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Et voilà, 2007 a pris fin et une nouvelle année commence pour ceux qui ont survécu à la précédente. Cela n’a pas toujours été facile. De renoncements en découragements, de ruptures en nouveaux départs, tiraillé entre le yin et le yang, continuellement assailli par le doute, j’ai laissé ma barque m’emmener au fil d’une eau tourmentée, comme un bateau ivre qui vogue à la dérive dans les brumes de la vie.
Encore une année de perdue, suis-je tenté de me dire. Que s’est-il passé ? Quel bilan en tirer ? Des amours mortes, d’autres entre parenthèses… j’ai fui Paris où ma situation tant professionnelle que sentimentale était bloquée. Je ne m’y sentais pas d’avenir… en l’état actuel des choses. Ai-je eu raison de partir ? C’est 2008 qui le dira. Si la nouvelle année s’achève sur la même note que celle qui vient de finir, alors ce sera l’échec définitif et sans appel de ma vie, une autre année de perdue, la preuve que je me serais fourvoyé dans la dernière de mes illusions.
Que les choses soient claires : je ne cherche pas l’amour à Caribouland. L’amour qui s’est obstinément refusé à moi en sept années de vie parisienne ne va pas apparaître comme par enchantement dans un coin de campagne sous-peuplé où les quelques homosexuels honteux qui existent se cachent dans le placard par peur du qu’en-dira-t-on. D’une certaine façon, je suis confronté à un monde à la Brokeback Mountain. Le film ne m’avait pas touché au cœur quand je l’ai vu. Je ne pouvais m’identifier à aucun de ses personnages. Les gens d’ici ne me touchent pas davantage. Habitué à la liberté de s’afficher sans état d’âme qu’ont les parisiens (et la plupart des français de province qui ne vivent pas dans les coins les plus reculés où la modernité n’a pas encore pénétré les foyers), j’ai du mal à comprendre que les gens d’ici n’en jouissent pas. On dit pourtant que le Canada est une terre de liberté. Mais pour cette liberté-là, mieux vaut sans doute vivre à Montréal ou à Vancouver.
Surpris par le nombre inhabituel d’hommes qui, sur les sites de rencontre locaux, se définissent comme bi, j’ai finalement reçu un début d’explication sur ce comportement pour le moins étrange. Il semblerait que par ici, les gens ont des mœurs débridées et, que l’on soit homme ou femme, hétéro, gay ou lesbienne, on switche d’un genre à l’autre avec une facilité déconcertante, y compris semble-t-il quand on a quelqu’un dans sa vie. Je n’ai pas encore compris l’échelle des valeurs qui me fus brièvement exposée à cette occasion, c’est-à-dire les différences conceptuelles entre le « chum », le « boyfriend », la personne avec qui on sort, l’ami(e) déclaré(e), etc. Il est vrai que celui qui m’en a parlé a mis 5 ans à comprendre le système.
Quoi qu’il en soit, en attendant de me faire draguer de façon très improbable par un beau garçon ou par une fille en chaleur (ici ce sont les femmes qui choisissent les hommes) qui tenterait sa chance malgré tout, mon premier souci est de faire enfin ce qui me plaît dans la vie et de trouver des débouchés à mes œuvres. C’est là que résidera mon véritable échec si je n’y parviens pas.
J’entends l’écho des voix de ceux qui me répètent que je suis un rêveur, que je n’y arriverai pas… Que je ne mettrai jamais mes pas dans ceux des vedettes de Hollywood, que je n’aurai jamais mon étoile sur le Walk of Fame, que je ne chanterai jamais dans la même cour que les crooners que j’aime, que mes textes resteront lettres mortes et ne seront jamais publié… ASSEZ ! Si vos rêves sont communs et médiocres, gardez-les pour vous. Si vous êtes jaloux par avance du succès que je pourrais avoir, passez votre chemin. Si vous voulez me décourager, vous aurez affaire à Daniel C. Hall ! Le découragement, j’y cède trop facilement moi-même. Les méchants savent qu’en me poussant un peu tout au bord du précipice, ils peuvent me faire tomber dans un abyme qui n’aura d’autre fin que mon anéantissement.
J’ai besoin du soutien de ceux qui croient en moi, qui m’épauleront vraiment, et pas qu’en paroles, paroles, paroles… Qui sauront me montrer le chemin, qui me rassureront et me diront que mon étoile est prête à scintiller au plus haut des cieux, que la gloire est là, à portée de main, que les rêves que je fais ne sont pas que des rêves et que je peux les vivre aussi. Ils me diront que mon talent ne demeura pas méconnu et pourra faire vibrer les gens. Je veux prendre mon envol et pour cela, j’ai besoin de vrais amis, sincères, authentiques. Tout seul, je n’y arriverai pas. Tout seul, je ne peux me bâtir un avenir.
Parce que je regarde toujours plus loin que maintenant, j’ai besoin de ceux qui m’ancreront dans le présent. Comment puis-je me construire un lendemain si, au lieu de vivre le jour, je me projette déjà dans un surlendemain qui ne peut arriver ? J’ai besoin de gens qui m’aideront à grandir et à m’épanouir avec eux, au milieu d’eux, et pour eux. Parce que la passion n’est pas égoïste, parce qu’elle se vit à plusieurs, et que les bons moments sont ceux que l’on passe entouré de ceux qu’on aime. Parce que si je ris tout seul, c’est que je ris pour rien et que je suis fou.
En 2008, plus que jamais, je vais avoir besoin de vous. Si vous m’aimez il faut m’aider, j’ai envie de rencontrer ma vie…
Nelfew, Zanzi et le Père Noël - (C) D.R.
Précédemment, dans Zanzi and the City : Zanzi et Nelfew sont partis à la rescousse du Père Noël, capturé par l’infâme Li-Pod Nano. Perdus dans le paradis
blanc, ils affrontent une gigantesque tempête de neige qui les ensevelit sous son manteau blanc le soir de Noël. Sur le point de mourir, à l’heure solennelle ils sont sauvés par des Inuits
chrétiens…
Nos amis les esquimaux nous offrirent un délicieux repas. Au dessert, j’eus un cornet de glace. Nelfew, toujours chien, se contenta des abats d’un renne. Les Inuits souriants chantaient des cantiques à longueur de journée, ça les réchauffait. J’avais repris du poil de la bête, mais j’enrageais d’avoir échoué si près du but. Nelfew m’encouragea à continuer. Le Père Noël était toujours en danger, sous les griffes rapaces de l’ignoble Li-Pod. Nous prîmes congés de nos sauveurs à qui je promis de revenir dès que possible pour les remercier le mieux du monde, et repartîmes en quête du Père Noël.
Non loin de la banquise, à la lisière de la grande forêt, se trouvait une cabane abandonnée. Nous entrâmes dans cette cahute que menaçait ruine, et découvrîmes un passage souterrain que nous empruntâmes prudemment. Quelques centaines de mètres plus loin, nous atteignîmes le but de notre voyage. Au bout du souterrain se trouvait une cave, dont le sol était jonché de vieux jouets déglingués. L’escalier qui menait à l’étage aboutissait à une porte en chêne massif qui s’ouvrit sur une vaste salle dont la féerie est difficilement descriptible. C’était comme un rêve. Des jouets par milliers, des poupées, des automates, des peluches, tout ce qui fait l’univers d’un enfant à Noël scintillait devant mes yeux comme une constellation de supernovas. Cependant, l’atmosphère était pesante, et un étrange bruit mécanique provenait d’une pièce adjacente d’où éclatant un rire sardonique à l’accent asiatique.
Li-Pod Nano savourait son triomphe ! Il se félicitait bruyamment d’avoir anéanti la magie de Noël et saccagé les rêves de tous les enfants du monde. Ses yeux bridés luisaient d’une méchanceté absolue. À ses pieds, gisait une silhouette gironde et ventripotente. La longue barbe blanche, le costume rouge, les yeux clos… Le Père Noël avait déjà rendu son dernier soupir. Devant ce spectacle tragique, ma gorge se noua, mon cœur d’enfant se révolta, et du tréfonds de mon diaphragme jaillit un hurlement à glacer le sang. Li-Pod s’arrêta de rire, pétrifié de stupéfaction. Nelfew et moi nous dressions devant lui, la vengeance dans les veines. Je brûlais d’envie de tuer cette ordure mais Nelfew m’arrêta. Cela ne ramènerait pas le Père Noël.
Devant mes yeux émerveillés, Nelfew retrouva forme humaine. La symbiose de Nelfius et de Matthew avait donné naissance à un homme magnifique. Je vis à l’aura qui l’entourait qu’il avait recouvré ses pouvoirs.
— Si nous voulons vaincre et triompher de ce cauchemar, me dit-il, nous devons remonter le temps.
Sans plus attendre, il me prit la main et lança une incantation incompréhensible, mais qui avait la beauté d’un psaume chanté en grégorien. Un halo de lumière nous entoura et tout se mit à tourbillonner autour de nous. Les couloirs du temps nous ramenèrent deux jours en arrière, au même endroit. Li-Pod s’apprêtait à commettre son forfait le plus horrible : assassiner le Père Noël. Je devais empêcher cela. C’était mon combat, Nelfew me le laissa mais il m’insuffla son invincibilité.
Une lutte furieuse et sans merci s’engagea entre moi et le cruel Li-Pod. Devant mon invulnérabilité face à toute sa panoplie d’armes, l’horrible crapule mercantile prit peur, recula d’effroi et se mit à courir pour m’échapper. Le repaire du Père Noël semblait interminable et démesuré, des pièces en enfilade se succédaient les unes aux autres. Li-Pod s’enfuit dans les étages mais j’étais à ses trousses. Nous arrivâmes dans un couloir surplombant la plus belle pièce de la maison : la salle des statues de glace. Des créatures de légende avaient été sculptées dans de la glace cristallisée qui jamais ne fondait. Je n’eus pas le temps de me laisser absorber par le spectacle. Fonçant sur Li-Pod, je m’engageai dans un furieux corps à corps dont je voulais sortir victorieux. Le chinois chercha à se dégager par tous les moyens. Dans un effort désespéré, il me repoussa brutalement, mais recula si brusquement que le choc lui fit fendre la balustrade. Li-Pod tomba à la renverse et s’empala sur la statue de la licorne, expiant ses crimes abominables.
Je revins vers Nelfew et le Père Noël, sauvé. Le vieil homme nous remercia avec effusion et voulut nous offrir des cadeaux. Mais Nelfew avait
une autre idée en tête pour donner un nouveau souffle de magie à cette rencontre avant que le Père Noël ne commence sa tournée. D’une nouvelle psalmodie, il rendit sa jeunesse et sa silhouette
élancée au bonhomme rouge qui en perdit sa barbe fleurie. Devant nous, se tenait un jeune homme de belle allure, au visage séduisant et à l’œil coquin. Nelfew et moi revêtîmes des costumes de
lutins avant de faire plus ample connaissance avec le bonhomme Noël rajeuni. Mes premiers cadeaux furent une pomme d’amour et un sucre d’orge…
Le sucre d'orge du Père Noël
Grâce à nos efforts, la magie de Noël n’allait pas disparaître. Ma ravissante nièce recevrait ses cadeaux au pied du sapin, devant la cheminée ; ailleurs dans le monde, des enfants ne
seraient plus obligés de travailler comme des forçats pour produire des jouets défectueux en quantité industrielle, ceux qui meurent de faim recevraient en cadeau de quoi se nourrir et se
vêtir, tous les enfants du monde seraient enfin heureux… Je me réveille, au bord des larmes. Ce n’était qu’un rêve. Mais un sourire efface les larmes : il n’est
pas nécessaire d’avoir des super pouvoirs pour apporter du bonheur à son prochain.
Bonne année à toutes et à tous.
Précédemment, dans Zanzi and the City : À Montréal, Zanzi est rejoint par Nelfew, une créature de l’espace née de la fusion de Nelfius et de Matthew. Ensemble, ils doivent se rendre au Pôle Nord pour sauver le Père Noël, dont l’existence est menacée par un fabricant de jouets Chinois.
S’il y a bien une chose qu’il ne faut pas faire à Caribouland, c’est entreprendre de traverser le Grand Nord au début d’un hiver rigoureux. Les conditions climatiques sont extrêmes et, si vous
avez vu Le Jour d’Après, vous devez avoir une petite idée du froid que j’ai
ressenti en enfourchant mon traîneau pour aller sauver le Père Noël. Avais-je le choix ? Bien sûr que non ! J’aurais mille fois préféré passer mes journées à magasiner dans les
boutiques de Montréal, et mes nuits à faire l’amour avec Jack. Mais le destin en avait décidé autrement, et il avait choisi Nelfew pour me rappeler à mes devoirs.
Nelfew s’était donc métamorphosé en chien de traîneau. Seul, avec ses pouvoirs qui lui donnent une force colossale, il était capable de conduire cet attelage hivernal à travers les provinces blanches du Canada. Le Québec venait d’essuyer une tempête de neige, et les prévisions météorologiques à venir n’annonçaient hélas rien de bon. Qui plus est, je me dirigeais vers les régions les plus froides ! Inconscient que je suis…
La traversée du Québec, quoique longue, fut agréable. Nelfew se révéla un charmant compagnon de voyage. De sa transformation de chat en
chien, il avait conservé ses yeux d’un bleu incroyable. Son instinct nous guidait à travers la grande forêt cariboulandaise. Nous croisâmes des caribourignaux en quête de nourriture, des
écureuils, des ratons laveurs, et près des rivières qui commençaient à geler, des castors qui pointaient le bout de leur museau. Nous passâmes à proximité d’une scierie isolée où un groupe de
bûcherons tuait le temps en se réchauffant mutuellement au coin du feu… Nous eûmes en effet l’opportunité de les surprendre en pleine
conversation, encore que la moitié d’entre eux ne pipaient mot, et leur demandâmes un peu de nourriture avant de reprendre notre route. Nelfew se régala d’un bol de croquettes que l’un des
bûcherons, propriétaire malheureux d’un chien récemment trépassé, avait en réserve.
Les hommes des bois me déconseillèrent de repartir, leur vieux transistor d’avant-guerre les ayant informés de l’imminence d’une nouvelle tempête de neige, encore plus violente que la
précédente. Je les soupçonnai cependant de vouloir me retenir pour de mauvaises raisons. Le plus téméraire n’hésita pas à déclarer qu’il aimerait me faire goûter sa bûche de Noël. Le fait
d’avoir prononcé ce mot me remit les idées en place, au moment où j’étais sur le point d’ajourner ma mission sacrée. Noël, le Père, la magie, les enfants à sauver… Remerciant mes hôtes pour
leur hospitalité, je les laissai à leurs occupations de saison et rejoignis Nelfew qui jappait d’impatience devant le traîneau :
— Vite Zanzi ! Hâtons-nous car la tempête approche. Je la sens venir et elle est méchante…
Il faut toujours faire confiance aux animaux et à leur flair. Deux heures environ après avoir quitté la scierie, le ciel menaçant s’abattit sur nous comme sur la tête de nos ancêtres les Gaulois. À travers le blizzard, Nelfew accéléra la cadence et il me sembla que le traîneau fendait le rideau de neige à la vitesse d’une voiture de course. Il me fallut attacher solidement ma ceinture pour ne point risquer d’être éjecté de mon moyen de locomotion inusité. Je n’avais pas la moindre idée de l’endroit que nous traversions dans cette folle course contre la montre. Nous étions déjà le 24 décembre et il n’y avait plus une minute à perdre. Nous étions près du but, mais tout devenait blanc, d’énormes flocons de neige tombaient en rafale de tous les côtés et on n’y voyait rien à deux mètres. Bientôt, ce fut la nuit qui tomba à son tour. Le voile des ténèbres associé au manteau neigeux forma un cocktail de mort sur nos vies qui ne valaient pas chères.
Il était impossible de s’arrêter : c’eût été se condamner à être ensevelis sous la neige et à mourir de froid. D’un autre côté, continuer de courir à l’aveuglette était tout aussi périlleux. Nelfew ne pouvait malheureusement pas nous téléporter jusqu’à destination. Le blizzard s’interposant entre lui et la Grande Galaxie rendait ses fabuleux pouvoirs inefficaces. Malgré sa robustesse, je sentais ses forces diminuer. Le souffle haletant, il s’arrêta pour se reposer. La neige s’amoncelait rapidement sur nous et autour de nous. Le froid nous brûlait de ses épines glacées, et nos corps s’engourdissaient, plongeant peu à peu dans cette torpeur qui précède le glissement dans la nuit éternelle. Nous allions mourir…
J’ignore combien de temps je suis resté inconscient. À mon réveil, j’éprouvai une étrange sensation de bien-être et de chaleur alors que
j’étais entouré de glace. Je réalisai alors que je me trouvais dans un igloo ! Nelfew, qui veillait à mes pieds, releva la tête. Il m’apprit que nous avions été sauvés in
extremis par des Inuits qui nous avaient trouvés agonisant sous la neige.
Deux jours s’étaient écoulés depuis la tempête apocalyptique.
Hélas, nous étions le lendemain de Noël.
Nous avions échoué…

Précédemment, dans Zanzi and the City : En voyage à
Montréal, Zanzi est sauvé d’une série d’explosions cataclysmiques par Jack, un géant blond éleveur de faucons maltais. Ils font l’amour au cours d’une nuit torride. Au matin, Jack et ses
faucons ont disparu, mais c’est un chat qui se dresse devant Zanzi…
Les yeux brouillés par les brumes du sommeil, j’essayais de distinguer l’origine de l’étrange miaulement qui me caressait les oreilles. Je ne rêvais pas : mon immense amant n’était plus à
mes côtés, les faucons avaient déserté l’appartement. Seul, un félin gracile tacheté comme un léopard me fixait de ses grands yeux jaunes. Il s’approcha de moi, et le miaulement se fit
ronronnement quand il se frotta à moi dans un mouvement très familier. Plongeant mon regard dans le sien, je vis défiler des étoiles et des galaxies dans ses iris. J’eus un mouvement de recul.
Je ne pouvais croire ce que mes yeux voyaient à travers ceux de ce chat, mais l’instant d’après la réalité se fit jour. Le félidé se mit à parler :
— Zanzi… Zanzi, je suis revenu pour toi.
Cette voix… par la Grande Galaxie !
— Mat… Matthew ?
— Je suis Matthew et je suis Nelfius. Je suis le margay des confins intergalactiques.
J’étais abasourdi. La dernière fois que j’avais vu Matthew et Nelfius, la
fusion de leurs corps avait provoqué un big-bang qui avait failli me faire disparaître avec eux dans l’immensité de l’espace éternel. Je les croyais morts en faisant l’amour. Ils étaient bien
vivants, mais ne faisaient plus qu’un. Étrangement, ils avaient la forme d’un chat. Un margay. Ne sachant comment m’adresser à cette créature d’un autre monde, je décidai de l’appeler Nelfew.
Le chat préféra d’emblée ce nom à celui de Matthius. Nelfew, l’être qui était né de la fusion de Nelfius et de Matthew, pouvait prendre toutes les formes. Mais ce jour-là, pour des raisons de
discrétion, il avait décidé d’apparaître en chat.
Je me souvenais de l’amour que Matthew ressentait pour moi, et du sacrifice ultime qu’il avait consenti pour sauver ma vie et sauver l’humanité de la destruction par la plus grande force de
l’univers. En se fondant dans Nelfius, il avait réduit à néant son côté maléfique et dévastateur. Le bien avait triomphé du mal. Nelfius m’avait enlevé et aimé, mais Matthew m’avait aimé plus
encore, comme personne avant lui, au point de renoncer à lui-même. Cet amour n’avait pas disparu. Je ressentis violemment son pouvoir d’attraction et la force qui soumettait ma volonté à la
sienne. De toute évidence, Nelfew avait conservé les pouvoirs de Nelfius. Quand il s’approcha de moi, je ne pus rien faire pour me dégager de son emprise.
Au contact de ma peau, sa robe léopardée changea de couleur et devint grise aux reflets bleus. Ses yeux ambrés prirent une teinte d’azur
éclatant. Qu’il était beau !
Après cette expérience insolite et inédite, je repris mes esprits et osai demander où était passé Jack. Nelfew lui avait-il fait quelque chose ?
— Jack est reparti à Malte pour la saison des fêtes. Je ne lui ai pas laissé le choix. La puissance de mon esprit l’a téléporté instantanément sur son île natale. Mais rassure-toi mon Zanzi, je le ferai revenir, si tu y tiens…
J’étais rassuré. J’aurais aimé dire au revoir à Jack, un dernier baiser avant… mais avant quoi ? Nelfew ne m’avait pas encore expliqué le but de sa présence inattendue. Que signifiait donc son retour inopiné dans ma vie ?
— Zanzi, je suis revenu pour te confier une mission. Ton monde court un grand danger, malheureusement mes pouvoirs sont inefficaces pour en
venir à bout. Tout ce que je peux faire, c’est t’accompagner jusqu’au but.
— De quoi parles-tu Nelfew ?
— Il y a, en Chine, un homme d’affaires très puissant et très cruel, du nom de Li-Pod Nano, qui a fait fortune dans le commerce des jouets à bon marché. Il exploite des enfants dès le plus
jeune âge pour fabriquer des babioles qu’il vend dans le monde entier. Dernièrement, il a découvert la cachette secrète du Père Noël et s’est emparé de lui. Le vieil homme court un grand péril.
Li-Pod est d’une cruauté sans limites. La magie de Noël court un grand péril.
— Mais… pourquoi moi ? En quoi puis-je faire quelque chose ?
— Toi seul peut sauver le Père Noël, car dans ton corps d’homme hyper sensuel, tu as conservé un cœur d’enfant… et tu crois aux fées et aux elfes.
J’étais bouleversé. Il n’y avait pas une minute à perdre. Nelfew quitta son enveloppe féline et se transforma en husky. Il fit apparaître un
traîneau et nous partîmes aussitôt pour le Pôle Nord au secours du Père Noël…
Photo
: (c) D.R.
Écœuré de la trahison fomentée par Daniel et son mystérieux con qui plisse complice « jag1366 » qui m’ont spolié de
l’exclusivité que par contrat tacite je détiens sur tous les savons en mettant en ligne des extraits de As The World Turns, je me suis enfui à Montréal pour y cacher ma peine. Coussinet,
le compagnon de mon cousin Clode, m’a récupéré à l’aéroport PET (pour Pierre-Elliott Trudeau, rien à voir avec les petits ennuis physiologiques du cher Juju). Pour ceux que cela intéresse, les anciens appellent encore ce lieu « Dorval », par opposition à l’ancien aéroport de
« Mirabel » qui ferma il y a quelques années et qui, en guise de chant du cygne, servit de décor au film Le Terminal avec Tom Hanks et Catherine Zeta-Jones. Les
pilotes et les aiguilleurs du ciel, quant à eux, l’appellent YUL.
Des flocons de neige m’accueillirent pour mon retour en terre québécoise alors que je baignais dans mes larmes. J’étais trempé de la tête aux pieds, en passant par le centre gravitationnel de mon corps à la Tom Cruise que le méchant Daniel ose qualifier de « nain ». Le paysage semblait désolé, le ciel bas et lourd pesait comme un couvercle sur mon esprit gémissant en proie aux sanglots longs des violons de l’automne en hiver, tandis que mon cousin par alliance me conduisait vers une destination bien connue de la population LGBT : le Village. Parvenus dans la rue Beaudry, nous fûmes bloqués par une congestion automobile. Plusieurs minutes s’étant écoulées dans cette languissante immobilité, je sortis de la voiture-char pour aller voir ce qui se passait.
C’est alors que se produisit une série d’explosions qui pétrifièrent le quartier. Devant moi, les voitures à la queue leu-leu éclataient à tour de rôle dans un maelström de feu. Coussinet eut à peine le temps d’engager la marche arrière pour sauver sa peau et sa précieuse Hyundai flambant neuve qu’il ne voulait pas voir flamber de cette manière. J’allais être frappé à mort par une portière incandescente propulsée par la dernière détonation lorsque je fus soulevé de terre et projeté sur le trottoir où une épaisse couche de neige amortie ma chute.
Devant moi, se tenait un géant blond aux yeux vert amande qui m’enveloppait de la douceur de son regard. Les voitures détruites par les explosions avaient disparu. Aucun événement troublant ne semblait s’être passé dans cette rue paisible et déserte. Pourtant, je pouvais encore sentir le souffle sauvage du brasier infernal imprégner l’air ambiant. Coussinet aussi avait disparu, mes bagages dans sa voiture. Je n’eus pas le temps de m’interroger sur ce nouveau coup du sort : le géant blond me prit dans ses bras et m’emmena chez lui.
L’appartement n’était éclairé que par d’étranges bougies et des chandeliers. Près de la fenêtre, deux faucons observaient le quartier d’un
regard perçant.
— Ils viennent de Malte, comme moi, me dit le géant blond.
Des faucons maltais ! Dans quelle histoire me trouvais-je encore une fois embringué !
— Mon nom est Jacob. Mes amis m’appellent Jack.
— Moi c’est Zanzi, répondis-je à demi-mot.
Dans l’heure qui suivit, Jack me narra l’histoire de sa vie. Il naquit à Zabbar, sur l’île de Malte. Ce nom qui ressemble à Zanzibar me le rendit encore plus sympathique. Son père, gréco-chypriote, est un colosse qui mesure 2m03. Sa mère, hispano-danoise de confession juive, lui a transmis sa religion mais pas tous les attributs qui vont avec. C’est en ôtant ses vêtements que Jack me révéla ce curieux mélange. Au sommet, il arbore sur l’épaule droite une étoile de David tatouée en or. Au pivot de son corps athlétique, il n’est pas circoncis… Tout en bas, il a des pieds comme vous et moi. Ouf, c’est un être humain normal !
Au bout d’un moment, je m’aperçus que j’étais nu moi aussi. Je fus saisis d’un vertige lorsque ses lèvres se posèrent sur ma bouche et que nos corps entamèrent une sarabande érotique. La tête me tournait… je voyais les murs bouger, les flammes des chandelles dansaient au rythme d’une musique sacrée venue du fonds des âges de l’Egypte antique. Ces faucons qui veillaient sur nos ébats étaient-ils les enfants d’Horus ? Jack le géant blond soudain se dressa sur le lit et me domina de toute sa taille. Il paraissait immense, semblable à la statue d’un pharaon trônant au cœur d’un temple thébain. Tandis que j’étais allongé, le phallus pointé vers le ciel, Jack s’accroupit et lorsque son anus dilaté rencontra mon gland rouge de désir, nos corps réunis ne firent plus qu’un.
Ses gémissements de plaisir emplirent la pièce d’une mélodie nouvelle à mesure que le va-et-vient de son fondement chaud et humide sur mon sexe
gagnait en intensité. Mes reins se cambrèrent pour jouer en canon cette chorégraphie d’amour. Les minutes devinrent des heures, et les heures des minutes. Au bout de l’extase, Jack fit déferler
sur mon torse et jusqu’aux limites de mon cou un torrent de sperme doux et soyeux. Au comble de la félicité, je me retirai de ses entrailles pour laisser jaillir à l’air libre ma fontaine de
jouvence. Épuisé mais heureux, je nageais dans le bonheur et baignais dans le nectar préféré des dieux. J’avais atteint une forme de paradis…
Le soir venu, Jack et moi recommençâmes notre danse du bas-ventre cependant que la déesse Hécate recouvrait la ville du voile de ses ténèbres aux reflets de Lune. L’amour nous consuma jusqu’à ce
que Morphée ait raison de nos esprits qui s’évanouirent conjointement entre ses bras. Lorsque les brumes du sommeil se dissipèrent sur le jour nouveau que baignaient les rayons d’Amon Râ, Jack
avait disparu. Avais-je rêvé tout cela ? Pourtant, je n’étais pas entré seul dans cet appartement inconnu, et les draps portaient fièrement le souvenir des heures vécues avec mon géant
blond. Mais où était-il passé ? Et les faucons ?
Soudain, un miaulement me fit sursauter et un chat bondit devant moi.
Le dieu Horus avait-il cédé la place à la déesse Bastet ?..
On va encore me dire que dès que j’ouvre une chronique sur ce blog, ça cause un scandale interplanétaire, et je sens que les protestations vont fuser comme lors de mon premier billet de
Zanzi and the City. Pour les désamorcer, je vais m’entourer d’un luxe de précaution et multiplier les avertissements comme cela, au moins, vous ne pourrez pas dire que vous
n’avez pas été prévenus !
Je n’ai pas pu attendre d’avoir un (hypothétique) premier courriel d’un lecteur désespéré pour ouvrir cette rubrique. Jeudi dernier, quand un
ami de Montréal m’a parlé de ce dont je vais vous parler, j’ai su que je tenais mon premier sujet pour Zanzi et les zizis. Encore que de zizi, il n’est point du tout question
ici (ça viendra). Pour respecter l’anonymat de cet ami, je vais le désigner sous le vocable de Darling.
Extrait de notre conversation sur MSN :
Darling : — Je viens de voir 2 girls 1 cup.
Zanzi : — Gné ?
Darling : — C'est le nouveau truc in au eua (= aux États-Unis d’Amérique, note de Moi-Même), mais sérieusement j’ai vomi en le regardant. Ce qui est à la mode, c’est de filmer les réactions
du monde quand ils voient ce genre de vidéos. Y’en a beaucoup qui vomissent.
Zanzi : — Euh… de quoi s’agit-il ?
Darling : — Je ne peux pas le dire, ça gâcherait le punch.
Darling avait éveillé ma curiosité en me disant combien les images étaient choquantes et vraiment dégueulasses. Mais comme je ne suis pas une petite nature, je lui ai demandé où je pouvais m’en rendre compte par moi-même. Avant de vous passer le lien (avec un autre avertissement), je vais vous montrer quelques vidéos de réactions des internautes devant ce truc infâme qui a déjà fait le tour du monde. Ces vidéos-là peuvent être regardées par tout public (sachant que le public de ce blog doit avoir au moins 18 ans, enfin je crois). Sérieusement, vous pouvez jeter un coup d’œil sans risque, c’est plutôt du genre vidéo gag mais cela vous donnera une idée de ce qui vous attend si vous avez le courage d’aller plus loin.
Commençons par une pauvre grand-mère dont la vie est désormais scrapée :
Admirons à présent un beau garçon saisi d’un irrépressible hoquet :
Fort heureusement, il y en a que ça fait marrer :
D’autres, en revanche, n’ont pas cette résistance :
Même le célèbre Kermit la Grenouille a vu cette vidéo !
L’événement a d’ores et déjà fait l’objet d’une chanson (Jon Lajoie est talentueux, séduisant et a une belle voix, ce qui ne gâte rien) :
Ça vous a mis l’eau à la bouche ? Voulez-vous voir de quoi il s’agit ? Êtes-vous curieux comme cette jeune femme qui se laisse hypnotiser par cette vision écœurante ?
ATTENTION : IL S’AGIT D’IMAGES METTANT EN SCÈNE UNE FORME DE RELATION SEXUELLE VRAIMENT CHOQUANTE ET DÉGOÛTANTE. SI VOUS ÊTES SENSIBLE, QUE VOTRE ESTOMAC EST FRAGILE ET QUE VOIR DEUX FEMMES
SE LIVRER À LA PLUS GRANDE DEPRAVATION QUI SOIT VOUS OFFENSE, NE CLIQUEZ PAS SUR LE LIEN SUIVANT :
[Note de Daniel C. Hall] : Après une intense et longue réflexion, j'ai décidé de ne pas mettre directement