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Mardi 22 janvier 2008
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Les humeurs apériodiques de Bernard Alapetite




Remarque préalable : toutes les images de cette chronique sont cliquables pour être agrandies.



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Un petit texte pour tenter de réparer une injustice : alors que Tom de Finland connaît une juste renommée internationale, Harry Bush est presque ignoré, en dépit de son talent prodigieux et de son association avec les célèbres magazines illustrés de Bob Mizer et d’AMG. Il faut sans doute chercher la cause de cet oubli dans la personnalité d’Harry Bush car si ses images sont joyeuses et exubérantes, leur auteur vivait en quasi reclus, rendu amer par sa vie et rejetant la culture gay.
Pendant plus de vingt ans, Harry Bush (étonnamment, Harry Bush est son vrai nom) a été un militaire modèle, d'abord dans la marine puis dans l'Armée de l'air. Il termina sa carrière dans l’armée derrière un bureau au Pentagone...

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Il connut sa première expérience homosexuelle lorsqu’il était basé en Europe. C’est aussi à cette époque qu’il se mit à dessiner, selon lui pour soigner le mal du pays. Il déclarait que sans cette transplantation, il n’aurait jamais eu d’expériences gays ni fait de dessins !
 

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51SjncgXkhLÀ 40 ans, il quitte la carrière militaire et Washington pour venir s’installer à Los Angeles. Nous sommes au début des année 60. Très vite, il rencontre Bob Mizer qui publie aussitôt les dessins d’Harry Bush dans ses revues. C’est toujours Bob Mizer qui présente l’ombrageux dessinateur à la scène gay de L.A. Mais la réaction d’Harry Bush devant cette société libérée (pour l’époque) est inattendue. Il rejette en bloc ce milieu qu’il considère comme dégénéré et à l’opposé des valeurs que lui a inculquées l’armée. Harry Bush restera toute sa vie “ultra macho” et “ultracloseted”. Peu d’artiste auront été plus schizophrène que lui, à l’extérieur voulant donner l’image du parfait “straight” et sur sa planche à dessin laissant libre court à ses pulsions. Mainardi, l’éditeur du recueil des dessins d’Harry Bush cite une lettre de Bush à l'illustrateur Tom Jones : « Ces gens étaient les personnes les plus affreuses que j'avais jamais vues. Je n’avais jamais entendu parler d'eux ! Toutes les choses, les gens que j’avais mentalement tenus à distance devenaient un morceau de ma vie. Et j'étais l'un d'entre eux. »

 
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Alors qu’une partie de lui-même rejetait ses dessins, il en a d’ailleurs détruit beaucoup dans les dernières années de sa vie, Harry Bush a en même temps continuellement bataillé avec ses éditeurs pour que ses œuvres soient le mieux reproduites possible, les menaçant maintes et maintes fois de retirer ses dessins. On le voit, l’homme n’était pas à une contradiction près.

 
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Autre incohérence, bien qu’il vivait dans la crainte constante d’être “outé” (il ne voulait en aucun cas que ses anciens camarades militaires apprennent ses goûts, de peur que l’armée lui supprime sa pension), il ne supportait pas que ses dessins paraissent sans sa signature. Il développa une véritable paranoïa du copyright.


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Les dernières années de l’existence de l’artiste ont été particulièrement sinistres. Rongé par une homophobie compulsive, il ne sortait pratiquement plus de sa maison.
À la toute fin de sa vie, Harry Bush, victime d’un tabagisme effréné, souffrait d’emphysème chronique. Il ne pouvait vivre sans l’aide respiratoire d’une bouteille d’oxygène. Il meurt en 1994.

 
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Dans son instructive introduction à Hard boys, Mainardi, véritable “ressusciteur” du dessinateur, écrit très justement :
« Bush était l’ndividu le plus colérique et le plus misanthrope que j’ai jamais rencontré, un vieux bernard l'ermite vivant dans une coquille usée qui l'a abrité de la société dans son ensemble, et de la société gay en particulier. »

 
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Il est difficile d’imaginer une
œuvre en plus grande contradiction avec son auteur. Le trait majeur des dessins d’Harry Bush, avant même leur sensualité, est l’humour qui s’en dégage. Ses modéles types sont des jeunes surfeurs débordants de joie de vivre, baignés dans la lumière du soleil californien.
Harry Bush excelle dans le détournement des stéréotypes de l’adolescence américaine et dans les parodies hilarantes de publicités.

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La plupart du temps, il a travaillé à l’aide de crayons de couleur. Il a fait néanmoins des incursions occasionnelles dans le dessin à la plume et dans l’aquarelle. Dans plusieurs de ses dessins, il a mélangé les techniques. Son style varie, tantôt proche du photo-réalisme, tantôt plus expressionniste aux traits plus lâches et rapides. Bush a travaillé sur certains de ses dessins parfois pendant des semaines et même des mois, pour traduire ses fantasmes en une réalité de papier. Ses images sont très inflencées par la culture populaire de son époque comme les couvertures des pulp par exemple. Harry Bush est un peu un Norman Rockwell  gay.
Oublions la triste vie de l’artiste mais pas son
œuvre à la fois drôle et érotique.

 

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par Bernard Alapetite publié dans : MERCI BERNARD communauté : Gay-friendly
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Mardi 22 janvier 2008

 


Fiche technique :

Avec Gitte Lederer, Hans Gerd Mertens, Bernd Broderup, Orpha Termin, Peter Fahrni, Dieter Godde, Klaus Schnee, Bernd Kroger, Markus Voigtlander, Irmgard Lademacher, Gregor Becker et Frank Ripploh. Réalisation : Frank Ripploh. Scénario : Frank Ripploh.
Durée : 92 mn. Disponible en VO et VOST.



Résumé :
Frank, instituteur d'une trentaine d'années, raconte sa vie, sa relation avec son ami, avec ses élèves et tous les autres. Qui sont ces autres ? Des mecs rencontrés dans des bars. Les infidélités de Frank provoqueront la séparation de son couple avec Bernd.
Taxi zum Klo n'est pas un film militant mais un film à mi-chemin entre la fiction et le reportage. Il se contente de nous montrer un mode de vie, celui de Frank et de son homosexualité. Une autre façon de la banaliser.

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L’avis de Jean Yves :
Ce long métrage montre la crudité de la sexualité sans l'avilir. Il questionne la quête jamais désarmée de nouveaux partenaires, sans la réduire à une pathologie et fréquente le ghetto homo sans laisser croire qu'il est le seul centre d'intérêts.
Un film sans complaisance et sans pudeur, beau de sa seule sincérité qui parle du désir de liberté que la peur de choquer n'arrête pas.

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Derrière un titre provocateur (« Taxi pour les chiottes ») le réalisateur, Frank Ripploh, qui s'est mis en scène lui-même en se dénudant physiquement et surtout moralement, réussit à faire partager ses joies, ses doutes, ses choix.

La vertu de ce film est que chacun peut s'y reconnaître entier, autrement dit multiple, parfois généreux, parfois désabusé ou cruel, tendre, salaud, amoureux, désiré, drôle, égoïste... Ce film fait échec au manichéisme de la représentation de l'homosexuel qui peut aider une vieille dame à traverser la rue, et, cinq minutes plus tard, sucer le premier sexe disponible dans des toilettes publiques tout en corrigeant les devoirs de ses élèves.

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Peggy (Frank Ripploh), homosexuel berlinois, est un instituteur adoré dans son école, un dragueur invétéré la nuit qui affronte la vie avec bonne humeur et une santé morale et physique à toute épreuve : avec le vocabulaire d'aujourd'hui, ce héros serait qualifié de « 
cool », « sympa », « convivial ».
Grand amateur de tricks (référence à Renaud Camus), Peggy, raconte le développement d'une liaison, vite passionnée, qui devient un grand amour. Mais ce dernier se transforme lentement, il s'édulcore et s'accommode mal du désir sexuel libéré et multiforme que Peggy, qui tout en restant sincèrement épris de son amant Bern (Bern Broaderup), veut continuer d'assumer.

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Ce demi-échec vécu par son amant qui rêve de s'installer à la campagne et de fidélité conjugale, sera plutôt l'apprentissage d'un nouvel ordre amoureux.
La première scène d'amour entre Peggy et son amant, dans une baignoire, est un moment de partages érotiques particulièrement vibrant, rarement montré au cinéma.

Ce film montre le respect de l'autre, alors que Peggy est dans une recherche continuelle de sensations interdites : chacun avançant avec l'autre, au-delà de ses propres inhibitions initiées par sa propre éducation ou propagées par ceux qui règlent l'ordre répressif.

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La jouissance peut-elle aller de pair avec le partage ?
Un film qui évite tant la mièvrerie, que le misérabilisme ou l'exhibitionnisme gratuit : des fragments de vie qui pulvérisent les stéréotypes et font apparaître un homme, Frank Ripploh.
Ce film a reçu le prix « Max Ophüls » en 1981.

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Un bonus de Jean Yves prolongeant cet avis :
Direction : la tasse !
Film autobiographique qui raconte l'histoire d'un couple d'hommes.
Peggy (Frank Ripploh), instituteur, drague Bernd (Bernd Broaderup), ouvreur dans un cinéma. Ils se rencontrent plusieurs fois, s'essayent à la vie commune dans un quotidien à la fois drôle et grinçant, mais sont vite piégés par les stéréotypes du couple hétéro le plus traditionnel : Bernd est la femme au foyer, fidèle et bonne cuisinière, attendant que Frank, le mari, rentre du boulot.
Mais Frank continue de draguer par-ci par-là, pilier des « Klo » (tasses) berlinoises pendant le week-end et professeur modèle en semaine.

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Une histoire banale, entre deux hommes, dans la routine d'une relation. Histoire agressive, impertinente, qui ne propose aucun modèle ni aucune solution, et qui peut donner des homosexuels une détestable image d'eux-mêmes.
Film qui peut gêner, car écrit avec ces milliers de détails qui font et défont la vie de tous les jours, loin des théories et des grands discours, et criant le besoin insatiable d'amour et de tendresse de chacun.
Réalisé en 1980, Taxi zum Klo est le terme d'un come-out : Ripploh était enseignant et il a été licencié en 1978 après parution dans Stern – le Paris Match allemand – d'un article où plus de 250 pédés allemands avaient accepté de laisser publier leurs photo, nom et adresse.

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Taxi zum Klo : film qui exprime tous les conflits, les angoisses, les contradictions de son réalisateur. Combat pour le quotidien, une histoire d'amour, qui, certes, se déroule dans le milieu homosexuel, mais pourrait tout autant être transposée dans le milieu hétérosexuel. Film calme et humoristique. Film qui provoque des émotions plus qu'à défendre des idées.
Taxi zum Klo, film qui pose une seule question : pouvons-nous faire mieux que nous répéter sans cesse ?
Le film, vu par Renaud Camus (merci à Jean Yves) :
L'image est à peine un peu crasseuse pour mon goût, et je n'aime pas trop la scène où le narrateur-auteur se déguise en femme, tombant ainsi dans l'un des clichés dont il est si heureusement exempt partout ailleurs : il y a bien entendu des homosexuels qui aiment se déguiser en femme, et c'est le moindre de leurs droits ; mais on les a déjà beaucoup vus.
Taxi zum Klo à force d'éviter la tragédie rituelle, s'approche ici de la farce codée qui lui fait face et la soutient en grande stéréotypie. Le reste du temps, il suit son chemin, et l'invente.

Je ne souhaite pas d'embellissements de la réalité, ni ne crois qu'ils l'entraîneraient à leur suite, la forçant à se faire plus douce. Rien se serait plus imbécile que de prétrendre imposer telle ou telle image supposée « positive », et d'interdire ou rejeter les autres. Mais les maîtres de la manière noire me paraissent en retard sur la vie. L'homosexualité a ses bonheurs, je ne les ai tout de même pas rêvés. Pourquoi les voit-on si peu cinéma ? « Montre les toi-même, fais ton propre film, puisque ceux des autres ne te suffisent pas », me disent mes amis, lassés par mes doléances. Chiche ! Mais j'aurais besoin d'un fameux conseiller technique.

Renaud Camus

Pour plus d’informations :
--

par Jean Yves publié dans : FILMS : Les Toiles Roses communauté : BLOGS GAY
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