet d’admirer la magnifique plastique de l’acteur qui interprète Itt. Toutefois un regret, que le scénario ne soit pas à la hauteur de la qualité cinématographique et que le style penche vers la forme mélodramatique.
Pour plus d’informations :

 

par Psykokwak publié dans : FILMS : Les Toiles Roses communauté : Gay-friendly
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Mercredi 23 avril 2008

Fiche technique :
Avec Dhanaé Audet-Beaulieu, Pierre-Luc Blais, Sylvie Bouchard, Francis Ducharme, Madeleine Péloquin, Emmanuel Schwarz et Sébastien Simoneau. Réalisation : Pascal Robitaille. Scénario : Pascal Robitaille. Directeurs de la photographie : Mathieu Laverdière et Pascal Robitaille. Compositeurd : Pierre-Luc Blais et Emmanuel Schwarz.
Durée : 50 mn. Disponible en VF.



Résumé :
Vivent les débardeurs, vive le Québec jeune !
Un couple de sympathiques « chums », William et Médéric, se filme au début de l’été, des vacances, de leurs existences…



L’avis de Psykokwak :
Lonely Child, un moyen métrage estampillé Dogma # 41, s’intéresse à Médéric, un jeune choupinou québécois qui profite de son 17e anniversaire pour présenter son chum à sa famille. Seule sa mère s’est déplacée chez la frangine.


Bien qu’elle soit au courant de la pédésexualité de son rejeton, elle s’emporte violemment lorsque Médéric embrasse son copain. Toute la haine et l’homophobie maternelle éclate en un psychodrame bien musclé. Voir la scène diffusée en début d’article, la meilleure du film.


Puis Méderic et William (Emmanuel Schwartz) se rendent en voiture chez un couple de copains dans une maison au bord d’une rivière. On écoute Médéric et un des garçons discuter de leurs premiers émois, du vécu de leur sexualité et on a droit à une petite séance de strip-tease entre Médéric et Maxime tout en retenue et très pudique. En fait l’image est surexposée et franchement mal cadrée d’où notre déception à ce qui aurait pu être une friandise. D’autres bavardages s’éternisent devant une rivière, un feu de camp… sur fond de grattouillage de guitare.


Rien de franchement excitant si ce n’est la charmante frimousse de Médéric (Dhanaé Audet-Beaulieu). Nous avons bien du mal à nous passionner pour ce Lonely Child. Les images floues, flottantes et mal cadrées accompagnent des dialogues insipides. La caméra passe de mains en mains, pour s’immobiliser sur un rétroviseur, ou sur le feu de camp.


Le principe Dogme est ici poussé à ses limites, caméra tenue à la main, lumière exclusivement naturelle, son en direct et sans préparation ou répétition des scènes. Heureusement l’accent québécois nous tire quelques sourires, même si on peine de temps en temps à tout saisir, mais vu la profondeur des échanges ce n’est pas gênant. Et si on a vu C.R.A.Z.Y., on reconnaît certaines expressions.


Bref un film sans grand intérêt et je me sens d’autant plus perplexe que ce film amateur est interprété par des acteurs. Pourquoi ne pas avoir travaillé un peu les prises de vue, tout en respectant le code Dogme ? Un petit compliment pour le rendu d’une fraîcheur dans le jeu des acteurs. À vouloir filmer comme des amateurs, il n’a rien coûté, on produit un film décevant et ennuyeux.


Je pense à Ma vraie vie à Rouen, où le jeune Etienne (Jimmy Tavares) filme sa vie d’ado à partir d’un caméscope qu’on lui a offert. Il y avait là une idée originale, que les réalisateurs Olivier Ducastel et Jacques Martineau avaient scénarisé et cela avait donné un film sympathique.
Rien de cela ici si ce n’est le sentiment de visualiser un brouillon. Dommage car l’idée de ce coming out très nature pouvait donner lieu à un film amusant et plaisant à regarder.
Pour plus d’informations :

 

par Psykokwak publié dans : FILMS : Les Toiles Roses communauté : Gays news
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Mardi 22 avril 2008


Fiche technique :
Avec John Cusa
ck, Kevin Spacey, Jack Thompson, Irma P. Hall, Jude Law, Alison Eastwood, Paul Hipp, Chablis et Kim Hunter. Réalisé par Clint Eastwood. Scénario de John Lee Hancock. Directeur de la photographie : John N. Green. Musiques de Johnny Mercer et Lennie Niehaus.
Durée : 155 mn. Disponible en VO, VOST et VF.




Résumé :
Savannah : une petite ville entourée de marécages où évolue une population stratifiée en classes et dont, pourtant, les différents milieux communiquent par des voies secrètes. Il en va ainsi pour le plus grand notable de la ville, un antiquaire et collectionneur d'art, qui, pour d'obscures raisons, invite un jeune écrivain à partager un temps sa compagnie. Peu à peu, le jeune homme devine l'homosexualité honteuse de son hôte, qui cache (pour ne pas faire de peine à sa maman) une relation agitée avec une petite frappe. Mais le jeune voyou a des exigences et demande toujours plus d'argent.




On le retrouve mort dans la demeure de son amant. Celui-ci plaide la légitime défense, soutenu par un puissant avocat. L'écrivain se retrouve dans la position inconfortable de témoin qui en sait trop. Il est intimement convaincu qu'il ne s'agit pas de légitime défense, mais de meurtre. Doit-il intervenir au nom de la justice ou va-t-il plus confortablement choisir de ne pas se mêler de ce qui ne le regarde pas ?



L'avis de Jean Yves :
Minuit dans le jardin du bien et du mal est un film des plus étranges. Il aurait pu être un film à thèse s'articulant autour du cas de conscience de l'écrivain. Pas du tout, il n'est en rien un réquisitoire contre une justice à deux vitesses. Le riche pédé qui a tué son amant prolo est filmé comme l'innocence même, une sorte de grand gosse qui a simplement fait une bêtise. Autour de lui, tous les habitants de la ville sont plus dérangés les uns que les autres : le jury, par exemple, est composé d'abrutis, dont un cinglé qui fomente d'empoisonner la ville entière.
Mais le plus étonnant c'est que ce film paraît, à plusieurs reprises, abandonner son sujet. Sur sa route, le jeune écrivain croise une drag-queen noire, Lady Chablis, star du sud de la Floride, ici dans son propre rôle. Elle prend l'ascendant sur le récit d'une façon stupéfiante comme si Clint Eastwood avait été fasciné par elle et lui avait écrit des scènes sur mesure, semblant oublier jusqu'à l'histoire qu'il avait commencé à raconter.

Minuit dans le jardin du bien et du mal est un très beau film, non pas sur le milieu gay, mais avec le milieu gay.

 



L'avis de Neil :
Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère…
Prononcez tout d’abord doucement le titre, en version originale qui plus est : Midnight in the garden of Good and Evil. Un régal pour l’oreille et tout un programme en perspective. Nous sommes à la fin des années 90 et Clint Eastwood est en plein dans sa période polars : après Les Pleins pouvoirs et avant Jugé coupable, le réalisateur ne se met cette fois pas en scène mais laisse le rôle du détective, ici amateur, à John Cusack. Cela dit Minuit dans le jardin du Bien et du Mal diffère pas mal des deux films sus-cités puisqu’il repose avant tout sur l’ambiance de la petite ville de Savannah, en Géorgie. John Kelso doit y faire le compte rendu d’une fête huppée donnée chaque année par le richissime John Williams. La nuit précédent son retour, il est brusquement réveillé par le tapage occasionné par le meurtre de Billy Hanson (Jude Law toujours aussi sexy). Tout porte à croire que c’est John Williams qui a fait le coup, mais le doute subsiste. Kelso va finalement rester quelques jours de plus pour élucider cette affaire.



C’est à un polar à ambiance que nous convie donc Clint Eastwood dans Minuit dans le jardin du Bien et du Mal. L’héroïne du film est bien Savannah et ses habitants hauts en couleurs : un intrigant millionnaire aux mœurs dissolues, un transsexuel au charme vénéneux, une prêtresse vaudou énigmatique... les personnages ne manquent pas d’allure, et le jeune blanc-bec John Kelso fait bien pâle figure (tout comme son interprète John Cusack). Comme tous les films à procès, Minuit dans le jardin du Bien et du Mal traîne parfois en longueur et accumule les scènes de plaidoirie qu’on aurait volontiers zappées. Malgré tout, on assiste à la fine description d’une société riche et oisive qui cumule pas mal de tares. Non contents d’être quasiment tous homophobes, les charmants habitants de cette petite communauté se révèlent bien souvent lâches et hypocrites. Clint EastwoodKevin Spacey s’en tire à merveille avec un rôle taillé sur-mesure où il prend un malin plaisir à s’auto parodier. Les amateurs y découvriront aussi Allison Eastwood (la fille de …) et son joli minois dans un de ses premiers grands rôles. Tout ça pour dire que Minuit dans le jardin du Bien et du Mal est un film plaisant qui nous montre une ville du sud des États-Unis bien ancrée dans ses traditions, sans doute pas le meilleur film de son réalisateur mais en bonne place dans sa filmographie. parvient toutefois à ne pas sombrer dans la critique vaine et stérile, mais tisse un propos très pertinent sur la Vérité et les Mensonges qui larvent chez tout un chacun. Bien malin qui pourra dire au final quel est le coupable, si tant est qu’il faille y en avoir un. Dans ce petit jeu machiavélique,
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par Neil et Jean Yves publié dans : FILMS : Les Toiles Roses communauté : Gays news
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Lundi 21 avril 2008


Fiche technique :
Avec Aaron Ashmore, Marie Tifo, Jean-Pierre Bergeron, Fiona Reid, Scott Thompson et David Foley. Réalisé par John L'Ecuyer. Ecrit d'après l'histoire de Marc Hall par Kent Staines. Producteur : Heather Haldan. Producteur exécutif : Mary Young Leckie. Editeur : Mike Lee. Musique de Mélanie Douane, Botanic et Pornographers. Compositeur : Gary Koftinoff. Directeur de la photographie : Glenn Warner.
Durée : 88 mn. Disponible en VO, VF et VOST.