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Les Toiles Roses
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NOS CRITIQUES DE FILMS : 1. Films de A à H : ici. 2. Films de I à P : ici. 3. Films de Q à Z : ici.
(Dernière mise à jour des index des films critiqués : 19/03/08)
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Vendredi 25 janvier 2008

 

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Fiche technique :

Avec Adam Sandler, Kevin James, Jessica Biel, Dan Aykroyd, Steve Buscemi, Candace Kita, Richard Chamberlain, Nicholas Turturro, Jim Ford, John Boyd et Cole Morgen. Réalisation : Dennis Dugan. Scénario : Alexander Payne, Barry Fanaro et Jim Taylor. Directeur de la photographie : Dean Semler. Compositeur : Rupert Gregson-Williams.
Durée : 110 mn. Bientôt en DVD en VO, VOST et VF.

Quand Chuck Rencontre Larry - bande annonce VF - wideo
Quand Chuck Rencontre Larry - bande annonce VF - wideo


Résumé :
Chuck Levine et son copain Larry Valentine font honneur à la confrérie des sapeurs pompiers de Brooklyn par leur bravoure et leur sens du devoir. Rien n'arrête ces solides gaillards, liés par une amitié et une solidarité à toute épreuve. Larry, veuf, n'a qu'un but dans la vie : la protection et l'éducation de ses deux jeunes enfants ; Chuck, cavaleur impénitent, n'a qu'une ambition : continuer à mener sa vie de célibataire endurci.

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Ayant sauvé la vie de Chuck au cours d'une intervention à haut risque, Larry sait qu'il peut tout exiger de lui. Cela tombe bien, car il a un grand service à lui demander... Sachant qu'il est interdit à un parent seul de souscrire une assurance-vie pour ses enfants, Larry aurait besoin de se marier en toute hâte. Mais un mariage blanc demande une confiance aveugle entre partenaires. Chuck est le seul à répondre à ce critère : ne voudrait-il pas cosigner l'assurance à titre de... compagnon de Larry. Facile, assure ce dernier. Et personne n'en saura rien.
Mais lorsque le bureaucrate Clint Fitzer se mêle de vérifier le statut des deux prétendus pacsés, l'affaire éclate au grand jour et fait la "une" de tous les journaux...

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L’avis de Clément Graminiès :
Chuck et Larry sont pompiers et amis de très longue date. Chuck (interprété par un Adam Sandler cabotin au possible) est un célibataire endurci qui occupe son temps libre (et surtout ses nuits) à vivre de folles passions sexuelles avec une horde de bombasses complètement crétines. Larry, son meilleur ami, est tout son contraire : veuf et père de deux enfants, il ne vit que dans le souvenir de son épouse défunte. Les deux gaillards sont des hommes, des vrais, et s’inquiètent de voir que le fils aîné de Larry pourraient bien être une "tante" parce qu’il fait des claquettes, le grand écart et des cookies.

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Pour pouvoir toucher la pension de son épouse, Larry doit se remarier et, n’ayant foi que dans cette amitié virile qui le lie à Chuck, lui demande de se PACSer après lui avoir sauvé la vie lors d’un incendie. D’abord réticent, Chuck finit par accepter mais tous les deux peinent à convaincre l’administration new-yorkaise de l’authenticité de leur union. Pour anéantir les soupçons, les deux hommes décident donc d’emménager ensemble, de se marier au Canada et de dormir dans le même lit. Bien évidemment, ils savent faire preuve d’une finesse inouïe pour lever tous les doutes sur leur homosexualité.

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Chuck répète à qui veut bien l’entendre qu’il s’enferme dans sa chambre pour écouter du Boy George tandis que Larry pense qu’il faut acheter des serviettes hygiéniques pour donner à leurs poubelles un aspect plus « gay ». Bref, on nage en pleine beauferie même pas drôle où pointe progressivement un discours totalement lénifiant sur l’acceptation des homosexuels (avec la condescendance requise pour rester à juste distance).

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Le plus hallucinant dans ce film édifiant du début jusqu’à la fin, c’est finalement ce besoin de revenir en permanence à une hétérosexualité rassurante et normative. La seule scène de désir aura lieu entre Chuck et l’avocate sexy (Jessica Biel) engagée dans la défense des droits des gays. En dépit d’une morale bien pensante sur l’acceptation des différences qu’on aurait peut-être pu trouver courageuse vingt ans plus tôt (notons tout de même que dans la section « produits hollywoodiens grand public », Philadelphia a quand même remis les pendules à l’heure dès 1993), les corps masculins de Chuck et Larry ne se risquent jamais à la moindre ambigüité : même un simple baiser sur les lèvres devient ici une affaire d’état comme la preuve d’une compromission peut-être sans retour.

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Mais bien heureusement, l’arnaque dévoilée leur permettra de redevenir aux yeux de la société ce qu’ils sont après tout : des êtres génétiquement programmés pour être hétérosexuels. On aurait encore préféré que ce film n’existe tout simplement pas.

Pour plus d’informations :

par Clément Graminiès publié dans : FILMS : Les Toiles Roses communauté : Gay-friendly
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Vendredi 25 janvier 2008
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Fiche technique :
Avec Jake Gyllenhaal, Heath Ledger, Michelle Williams, Anne Hathaway, Randy Quaid, Linda Cardellini, Anna faris, Scott Michael Campbell et Kate Mara. Réalisé par Ang Lee. Scénario : Larry McMurty et Diana Ossana, d’après la nouvelle d’Annie Proulx. Directeur de la photographie : Rodrigo Prieto. Compositeur : Gustavo Santaololla et Rufus Wainwright.
Durée : 134 mn. Disponible en VO, VOST et VF.



Résumé :
Eté 1963, Wyoming.
Deux jeunes cow-boys, Jack et Ennis, sont engagés pour garder ensemble un troupeau de moutons à Brokeback Mountain.
Isolés au milieu d'une nature sauvage, leur complicité se transforme lentement en une attirance aussi irrésistible qu'inattendue.
À la fin de la saison de transhumance, les deux hommes doivent se séparer.
Ennis se marie avec sa fiancée, Alma, tandis que Jack épouse Lureen.
Quand ils se revoient quatre ans plus tard, un seul regard suffit pour raviver l'amour né à Brokeback Mountain.

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L’avis du Dr Orloff :
Les hasards sont parfois malheureux puisque je découvre ce secret de Brokeback mountain (lion d’or à Venise, tout de même) le jour même où l’on annonce la mort de son interprète principal : Heath Ledger. Sans sombrer dans les pleurnicheries des traditionnelles oraisons funèbres, il m’apparaît pourtant difficile de taper aujourd’hui sans coup férir sur ce film. D’un autre côté, on va m’accuser de manquer de recul si j’affirme que Heath Ledger est à peu près la seule vraie qualité du film. Et pourtant, c’est ce que je pense ! Le film d’Ang Lee ne vaut, à mon sens, que par ses comédiens et comme j’estime que Jake Gyllenhaal a le charisme d’un gastéropode, vous constaterez comme moi qu’il ne reste plus qu’une personne en haut de l’affiche pour susciter l’intérêt (j’aime bien les seconds rôles et toutes les actrices, un brin sacrifiées, sont très bien. On reconnaîtra avec plaisir Anna Farris, la vedette du médiocre Smiley face actuellement à l’affiche).

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Mon rapport avec Ang Lee est étrange car depuis que la critique semble le porter aux nues, il me paraît beaucoup moins intéressant. J’aimais bien ses premiers films (Garçon d’honneur, le très beau The ice storm) et je reste un admirateur de Tigre et dragon, que détestent les docteurs ès cinéma asiatique.

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Par contre, Hulk me paraît très mauvais et ce Secret de Brokeback mountain ne m’a procuré que quelques bâillements. Vous connaissez désormais tous l’histoire de ces deux hommes engagés un été pour garder un troupeau de moutons et qui vont vivre une passion fulgurante. Mais comme l’homosexualité chez les cow-boys n’était pas, à l’époque (le film se déroule entre 1963 et le début des années 80), encore très bien vue ; les chemins des compères se séparent. Ils se marient chacun de leur côté, font des enfants mais parfois, se retrouvent pour des escapades enflammées à Brokeback mountain…

Si je m’attarde un peu sur le résumé du film, c’est qu’Ang Lee ne se préoccupe finalement que de son « sujet ». Ce qui l’intéresse, c’est de tourner un « western gay » (ce fut le terme employé à la sortie du film alors qu’il est bien moins un western qu’un mélodrame) et de filmer cette histoire d’amour sur fond de grands espaces. On sait gré au cinéaste de ne pas trop nous servir le couplet convenu de la « victimisation » : il ne s’agit pas de se poser en héraut de la cause homo (les deux personnages affirment d’ailleurs, à un moment du film, qu’ils ne le sont pas) mais de filmer simplement une histoire d’amour. Que cette histoire concerne exclusivement deux hommes et non pas un homme et une femme, un homme et une brebis ou un homme et une naine cul-de-jatte n’est finalement qu’une question de désirs personnels ne regardant personne d’autres qu’eux ! (Zut alors ! l’ami anonyme qui voulait dénoncer, en bon français, à un quelconque organisme « citoyen » mon blog comme  homophobe va voir ses certitudes vaciller !)

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Pas de grands discours et c’est tant mieux ! Pas de style non plus pour raconter tout ça et c’est dommage ! Le secret de Brokeback mountain est un monument d’académisme où se succèdent mornes plans d’ensemble en forme de cartes postales (ô la belle rivière ! Ô la belle montagne !) et des plans plus rapprochés toujours très explicatifs. Un exemple parmi mille : lorsque Enis fait l’amour à sa femme au début de son mariage alors qu’il a perdu de vue Jack, le cinéaste prend bien « soin » de nous le montrer en train de la retourner. Le spectateur comprend alors que son compagnon lui manque et qu’il préfère les accouplements de ce style !). Tout est de cette teneur : souligné et lourdement explicite.

Pour filmer cette liaison, Ang Lee aurait du se souvenir du génial La rivière rouge de Hawks où le cinéaste parvenait à faire naître du trouble et de l’ambiguïté en filmant ses cow-boys en train de comparer leurs revolvers ! De la même manière, comparer ce film à In the mood for love me paraît une hérésie tant le film de Wong Kar-Waï reposait sur le non-dit et une manière unique de jouer sur le temps qui passe (même si les acteurs sont grimés pour paraître plus vieux, on ne croit pas à l’écoulement des années dans Brokeback mountain).

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Je vais sans doute passer pour un sans-cœur mais j’avoue n’avoir jamais été ému par le film d’Ang Lee, trop ripoliné pour suggérer le désir, la passion, le trouble, le manque ou pour filmer la violence des sentiments. D’une certaine manière, les personnages qui touchent le plus sont ceux qui sont délaissés (la femme et les filles d’Enis, la petite serveuse…).
Le reste n'est pas méprisable (il y a du métier, dirons-nous), juste très académique et plutôt soporifique.

Pour plus d’informations :
par Dr Orloff publié dans : FILMS : Les Toiles Roses communauté : Gay-friendly
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