
[Avertissement de Daniel C. Hall : Ce billet daté de décembre 2006 vient d'être retrouvé par un proche sur le disque dur de Zanzi à son domicile en France. Faut-il y voir un signe ? Un avant-goût du drame qui s'est joué au Canada ? Une conspiration ? Une fin intentionnelle et programmée ? Autant dire que ce post inédit et insoupçonné (voire post-mortem) a peut-être son importance dans cette triste disparition. Et c'est pour cela que je vous le livre aujourd'hui...]
Il y a des moments dans la vie où il faut passer à autre chose. « Tourner la page » a-t-on coutume de dire. Ou l’arracher, comme Karl Lagerfeld. Ou encore brûler le livre, détruire son œuvre. S’immoler en public. Et disparaître dans des volutes de fumée. Retourner au néant.
J’avais espéré, en vous faisant partager mes émotions, mes délires, mes coups de gueule et mes éclats de rire, créer un lien qui me manquait. Je voulais rejoindre une communauté, créer une interactivité et avoir la sensation d’exister enfin. Il n’en est rien. Je me sens plus vide qu’un coquillage abandonné sur la plage. Les impasses de ma vie professionnelle et la vacuité de ma vie privée ne me permettent plus de continuer. La force m’a quitté.
Le désespoir qui me ronge est d’autant plus profond et plus noir que pas la moindre lumière ne parvient à dissiper les ténèbres qui m’entourent. Dimanche dernier*, en allant voir ma nièce, j’étais physiquement présent mais moralement absent. Coquille vide. Les pleurs du bébé m’ont lassé avant de m’indifférer totalement. Je n’étais déjà plus là. Cette enfant de trois mois et demi n’a pu arrêter ma course à l’abîme.
L’heure est venue de tirer ma révérence, de baisser le rideau et de quitter la scène. Pour ne pas être victime de la fuite du temps,
mais prendre de vitesse cet impitoyable assassin pour lui damer le pion. Ceux qui s’en réjouiront pourront s’ils le souhaitent allumer un grand feu de joie et danser sur mes cendres. Je
m’en contrefous. Je n’étais personne, je n’étais rien. Je repars d’où je viens.
(*) Début décembre 2006 donc.
Note de DCH
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