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Mardi 9 janvier 2007
 

 

 


Après moult tergiversations, je me suis laissé sortir samedi soir par un pote qui a la fâcheuse habitude de me fournir un boyfriend à chaque fois que j’ai la faiblesse de céder à ses appels. C’est arrivé deux fois en 2006, mais cette année, je compte bien éviter de tomber dans le piège. Néanmoins j’ai accepté de mettre les pieds pour la première fois au Bataclan où se jouait la soirée bimensuelle dite « Nuit des Follivores ».

Le Follivore est un clubber, majoritairement gay et de sexe masculin, mais pas toujours. Il peut être aussi hétéro mâle ou femelle, qui vient s’encanailler dans des lieux réputés pour leur côté festif.

Le Follivore est un nostalgique : il écoute la musique de son enfance, s’il est trentenaire ou plus âgé encore, mais cela vaut également pour les jeunesses nées dans les années 80, car le DJ passe aussi des tubes de cette époque. 70’s et 80’s revival, Claude François et Chantal Goya mélangent leurs voix d’outre-tombe (mais on me dit que Marie-Rose est encore en vie) à celles d’artistes contemporains. Il en faut bien, sinon la soirée passerait pour complètement ringarde.

Le Follivore est un fumeur actif ou passif : les actifs ne se privent pas d’intoxiquer les passifs. Les premiers angoissent à l’approche du 1er février 2007 qui consacrera l’interdiction de fumer dans les lieux publics, les deuxièmes attendent cette date avec impatience. Quelques uns s’en foutent comme d’une guigne. L’avenir dira si les organisateurs de cette soirée appliqueront à la lettre le décret.

Le Follivore est une bimbo victime de la mode : bien qu’aucun dress-code ne soit exigé à l’entrée, si tu ne sors pas fringué comme si tu portais pour 500 € de frusques et d’accessoires de pétasse achetées à prix d’or chez Bill Tornade ou Boy’s Bazaar, tu n’es pas un vrai Follivore et tu n’as donc aucune chance de draguer ou de te faire draguer par quelqu’un de cette espèce.

Le Follivore est un consommateur arnaqué : 9 € pour une boisson alcoolisée ou non, servie dans un gobelet en plastoche que le barman remplit de glaçons à ras bord pour économiser sur les bouteilles, je dis : bravo, ça c’est du business ! En tout, j’en ai eu pour 26 €, entrée à 17 € (avec 1 conso) comprise. Franchement j’ai connu pire, par exemple 20 € pour un brunch hier après-midi. Je suis une pétasse de luxe, j’y reviendrai.

Le Follivore qui n’est pas célibataire est un mec maqué homéomorphe : certains couples poussent le mimétisme jusqu’à s’habiller de façon identique et dans les mêmes tons. L’homéomorphisme, j’y reviendrai aussi.

Le Follivore est un nostalgique (bis) : sur le dance-floor ou au bar, il a toutes les chances de croiser ses ex, de renouer avec eux le temps d’un corps à corps lascif et d’un roulage de pelle pratiqué dans les règles. Si les Follivores qui sont ex sont libres et ne trouvent personne de nouveau à se mettre sous la dent, ils finissent la nuit ensemble et se remémorent leurs meilleurs souvenirs.

Prochaine soirée au Bataclan : samedi 20 janvier 2007. Attention, ce sera la soirée des 10 ans et ça s’appellera La Nuit des Crazyvores ! (Pour ceux qui ne savent pas pourquoi, la réponse ici) 1996-2006 annonçait l’affiche placardée sur la porte d’entrée. Depuis je me gratte la tête en me demandant pourquoi on la fête en 2007.

 


Site officiel :
http://follivore.free.fr/


Pour lire le précédent épisode de Zanzi and the City,
cliquez ici.
par Zanzi publié dans : HUMEUR : Zanzi and the City
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Mardi 9 janvier 2007
par Stéphane RIETHAUSER

1. La pédérastie en Grèce antique

La Grèce antique est souvent assimilée au berceau et au paradis de l'homosexualité. D'aucuns l'imaginent comme un monde dans lequel les hommes étaient libres d'entretenir des relations avec d'autres hommes. Rien de plus faux. Les structures sociales et les lois en vigueur à Athènes réprouvaient ce que nous appelons aujourd'hui "l'homosexualité". L'amour entre hommes était considéré comme avilissant et indigne d'un citoyen honorable. Par contre, ce qui était autorisé, et même encouragé, c'était la relation entre un homme mûr et un adolescent. Erigé au rang d'institution, le rapport entre l'éraste (l'amant adulte) et l'éromène (l'aimé mineur, un jeune à peine pubère) constituait pour ce dernier un rite de passage à l'âge viril. Même si les liaisons n'étaient parfois pas dénuées de passion, elles avaient surtout valeur éducative. Ainsi, l'adulte prenait sous son aile un adolescent et le formait à la vie sociale et politique, tout en entretenant des rapports sexuels avec lui, sans que la notion de plaisir prenne le dessus sur les valeurs intellectuelles et morales de la relation. L'éromène était pris en charge par l'éraste dès ses 12 ans jusqu'à l'apparition de la première barbe vers l'âge de 18 ans.

Homme et jeune garçon,
vers 420 av. J.-C.

Eraste en action avec un éphèbe, vers 480 av. J.-C.
C'est donc de "paed-erastia" (pédérastie ou en allemand "Knabenliebe") et non d'"homosexualité" qu'il faut parler. L'adulte était en théorie toujours actif et transmettait sa semence à l'adolescent qui devait rester passif dans la relation sexuelle. Les Grecs de l'Antiquité, qui seraient aujourd'hui condamnés pour pédophilie, ne distinguaient pas entre homo et hétérosexualité, mais entre rôle actif et passif. Quant aux femmes, elles ne jouaient aucun rôle dans l'éducation des garçons, pas plus qu'elles n'intervenaient dans la vie sociale et politique. Dans l'ensemble, l'éducation des citoyens reposait sur ce principe d'initiation destinée à transformer un jeune garçon en digne citoyen. La plupart du temps, l'éraste était marié à une femme avec laquelle il entretenait des rapports à des fins procréatrices.
En méprisant les relations entre deux adultes - une condamnation morale et non pénale -, la Grèce antique définissait donc les pratiques homosexuelles de manière restrictive. Mais elle réservait une place de choix aux amours masculines : évoquées par la poésie, le théâtre, l'iconographie des vases ou la statutaire, elles étaient largement reconnues comme positives et valorisantes.
2. Rome, le culte de la virilité

A Rome, l'initiation sexuelle n'est plus au programme de l'éducation. Ce sont les femmes qui se chargent d'élever les garçons. Bien qu'on puisse en trouver des traces, les notions d'éraste et d'éromène ont presque disparu. "Vice grec" : ainsi les Romains nommaient-ils la pratique de sodomiser les garçons. Mais l'homosexualité n'était pas condamnée pour autant. Elle était même largement répandue, comme moyen symbolique pour renforcer la suprématie des citoyens libres dans la société. Car ce qui était répréhensible pour un citoyen libre sous la République, c'était d'entretenir une relation avec un semblable, non de jouir d'un esclave ou d'un prostitué, personnages inférieurs qui étaient à sa disposition. Le citoyen romain devait se caractériser par une virilité et une vaillance sans faille, à la guerre comme à la vie civile, et ne jamais subir l'humiliation d'être au service de quelqu'un, donc de toujours tenir le rôle actif dans la relation, fût-elle avec un homme ou une femme. Sénèque le résume ainsi : "La passivité sexuelle est un crime pour l'homme libre, une obligation pour l'esclave, un service pour l'affranchi."

Corydon et Alexis, Oreste et Pylade ou Castor et Pollux

Fontaine Ityphallique, marbre retrouvé à Pompéi
A partir du Ier siècle av. J.-C., la séduction des garçons libres réapparaît, à l'image du poète Catulle, épris du beau Juventius : "Si sur tes yeux doux comme le miel, Juventius, on me laissait mettre sans relâche mes baisers, j'en mettrais jusqu'à trois cent mille sans me sentir jamais rassasié." Horace, Tibulle, Properce, Lucrèce, eux aussi, racontent les tourments de l'amour des garçons, tout comme Virgile, dans sa fameuse Deuxième Bucolique : "Pour le bel Alexis, chéri de son maître, Corydon, un berger, brûlait d'amour, sans aucun espoir." (39 av. J.-C.). Les régimes changent, de celui de Jules César (100-44 av. J.-C.), surnommé "l'homme de toutes les femmes et la femme de tous les hommes", accusé de "passivité", à Auguste qui devient empereur en 27 av. J.-C., et Virgile publie L'Enéïde, où il rapporte notamment la légende des deux guerriers Nisus et Euryale, un homme mûr et un adolescent, qui puisent dans leur amour réciproque le courage de mourir en héros. Un couple mythique, à l'instar d'Achille et Patrocle.
Sous l'Empire, l'homosexualité et la bisexualité se répandent dans toutes les classes, sans règle et sans retenue, à l'image des empereurs eux-mêmes, de Tibère à Caligula, "prince de la dépravation", en passant par Néron le scandaleux qui fait châtrer un de ses esclaves avant de le prendre publiquement pour épouse. Témoins d'un siècle de vie sociale romaine, les fresques et les statues retrouvées sur les sites de Herculanum et Pompéi, conquises en 89 et 80 av. J.-C. et englouties sous les cendres et la lave du Vésuve en 79 ap. J.-C., montrent de nombreuses scènes de plaisir, parfois suggérées, parfois d'un réalisme plus percutant: du coït anal à des sexes gigantesques, en passant par de jeunes éphèbes languissants, le culte du phallus et de l'éros masculin est omniprésent.

Les femmes, même si elles pouvaient jouir ou souffrir des pulsions de bien des hommes, se bornaient à tenir leur rôle d'épouse et de mère, et n'étaient pas autorisées à avoir de relations entre elles.

Hadrien
(76-138 av. J.-C.)
Après la débauche de nombre de ses prédécesseurs, l'empereur Hadrien (76-138 ap. J.-C.) donne une tout autre image : il aime d'amour le bel Antinoüs (110-130 ap. J.-C.), un jeune Grec de Bithynie, qui l'aime en retour. Après la noyade de son amant dans le Nil à l'âge de 20 ans, Hadrien l'éleve au rang des dieux en faisant ériger un temple et une ville en sa mémoire. D'innombrables sculpteurs lui dressent des statues, des pièces de monnaie sont frappées à son effigie. Des jeux seront même organisés en sa mémoire pendant près de 200 ans. Antinoüs, devenu canon éternel de la beauté masculine.

*****

NOTA BENE: les ouvrages utilisés pour ce travail sont répertoriés dans la bibliographie 

Ce travail est l'oeuvre de Stéphane Riethauser. Il sera publié en 10 parties sur le blog Les Toiles Roses avec son autorisation. Qu'il en soit chaleureusement remercié. Stéphane est joignable sur le site de lambda éducation.

Antinoüs
(110-130 ap. J.-C.)

Lire le précédent billet : cliquez ici.
par Stéphane Riethauser publié dans : HISTOIRE DE L'HOMOSEXUALITÉ
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Mardi 9 janvier 2007
par Daniel C. Hall publié dans : VIDEOS : Lutte contre le sida
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Mardi 9 janvier 2007

Fiche technique :
Avec Michel Côté, Marc-André Grondin, Danielle Proulx, Pierre-Luc Brillant, Emilie Vallée, Mariloup Wolfe, Jean-Louis Roux, Francis Ducharme, Sébastien Blouin, Alex Gravel, Hélène Grégoire, Johanne Lebrun, Maxime Tremblay et Jean-Marc Vallée. Réalisé par Jean-Marc Vallée. Scénario : François Boullay et Jean-Marc Vallée.
Durée : 127 mn. Disponible en VF.


Résumé :
25 décembre 1960 : Zachary Beaulieu vient au monde, quatrième d'une famille de cinq garçons. Famille de banlieue sans histoire avec une mère aimante et un père un peu bourru, mais fier de ses garçons. Le début d'une belle enfance, où se succèdent les Noël et les anniversaires avec l'éternel solo du père Beaulieu chantant Aznavour, Emmène-moi au bout de la terre, les séances de lavage de voiture en plein air et les visites au casse-croûte pour Zac, le chouchou de son père pour une fois.
L'avis de Stéphanie Nolin (Lecinema.ca) :
Le film C.R.A.Z.Y. du réalisateur Jean-Marc Vallée (Liste noire) emprunte des sentiers peu fréquentés dans le corpus cinématographique québécois en dressant un portrait authentique et sensible d’une famille ordinaire du Québec. Vallée nous parle d’amour, d’acceptation et de différence avec pour toile de fond un Québec en plein changement, façonné et modernisé par la révolution tranquille et la montée du nationalisme.
Cette chronique familiale, se déroulant de 1960 à nos jours, aborde avec sincérité les bonheurs et les heurts d’une fratrie de cinq garçons tous plus différents les uns des autres. Au cœur de cette mêlée se trouve Zachary (fabuleux Marc-André Grondin), le quatrième de cinq frères. À travers ses yeux d’enfant puis d’adolescent perturbé, en constante recherche de l’assentiment de son père (toujours extraordinaire Michel Côté), nous revivrons plusieurs époques.
La musique omniprésente, véritable protagoniste du film, accompagne le propos, suggère les émotions et marque le passage du temps. Les Pasty Cline, Aznavour, David Bowie vibrent au même rythme que les personnages et nous font vibrer aussi. Les décors, les événements et les gestes posés, tous plus vrais que nature, sauront nous rappeler des souvenirs de notre jeunesse. Une attention particulière semble avoir été portée à chaque petit détail.
Marc-André Grondin incarne avec beaucoup de justesse et de sensibilité cet adolescent qui voudrait tant combler les idéaux de son père et qui refoule pour cette raison sa vraie nature. Michel Côté, dans le rôle du paternel affectueux mais maladroit qui refuse la différence, offre une performance extraordinaire et en émouvra certainement plus d’un. Notons également le jeu superbe de Danielle Proulx en mère de famille compréhensive et celui de Pierre-Luc Brillant dans la peau d’un junkie.
Avant d’être un film sur l’homosexualité, C.R.A.Z.Y. est d'abord un film sur une relation père-fils et sur ce besoin que nous avons tous d’être aimé et compris de nos parents. Sont palpables dans ce film l’attachement familial indéfectible et la filiation invisible qui unit une mère à son enfant. L’humour, utilisé intelligemment, désamorce parfois des situations qui pourraient sembler lourdes.
En fait, regarder C.R.A.Z.Y., c’est comme contempler notre propre portrait de famille. On y voit une famille typique qui vit des joies et des problèmes au quotidien. C.R.A.Z.Y., c’est en fait une célébration de ce lien immuable qui nous unit à quelqu’un, pour la vie. C’est aussi et surtout un hymne à la tolérance. Un film troublant, touchant, qui vous hantera probablement et qui pourrait s’avérer être le succès surprise de la saison estivale. À voir absolument !

Pour plus d’informations :
Bande annonce

par Stéphanie Nolin (Lecinema.ca) publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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