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Blog LGBT de

Daniel C
. Hall

L'équipe des "piliers" en exclusivité
ou en reprise autorisée :

Jean Yves
, Bernard Alapetite, Zanzi, Neil, Kim, Matoo, Mérovingien02, Juju, Chori, Shangols, Boris Bastide, Stéphane Riethauser, Samuel Minne,
Niklas, Robert Wagner...

et l'arrivée de Marc-Jean Filaire,
Isabelle B. Price, Psykokwak, Rémi Lange et Didier Roth-Bettoni.

Un grand merci à Francis Moury, Olivier Nicklaus
et à
Yann Gonzalez

et bien d'autres depuis le début et d'autres à venir...

Ce blog est partenaire de

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Avec l'aide graphique de

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POUR SURFER SUR CE BLOG...

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Les Toiles Roses
est un blog collaboratif, indépendant et bénévole optimisé pour Mozilla Firefox (
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NOS CRITIQUES DE FILMS : 1. Films de A à H : ici. 2. Films de I à P : ici. 3. Films de Q à Z : ici.
(Dernière mise à jour des index des films critiqués : 19/03/08)
NOS CHRONIQUES : 1. Saga des blogueurs : ici. 2. Histoire de l'homosexualité : ici. 3. Les articles de Kim : ici. 4. Zanzi and the City : ici. 5. Merci Bernard... (Bernard Alapetite) : ici. 6. Les 4 vérités de Juju : ici. 7. Derrière les masques : HOMOLLYWOOD (Marc-Jean Filaire) ici. 8. Et les filles, alors ? (Isabelle B. Price) ici. 9. L'œil du voyeur (Didier Roth-Bettoni) ici.
NOS RUBRIQUES SUCCÈS : 1. Citations homophobes et homophiles : ici. 2. Les vidéos des publicités gay ou gay-friendly : ici. 3. Les affiches et visuels LGBT : ici. 4. Les vidéos contre l'homophobie : ici. 5. Les vidéos contre le SIDA : ici. 6. Les vidéos de la TV en folie : ici.
NOS WEBSERIES : 1. Au cœur du Marais : ici. * 2. Niko perd les pédales : ici. * 3. G : ici. 4. Nous tous : ici. * 5. Au bar ou à la maison ? : ici. * 6. Gay Friday [en anglais] : ici. 7. Luke & Noah : "As the World Turns" : ici. 8. Crétins Story : ici. 9. Boris & Nadir : ici. 10. DELEDIOS : ici. [à venir]  11. FOUP : ici.
NOS ZOOMS : 1. Spécial Salim Kechiouche : ici.

Nos partenaires éditeurs de DVD (faites-leur confiance !) :
Antiprod    BQHL    Carlotta Films    Eklipse    Epicentre Films    Les Films de L'Ange    Hystérie Prod.    One plus One
Jeudi 20 avril 2006


Peux-tu nous présenter ton blog, sa genèse, son contenu, ce qu’il t’apporte et ce que tu penses qu’il apporte à tes lecteurs(trices) ?

Les Toiles Roses est né en juillet 2005. Pourquoi ? Parce que j’avais envie, avec mon chéri, de militer culturellement. Par le biais du cinéma et de la littérature. De faire évoluer les mentalités (des gays et des hétéros – qu’ils soient gay-friendly ou non…) et tout le tutti quanti… Mais comme je suis une grosse feignasse (ou alors très, trop, occupé), j’ai vu qu’un blog informatif, collaboratif (oui, je sais, faudrait dire communautaire, mais y a que les hétéros qui nous traitent de communautaristes ! Hééé toi-même !!!) apporterait à :

  1. Môôôaa.
  2. Mon chéri de mon cœur.
  3. Toutes les lectrices et lecteurs de tous les pays du monde (presque 30 000 uniques par mois, c’est de la folie douce !)
  4. Tous les incultes, coincés, bêtes, homophobes…

La preuve flagrante que nous sommes partout… Dans leur cinéma… Dans leur littérature… Dans leur télé, ma bonne dame… Dans leur histoire, sir !
Et comme beaucoup de blogueurs m’ont dit ok pour reprendre beaucoup de critiques éparses (et en premier Jean-Yves et Matoo… Rendons à César…), je pense que nous sommes en train de devenir une sacrée bon de dieu de nom de dieu de base critique en langue française. J’aurais voulu avoir ça, avant que je l’invente !

Tu écris le premier paragraphe d’un roman ou d’une nouvelle dont le héros n’est autre que toi-même. Quel serait ce paragraphe ?

Le soleil se lève. Juste un peu. Timidement. Presque à regret.
Daniel tend le visage pour sentir les premières caresses tièdes du matin. Sur ses lèvres un goût de croissant au chocolat, de pain d’épice, de méditerranée, de sable, de miel… Sur ses rétines sont gravés les regards de braise de son vis-à-vis… Et quelques étincelles étincelantes, des parcelles d’amour… Ses tétons lui font délicieusement mal… Son corps est courbatu, combattu, abattu comme le chantait Dick. Le nœud qui lui comprimait les tripes - celui du boulot, de la famille, de la vie – s’est envolé. Son esprit est vide, vide, léger, léger, tellement léger… Son cœur bat follement… encore et encore et encore…
Non, il sait que dans la rue, dans la ville, dans le pays, dans le monde, c’est bien souvent, trop souvent l’horreur… Que, comme lui, des gens se battent, et que petit à petit, un jour ou l’autre, cela sera moins insupportable d’être amoureux, heureux alors que tant d’autres… Depuis des années, chaque jour, le monde lui semble aussi terrifiant, mais chaque jour de plus en plus l’amour pour son habibi grandit, grandit… De façon irrationnelle, inespérée, incroyable, impossible… Il ne pense pas le mériter.
Et si ?
Et si…

Si tu étais les premières images d’un film, quelles seraient-elles et pourquoi ?

Deux ados. Deux petits mecs innocents, terrifiés, excités… Un baiser. Timide, gourmand, sensuel, explorateur. Un soleil qui se lève sur une étendue d’eau.
Et un immense champignon atomique en arrière-plan pour éliminer tous ceux qui ne seraient pas d’accord avec ça. Avec l’amour.
Adam et Adam, ça ne sonnerait pas si mal après tout, non ? Hein, Christian Vanneste ?

Quel est ton roman préféré (à thématique gay ou LGBT) et pourquoi ?

Sa Majesté des mouches, de William Golding. Point final. Lisez-le. C’est notre monde. De plus en plus. Hélas. Ouais, bon, il est pas LGBT. Mais tant pis, comme le disait si justement Louis XIV : « Le blog, c’est môôôôaa ! »

Quel est ton film préféré (à thématique gay ou LGBT) et pourquoi ?

Parce que je l’ai regardé (et surtout, c’est étrange, avec mon meilleur ami hétéro, quel pervers !) des dizaines et des dizaines de fois… Parce que j’écoute la B.O les soirs sur mon ordinateur portable lorsque je suis triste, joyeux, angoissé, satisfait, effondré, boosté, mal à l’aise, éméché, rassasié, à jeun ou par pur plaisir sadique ou masochiste, et sans hésiter : le Rocky Horror Picture Show. Je l’ai vu plus de 100 fois et je trouve toujours quelque chose de nouveau à chaque visionnage. Faut-il que je sois malade ! Mais j’aimerais tant que la vie, ce soit ça… Même en porte-jarretelles (Même si ce n’est pas mon style du tout du tout ma bonne dame…)  Mais si je ne devais emmener qu’un seul film sur une île déserte, ce serait celui-là. (et Beautiful thing, Big Eden, Tarik el HobSTOP !!!)

Quelle est ta série TV préférée (à thématique gay ou LGBT) et pourquoi ?

Que la honte s’abatte sur moi ! Impulsivement, je répondrais Dynastie. Car pré-ado, le personnage de Steven Carrington (le premier gay ou bisexuel des soap’) m’a fasciné. Je regardais, caché dans l’escalier, les épisodes sur FR3 le dimanche soir alors que je devais aller à l’école le lendemain (et mon meilleur ami hétéro, ce con, m’a offert à Noël le DVD de la première saison, et c’est reparti mon kiki…). Sinon : Ally McBeal et zut à celui qui glousse !!!!!! Et c’est vraiment une question conne, que même elle doit être de moi vu le niveau…

Quelle phrase tirée d’un livre ou film ou encore d’une chanson semblerait te définir à la perfection ?

Je vais (encore) tricher ! Mais c’est tellement moi…

Ce qui me plaît dans ce duo
C'est que tu fais la voix du haut
C'est toi qui sais, c'est toi qui dis
C'est toi qui penses et moi je suis
Mais les grands soirs lorsque tu pleures
Quand tu as peur dans ta chaloupe
C'est moi qui parle pendant des heures
Nous sommes en somme un vieux couple... (...)

Mon ami, mon copain, mon frère
Ma vieille chance, ma galère
Mon enfant, mon Judas, mon juge
Ma rassurance, mon refuge
Mon frère, mon faux-monnayeur
Mon ami, mon valet de cœur
Je ne voudrais pas que tu meures
Je ne voudrais pas que tu meures

Le vieux couple, chanson de Serge Reggiani. © et D. R.

Quelle photographie (perso ou non), image, tableau (etc.) pourrait te définir le mieux ou donner des pistes sur ta personnalité ?


Cette image. No comment. D’origine juive polonaise, de gauche, gay, amoureux d’un étranger musulman (hors UE) cela me rappelle que nous risquons, même en France, ce genre de traitement face à des courants (sont-ils si extrémistes que cela ?) politiques, religieux, médiatico-peoplesque-France d’en bas ou de la simple délinquance sexuelle… Comme le disait le pouet lors des manifs anti-PaCs : «  Les pédés au bûcher ! » C’était en France ! Et ça l’est toujours….

Question piège : « Penses-tu qu’il existe une culture gay ? »

Non, il n’y a qu’une culture. Celle de l’humanité. Générale et spécifique. Oui, nous devons malgré tout prendre ce que des auteurs, réalisateurs, historiens, politiques et tout le tutti quanti gays ou non (c’est-à-dire gay-friendly ou rendant compte d’un aspect homo dans leur cœur de connaissances) nous offrent et que nous devons nous approprier pour démontrer que les homos ne sont pas une invention (un fantasme de société) du XXe siècle ou un fléau (une tare ?) jeune comme le sida, mais que nous sommes issus de la nuit des temps (l’historien de formation qui est en moi voudrait en faire des pages et des tonnes, mais vous comprendrez le message…) Il n’y a qu’une culture, mais il faut que nous mettions en avant notre pré carré (un sous-ensemble ?) pour montrer que nous en faisons, depuis toujours, sur tous les sujets, dans tous les domaines, PARTIE ! Et basta !

Quel dialogue pourrais-tu imaginer entre ton moi profond et ton moi blogueur ?

MP : T’en as pas marre que ta mère fasse de la pub pour ton blog à tout le tutti quanti, comme une sorte d’outing dans ton petit bled ?
MB : Non parce que ma maman m’a servi mon petit dej’ au lit avec mon premier copain alors que je n’avais que 15 ans… Je n’ai même pas eu besoin de faire un coming  out… Bon, j’ai eu droit le soir même à : « Quoique tu sois, je t’aimerai toujours mon GROS titi.. » Avouez que c’est gênant…
MP : Ok mais un blog à 36 ans, c’est tard, non ?
MB : Je n’ai jamais été une honteuse. 36 ans, c’est le début de la vie, non ? Surtout que dans ma ville, dans mon cercle professionnel et personnel, personne n’ignore que : « jeeeuuu SUUUIIIIIIIIISSSSS GGGGGGAAAAAAYYYYYYY » et heureux de l’être ! P'tain, y a même mon pat'won, hétéro comme une enclume, qui laisse des commentaires sur ce blog, c'est dire à quel point le monde ne tourne plus tout à fait rond ! Y a que dans la blogosphère que ça ne se sait pas…. (Et je pouffe… et je me gausse…)
MP : Pétasse !
MB : Honteuse !
MP : Merci…
MB : De rien… et réciproquement…

Quel est le blog que tu voudrais réellement faire connaître et pourquoi ?

Sans hésiter, celui de Jean-Yves, que je consulte tous les matins, et cela même avant d’ouvrir ce blog. C’est une mine d’infos, c’est le seul blogueur qui ne parle pas de lui mais qui s’interroge et fait s’interroger les autres… Il a le don d’empathie directe et indirecte. J’aimerais le connaître. Après vient Matoo, mon bon vieux Matoo, ce pédéblogueur que je ne serai jamais mais que je voudrais tant être… dans une eau d’vie !

Quelle question ne voudrais-tu pas que l’on te pose ?

« Sois raisonnable et sensé : dis au docteur pourquoi tu n’es pas, comme tout le monde, hétérosexuel ? »
Question à laquelle je ne peux et ne pourrai jamais répondre autre chose que : «  Parce queeeuuuhhhh ! » Ce qui, avouons-le, est une réponse plutôt faible…

Dernière question. Pour passer (ou non) à la postérité, il faut préparer ses derniers mots ou dernières phrases à dire sur son lit de mort : quel(le)s seraient-ils(elles) ?

Et F comme gnagnagna et N comme gnagnagna, à bas, à bas, le Front National !
Mon cœur d’amour de petit bébé (J’espère que ce sera un vieux papy tout crapi à ce moment-là !), ma famille, le monde : je vous AAAAIIIIIIMMMMMMMEEEEEE !
Arrrrghhhhhh !
Et merdeuh….

Daniel C. Hall est sur cette photo. Un indice : il s'habille en orange....

Toutes les photos sont (c) D. R. Sans autorisation,
elles seront retirées sur simple demande ou munies d'un lien actif.




TO BE CONTINUED...
Le prochain épisode de cette saga mettra en vedette :
REGIS SADA DU BLOG MARIONS LES HOMOS !

par Daniel C. Hall publié dans : WEB : Les Blogs Roses
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Jeudi 20 avril 2006

Gay roommates
Vidéo envoyée par garcon
par Daniel C. Hall publié dans : VIDEOS : Les Pubs Roses
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Jeudi 20 avril 2006

Fiche technique :
Créateur : Alan Ball. Production : Produit en association avec "The Greenblatt Janollari Studio". Producteur exécutif : Alan Ball, Robert Greenblatt, David Janollari, Alan Poul. Co-producteur exécutif : Bruce Eric Kaplan. 1ère diffusion USA : 3 juin 2001 sur HBO. 1ère diffusion France : 8 décembre 2001 sur Jimmy.
Avec : PETER KRAUSE (Nate Fisher), MICHAEL C. HALL (David Fisher), FRANCES CONROY (Ruth Fisher), LAUREN AMBROSE (Claire Fisher), FREDDY RODRIGUEZ (Federico Diaz), MATHEW ST. PATRICK (Keith Charles), RACHEL GRIFFITHS as Brenda Chenowith.


L'avis de mérovingien02 :
Peut-on rire de la mort en la plaçant au centre d'un divertissement populaire régulier diffusé sur la prestigieuse chaîne HBO ? Peut-on franchement créer une série prenant pour vedette une famille spécialisée dans les pompes funèbres ? Plus globalement, peut-on sortir des diktats télévisuels pour offrir un programme frais, intelligent et pouvant tenir la dragée haute aux plus grandes histoires du grand écran ? Oui, 100 fois oui même. Il suffit juste d'avoir un homme de talent aux commandes !
Ce génie, c'est Alan Ball, scénariste du brillant American Beauty. Ne nous leurrons pas : malgré tout le talent de réalisateur de Sam Mendés et sa direction d'acteur sans faille, ce grand film de 1999 devait aussi beaucoup à la perfection du script et à la subtilité de son auteur. Perfection que l'on retrouve dans Six Feet Under, lancé juste après le triomphe aux Golden Globe et aux Oscars en 2000. Il faut dire qu'avec sa flopée de récompenses précoces, le bonhomme devient très courtisé par les studios. C'est pourtant vers la télévision qu'il se tourne, avec la farouche volonté de se venger d'un système de production qui l'avait autrefois broyé en imposant sa série personnelle. HBO étant réputée pour ses évènements télévisuels de luxe (la chaîne câblée diffuse également les Sopranos), elle accepte de laisser faire Alan Ball pour offrir une série anticonformiste et profonde. Le sujet principal est la mort ? OK. Les héros sont croque-morts de père en fils ? Pourquoi pas. Les épisodes n'ont pas de durée calculée pour s'insérer parfaitement dans la grille de programme ? Pas grave, on aménage les diffusions. Un véritable souci d'intégrité artistique qui offre même le luxe à Six Feet Under d'être diffusée sans coupure publicitaire ! Chaque épisode devient donc un petit film en puissance, avec une équipe de réalisateurs autorisés à apporter une touche personnelle (il n'y a pas moule visuel et de vraies prises de risques esthétiques) et des auteurs capables de parler de mort ou de sexe sans tabou.
Et ça, la série d'Alan Ball en profite bien ! Chaque épisode débute par la mort amusante ou tragique d'une personne (ça va du nouveau né à la victime d'un accident de la route ou de crime raciste), les héros sont loin des standards bien pensants, des fausses publicités pour enterrements saupoudrent le pilote, le sexe est abordé sans chichi... Les névroses américaines sont donc mises à nu avec une délicatesse inimaginable, les clichés sur la cellule familiale volant en éclat dès le premier épisode. Tout commence avec la mort accidentelle de Monsieur Fisher, responsable d'une entreprise familiale de pompes funèbres qui laisse une famille endeuillée. La mère est tiraillée entre la culpabilité de l'adultère et le désir de poursuivre sa vie, la fille est en pleine crise d'adolescence et se balade en corbillard, le fils modèle tente tant bien que mal de masquer son homosexualité... Des personnages tracassés et torturés qui ont tous fuit leur place et sont forcés de briser le silence dans lequel ils ont grandi toute leur vie.
Dans un sens, c'est un peu à la version télévisée (et donc plus complète et dense) d'American Beauty qu'Alan Ball nous convie. Claire n'est pas bien loin de Jane, Parker est un double à peine voilé d'Angela, Ruth est une version plus accessible de Barbara Fitts... Le sujet même de Six Feet Under est proche de celui d'American Beauty : un joli mode de vie américain mis à mal où les non-dits et les conventions noient tellement les protagonistes que ceux-ci cherchent une renaissance. La mort permet de donner toute sa valeur à la vie.
Alan Ball a investi énormément de lui-même dans cette série et cela se sent en permanence. Ayant vu sa sœur mourir à l'âge de 13 ans dans un accident de voiture, le scénariste entretient de toute évidence des liens profonds avec la mort et a de nombreuses questions auxquelles il aimerait donner des réponses. De même, son homosexualité longtemps refoulée permet d'injecter à David des expériences aussi personnelles que le coming-out ou les plans culs d'un soir. Résultat, chaque thème est abordé de front sans pour autant tomber dans le graveleux. La mort d'un nourrisson est présentée en plan séquence subjectif extrêmement doux, les cérémonies d'enterrements sont présentées dans toute leur nature grotesque (les fausses pubs du pilote), les désirs de chacun s'expriment par des virages brutaux dans la comédie musicale ou les imageries iconiques de films, la sexualité des cinquantenaires est présentée avec réalisme, le milieu gay est présenté dans toute sa diversité, la prise de drogue n'est pas accompagnée de couplets moralisateurs lourdingues...
Tout au long des 13 épisodes de la première saison, le spectateur peut se projeter, les thèmes universels comme l'abandon, la solitude, le désir affectif et sexuel ou le secret étant exploités intelligemment. Les personnages nous touchent parce qu'ils se cherchent, s'interrogent sur le sens de leur vie, sur ce qu'ils veulent... Il ne s'agit aucunement d'intrigues aux rebondissements obligés pour pousser le public à revenir chaque semaine et assurer l'audience mais bien d'une vision à peine scénarisée de la réalité, où les scènes les plus anodines (Ruth trouvant un vieux pot de compote pour bébé, David regardant un cadavre sur la table d'opération, Nate courant à perdre haleine) finissent par former un grand tout, bouleversant parce que proche du quotidien.
La saison 1 est d'une infinie cohérence parce qu'elle est la seule à presque se suffire à elle-même, car contenant un début et une fin. L'architecture des épisodes permet d'aller à un point A (une famille brisée) à un point B (le foyer réunit prêt à affronter les épreuves) en passant par une multitude d'équations à résoudre au plus vite. Le silence dans lequel chacun a grandi doit être brisé peu à peu pour que tous puissent sortir de l'ombre du père qui ne cesse de planer. Le paternel ne cesse de hanter les héros, comme s'il était la voix de leur conscience les tourmentant par le biais de détours dans la réalité altérée. Qu'il s'agisse de David voyant son père le regardant faire l'amour avec un homme en s'interrogeant sur celui qui fait la femme ou de Claire frustrée de ne pas avoir eu de liens plus proches avec ses parents, tous doivent apprendre à se connaître eux-mêmes pour s'accepter et se faire accepter des autres. Ruth se sent délaissée par ses enfants et veut retrouver le goût de la vie libre, Nate estime que sa vie à Philadelphie est ratée et retrouve le goût au plaisir dans les bras de Brenda, David essaye d'accepter son homosexualité et Claire est en proie à la classique crise d'adolescence en cherchant sa place parmi les camarades de lycée et se demandant ce qu'elle veut faire comme études.
Ces dilemmes intérieurs résolus, le season final pourra alors se conclure sur l'image positive d'une famille reconstituée et unie, où chacun a accepté l'autre. Le fantôme du patriarche peut alors s'en aller : il n'a plus besoin de veiller sur les autres qui sont désormais capables de prendre soin d'eux et de prendre le contrôle de leur vie. Le deuil de leurs doutes passés est terminé...
« Pourquoi faut-il mourir ? » demandera une femme à Nathaniel dans le dernier épisode de la saison. « Parce que cela rend la vie plus belle » rétorquera-t-il. Si le message paraît un rien convenu et déjà vu à ce stade de la série, il y a fort à parier qu'Alan Ball ne faisait là qu'exposer le début d'une longue réflexion à venir sur le sens de l'existence. Témoins ces portes ouvertes sur une suite (le braquage de Gabriel, la découverte de Nat sur sa santé) qui annoncent qu'après avoir accepter de vivre la vie, il faut aussi accepter l'idée de se prendre des coups et finir par mourir.

Pour plus d’informations :
Le site officiel de la série (US)
Le site officiel de la série (F)

par Mérovingien02 publié dans : TV : La Lucarne Rose
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Jeudi 20 avril 2006

Fiche technique :
Avec Macha Meril, Jacques Penot, Richard Berry, Manuel Gélin, Pieral, Pascal Greggory, Anne Caudry, Rosette, Jean Dasté, Sonia Saviange et Jean-Marie Proslier. Réalisé par Guy Gilles. Scénario : Guy Gilles. Compositeur : Jean Wiener.
Durée : 90 mn. Disponible en VF.

Résumé :
Pour sortir de l'anonymat, un jeune homme endosse la responsabilité d'un crime qu'il n'a pas commis.
L'avis de Jean Yves :
Une belle histoire comme sait si bien les raconter Guy Gilles, mettant en scène le ténébreux Richard Berry en journaliste homosexuel face à Jacques Penot, irradiant.

Le crime d'amour ne pourrait être qu'un fait divers : Jean Doit (Jacques Penot), jeune mec de La Courneuve, « né dans la rue », met sur la piste d'un meurtre un journaliste homosexuel (Richard Berry) et accessoirement la police. Jean affirme d'abord n'être pour rien dans la mort de Jeanne (Macha Méril) dont il prétend seulement exploiter la découverte pour gagner quelque argent. Mais Jean dit des mensonges, le mystère s'installe, jusqu'au moment où on découvre que la victime avait une sœur jumelle. Le fait divers devient vite un alibi : Guy Gilles évite les clichés comme il contourne le mélodrame, ménageant ses effets (Jean soudain s'accuse du crime), faisant tisser à ses personnages une toile un peu irréelle dont Jean est le centre.
Jean semble peu à peu se perdre dans son propre filet, comme s'il était dépassé par l'événement qu'il n'a peut-être pas créé, du moins auquel il a donné cette tournure étrange.
Guy Gilles offre le paradoxe d'une sensibilité à la fois poétique et froide, dans sa façon de cadrer un corps ou un visage, dans l'image insolite qu'il donne de caractères a priori stéréotypés :
● Macha Méril est conforme à une idée de la féminité particulière au monde homo : trop belle, trop déifiée pour être objet de désir.
● Jean n'est pas un petit loubard sorti d'un moule (sinon la dégaine et les santiags, ou la fausse assurance), il aime la solitude et la poésie, et n'a façonné cette histoire que pour devenir un héros de roman… qu'il écrira d'ailleurs.
En fait, Guy Gilles fouille la psychologie d'un milieu adolescent-loubard qu'il place en contre-champ de la société. Les situations s'éclairent autant par des silences révélateurs, des phrases qui en sous-entendent d'autres, que par un dialogue théâtral et construit.

C'est là que le cinéaste est parvenu à me prendre au piège, celui d'un langage où s'opère une communion originale des mots, des silences et de l'image.
Pour plus d’informations :
--

par Jean Yves publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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