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NOS CRITIQUES DE FILMS : 1. Films de A à H : ici. 2. Films de I à P : ici. 3. Films de Q à Z : ici.
(Dernière mise à jour des index des films critiqués : 19/03/08)
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Antiprod    BQHL    Carlotta Films    Eklipse    Epicentre Films    Les Films de L'Ange    Hystérie Prod.    One plus One
Mercredi 5 mars 2008

« Larry n'était pas un citoyen de seconde zone. Je ne suis pas une citoyenne de seconde zone. Ce n'est pas grave si on est gay. Je me fiche de ce que les gens disent, je me fiche de ce que les gens pensent. Et je sais qu'il existe des groupes de personnes qui font face à la discrimination tous les jours et que nous sommes loin de traiter tout le monde égalitairement. Tout cela est inacceptable. Tout. Mais je voudrais que vous commenciez à être attentifs à la façon dont sont souvent traités les homosexuels, à la façon dont on s'en moque souvent dans les films. Ce genre de message, se moquer de quelqu'un parce qu'il est homosexuel, n'est qu'un début. On commence par se moquer de quelqu'un, puis on l'insulte, puis on le tabasse, et puis un jour c'est ce gamin Brandon qui tue un gamin comme Larry. Nous devons changer notre pays et nous pouvons le faire, nous pouvons le faire avec notre comportement, nous pouvons le faire avec les messages que nous envoyons à nos enfants, nous pouvons le faire par notre vote. Il s'agit d'une année électorale, on parle beaucoup de changement. Je pense que la chose qu'on devrait changer c'est la haine. Vérifiez pour qui vous votez, et si cette personne croit vraiment que nous sommes tous égaux devant la loi. Et si vous n'en êtes pas sûr, changez votre vote, nous méritons mieux. » Ellen DeGeneres, comédienne (le sitcom « Ellen ») et animatrice, a rendu un hommage émouvant dans son émission à Lawrence King, le jeune garçon de 15 ans assassiné par arme à feu parce qu'il était gay. Rappelons qu'Ellen DeGeneres avait fait son coming out en 1997. [Source : GayClic]


par Daniel C. Hall publié dans : MOTS : Citations philes et phobes communauté : Gay-friendly
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Mercredi 5 mars 2008


Fiche technique :

Avec Avec Alexis Arquette, Jill St John, Julie Brown, Larry Sullivan, Ray Baker, Sirena Irwin, Steve Braun et David Mixner. Réalisation : Miles Swain. Scénario : Miles Swain. Image : Charles Barbee & Scott Kevan. Musique : Steven Chesne.
Durée : 95 mn. Disponible en VO et VOST.



Résumé :

Alan (Larry Sullivan) est un jeune journaliste débutant, républicain et conservateur. Il travaille à son premier livre, un traité sur les aspects négatifs de l'homosexualité. Il garde la sienne soigneusement cachée. Pour se documenter, il parcourt la Californie en interviewant des gays. Tommy, blond et très sexy (Steve Braun), est avocat et surtout un militant gay doté d’un solide sens de l'humour.

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Les deux jeunes hommes se rencontrent lors d'une fête en 1973. Bien malgré lui, Alan finit par succomber au charme de Tommy. Les deux hommes vivent heureux ensemble pendant quatre ans, jusqu’au jour de la parution du livre d'Alan. Tommy, dégoûté, par ce qu’il y découvre quitte alors Alan. Mais le destin n'en a pas fini avec eux...

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L’avis de
Bernard Alapetite :
Sur la longue route de la vie, tout peut arriver ! C’est la première leçon de cette production pleine d’émotion, aux moyens modestes, mais ambitieuse. The Trip nous raconte onze années de passion entre deux hommes, une romance où s'entrecroisent politique, sexe, humour, farce et tragédie. Un tel film nous fait prendre conscience combien peu sont ceux qui réussissent à mêler aux péripéties d’une vie, les grands et les petits événements de l’histoire qui parfois bouleversent ces destinées individuelles et qui, toujours, sont le décor dans lequel nos existences cahotent. The Trip c’est un peu un Forrest Gump gay.

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Miles Swain nous offre dix ans de l’histoire de l’Amérique vue du coté gay avec une légèreté remarquable grâce surtout aux dialogues aussi brillants que drôles, en particulier dans les dix premières minutes. Le réalisateur fait commencer son œuvre dans la pure comédie de texte pour la continuer dans l’émotion. Un film qui, comme souvent la vie, est un rire qui vire aux larmes.

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Nous revisitons ce monde des années 70 et 80, période qui a vu tout changer pour les homosexuels, par d’habiles inserts de bandes d’actualité dans la narration. On y croise des grandes figures de la scène gay américaine d’alors, comme Anita Bryant, la pasionaria de la croisade contre les homosexuels, Harvey Milk le premier politicien gay américain... qui finit assassiné. Swain nous donne sans en avoir l’air une leçon d’histoire, sans pédantisme et sans jamais perdre de vue son fil conducteur, la love story de ses deux amoureux hétéroclites. Tout cela est tissé avec beaucoup de tact et de sensibilité.

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Elle a été longue cette histoire de la libération des gays, toujours inachevée, beaucoup d’entre nous ne la connaisse pas ou ont voulu l’oublier trop vite. Pourtant que de combats, que de coups, que de douleur et puis quand cela paraissait presque gagné, il y eut cette maladie que presque tous n’ont pas voulu voir. Pour bon nombre, ils ont été écrasés par ce rocher de Sisyphe qui a dévalé presque en bas de la pente alors qu’ils avaient eu tant de mal à le hisser. Mais d’autres ont poursuivi l’effort, et le rocher de la liberté, poussé par une foule de héros anonymes, s’est mis à remonter la pente. C’est d’un de ces tournants du chemin escarpé que nous contemplons ce beau film, The Trip, qui nous fait nous souvenir que la route a été dure et quelques fois belle.
Sur un ton primesautier Swain, dont on attend avec impatience la deuxième réalisation, ne nous parle pas moins de choses aussi graves que la vérité que l’on se doit à soi même, de la fidélité, de la trahison, de la mémoire, du sida, de la difficulté de mettre en accord le public et le privé...

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Il tendra pour certains anciens le miroir où ils verront leur jeunesse. On s’aperçoit combien l’idéal masculin, représenté ici par Tommy, a changé. Il est à parier qu’aujourd’hui, un garçon lui ressemblant avec ce corps longiligne aux forme douces et tendres, ce beau visage à la douceur presque enfantine, encadré de longs cheveux blonds, que cette silhouette boticellienne, ne susciterait guère l’engouement qu’elle pouvait provoquer vers 1975. C’est jusqu’à l’incarnation de nos désirs que la route aura modifiée...
Si vous êtes né vers 1950, The Trip aurait pu être votre histoire... de l’autre côté de l’Atlantique. Cinéaste français, généralement de bien peu d’imagination, il serait très facile d’adapter ce beau scénario à notre contrée. Alan se nommerait François. Il militerait en loden vert chez les jeunes giscardiens tandis qu’Alan s’appellerait Patrick et serait un activiste du FHAR...

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Swain aurait pu écrire des dialogues brillantissimes, nous donner un travelling la vie gay nourri par un vrai travail de recherches, nous offrir une reconstitution de ces années enfuies sans une erreur, réinterprétées par un vrai œil de cinéaste comme il le fait, mais rien de ceci serait opérant s’il n’avait pas eu le talent de faire incarner ses deux héros par des comédiens exceptionnels dont on comprend mal la modeste notoriété. Larry Sullivan et Steve Braun, comme Alan et Tommy, provoquent une alchimie qui habite l'écran dès qu'ils y apparaissent ensemble. On sent un vrai amour et un grand respect des acteurs pour les personnages qu’ils jouent. C'est ce duo qui fait fonctionner le film parfaitement.

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Il est amusant de noter qu’une partie de The Trip a été tournée à Falcon Air, la dernière maison de Rudolphe Valentino qui fut occupée ensuite par Gloria Swanson.
Le dvd contient en bonus des scènes coupées et un petit making of sympathique.

Ces louanges ne doivent pas dissimuler que la réalisation n’est pas particulièrement inventive, que certains personnages de second plan sont à la fois insuffisamment développés et trop caricaturaux et que le choix de tirer les situations vers la comédie parait quelques fois un peu forcé, mais ce ne sont que vétilles face à l’émotion qui nous étreint devant ce film.
Pour plus d’informations :

 

par Bernard Alapetite publié dans : FILMS : Les Toiles Roses communauté : Gay-friendly
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Mercredi 5 mars 2008


Fiche technique :

Avec Java, André Reybaz et Lucien Senemaud. Réalisé par Jean Genet. Scénario : Jean Genet. Directeur de la photographie : Jacques Natteau.
Durée : 25 mn. Disponible en VF.



Résumé :
Dans une prison, l'amour d'un prisonnier pour un autre.

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L'avis de Jean Yves :
Enfermés dans leurs cellules, deux prisonniers communiquent à l'aide d'un trou creusé dans le mur, sous l'œil du gardien qui les observe par le judas.
Un chant d’amour est le seul film écrit et réalisé par Jean Genet, interdit en France durant 25 ans. En dehors d'une version soigneusement expurgée de ses séquences anatomiques, montrée à quelques happy few en 1954 par Henri Langlois à la Cinémathèque, personne en France, n'avait pu voir Un chant d'amour tel qu'il a été conçu. Il y a eu quelques rares projections (à New York en 1964, à Londres en 1971, tardivement à Paris) qui ont toutes été des scandales publics.


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Pour la petite histoire, il faut savoir que c'est Nico Papatakis (à l'époque, propriétaire d'un cabaret à Saint Germain des Prés) et réalisateur, en 1991, des Équilibristes, qui a produit ce brûlot génial.
Ce chef-d'œuvre en noir et blanc de moins d'une demi-heure est muet. Comme si Genet le poète y donnait la parole aux seules images. Il n'a sacrifié à aucune autocensure.


Un chant d'amour n'a pas pris une ride : la chaussette percée, et l'ongle noir que s'arrache le taulard ; la paille dans le trou de la muraille où passe la fumée de cigarette d'une cellule à l'autre ; la main tendue vers la grappe de lilas, le maton qui jouit en plaçant son révolver dans la bouche d'un prisonnier, les braguettes lourdes, les toisons, les verges qui se branlent...
Tout l'imaginaire de Genet est là, intact.
Un incunable gay à voir ou revoir.

Jean Genet: UN CHANT D'AMOUR


L’avis de Luc Lagier :
La genèse d’Un Chant d’amour remonte à l’année 1944 et à la rencontre entre Jean Genet et Nico Papatakis. À cette époque, Nico Papatakis est le propriétaire de "La Rose rouge", un célèbre cabaret de Saint-Germain des Prés. Jean Genet multiplie quant à lui les séjours en prison pour vols, falsification de papiers, désertion ou vagabondages. C’est d’ailleurs en prison que Jean Genet écrit ses premiers textes : Le Condamné à mort, Notre-Dame-des-fleurs ou Miracle de la rose. En 1944, Jean Genet et Nico Papatakis décident donc de mettre en chantier un film qu’ils qualifient eux-mêmes « d’érotique » : Un Chant d’amour, prévu tout d’abord sur une durée d’une heure, en 16 mm, muet et en noir et blanc.

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Papatakis en sera le producteur, Genet le scénariste, le réalisateur et le monteur. Le film est tourné en 1950, du mois d’avril au mois de juin. Le décor de la prison est construit au premier étage du cabaret de Papatakis alors que les extérieurs sont filmés dans la forêt de Milly, au sud de Paris. Nico Papatakis et Jean Genet décident de ne pas distribuer le film de manière officielle mais plutôt de faire circuler des copies dans des réseaux privés. C’est en 1954 que la première projection publique d’Un Chant d’amour a lieu.

Jean Genet: UN CHANT D'AMOUR


Elle est organisée à la Cinémathèque française par Henri Langlois mais la copie est tronquée de tous les plans ouvertement sexuels. En 1964, Nico Papatakis vend des copies du film à la Filmmaker’s Cooperative de New York, laquelle organise des projections qui se termineront par des descentes de police, ce qui vaudra d’ailleurs à Jonas Mekas, le programmateur de ces séances, quelques jours d’emprisonnement pour avoir voulu « salir l’Amérique ».

Jean Genet: UN CHANT D'AMOUR


En 1975, soit 25 ans après sa réalisation, Nico Papatakis décide de présenter Un Chant d’amour à la commission du Prix à la qualité du Centre national de la cinématographie. Le film obtient une récompense de 9 millions d’anciens francs. En total désaccord, Jean Genet envoie alors une lettre à Michel Guy, le ministre de la culture de l’époque, et refuse de manière catégorique une telle récompense. Jugeant son film d’après ses propres termes comme « l’esquisse d’une esquisse », il ne veut pas le voir officiellement commercialisé et menace même Papatakis de poursuites judiciaires.

AISSELLE / ARMPIT


Après Un Chant d’amour, Jean Genet développera de nombreux autres projets cinématographiques, il écrira par exemple quelques scénarios comme Le Bagne au milieu des années 50 ou Le Bleu de l’œil dans les années 70, sans qu’aucun ne voit finalement le jour. Jean Genet s’éteindra en 1986. Un chant d’amour constitue donc l’unique film de l’écrivain.
Pour plus d'informations :

par Jean Yves publié dans : FILMS : Les Toiles Roses communauté : Gay-friendly
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