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Mardi 1 avril 2008



Fiche technique :

Avec David Bowie, Tom Conti, Ryuichi Sakamoto, Takeshi Kitano, Jack Thompson, Johnny Okura et Alistair Browning. Réalisé par Nagisa Oshima. Scénario de Nagisa Oshima et Paul Mayersberg. Directeur de la photographie : Toichiro Narushima. Compositeur : Ryuichi Sakamoto.
Durée : 122 mn. Disponible en VO et VOST.

 

Résumé :
Java 1942. Pendant la seconde guerre mondiale, un camp de prisonniers. Des soldats anglais détenus par des soldats japonais. Le capitaine Yonoï (Ryuichi Sakamoto) dirige le camp, secondé par le sergent Gengo Hara (Takeshi Kitano). Le colonel John Lawrence (Tom Conti), anglais bilingue, joue l'intermédiaire entre les Japonais et les Anglais. Assistant au jugement du Major Jack Celliers (David Bowie), le capitaine Yonoï permet au major d'échapper à la peine de mort et de rester prisonnier au camp. À partir de là, un jeu d'oppositions et d'attirances. Une histoire d'amour et d'interdit. Une histoire humaine de codes à dépasser et transgresser, mené avec justesse par ce groupe d'acteurs.



L’avis d’Olivier Nicklaus :
Une relation homo SM comme emblème de la fascination réciproque entre les cultures européenne et nippone.

En 1983, David Bowie cartonne au hit-parade avec les tubesques « Let's Dance » et « China Girl ». Et au cinéma, c'est le carton aussi puisque après avoir joué au vampire avec Catherine Deneuve dans The Hunger (Les Prédateurs, réalisé par Tony Scott), il tourne sous la direction d'Oshima son meilleur rôle à ce jour, celui d'un prisonnier anglais d'un camp japonais en 1942 ("furyo" signifie "prisonnier de guerre" en japonais).
Peroxydé en jaune fluo, il roule une pelle à Ryuichi Sakamoto, alias Capitaine Yonoi, le chef du camp, devant tous ses hommes. C'est la scène clé de Furyo, présenté au Festival de Cannes en 1983, ultime film de folle, opposant deux pop stars (Sakamoto, qui signe également le hit d'ascenseur de la BO, est un peu l'équivalent nippon de Bowie) dans des joutes sado-maso. Pour Oshima, l'homosexualité symbolise la fascination réciproque entre les cultures européenne et nippone. Depuis Contes cruels de la jeunesse (1960) et surtout L'Empire des sens (1976), il n'a de cesse de secouer les mentalités bien-pensantes de ses compatriotes en auscultant les rapports entre pouvoir, sexe, crime et argent. Oshima ne filme pas l'homosexualité comme une tare mais la célèbre au contraire comme révélatrice de vérité, promesse de transgression, rêve de liberté.
Cela se vérifiera encore dans Tabou (1999), le dernier film qu'il a réalisé à ce jour, où, après l'armée, l'homosexualité démystifie un autre archétype japonais : l'élite virile des samouraïs.


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L’avis de Jean Yves :
L'EMPIRE DES HOMMES
L'univers carcéral en temps de guerre avait déjà suscité de nombreux longs-métrages (Le pont de la rivière Kwaï). Nagisa Oshima, après avoir lu, The Seed and The Sower de Sir Laurens Van der Post (1963), a décidé d'en faire un film et en a réussi une superbe adaptation.
Une histoire d'hommes, d'amitié virile (il n'y a aucun élément féminin) sublimée par la fascination des deux héros et la découverte de deux cultures : pour ce faire, le réalisateur, Nagisa Oshima a réuni deux stars très populaires, David Bowie, le major Jack Celliers, officier d'élite qui s'est rendu aux mains des Japonais, et Ryuichi Sakamoto, le capitaine Yonoï qui en fait son captif et tente de l'impressionner en prenant bien soin de ne rien laisser paraître derrière un faciès impassible.

Le film est axé sur la découverte et la crainte qu'éprouvent ces deux hommes pris au piège de la guerre, dans un lieu clos, le camp, propre à l'éclosion de tout sentiment. Le choc des cultures les sauvera-t-il d'un inextricable corridor dans lequel se sont enfermées leurs consciences, révélés l'un à l'autre par leur éducation et leur sens du devoir et des convenances ?


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David Bowie dresse un portrait inattendu d'officier franc-tireur, volontairement incarcéré et aux prises avec sa hargne, sa fougue et ses contradictions.
Face à lui, superbe officier nippon, figure maquillée des ornements guerriers, frondeur et téméraire dans la tradition samouraï, prêt au sacrifice final pour la survie de l'armée, le capitaine Yonoï, ange exterminateur sorti tout droit de l'œuvre de Mishima, abuse et profite de sa position pour l'accomplissement d'une lente et cruelle dualité sado-masochiste.
Oshima aborde aussi le tabou de l'homosexualité dans un film de guerre. Mis à part la première scène du film où l'on apprend la sodomisation d'un prisonnier hollandais, l'homosexualité est montrée à travers son expression "spirituelle" et verbale.
Yonoï admire beaucoup Celliers, avec une fascination homosexuelle – mais qui existe aussi entre les deux autres officiers (Lawrence et Hara) et se répercute sur les quatre personnages. Le schéma fondamental est le suivant : Lawrence représente un type d'esprit cartésien, logicien, face aux Japonais qui incarnent l'esprit absolument illogique, imprévisible, des divinités nippones. Celliers est à sa façon un autre élément illogique (à la façon occidentale) et qui, par son arrivée, déclenche de nouveaux "rapports".
Il ne faut pas manquer de souligner la remarquable interprétation du chanteur Ryuichi Sakamoto qui est le fondateur du groupe "Yellow Magie Orchestra".

Le film aurait mérité une palme d'or ainsi que des prix d'interprétation ; il en fut autrement…


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L’avis de Silasau:
Être ou ne pas être, telle est la question Major Celliers.
Le film prend pied à la limite où s'établissent les codes de la guerre, entre honneur du code et tabou. Suivant un travelling avant, on découvre dans les premiers plans du film une ronde de soldats japonais encerclant deux hommes étendus sur le sol. Pris dans ce cercle, un soldat coréen et un prisonnier hollandais. Premier rapprochement sino-européen où deux hommes différents sont liés par un acte sexuel qui ne leur est pas permis. Et le film joue toujours d'un éloignement entre les deux parties ; éloignement qui permet de poser la punition, l'humiliation, les réprimandes, la mort…
Une des premières discussions qui a lieu entre le sergent Hara et Lawrence à propos de l'homosexualité entre le coréen et l'hollandais montre le fossé entre Japonais et Anglais.

— Hara : Vous avez tous peur des pédés. Un samouraï n'en a pas peur !
— Lawrence : La guerre renforce l'amitié entre les hommes. Mais tous les soldats ne deviennent pas pédés.
— Hara : Vous n'êtes que des prisonniers. Pas des soldats. Vous n'avez aucune discipline. C'est pour ça que vous m'implorez. C'est honteux.
— Lawrence : Sergent Hara, je n'ai aucun motif de honte.



Un peu plus loin, Hara vient inspecter l'état de Jack Celliers en pleine nuit. S'engage à nouveau une discussion entre Hara et Lawrence. Apparaissent d'autres différences quand au fait d'être prisonnier et au suicide pour un japonais et un anglais.
— Hara : Lawrence, pourquoi voulez-vous vivre ? Je vous admirerais de vous tuer. Un si bon officier ! Comment acceptez-vous la honte sans vous tuer ? […] Je suis mort depuis l'âge de 17 ans. La veille de ma mobilisation, j'ai offert ma vie à l'Empereur. Moi, Gengo Hara, je suis déjà mort pour mon pays.
— Lawrence : Mais vous n'êtes pas mort, n'est-ce pas ?

Lawrence représente le personnage qui semble comprendre les Japonais. C'est ce que ceux-ci lui laisse croire jusqu'à ce qu'il ne saisisse plus leur comportement. Va et vient, entre le désir de la relation et la séparation. Quand Lawrence va voir Yonoï qui s'entraîne au sabre pour lui demander d'arrêter son entraînement qui gène les malades (simulacre de provocation de la part de Yonoï à l'encontre de Celliers), au moment où Lawrence et Yonoï semblent s'accorder d'une discussion sur des souvenirs communs au Japon, le passé de Yonoï ressurgit avec ses devoirs. Il prépare aussitôt l'exécution du soldat coréen.
Et la rupture s'établit lorsque, devant l'autel où Hara officie au rite funéraire du soldat qui s'est suicidé de n'avoir pas pu tuer Celliers, Yonoï expose le jeu de mort et de vie qui s'établit sur l'ordre du crime à la punition, accusant Lawrence de l'introduction de la radio dans le camp.

— Lawrence : Je comprends… Je dois mourir pour votre sens de l'ordre.
— Yonoï : Vous avez compris, Lawrence. Vous devez mourir pour moi.
— Lawrence : J'ai compris. Mais je ne mourrai pas pour vous ! […]
— Lawrence : " Ce sont vos dieux. Vos sales dieux puants ! Ils ont fait de vous ce que vous êtes. Qu'ils retournent dans leur enfer pourri !

Dans cette première étape du film, Lawrence apparaît ne pas pouvoir aller plus loin. Son désir d'acceptation, de communication semble ne pas pouvoir être résolu.
Lawrence : C'est une nation d'anxieux. Ils ne pouvaient rien faire individuellement. Alors ils sont devenus fous, collectivement.
Avant de reprendre :
 Lawrence : Je ne veux haïr aucun Japonais en particulier.


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Lawrence est donc le personnage qui possède le plus de compassion envers les Japonais et qui cherche à les rejoindre, si ce n'est dans leur logique, au moins les retrouver sur un plan humain. Ce que Lawrence n'attend plus se passe lorsque Hara, saoul, libère Lawrence et Jack et leur souhaite un joyeux noël. Moment d'échange, quand l'alcool libère des inhibitions. Mais, là où la relation s'arrête entre le sergent Hara et Lawrence, Celliers va plus loin dans sa relation avec Yonoï. Si Lawrence s'arrête aux codes de l'amitié, Celliers dépasse la raison pour accéder à l'amour.
Ce rapprochement entre Yonoï et Celliers s'opère dès leur entrevue dans le palais de justice, où le travelling accompagné de la musique opère le premier lien.

Celliers est le personnage en quête, qui récupère autrement ce qu'il a perdu avec son frère. Il s'offre en martyr de n'avoir pu ou plutôt de n'avoir voulu protéger son frère. Élément qui reconduit les codes et les rites, où Celliers déforme les choses pour mieux les embrasser. Dans son jeu des dernières volontés, lorsque deux gardes viennent le chercher dans sa cellule pour son exécution, il se joue de codes qu'il a eut le temps de haïr depuis la période où son frère a été bizuté.
Dans le passage où Jack se remémore son enfance et celle de son frère, on découvre l'existence de codes différents où les lois qui régissent la vie sociale anglaise, de l'enfance à l'adolescence et qui préparent donc à l'âge adulte, semblent d'une certaine façon aussi dures. La volonté de faire souffrir son frère, trop affable, est très bien exprimée lorsque Celliers se tient au sommet d'un escalier, dans un plan large. Son frère se trouve alors soulevé du sol par ses "camarades" d'école. Après une ellipse, la caméra zoom en arrière, depuis le lieu vide où s'est passé le bizutage pour aller retrouver Jack qui n'a pas bougé. Son frère se trouve à ses côtés mais son visage a changé. Entre ces deux plans, dans la durée de l'ellipse : la séparation, la trahison.
Pour revenir à la relation centrale du film, entre Celliers et Yonoï, personnages androgynes joués magnifiquement par David Bowie et Ryuichi Sakamoto (Sakamoto, d'autre part compositeur de la superbe musique du film), il est intéressant de voir la façon qu'a eu Oshima de filmer ces êtres, souvent dans des travellings ou zooms lors de moments d'introspections. Mouvance intérieure qui ressort sur la vision omnisciente de la caméra. Lorsque que Celliers arrive au camp, le cadre associe un mouvement avant composé de la concordance entre un travelling et un zoom qui font disparaître les barbelés. La caméra traverse bel et bien les barbelés amenant Celliers à être l'élément libérateur, la semence qui profite à tous dont parle Lawrence à la fin du film. L'électron libre de la fable.
Ainsi, un jeu de provocation, d'observation entre Yonoï et Celliers va avoir lieu. Déjà pressenti par la fausse exécution de Celliers où Yonoï apparaît dans le cadre juste après les coups de feux à blanc. Premier hommage au couple dans un fondu au noir.


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Trois grandes étapes vont unir le couple. Mouvement subversif à trois temps vers un amour impossible, si le personnage joué par Bowie est si beau, c'est parce qu'il est déjà mort, ce qui lui permet des changements de règles. Celliers – Yonoï, le renversement des codes, par la transgression de Celliers puis de Yonoï.
1) Lors de la distribution de fleurs pendant le gyo, Celliers est l'élément commémoratif par rapport à la mort et celui qui transgresse l'interdit de ne ni boire ni manger pendant deux jours. Se faisant attraper en train de manger une fleur, il fait mine de l'offrir à Yonoï avant de la manger.
2)
Lorsque Celliers essaye de s'échapper avec Lawrence, Yonoï les surprend et recherche l'affrontement, seule échappatoire possible par rapport à sa moralité. Comme tout soldat japonais, on doit mourir par la bataille, hors Jack Celliers refuse de l'affronter et plante son couteau en affront dans le sol, ce qui perturbe encore plus Yonoï.
3)
Apogée de la relation ambigu entre Celliers et Yonoï, lorsque le capitaine va trancher la tête de l'officier qui dirige le groupe anglais, Jack s'avance vers Yonoï dans un instant où le temps semble s'être arrêté. Il l'agrippe et l'embrasse sur les deux joues. Images saccadées, mouvement fraternel et plus, message d'adieu et d'amour.


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À partir de là, le film rassemble les pardons des personnages qui gravitent autour de Jack. Il retrouve son frère en rêve qui l'excuse. Yonoï revient de nuit chercher une touffe de cheveux pour le commérer sur son autel. Tout un processus respectueux, que ce soit entre Jack et son frère ou Jack et Yonoï, qui s'établit dans un temps humain, où chaque personnage appose ses mouvements dans un temps d'observation de l'autre. Mais ici, pas question de recherche puisque les réponses sont déjà posées, et l'esprit (papillon blanc) de Celliers déjà prêt.
JAVA 1946. Quatre ans plus tard. La guerre est finie et Lawrence rend visite au sergent Hara en prison. Ici, les rôles s'inversent, et la compassion de Lawrence n'a fait qu'augmenter.

Lawrence : Vous êtes victimes d'hommes qui croient avoir raison, tout comme autrefois, vous et la capitaine Yonoï étiez convaincus d'avoir raison. En vérité, bien sûr, personne n'a raison.
Le film commence et finit avec Lawrence et Hara. Le premier et le dernier plan du film mettent en scène Hara. Entre ces deux points, un gouffre énorme puisque le film commence par des rapports de soldats pour finir sur des rapports d'êtres humains. Fin du film sur un échange entre deux hommes. Deux cultures. Un brin de compréhension. Où Lawrence est le porteur de cette semence laissée par Celliers à ses semblables. L'amitié. L'amour.
« Comme si, Celliers, par sa mort, avait semé une semence dont la croissance nous profite à tous. »

« Merry Christmas! Merry Christmas, Mr. Lawrence. »
Pour plus d’informations :

par Olivier Nicklaus, Jean Yves & Silasaul (Cinéasie) publié dans : FILMS : Les Toiles Roses communauté : Gay-friendly
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Lundi 31 mars 2008
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par Daniel C. Hall publié dans : VISUELS : Les affiches et pubs roses communauté : Gay-friendly
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Lundi 31 mars 2008
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Fiche technique :
Avec Deborah Kerr, John Kerr, Leif Erickson, Edward Andrews, Darryl Hickman, Norma Crane, Dean Jones, Jacqueline deWit, Tom Laughlin, Ralph Votrian, Steven Terrell et Kip King. Réalisation : Vincente Minnelli. Scénario : Robert Anderson, d’après sa pièce de théâtre. Directeur de la photographie : John Alton. Monteur : Ferris Webster. Compositeur : Adolph Deutsch.
Durée : 122 mn. Disponible en VO, VOST et VF.



Résumé :
Jeune homme délicat préfèrant la poésie au sport, Tom est l'objet des moqueries de ses camarades, qui ne le jugent pas assez viril. Il trouve du réconfort auprès de Laura Reynolds, l'épouse de son professeur de sport.


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L’avis d’Olivier Nicklaus :
Dans un collège américain des années 50, difficile d'être un homo ou une femme indépendante. Minnelli lorgne du côté de Douglas Sirk, voire de Tennessee Williams.
On n'est plus du tout dans le registre de comédie sophistiquée jusqu'au burlesque de La Femme modèle. Ici, la ligne serait plutôt celle de Douglas Sirk, le drame étouffé. Tom, un étudiant effacé et manifestement homosexuel, se lie avec Laura Reynolds, la femme de son professeur de sport. Laura, troublée, quittera son mari qui ne s'en remettra pas. Racontée comme ça, ça paraît peu crédible, mais c'est paradoxalement la force du film que de montrer que les sentiments sont parfois plus complexes que les stéréotypes.


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De quoi valoir à Thé et sympathie un certain ostracisme de la part des milieux gays militants, qui y lire un éloge de la normalité, une victoire de l'hétérosexualité sur l'homosexualité. Alors qu'au contraire, le sujet du film est l'ostracisme dont sont victimes Tom Lee ET Laura Reynolds, leur statut minoritaire au sein de ce lycée oppressant. A cet égard, le choix de Minnelli de réduire l'action à quelques lieux seulement (la chambre de Tom, le salon de Laura) n'est pas une faiblesse ramenant le film à sa dimension théâtrale, mais au contraire un choix de mise en scène concerté pour bien souligner l'univers étriqué – au propre comme au figuré – dans lequel évoluent Tom et Laura.


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Bref, le film est tenu. D'aucuns diront ténu. Ce n'est pas l'un des grands Minnelli. Mais ça vaut largement certaines adaptations pompières de Tennessee Williams invariablement portées aux nues.


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L’avis du Ciné Club de Caen :
De caractère sensible et doux, Tom Lee est l'objet du mépris de ses camarades de collège qui le traitent d'efféminé car il préfère la musique et la peinture au base-ball. La seule amitié qu'il rencontre est celle de Laura, la femme du directeur, Bill Reynolds. Incomprise par son mari brutal, Laura se rapproche chaque jour davantage du jeune homme avec lequel elle partage le goût des belles choses. Bill, quant à lui, montre envers son élève une hostilité accrue par le trouble de ses propres sentiments.


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À la suite d'une violente dispute avec son père et d'une visite catastrophique chez Ellie Martin, la prostituée du lieu, Tom tente de se suicider. Laura le sauve de justesse. Cette tension extrême les jette dans les bras l'un de l'autre; et Tom devient l'amant de Laura, se prouvant ainsi sa virilité. Tom retrouve son équilibre physique et moral et sa confiance en soi, tandis que Laura, consciente d'avoir brisé son foyer, disparaît. Bien des années plus tard, lors d'une réunion d'anciens élèves, Tom apprendra l'ultime sacrifice de sa seule amie.
Pour plus d’informations :

par Olivier Nicklaus & Ciné Club de Caen publié dans : FILMS : Les Toiles Roses communauté : Gay-friendly
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Lundi 31 mars 2008
http://www.homonormalite-lyon.org/IMG/jpg/Affiche_sidaction_2006.jpg
par Daniel C. Hall publié dans : VISUELS : Les affiches et pubs roses communauté : Gay-friendly
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Dimanche 30 mars 2008

Visuel : (c) GayClic

CET ÉPISODE EST EN DEUX PARTIES
Luke est juste "un" copain de Noah, Lily n'a pas de liaison avec Dusty et Holden poursuit Bonnie pour un détail administratif... Chez moi, ça s'appelle du foutage de gueule.
[ATWT appartient à PGP et CBS]
NOTE : Pour bien comprendre l'histoire de chez Yo's, sachez 1) que l'âge légal pour boire aux USA est de 21 ans et 2) que Holden est particulièrement sensible sur ce sujet car Luke a un peu taquiné la bouteille à l'époque de son coming-out.
Certains m'ont demandé ce que signifiait le logo "TV14 D" au début de la plupart des épisodes. Sachez qu'aux USA, "As the world turns" est déconseillé aux moins de 14 ans, notamment à cause de ses dialogues (D) ou de sa violence (V). Oui, je sais, en Europe, ça nous paraît un peu curieux...

par Jag1366 publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE) communauté : Gay-friendly
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Samedi 29 mars 2008

Visuel : (c) GayClic

Ben oui, quand on dit ou quand on fait des conneries, après, faut assumer...
Encore un épisode de transition, mais à partir du prochain, Luke et Noah vont devenir beaucoup plus présents... avec de jolies scènes à chaque fois.
[ATWT appartient à PGP et CBS, je suis l'auteur des sous-titres]

par Jag1366 publié dans : SERIE : AS THE WORLD TURNS (AINSI VA LE MONDE) communauté : Gay-friendly
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Vendredi 28 mars 2008

« La famille et l’institution mariage sont aujourd’hui menacées par les idéologies homosexuelles, la pédophilie, la violence faites aux femmes et aux enfants, sans oublier la drogue (...) Or l’homosexualité est une perversion, une orientation de la sexualité humaine vers l’érotisme qui ne sait que flatter les sens et se rebeller contre la droite raison (...) L’homosexualité est une infamie et mérite d’être condamnée. » Simon Victor Tonye Bakot,  archevêque du diocèse de Yaoundé.

par Daniel C. Hall publié dans : MOTS : Citations philes et phobes communauté : Gay-friendly
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Vendredi 28 mars 2008

« Dans les cités, quand ils sont connus comme tels, les homos subissent tout et n'importe quoi, y compris des expéditions punitives (...) Pour certaines familles, pute ou homo, c'est la même chose, c'est inacceptable. On est donc bien dans les mêmes combats. Il s'agit de se réapproprier son corps. »

« Il faut qu'un mouvement gay émerge dans les quartiers (...) pour mener de vraies bastons sur ces questions dans les banlieues, pour faire évoluer les mentalités. »

« Je suis favorable à l'adoption pour les couples homosexuels. Je suis pour le mariage homosexuel aussi. Pour faire grandir un enfant et lui permettre de s'assumer en tant qu'être humain, il faut bien sûr qu'il puisse être vêtu, manger correctement, recevoir une belle éducation, mais il faut avant tout qu'il sache très tôt qu'il est aimé. Je ne pense pas que les couples en instance de divorce, où il y a des formes de violences entre des hommes et des femmes, soient un cadre idéal. Et, pourtant, on est en présence d'un couple "classique". »

Fadela Amara, secrétaire d’état à la politique de la ville, Têtu, avril 2008.

par Daniel C. Hall publié dans : MOTS : Citations philes et phobes communauté : Gay-friendly
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Vendredi 28 mars 2008

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Fiche technique :
Avec Eusobio Poncela, Carmen Maura, Antonia Banderas, Miguel Molina, Fernando Guillen, Manuela Velasco, Nacho Martinez, Bibiana Fernandez et Helga Liné. Réalisé par Pedro Almodovar. Scénario : Pedro Almodovar. Directeur de la photographie : Angel Luis Fernandez. Compositeur : Pedro Almodovar, Bernardo Bonezzi et Angel Luis Fernandez.
Durée : 100 mn. Disponible en VO, VOST et VF.



Résumé :
Madrid. Pablo Quintero (Eusebio Poncela) est un cinéaste célèbre et homosexuel. Son amant, Juan (Miguel Molina) le quitte. Il se console avec un jeune homme fou de lui et très jaloux, Antonio (Antonio Banderas). Parallèlement, Pablo commence à écrire son nouveau film, inspiré de la vie de sa sœur Tina (Camen Maura) qui fut autrefois un homme… Antonio paraît de plus en plus jaloux, de plus en plus fou… Le drame couve…


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L'avis de Philippe Serve :
Fol Amour
Le film commence très fort par une longue scène qui donne le ton : un jeune homme se déshabille dans une chambre, puis se masturbe sur le lit jusqu'à la jouissance sous les injonctions d'une voix d'homme… Mais Pedro Almodovar n'est pas genre à faire du « cinéma homo » à la manière de Fassbinder, Gus van Sant ou quelques cinéastes du « jeune cinéma français » (ou moins jeune, tel André Téchiné ou Patrice Chéreau) qui semblent avoir bien du mal à parler de ce « monde » sans sombrer trop vite et avec trop de complaisance dans le sordide et le glauque (le triptyque violence-dope-maladie)… Même si la réalité montrée ici n'est pas franchement gaie, elle reste très gay et finalement presque gaie… Car tout baigne dans une exagération et même parfois un grotesque que le cinéaste de la Movida  a toujours su (enfin presque…) maîtriser.


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Une dizaine d'années seulement après la mort du « caudillo » Franco et ses presque 40 ans de dictature fasciste, Almodovar explose le carcan de la morale bourgeoise, catholique, coincée et rigide de la société espagnole avec son sixième « vrai » film, réalisé entre Matador et Femmes au bord de la crise de nerfs.
On imagine quel effet purent produire certaines scènes telle que celle où Antonio Banderas (pas encore le tombeur de ces dames…) se fait sodomiser pour la première fois !


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Provocateur, Almodovar ? Oui bien sûr, mais toujours avec tranquillité, avec une évidence que les excès ne remettent jamais en question. Et puis il y a aussi cette volonté de ne pas chercher à prouver, à démontrer, seulement celle de raconter une/des histoire(s). Et même si ces dernières empruntent au mieux avec le mélo flamboyant (Talons aiguilles, Tout sur ma mère) ou retenu (Parle avec elle) et au pire avec le roman-photo, son constant mélange des genres (comédie/mélo) emporte le morceau. Les sentiments sont exacerbés et on s'aime comme on s'engueule: avec passion et exagération…


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En fait, là où Almodovar réussit parfaitement son coup est de montrer que le monde des relations homosexuelles est régi par les mêmes lois que celles régnant entre hétéros. Remplacez la moitié des hommes par des femmes et vous obtiendrez un mélodrame « normal ». Finalement, quelle meilleure façon de prêcher la tolérance et le refus du rejet pour « anormalité » ?
Almodovar nous gratifie dans sa mise en scène très fluide, très efficace, toujours au service d'un récit d'une grande clarté, de quelques superbes gros plans : ceux sur la machine à écrire, ou sur les lunettes noires de Pablo cachant ses yeux et d'où coule une larme. Puis, les lunettes ôtées, la parfaite fusion par superposition des yeux et de deux roues de voitures. Superbe…


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Carmen Maura, l'actrice fétiche de Pedro Almodovar, donne une interprétation remarquable de Tina, ne tombant jamais dans le piège de la « folle » de service. Son jeu dans la scène de l'hôpital, au mélo improbable, où elle raconte à son frère devenu amnésique qui elle est vraiment et son amour fou pour son propre père (pour qui elle avait changé de sexe) est en tout point sublime et poignant. L'étrange blancheur de son visage (caractéristique souvent présente chez les transsexuels) rend son interprétation plus sensible encore…


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Almodovar reprendra l'idée d'une actrice (donc d'une femme) jouant un homme devenu femme dans Tout sur ma mère
À noter, comme dans tous les films du cinéaste ibère, une superbe bande musicale…
Un film à (re)découvrir !


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L'avis de Samuel Minne :
« Siéntate y vete desnudando » : assieds-toi et déshabille-toi petit à petit. Un jeune garçon bien découplé se masturbe à l’injonction d’un homme plus âgé qu’on ne voit pas, qui se confond avec nous, spectateurs. C’est sur une scène de plaisir voyeuriste que s’ouvre La Loi du désir, sous les augures annonciateurs du plaisir commandé et tarifé, d’un désir distancié fondé sur le regard, la parole et l’intellect. Mais Almodóvar met en abyme cette métaphore éculée du cinéma : il s’agit d’un film dans le film, réalisé par un cinéaste à la gloire naissante, Pablo Quintero. Il drague, se drogue, comme tout artiste de la Movida qui se respecte, et Eusebio Poncela campe un double altier et désinvolte d’Almodóvar lui-même (qui fait d’ailleurs une courte apparition). C’est l’occasion rêvée de se moquer des milieux à la mode, du titre du film (Le Paradigme de la moule…) aux conversations avec les fans qui classent leurs films préférés du réalisateur.


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Pablo est aussi un homme amoureux, mais son amant Juan retourne à la province sans beaucoup d’état d’âme. Papillon volage, Pablo va vite tomber dans les rets séduisants d’un fan transi. Jeune et fougueux, Antonio, interprété de façon très charnelle par un Antonio Banderas nerveux et sensuel, est fasciné par son idole, et bien qu’il se définisse comme hétérosexuel, va se servir de son pouvoir d’attraction sexuelle et