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Les Toiles Roses
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NOS CRITIQUES DE FILMS : 1. Films de A à H : ici. 2. Films de I à P : ici. 3. Films de Q à Z : ici.
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Lundi 9 janvier 2006

Fiche technique :
Avec Joe Dallesandro, Taylor Mead, Louis Waldon, Eric Emerson, Alan Midgette, Francis Francine. Réalisé par Andy Warhol et Paul Morrissey.
Durée : 109 mn. Disponible en VO et VOST.

Résumé :
Deux amis sont à la poursuite de leur idéal. Vont-ils le trouver dans la ville fantôme où ils arrivent ?
L'avis de Jean Yves :
Les premiers cowboys homos au cinéma ne sont pas ceux du film d'Ang Lee : Brokeback Mountain, d'après une nouvelle d'Annie Proulx (sortie le 18/01/2006).
En effet, Lonesome cowboys tourné en 1968, par le tandem Andy Warhol/Paul Morrissey, se déroulait déjà dans les reliefs de l'Ouest.
Deux illuminés défoncés traversent une ville abandonnée, en quête d'une âme sœur, d'amis, d'amants pour délirer un peu plus. Cinq somptueux cavaliers de l'Apocalypse surgissent de la nuit, tels des Zorro en goguette. Luttes et pressions s'engagent afin de séduire et de percer les vraies natures de ces cinq frères au goût étrange.
Les cowboys, dans ce film, se comportent en solitaires, une secte qui se suffit à elle-même, alignant les mythes les plus sexistes et affichant une homosexualité latente faite de bravoure, de franche camaraderie et de jeux de mains.
Warhol utilise le cadre qu'il a choisi – le western – pour dévoiler et analyser vies intimes, sociales et modes relationnels. C'est dans ce sens que Lonesome cowboys est un film symbolique : les acteurs incarnent leurs personnages et proposent, au bout du compte, une image qui n'est autre que le reflet de l'Amérique.
Un autre aspect de Lonesome cowboys est de montrer de façon explicite l'élément homosexuel ou plutôt bisexuel latent dans les films de cowboys ordinaires, et plus généralement dans les récits de l'histoire des États-Unis.

Pour plus d’informations :
--

par Jean Yves publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Lundi 9 janvier 2006

Des associations (Act Up-Paris, la Cimade, le Comede, la Fasti, le Gisti, la LDH, le MRAP et le 9ème Collectif des sans-papiers) sont parvenues à se procurer un document de travail du gouvernement qui précise son projet de réforme du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA). Elles ont décidé de le rendre public pour mieux le combattre.

Le document de travail du gouvernement daté du 18 décembre 2005 qui prépare une nouvelle réforme du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) peut être qualifié d’inhumain. Il conduit à une négation radicale des droits fondamentaux de la personne.

Il prépare la disparition du droit au séjour pour les familles, les conjoints, les enfants, de toutes celles et ceux qui construisent leur vie en France. Il entérine la quasi-disparition de cet outil d’intégration qu’était la carte de résident. Il s’attaque aux malades.

Si ce projet est adopté, il ne fera pas bon s’aimer entre Français-e-s et étranger-e-s, vouloir vivre avec sa famille ou avoir des enfants. Pour ceux-là, la multiplication sans fin des conditions rendra l’espoir de la régularisation bien vain.

Le projet s’inscrit délibérément dans une perspective utilitariste. Ne sera acceptable en France que l’étranger perçu comme rentable pour son économie. Ni sa personne ni sa situation personnelle ne lui confèreront désormais de droits, au point que les régularisations deviendront quasi impossibles. Quant à l’acquis de plus de vingt ans de la carte de résident, le projet poursuit l’entreprise de son démantèlement.

De ce retour aux pires réglementations de la Troisième République, il n’y a rien à garder.

Même pour des étrangers en situation régulière, le droit de vivre en famille devient un exploit : le gouvernement prévoit de relever les conditions du regroupement familial (ressources, logement, avis du maire sur l’intégration de la famille) ; il durcit les conditions de délivrance de la carte « vie privée et familiale » pour les mineurs à la majorité et les rend presque impossibles pour les conjoints de Français ou les étrangers qui peuvent se prévaloir de liens personnels anciens et stables (par exemple dans le cadre d’un PACS ou d’un concubinage).

Il s’attaque également au séjour des malades étrangers. La disparition de la notion de plein droit et la combinaison de critères particulièrement restrictifs aura pour effet de renvoyer à la clandestinité la plupart des personnes aujourd’hui régularisées pour raison médicale. En outre, les rares titres de séjour encore délivrés ne permettront plus l’accès à aucune ressource, créant une situation de précarité incompatible avec leur état de santé.

Nec plus ultra, l’extension de l’exigence du visa long séjour pour la reconnaissance du droit à une autorisation de séjour interdit la plupart des régularisations de sans-papiers. Dans ce registre, la suppression du droit à cette délivrance aux étrangers présents depuis au moins dix ans en France les condamne à l’irrégularité perpétuelle.

A lire le nouveau projet gouvernemental sur l’immigration, pour espérer obtenir et conserver leur titre de séjour ils devront cumulativement être bien intégrés, bien vus par le maire de leur commune, en bonne entente avec leur conjoint, appréciés par leur patron, disposant d’un bon salaire et d’un grand logement dans un quartier chic.

Mais sans le moindre scrupule, alors qu’il condamne des étrangers plus nombreux que jamais à demeurer ou à devenir sans papiers, le gouvernement affiche sa volonté d’aller piller des « capacités et talents » dans le monde. Ceux-là seuls se verront délivrer immédiatement un titre de trois ans renouvelable et reconnaître la possibilité du regroupement familial.

En application de cette philosophie utilitariste, des visas et des titres - précaires car liés à la poursuite de l’emploi - seront offerts pour des projets professionnels intéressant la France.

Un licenciement, une dispute avec le conjoint, des difficultés pour apprendre le français ? Ceci signifie la fin du droit au séjour en France. Un étranger est renvoyé dans son pays, un autre plus docile prendra sa place pour satisfaire les besoins de notre économie. Que cela contrevienne aux engagements de la France relatifs au respect des droits fondamentaux n’est pas un problème.

3 janvier 2006

Act Up-Paris, 45, rue Sedaine, 75011 Paris - www.actupparis.org * Cimade, 176, rue de Grenelle, 75007 Paris - www.cimade.org * Comede, Hôpital Bicêtre, 78, rue du Général Leclerc, 94272 Le-Kremlin-Bicêtre, www.comede.org * Fasti, 58, rue des Amandiers, 75020 Paris - www.fasti.org * Gisti, 3, villa Marcès, 75011 Paris - www.gisti.org * LDH, 138-140, rue Marcadet, 75018 Paris - www.ldh-france.org * Mrap, 43, boulevard Magenta, 75010 Paris - www.mrap.asso.fr * 9ème Collectif des sans-papiers, 21 ter, rue Voltaire, 75011 Paris - http://pajol.eu.org/rubrique154.html

par Daniel C. Hall publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Lundi 9 janvier 2006

Fiche technique :
Avec Jaya Bachchan, Shah Rukh Khan, Saif Ali Khan, Preity Zinta, Sushma Seth, Reema Lagoo, Delnaaz Paul, Ketki Dave et Sulbha Arya. Réalisé par Nikhil Advani. Scénario : Karan Johar. Directeur de la photographie : Anil Mehta. Compositeur : Shankar Ehsaan Loy.
Durée : 180 mn. Disponible en VO, VOST et VF.

Résumé :
Naina fait partie de la communauté indienne installée à New York. Elle a 23 ans, mais l'air d'en avoir 50 : depuis la mort de son père, elle semble porter le poids de sa famille sur ses épaules, supportant les humeurs massacrantes de sa grand-mère acariâtre, et observant sa mère, Jennifer, subir l'échec de son fast-food, que les banques vont bientôt lui reprendre. Elle se concentre sur ses études et n'a que deux amis : Sweetu, la copine boulotte qui cherche désespérément le prince charmant, et Rohit, le célibataire invétéré qui drague toutes celles qu'il rencontre. L'amour ? Pfff, Naina n'y pense même pas !
C'est alors que s'installe juste en face de chez elle Aman. Il est insouciant, séducteur, drôle, enjoué, blagueur, charmant, insolent. Autant de qualités qui exaspèrent sa voisine au plus haut point...

L'avis de Mérovingien02 :
New-York Masala. Putain, quel titre de merde tout de même ! Je vous vois déjà fuir mais attendez ! Le titre original n'est autre que Kal Ho Naa Ho, ça a quand même plus de gueule ! Et au moins, ça rend justice à la marchandise en lui redonnant son cachet exotique hindi. Un film indien ? Ouais, ben comme d'hab, quoi. Un gros film Bollywood pété de thunes avec numéros musicaux en pièces montées à rendre suicidaire n'importe quel clip MTV et romance rose bonbon qui colle aux dents, le tout enrobé de bons gros marshmallows.
Oui, parce que si vous avez déjà vu un Lagaan (ZZZzzzz....) ou un Devdas, vous ne serez pas spécialement dépaysé. Quoiqu'à bien y réfléchir, New-York Masala fait surtout penser à la Famille Indienne (quel titre de merde – bis), jusqu'à son titre à rallonge avec plein de mots bizarre (Kabhi Kushi Kabhie Gham, ha oui quand même...). Normal, c'est le même producteur, Yash Johar, décédé l'an dernier, qui est derrière les finances. C'est également le premier film de l'assistant réalisateur du même film, ceci expliquant cela. On retrouve dans les deux métrages le même esprit d'ouverture sur le monde qui offre une touche de modernité indéniable à un genre trop balisé, sans que cette irruption sur un nouveau continent ne vienne brader l'identité du film. New-York Masala, ça se passe donc à New York (si ça se passait en Éthiopie, ça s'appellerait Éthiopie Masala, sauf que non).
L'histoire ? Ben comme n'importe quel film Bollywood : une jeune fille sexy, avec des lunettes lui conférant un côté pète sec qui lui sied à merveille, tombe amoureuse. Si vous regardez bien le casting, vous savez déjà pour qui elle va craquer, non ? Mais siiiiiiii !!! Shah Rukh Khan, of course !! L'acteur super star qui joue dans TOUTES les comédies musicales indiennes !!!! Celui qu'on a envie de gifler tellement il est fatigant à toujours être partout pour faire chaque fois la même chose. Enfin bref, voilà cet être exceptionnel qui débarque cheveux aux vents à côté de la bombasse pour lui faire découvrir l'amour de sa vie. Sauf que la révélation, ce n'est pas lui, c'est le meilleur ami sexy de la fille. Oui oui, il est amoureux d'elle depuis toujours. Bref, une classique histoire de triangle amoureux avec tout ce que le genre exige. Rimmel et mascara qui coulent à flots, romantisme hypertrophié et décomplexé, fille en pleurs sur le pont de Brooklyn parce que la vue est super sympa, ect. Terrain connu donc. Et en bon Bollywood, on a même droit à la fin tragique où le héros meurt d'une maladie horrible. Tellement horrible qu'il a les joues roses Barbie quand il meurt, même pas de cernes ni rien du tout. Poignant.
Mais finalement, on s'en fout puisque New-York Masala cultive ce côté kitsch à fond les manettes et utilise la carte postale du début à la fin. Le générique présente l'héroïne qui fait son petit footing en traversant tout Manhattan sans suer une goutte, les disputes ont lieu dans la grande gare parce que c'est plus joli (et tant pis si les personnages n'ont aucune raison d'y être) et les déclarations d'amour se font dans un immense musée parce que c'est plus impressionnant et romantique. Quand on prie, il neige dehors mais aussi dedans ; quand on pleure, il pleut dans l'appartement. Délire total assumé.
Mais l'ingrédient essentiel, celui qui attire en premier lieu les spectateurs, ce n'est pas le plaisir masochiste de se taper trois heures de film d'amour glucosé. Non, on vient avant tout pour le spectacle musical. Les longues chansons sur lesquelles se déhanchent les héros dans un feu d'artifice de paillettes, on doit bien reconnaître qu'on aime ça, surtout quand il y a un décor immense pour pouvoir foutre la caméra n'importe où et la faire voler à la moindre occasion. Vous y ajoutez environ 150 figurants en T-shirt moulants et voilà le travail. Pas de doute, New-York Masala tient ses promesses de ce côté-là. On commence sur une reprise de Pretty Woman version curry qui éclate sa mère aux clips de Britney en se foutant ouvertement de la gueule de l'américanisme béat (voir le drapeau américain qui sert parfois de toile de fond), puis on enchaîne sur une reprise musclée du Chale Chalo de Lagaan avant de faire un saut dans une boîte de nuit telle qu'on les rêve (pleine de mecs huilés et de vraies filles sachant danser – rien à voir avec les pétasses blanches dandinant du cul sur du Rn'B comme on les voit dans la vraie vie – le tout dans une ambiance survoltée).
On l'aura compris, tout ce qui fait le cinéma Bollywoodien se retrouve une nouvelle à l'écran. Les morceaux musicaux vertigineux, le sentimentalisme outrancier et même le ridicule hindi qui veut que l'on parle de l'exaltation des sentiments sans que jamais les personnages ne fassent l'amour ni même, pire, que les comédiens s'embrassent. Alors si le film comporte déjà tout ce que l'on a pu déjà voir dans ce cinéma bien trop balisé (franchement, au bout d'une dizaine de Bollywood, vous avez fait le tour complet du genre au moins trois fois), quel intérêt trouve-t-on à voir New-York Masala ?
Et bien finalement, pour un peu toutes les raisons citées plus haut. Parce que c'est Bollywood donc c'est la fête pendant trois heures un rien longuettes (surtout sur la fin) et que le film a le mérite de réussir dans chacun des domaines clefs du genre. Pas de nunucheries au rabais, de vrais tourbillons de musiques et de bulles multicolores...
Mais là où le métrage marque des points, c'est dans son étonnante modernité dans un cinéma qui n'aime pas spécialement le changement. Les danses se font plus contemporaines, possédant une puissante dynamique insufflée par la grande chorégraphe Farah Khan, enchaînant les mouvements simples à un rythme si frénétique que ça en devient complexe. Par chance, la mise en scène ne réduit jamais ces temps forts à une esthétique MTV de pacotille. Les longues robes de princesses et les tuniques des hommes ont disparu au profit de jeans moulants, de débardeurs et de Gel Vivel Dop. Le tout sous des spots flashy qui tendent à faire valider l'hypothèse selon laquelle New-York Masala est un film furieusement gay. On connaît l'aversion de l'Inde pour l'homosexualité mais il se pourrait bien qu'en délocalisant l'action aux États-Unis, le producteur et le réalisateur du film aient tenté de décoincer des mœurs fermement vautrées dans des traditions ancestrales et réacs. À voir les lumières fluo tendance queer ou les tenues affolantes des personnages masculins, impossible de ne pas voir l'orientation du film ! Et à ceux auraient encore quelques doutes sur la sexualité ambiguë du métrage, on les renverra aux multiples scènes où les deux héros s'endorment ensemble et sont surpris par une vieille femme paniquée, croyant voir là un couple gay. Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres où une allusion homo vient offrir un supplément d'âme à un mode de pensée occidentalisé. New-York Masala, militant pour l'ouverture des mœurs ? C'est déjà ça !
Cerise sur le gâteau : le script aussi épais qu'un ti
cket de ciné est sauvagement dynamité par une mise en scène chargée jusqu'à la gueule de trouvailles visuelles et narratives lorgnant vers Sex and the City et Friends. La présentation des personnages avec ralentis et arrêts sur images, les conversations téléphoniques en split-screen ou encore une leçon de drague en 6 leçons avec des figurants présentant chaque jour finit de tirer le film vers le sitcom de luxe en scope.
New-York Masala est donc un digne représentant de l'école du cinéma indienne. Il excelle dans les passages obligés tout en marquant certaines innovations contemporaines dans ce type de productions. Alors si en plus on a le droit à une vision de New York qui n'a jamais été aussi romantique et coloré, difficile de ne pas se laisser tenter malgré la durée. Enivrant, furieusement kitsch et romantique ! Encore !!!
Pour plus d’informations :

par Mérovingien02 publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Lundi 9 janvier 2006
par Daniel C. Hall publié dans : VISUELS : Les affiches et pubs roses
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