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Mardi 28 février 2006

Brokeback Mountain Fanvid
Vidéo envoyée par chinadoll88
par Daniel C. Hall publié dans : VIDEOS : BA et parodies de films
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Mardi 28 février 2006

Fiche technique :
Avec Jacques Nolot, Patri
ck Ferry. Réalisé par André Techiné. Scénario : Philippe Du Janerand, Jacques Nolot, Laurent Perrout et André Téchiné. Directeur de la photographie : Pascal Marti.
Durée : 48 mn. Disponible en VF.

Résumé :
Jean-Claude, jeune comédien parisien, retourne dans son village natal après dix ans de silence. Il retrouve son frère, marié à une fille du pays, la Matiouette. Les retrouvailles seront difficiles.
L'avis de Jean Yves :
La Matiouette ou le face à face de deux frères
La Matiouette a d'abord été une pièce de théâtre (1) écrite par Jacques Nolot, jouée sur scène en 1981 puis filmée par André Téchiné en 1982.
Un salon de coiffure comme on en fait plus. Une échoppe pièce de musée où croupit un phallocrate bon cru. Venu d'on ne sait où, surgit l'étranger. Un client ?
Non, le frère du coiffeur, de passage au village natal après dix ans d'absence. La surprise passée, s'affrontent alors deux histoires opposées, toutes deux nées du même creuset : la famille. D'un côté l'héritier aveugle de la France silencieuse en butte aux singularités du marginal, de l'autre celui qui est monté à Paris, le suspect.
L'arrivée éclair du frère prodigue ravive les incidents de parcours : gosse, il tricotait, avait des barrettes dans les cheveux, aujourd'hui il porte un foulard de pédé, fume des cigarettes de gonzesse...
Bref il est anormal. De là à penser que...
Au-delà du propos caricatural super phallo qui provoque rires et sourires grinçants, l'essentiel de la « Matiouette » (c'est le surnom de l'épouse du coiffeur) que Jacques Nolot, l'auteur, porte de bout en bout avec une verve contenue, jamais vulgaire, constamment vrai, se trouve dans le non-exprimé, dans le non-dit que suggère sans jamais le nommer, le discours phallo. L'anormal est-il homosexuel, fou, drogué ?

Qu'importe ! Il dérange.
Son salut n'a tenu qu'à son départ forcé et c'est parce qu'il n'était pas comme les autres qu'il a quitté le pays. Le coiffeur, dans les normes, est resté, sans une lueur de révolte, le système sécrétant son propre enfermement.

La Matiouette est le deuxième volet d'une trilogie : le premier volet J'embrasse pas réalisé aussi par André Techiné en 1991 racontait le départ du « héros » adolescent de son village natal. Le troisième volet L'Arrière-pays réalisé par Jacques Nolot en 1997 raconte le second retour du « héros » dans son village après avoir « réussi » à Paris : il n'est plus regardé - comme dans la Matiouette - en anormal du fait de sa réussite sociale, même s'il reste et restera toujours différent.

(1) Editions Actes Sud, Collection Papiers, 1992, ISBN : 2869432461
Pour plus d’informations :

par Jean Yves publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Lundi 27 février 2006
Pour la première fois dans l'histoire de ce blog, je me vois contraint d'interdire les commentaires. En effet, un nouveau commentaire tombant sous le coup de la loi (en terme de diffamation ou d'injures) de la part d'un individu se disant proche de Taoufik vient de faire déborder le vase. [Daniel, le 2 mars, 17 heures]

Comme pour Robson et Philippe, Les Toiles Roses s’associent au combat de Taoufik et Etienne.
Voici le résumé de Philippe qui était à Lyon, vendredi, pour soutenir Taoufik :

Ce soir, je suis de nouveau sous le coup d'un choc terrible, après la deuxième mésaventure en moins de 6 semaines, qui tend à renforcer l'idée de l'acharnement bien « présumé » des Préfectures vis-à-vis des couples HOMOS BINATIONAUX !...
Jeudi après-midi, je vous faisais part de ma colère en apprenant la mise en rétention de Taoufik, ce jeune Marocain de 22 ans pacsé avec Etienne qui, à plusieurs reprises, avait néanmoins fait une demande de Titre de séjour auprès de la Préfecture de Côte d'Or (et non du Rhône, excusez l'erreur de « parti pris » à l'encontre de M. le Préfet du Rhône !)... Et qui s'était vu par deux fois, opposé un refus.

Soutien au Tribunal Administratif de Lyon


Vendredi matin, à 9 heures, nous étions donc une petite dizaine à le soutenir (il est difficile de mobiliser plus de monde au dernier moment, surtout un jour de semaine à cette heure-là).
Parmi les Lyonnais présents, il y avait David, Président de la LGP Lyon, mais aussi Olivier, Vice-Président de la LGP Lyon, Trésorier de Moove!, Association lyonnaise de jeunes gays, lesbiennes & ceux qui les comprennent, Trésorier adjoint de mOules frItes... Gilia, membre actif de Moove!... Eddy, qui a déjà témoigné sur mon blog (lire son histoire) nous avait également rejoints, juste avant d'aller bosser...
Michel CHOMARAT, chargé de mission pour la Mémoire de la Ville de Lyon et interlocuteur privilégié sur les questions LGBT, s'était aussi mobilisé.
Côté Médias : un journaliste de 20 Minutes, que j'avais rencontré pour notre histoire, ainsi que TLM, chaîne de télévision locale.
Le jugement me semblait en bonne voie, puisque le Tribunal administratif de Lyon avait invalidé l'arrêté de reconduite à la frontière pour Robson.
L'avocate de Taoufik nous a semblé à tous, à la fois défensive et offensive, plaidant avec force arguments, pièces, cas de jurisprudence...
Ainsi, quittant le Tribunal, tout le monde semblait confiant...

Nous sommes allés prendre un café, en attendant l'assignation à résidence du Juge des Libertés. Dans cette attente, Taoufik a été reconduit en Centre de rétention, encadré et menotté (!)
Peu avant midi, Etienne nous rejoints au café plus détendu... Son compagnon sera libéré dans l'après-midi. Une bonne nouvelle accompagnée de sérénité...
Mais avant-hier matin, le résultat de l'Audience est tombé comme un couperet par voie de fax :

Le Tribunal administratif de Lyon a confirmé l'arrêté de reconduite à la frontière notifié par la Préfecture de Côte d'Or !!!...
Étienne et Taoufik n'ont donc pas d'autre choix que de faire appel de cette décision...

Amour « choisi » ?... Amour « subi » ?

Ainsi, après deux ans de vie commune pour Étienne et Taoufik, trois ans pour Robson et moi-même, davantage pour d'autres... Voilà vers quoi l'on veut conduire les couples homosexuels binationaux : à « s'expatrier » ailleurs !
Doit-on renoncer à s'aimer, lorsque l'on n'est pas de la même culture, de la même nationalité, de la même couleur de peau ?
Doit-on « subir » tous nos compatriotes, pour reprendre les mots de Nicolas Sarkozy, et faire plaisir à notre « Mère Patrie » ?
N'est-il donc pas plus normal de « choisir » librement son conjoint ?
Répondez-moi, M. le Ministre !

Philippe

par Daniel C. Hall & Philippe publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Dimanche 26 février 2006

LES DIEUX DU STADES
Vidéo envoyée par mattdu51

Merci à François C., chef du blog du C.
par Daniel C. Hall publié dans : VIDEOS : Rose divers
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Jeudi 23 février 2006
URGENCE : Daniel C. Hall appelle les lectrices et lecteurs de ce blog de la région lyonnaise à venir manifester leur soutien et leur solidarité. Moi aussi, j'en ai marre de l'hétérorisme d'état !

Bonjour,

C'est encore moi, Philippe... Cette fois-ci, c'en est TROP ! Je sollicite votre soutien pour Taoufik, qui risque d'être expulsé comme ROBSON !
Lisez plutôt ceci (également sur mon Blog : http://www.djrobson.net)
Venez nous rejoindre demain matin (24 février) au TA de Lyon (ceux qui le peuvent...) MERCI pour lui.
Merci pour tous les COUPLES HOMOS BINATIONAUX !!!

S.O.S. pour Taoufik
ou Quand la Préfecture du Rhône "déraille"…

Ce matin, la CIMADE (La Cimade est une association œcuménique créée en 1939 pour venir en aide aux personnes déplacées et regroupées dans des camps dans le sud de la France. Pendant la 2ème guerre mondiale, elle a participé activement à la résistance contre le nazisme et au sauvetage des Juifs. Après la guerre, elle a œuvré pour la réconciliation France-Allemagne et pour l'indépendance et le développement des anciennes colonies. Aujourd'hui, elle travaille en collaboration avec d'autres organismes catholiques, orthodoxes et laïcs au service des réfugiés, des étrangers en France, et au développement solidaire de pays de l'Est et du Sud. Pour la défense des droits de l'homme et des peuples...) m’appelle sur mon portable pour me faire part d’une histoire toute aussi révoltante que la nôtre, qui met encore une fois les couples homosexuels binationaux au ban des ACCUSÉS ! Avec un Jugement demain matin, au Tribunal Administratif de Lyon. J’appelle toutes les Lyonnaises et les Lyonnais, et les Associations gays de Lyon, à venir soutenir Taoufik demain matin !

Taoufik est un jeune homme de 22 ans, d’origine Marocaine. Arrrivé sur le territoire français le 11 novembre 2003, avec un visa touristique, il rencontre son premier ami et conclut un premier PACS le 9 janvier 2004. Le 21 avril, il fait une première demande de Titre auprès de la Préfecture du Rhône, qui lui est refusée.
En juin 2004, il rencontre Étienne, et une grande et belle histoire d’amour commence pour eux… Le 17 décembre 2004, Taoufik fait une nouvelle demande de titre de séjour, qui est également rejetée, le 28 février 2005. Entre temps, le couple s’est pacsé le 25 mars 2005.
J’oubliais de vous dire : Taoufik a "coupé tous les ponts" avec sa famille au Maroc, depuis qu’il lui a déclaré son homosexualité - ou c’est plutôt le contraire : sa famille l’a rejeté !
Le 3 octobre 2005, nouvelle demande de titre, nouveau refus de la Préfecture notifié le 23 novembre 2005, au motif que le couple ne peut pas justifier d’un an de vie commune. Pourtant, dans quelques mois, cela fera bientôt 2 ans que le couple est constitué.
Ah oui ! Mais j’oubliais : "homo et étranger", voilà deux bonnes "raisons" qui font de Taoufik une cible idéale !… Christian Vanneste ne doit pas être loin, ou ses lieutenants à la Préfecture du Rhône... Au reste, tout le monde le sait : les homos n’ont pas, n’ont jamais eu "droit de cité"… Souvenez-vous bien du "triangle rose"…
Le 21 février dernier, Taoufik est interpellé en bas du domicile commun. Il est emmené au Centre de rétention de Saint-Éxupéry.
Demain matin, il sera jugé par la Cour administrative de Lyon, rue Duguesclin.

Aussi, au nom des LIBERTÉS FONDAMENTALES, j’appelle toutes celles et ceux qui veulent le soutenir, à venir "faire un siège" au Tribunal !
Cette fois-ci, M. le Préfet du Rhône, vous ne nous prendrez pas ! Car sachez-le : les pédés eux aussi, ont le droit d’aimer ! L'amour n'est pas l'apanage des seuls couples hétéros...
Et avec tout le respect que je vous dois, M. le Préfet du Rhône, cette fois-ci, permettez-moi de vous le dire : je crois que vous "déraillez"…
par Daniel C. Hall publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Jeudi 23 février 2006

hotdogsforhomop_266
Vidéo envoyée par mystic21
par Daniel C. Hall publié dans : VIDEOS : La TV en folie
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Jeudi 23 février 2006

Fiche technique :
Avec Patri
ck Norbert, Michel Subor, Isabelle Rosais, Jean-Jacques Aublanc et Françoise Michaud. Réalisé par Gérard Blain. Scénario : Gérard Blain. Directeur de la photographie : E. Machuel. Compositeur : Catherine Lara.
Durée : 105 mn. Disponible en VF.

Résumé :
Pierre est un jeune homme intransigeant, en révolte permanente contre la société. Il n’a qu’un seul but : faire le bonheur de sa jeune sœur Nathalie. Un film engagé et politique d’une grande rigueur esthétique.
L'avis de Jean Yves :
La pureté (prolétaire) contre le vice (capitaliste) est-elle toujours séduisante quand le gentil est hétéro et le méchant homo ?
Un jeune homme, Pierre (Patrick Norbert), dans une banlieue triste, en révolte contre tous les pourrissements, est obligé de céder aux chantages d'un homo riche et puissant, Hubert Beaufils (Michel Subor) car ce dernier l'a surpris en train de forcer une serrure de voiture. C'est le seul moyen pour lui de trouver un travail qui lui éviterait de laisser sa petite sœur Nathalie (Isabelle Rosais) partir dans un centre d'éducation spécialisée après la mort de la mère. Pierre, qui n'accepte pas les propositions sexuelles de Beaufils aux allures de chantage, finira par tuer le pédé. Il est alors lâché par ses « amis », Alain (Jean-Jacques Aublanc) et Corinne (Françoise Michaud), jeunes universitaires aux idées révolutionnaires, qu'il avait rencontrés à la suite d'un meeting communiste. Pierre est arrêté. Nathalie éclate en sanglots. En guise d'adieu, Pierre lui dit : « Il ne faut pas pleurer, Nathalie... Faut se battre. »
Gérard Blain n'a pas choisi de montrer – à travers le personnage d'Hubert Beaufils – une image de l'homosexualité militante ou sentimentale. Il a fait du personnage homo, un bourgeois vicelard voire traître, image finalement bien plus ancienne et perverse que celle de la folle, colorée. Comme si, à cette époque, 1980, l'homosexualité était acquise, les préjugés morts. En montrant un sale pédé, le cinéaste aurait-il levé un tabou ? Je me demande comment a pu être reçu – en 1980 – par le spectateur cette image ? N'a-t-elle pas été vue uniquement comme l'expression d'un moralisme conventionnel ?
Moralisme conventionnel d'autant que ce film défend aussi l'idée que la famille est la cellule sociale de base, qu'il faut la défendre contre le capitalisme. Cette cellule est même d'une pureté intangible. Pierre, le rebelle, est en plus totalement asexué. Seules ses relations avec sa sœur sont empreintes d'une certaine sensualité, bien vite éludée. Serait-ce donc lui, le héros total ? Le révolutionnaire. Car c'est une rengaine déjà entendue, « la révolution n'a pas de sexe ».

Sous couvert de grands sentiments et de nobles rébellions, Le Rebelle ne ressasse que les grands thèmes de l'hétérocratie, sous la forme d'un véritable mélo. Mais un mélo mal fait qui se prend au sérieux.
Pour finir, Pierre-le-rebelle tue-t-il le capitaliste ou le pédé ?
Pour plus d’informations :
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par Jean Yves publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mercredi 22 février 2006

joachim garraud gaypride_2005
Vidéo envoyée par besso
par Daniel C. Hall publié dans : VIDEOS : Lutte contre l'homophobie
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Mercredi 22 février 2006
par Daniel C. Hall publié dans : VISUELS : Les affiches et pubs roses
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Mercredi 22 février 2006
Fiche technique :
Avec Cui Zien, Zhang Kang, Wei Jiangang, Yan Qing, Yu Bo et Yu Mengjie. Réalisé par Liu Bingjian. Scénario : Cui Zien et Liu Bingjian. Directeur de la photographie : Jinliang et Xu Jiang. Compositeur : Ah Yi.
Durée : 90 mn. Disponible en VO, VOST et VF.
Résumé :
Xiao Bo, jeune homme discret, arrive à Pékin. Il se présente dans une boutique de mode à la recherche d'un certain Monsieur Li, bénéficiant d'une recommandation pour un travail. Mais à la place de ce M. Li, il trouve une Madame Ah Qing, la gérante, qui lui propose de travailler pour elle. L'hébergeant chez elle où elle vit avec son mari, Kang, un homme un peu rustre, Mme Qing prend littéralement Bo sous sa protection. Elle lui présente une de ses jeunes amies, la jolie Meng mais Bo semble peu attirée par les filles...
L'avis de Philippe Serve :
Les Camarades (terme ironique employé par les homosexuels chinois entre eux)
Il fut une époque reculée où l'homosexualité (tongxinglian) était chose courante et parfaitement acceptée en Chine, une simple composante d'une sexualité ouverte malgré le poids de la tradition confucéenne qui voyait en l'homme un chef de famille appelé à créer une descendance en fidélité au culte des ancêtres. L'occidentalisation quelque peu forcée de la société après les guerres de l'opium (1839-1842 et 1858-1860) créera et développera une morale petite-bourgeoise qui mettra au pilori l'homosexualité, tout en tournant le dos à la polygamie (qui favorisait ou permettait le lesbianisme, des épouses encourageant leur mari à prendre pour concubine leur propre maîtresse). L'instauration du communisme à partir de 1949 ne fit que renforcer l'ostracisme envers cette déviance sexuelle. Jusqu'à très récemment encore, être homosexuel en Chine, sujet tabou, relevait d'une « anomalie médicale », mentale pour être précis. Le code pénal se montrant muet sur la question, la répression passait par l'assimilation de l'homosexualité au hooliganisme et au désordre de l'ordre public...
Cet amalgame disparut en 1997 et l'équation homo = malade mental fut définitivement repoussée par l'Association de Psychiatrie chinoise en avril 2001.... Aujourd'hui en Chine et notamment dans les grandes villes, les homosexuels ne se cachent plus et se retrouvent librement dans des bars, les saunas ou des boîtes gays, à Pékin ou Shanghai comme à Paris, Londres ou Berlin. C'est cette Chine là que l'on retrouve dans le très intéressant film de Liu Bingjian Le Protégé de Madame Qing (le titre original, Nan nan, nü nü, littéralement « Homme homme, femme femme » signifie aussi quelque chose comme « Toutes sortes de gens »)
Empruntant directement à la technique du documentaire (film indépendant tourné très vite et clandestinement en 10 jours, caméra fixe mais aussi portée, sujet de société, acteurs non professionnels et jouant leurs propres rôles, etc.) chère aux réalisateurs de la 6e génération dont Liu fait partie, le film surfe sur un humour dévastateur. Bo, peu sensible au charme de la jolie Meng, préfère se rapprocher de son ami Chong-chong. Celui-ci travaille et vit avec le très gay Gui-gui (joué par le scénariste du film, Cui Zien, professeur et militant de la cause homo). Leur activité ? Publier une littérature de toilettes publiques... Un exemple ? Les Fables des pissotières radieuses ! Ainsi, Chong-chong se rend de toilettes en toilettes afin de recueillir sur les murs quelque prose immortelle que Gui-gui répercutera sur les ondes de son émission radio (émission « pirate » bien sûr).
Humour aussi ou plus exactement ironie avec cette Mme Qing, la quarantaine à la silhouette juvénile, qui materne Bo au plus près et finira par quitter son macho de mari pour... Meng, la jeune fille qu'elle destinait à son « protégé »...
Mais ne croyons pas pour autant que si la situation des homosexuels en Chine a très favorablement évolué, elle soit devenue facile, l'irruption massive du Sida ne faisant que compliquer les choses pour une communauté qui, si elle est moins harcelée par le pouvoir, a encore à se faire accepter par la société elle-même, paradoxalement plus conservatrice pour ne pas dire plus réactionnaire que l'État lui-même ! Mme Qing ne s'y trompe pas lorsqu'elle déclare: « Si il (Bo) l'est vraiment, il va souffrir... ».
Liu Bingjian a l'intelligence de ne faire preuve ni de didactisme ni de prosélytisme. Il raconte seulement une histoire et des gens par le biais d'une mise en scène sans effets particuliers. Les plans s'étirent en plans-séquences, parfois à la durée limite, Liu n'étant tout de même pas Hou Hsiao-hsien...
Le Protégé de Madame Qing n'intègrera certes pas les annales ou la légende des plus grands films chinois mais restera comme une œuvre originale, osée, attachante et drôle teintée d'une légère amertume aussi élégante que désabusée... 
Liu Bingjian a obtenu le Prix du meilleur réalisateur au Festival du Film International de Locarno en 1999.
Pour plus d’informations :
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par Philippe Serve publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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