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L'avis de Bibliomonde :
Ce qui reste (Gallimard, 2003)
Chocolat chaud (Gallimard, 1998)
Plusieurs vies (Gallimard, 1996 - Folio, 1998)
L'Enfant ébloui (Gallimard, 1995 - Folio 1999)
Né en 1970, après des études à Marrakech, il séjourne à Paris. En 2000, il a été accueilli comme pensionnaire de la Villa Médicis gérée par la Fondation de France à Rome. Le Maroc qu’il raconte dans ses romans est celui de l’homosexualité décrite de la façon la plus candide.
« L'auteur aborde, frontalement et sans fioritures, sa « gaytitude » de Marocain, musulman énamouré, dès l'âge de seize ans, d'un coopérant français âgé de quarante ans et père de deux enfants. Le père de l'auteur sait tout, mais ne pose pas de questions. De rencontre en rencontre, Rachid O. découvre et l'écrit et le corps. Il faudra peut-être attendre quelques années pour soupçonner l'impact d'un tel aveu, qui a valeur ethnologique (…) » (Maati Kaabal, le Monde diplomatique, avril 1999).
« Pour résumer mon adolescence, j’aimais aimer les garçons et lire des livres. Je suis arrivé à écrire, mais d’abord je voulais venir en France où, par pur hasard, j’ai fait deux livres autobiographiques, d’abord L’enfant ébloui, puis Plusieurs vies, à travers lesquels je suis revenu à la nostalgie de mon enfance et tout ce qui l’entourait. Ces deux textes ont été une passerelle entre moi et la France, ils m’ont donné un nouvel équilibre entre la France et le Maroc pour un meilleur glissement dans mon intégration. Aujourd’hui, je ne suis plus moi dans Chocolat chaud, l’imaginaire de ce roman me semble plus réel. Je n’ai plus envie de parler de moi maintenant. » (extrait d’un article de Rachid O. pour le Magazine littéraire, avril 1999)
« Rachid O. appartient, curieusement, plus à la famille d’Hervé Guibert qu’à celle des écrivains marocains, même si son apparition a changé quelque chose de fondamental dans la conscience que les auteurs et les lecteurs de son pays, et du Maghreb en général, avaient de la sexualité. Des gestes, des sentiments, des événements furent écrits par lui, qui ne l’avaient jamais été par un écrivain maghrébin. Non pas qu’on ait ignoré que l’homosexualité masculine et la prostitution, plus ou moins littérale, (c’est-à-dire avec ou sans argent), aient été pratiquées au Maghreb – ce serait un comble ! -, mais certaines choses n’étaient jamais écrites.
La brutalité douce, l’intelligence, la sensibilité de Rachid O. ont permit que la littérature s’empare calmement, précisément, de certaines réalités sexuelles et sociales, à travers le filtre d’un individu lucide, sentimental qui a un rapport naturellement poétique avec le monde et qui joue de l’écriture avec une liberté n’interdisant pas pour autant la rigueur de pensée. » (extrait d’un article de René de Ceccatty, Le Monde, avril 2003)
(reproduit avec l’aimable autorisation de Bibliomonde).
Pour plus d'informations :
Les quatre livres sont publiés aux Editions Gallimard et certains en poche chez Folio.
Interview de Rachid O.







Fiche technique :
Avec Jean-Philippe Ecoffey, Hélène Vincent, Michèle Laroque, Georges du Fresne, Daniel Hanssens et Laurence Bibot. Réalisé par Alain Berliner. Scénario de Chris Vander Stappen et Alain Berliner. Directeur de la photographie : Yves Cape. Musiques de Dominique Dalcan.
Durée : 88 mn. Disponible en VF.
Résumé :
Evocation de la différence à travers l'histoire de Ludovic, garçonnet persuadé d'être une petite fille.
L'avis de Jean Yves :
Dans ce film, Alain Berliner s'intéresse aux tracas identitaires d'un petit garçon de 7 ans, Ludovic, qui se prend pour une fille. Le traitement d'un tel sujet aurait pu être passionnant. Mais pour cela il aurait fallu que le réalisateur choisisse d'interroger toutes les questions qui tournent autour de l'identité de l'enfant. Ce qu'il n'a pas choisi de faire. Dommage que jamais le scénario ne se pose la question de savoir comment un petit garçon en vient à se prendre pour une petite fille.
En refusant de réfléchir à la personnalité de Ludovic, le réalisateur n'a fait qu'aplatir le personnage. Comme si « l'inversion sexuelle » en question ici se réduisait à un simple goût disproportionné pour le travestissement, une sorte de fantaisie.
Je ne m'explique toujours pas comment Ludovic arrive à ne pas intégrer la censure que lui applique son entourage. Il continue à s'habiller en fille, à raconter qu'il en est une, sans se rendre compte que ce faisant il transgresse une norme. Pourtant comme tous les petits garçons qui se sont déjà déguisés en fille, je sais dans quels abîmes cette pratique m'a entraîné. On dirait que Ludovic a une telle force psychologique que le regard des autres n'agit pas sur lui. Même si j'accepte bien volontiers que le cinéma n'est pas une traduction du réel, je trouve cela quand même difficile à avaler.
Pour fuir la violence sociale quand même bien présente dans le film, Ludovic se réfugie tranquillement dans un monde enchanté rose pastel, nappé de musique sucrée et de rêve de pacotille. Comme si cette violence ne produisait dans le monde intérieur du garçon ni honte ni culpabilité. Il aurait pourtant été passionnant de voir comment l'enfant réagit quand il prend conscience de son attitude perçue comme monstrueuse par son entourage. Alain Berliner avait là un beau sujet de film : c'était une occasion rêvée d'aborder, par exemple, la question de la sexualité infantile…
Le film, en évacuant toutes ces zones de questionnement, devient « recevable » à tout public. Mais je doute qu'une telle normalisation du sujet serve à faire évoluer les idées et les clichés.
Pour plus d’informations :
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