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Les Toiles Roses
est un blog collaboratif, indépendant et bénévole optimisé pour Mozilla Firefox (
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NOS CRITIQUES DE FILMS : 1. Films de A à H : ici. 2. Films de I à P : ici. 3. Films de Q à Z : ici.
(Dernière mise à jour des index des films critiqués : 19/03/08)
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Antiprod    BQHL    Carlotta Films    Eklipse    Epicentre Films    Les Films de L'Ange    Hystérie Prod.    One plus One
Lundi 30 avril 2007
    
    

Fiche technique :
Avec Gale Harold, Randy Harrison, Scott Lowell, Peter Paige, Chris Potter, Hal Sparks, Sharon Gless, Michelle Clunie et Thea Gill. Créée par Russel T. Davies.
Durée : 990 mn. Disponible en en VO, VOST et VF.


L'avis de Mérovingien02 :
Quand Russel Davies lance la courte série Queer as Folk en Grande-Bretagne à la fin des années 90, c'est toute la smala des conservateurs qui se met en branle. Pensez donc : des personnages d'homos vivant les jours et les nuits de Manchester au rythme de leurs amours, de leur travail, des sorties en boîte et surtout de leurs coups de bite... Largement de quoi susciter la controverse à l'époque puisque les scripts ne s'embarrassent d'aucun tabou, notamment dans la représentation libérée de la sexualité des gays. C'est certainement ce côté audacieux et un rien provocateur qui a attiré l'œil de la chaîne payante Showtime (dont le slogan est « No Limits »), les décidant à mettre en route un remake américain afin de contrer le monopole d'HBO sur les séries de luxe.
Menée par les scénaristes Ron Cowen et Daniel Lipman, cette version yankee de Queer as Folk prend un mauvais départ puisque les premiers épisodes ne sont qu'un décalque parfois au plan près du modèle britannique, ne laissant strictement aucune échappatoire aux petits jeux des comparaisons entre les petits gars de Pittsburgh et ceux de Manchester. Parce que les auteurs sont partis des mêmes personnages et des mêmes intrigues que ceux de Russel Davies, ils ont privé le spectateur du plaisir de la découverte, se contentant surtout de surenchérir dans les scènes de sexe osées et les corps huilés se dandinant sur le dance-floor. De quoi propulser directement le show dans la case des séries communautaristes et bourrées de clichés, avec en prime un générique d'ouverture d'une laideur à filer de la conjonctivite à Baz Luhrman. Pourtant, très vite, les scénaristes redressent la barre et parviennent à redéfinir par petites touches les traits de caractère de chacun des protagonistes. Si l'on peut regretter une certaine frilosité quant à l'âge de Nathan devenu Justin (le jeune garçon passe de 15 à 17 ans en traversant l'Atlantique), on pourra apprécier que Brian, l'alter ego US de l'égoïste Stuart, s'humanise par petites touches jusqu'à un plan final bouleversant où les larmes ne peuvent plus être retenues tandis que Michael, pur geek comme Vincent, incarne désormais un authentique adulescent trop naïf. De même, l'introduction du personnage de Ted permet de sortir des sentiers battus puisqu'il ne correspond pas aux étiquettes de la communauté à laquelle il appartient (il est d'ailleurs associé à la musique classique alors que l'essentiel de la bande originale se compose de morceaux de techno). Lentement mais sûrement, le Queer as Folk américain s'affranchit du modèle, en modifiant par exemple l'issue d'une overdose ou en développant un véritable triangle amoureux permettant d'étoffer considérablement la psychologie de chacun : Michael est amoureux depuis l'enfance de Brian et semble bloqué sur cette frustration jusqu'à s'épanouir au contact de David, un homme plus vieux que lui et qui le couve comme un père ; Justin aime Brian et affirme son identité jusqu'à en devenir le miroir en plus jeune, Brian n'aime personne mais se prend d'affection pour Justin qui lui renvoie l'image d'une certaine jeunesse oubliée et qui comble le vide laissé par Michael... Tendres, attachants et parfois cruels, les héros sont le cœur sensible qui fait battre la série, la preuve que Ron Cowen et Daniel Lipman ont compris qu'un étalage de soirées mousse et de zigounettes ne servait à rien sans propos et sans émotion pour les relayer.
Si l'on peut toujours arguer le manque de réalisme de la série dans sa représentation du milieu gay (on se promène le plus naturellement du monde en backroom et on trouve une concentration impressionnante d'homos au mètre carré), on ne pourra nier la pertinence avec laquelle les auteurs en étudient les différentes facettes sans jamais sombrer dans le militantisme à deux balles (à l'exception des catastrophiques épisodes 16 et 17). Si l'on en revient en permanence à la boîte de nuit « Le Babylone », c'est parce que cet endroit est autant la Cité des Dieux où des apollons nus sont vénérés sur des totems au-dessus de la piste de danse qu'un endroit de décadence sévèrement critiqué par les rastafaris. Culte du corps, ambiance de débauche, superficialité, drogue... Le bonheur qu'on y trouve peut vite virer au cauchemar, le lieu devenant le théâtre de tragédies (overdose dans les toilettes) ou de plaisir (le sous-sol où l'on y baise en toute décontraction). À ce titre, le fabuleux épisode 20 est particulièrement intéressant dans sa manière de révéler les deux versants de l'homosexualité avec un montage parallèle entre l'insouciance d'une Élection de l'Homme de l'Année et la descente aux Enfers d'un séropositif arrêté pour racolage, la musique techno et les paillettes contrastant avec un silence grave et une lumière sale. On pourra également faire le rapprochement entre la scène d'hôpital qui ouvre la saison dans la joie et la bonne humeur d'une famille d'un nouveau genre (accouchement d'une lesbienne) et celle qui la clôture sur une note dépressive après l'agression homophobe dont est victime Justin.
La plus grande force de ce Queer as Folk là reste néanmoins qu'il parvient à toucher tous les publics pour la simple raison que derrière ses thématiques gay « obligées » (coming-out, homoparentalité, homophobie), les auteurs parlent avant tout de la difficulté à être accepté des autres et de s'accepter tel que l'on est. Qu'il s'agisse de Justin quittant violemment sa maison après une altercation avec son bourgeois réac de père ou bien de Vic vivant très mal sa séropositivité (sa marginalisation passera par une absence de sexualisation à l'écran), qu'on nous parle du simple désir de fonder sa propre famille sans réitérer les erreurs de la génération précédente (les relations de Brian avec son paternel font parties des meilleurs moments de la saison) ou de l'image qu'on aimerait incarner (l'hilarant coach d'Emmett dans l'épisode 9 qui est en fait son pseudo Internet), tous les thèmes touchent à des questions universelles auxquels homos et hétéros apporteront leurs propres réponses. Comme quoi les êtres humains ne sont pas si différents que ça quelles que soient les personnes avec lesquelles ils couchent.
Loin d'être la série ghetto qu'on aurait pu craindre, le Queer as Folk yankee parvient à concilier plaisir des yeux avec des scènes de cul sans chichi (mention spéciale aux joies du SM) et le plaisir du cœur par de purs moments d'émotion relayés par une mise en scène constamment inventive (superbes travellings arrières lors d'une banale discussion entre les deux lesbiennes, traduisant leur éloignement progressif l'une de l'autre). Ceux qui viendront se rincer l'œil en auront pour leur compte mais les autres, ceux qui voudront gratter la couche de strass pour dépasser les apparences, découvriront une très belle étude de la Vie. L'ensemble est peut-être moins transgressif que l'original, plus « formaté » sans aucun doute. Mais tout aussi attachant.

Pour plus d’informations :

par Mérovingien02 publié dans : TV : La Lucarne Rose
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Samedi 28 avril 2007
par Daniel C. Hall publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Vendredi 27 avril 2007
par Daniel C. Hall publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Vendredi 27 avril 2007


Le magazine gay Illico menacé d'interdiction par le ministère de l'Intérieur

Le magazine gay gratuit Illico vient de recevoir un courrier du ministère de l'Intérieur qui le menace d'interdiction pour la présence de publicités pour des sites Internet ou téléphoniques de rencontres dans ses pages ainsi que ses critiques de films X. Une coïncidence troublante alors que le contenu du magazine n'a pas varié depuis des années, mais que sa rédaction mène une campagne très hostile à l'élection de Nicolas Sarkozy.
La rédaction d'Illico est tombée des nues ce matin à la lecture du courrier recommandé signé du Sous-directeur des libertés publiques du ministère de l'Intérieur (Marc-André Ganibenq), daté du 20 avril dernier, qui menace le titre d'interdiction à travers l'utilisation d'un article bien connu des éditeurs de presse (l'article 14 de la loi n°49.956 du 16 juillet 1949) qui vise officiellement à protéger la jeunesse et qui, selon une interprétation très restrictive, peut aboutir à sa disparition.


Le courrier en question reproche à Illico de publier "des textes et des photographies de nature pornographique susceptibles de choquer les mineurs qui pourraient l'acquérir". En cause, en particulier, la rubrique chroniquant les films X (sous le titre Rayon X) et la présence "en quantité de publicités pour des sites internet ou des serveurs de rencontres par téléphone explicitement sexuelles". Le courrier affirme en particulier que l'illustration de la chronique de films X comporterait des images présentant "des sexes masculins en érection".
(Cliquez sur l'mage ci-contre, pour lire le courrier du ministère de l'Intérieur)

Or la réalité est tout autre. La rubrique Rayon X publie depuis de nombreuses années des critiques de films X, comme certains confrères de la presse gay –Têtu en particulier. Les illustrations qui accompagnent ces articles sont soit la couverture du dvd si elle ne présente pas de sexe en érection, soit une autre image du film ou encore une reproduction "floutée" da la partie représentant un sexe en érection.
Le courrier du ministère ne donne d'ailleurs dans son courrier aucune précision sur un exemple quelconque qui aurait pu entrer dans le champ des reproches qui nous sont adressés. Sous entendant que la pratique courante d'Illico serait de présenter des sexes en érection.
Même absence de fait précis pour ce qui concerne les publicités pour les serveurs internet et téléphone de rencontres. Aucune publicité –contrôlées à la fois par les annonceurs et le support qui les publie- n'est mentionnée comme pouvant poser un problème en particulier.
Notons, là encore, que les mêmes publicités sont publiées simultanément par tous les supports de presse gay (Têtu, 2Xparis, Préf, BabyBoy, etc...).

Quant au risque que ces textes et images atteignent la jeunesse, faisons observer qu'Illico n'est pas diffusé en kiosque, mais strictement dans un réseau d'établissements fréquentés par une clientèle homosexuelle majeure (bars, discothèques, saunas, sex clubs) dont l'accès est précisément interdit aux mineurs.

Il y a donc quelque chose de profondément troublant dans l'activation de cette procédure à l'encontre d'Illico qui publie sans discontinuer depuis mars 1988 un contenu qui n'a jamais été assimilé par quiconque depuis près de 20 ans à un magazine pornographique mettant en danger la jeunesse de France.
En revanche, Illico –chacun le sait bien- est un média d'information gay essentiellement centré sur l'actualité politique et sociale de la communauté LGBT. Et c'est aussi un média militant qui n'a jamais mis son engagement dans sa poche, en particulier depuis plusieurs mois, pour affirmer son opposition à l'ex-ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, qui dispute l'élection présidentielle en cours.

De là à voir une coïncidence entre ces éléments, il n'y a sans aucun doute que notre paranoïa bien connue à l'égard de cet homme politique, de ses méthodes et de son emprise sur les services de l'Etat qui l'étaye.

Illico va, bien entendu, faire valoir auprès des services de la Direction des libertés publiques ses arguments et tenir ses lecteurs et la communauté gay au courant de l'évolution de ce dossier.
Mais nos lecteurs doivent savoir que peu de publications ayant été l'objet de la procédure qui frappe aujourd'hui Illico en ont réchappé. La quasi-totalité des titres de presse concernés ont été frappés d'interdiction définitive.

Au-delà de ce risque d'interdiction qui pose la question majeure des conditions de l'exercice de la liberté d'expression, l'image d'Illico est attaquée, sa crédibilité éditoriale et commerciale abîmée. Le magazine destabilisé. Et au-delà d'Illico même, la presse homosexuelle dans son ensemble se trouve menacée par des attaques arbitraires contre l'un de ses titres les plus anciens et les plus emblématiques.

Nous abordons incontestablement une période inquiétante.

Jacky Fougeray, directeur de la rédaction d’"Illico"

Pour soutenir Illico : cliquez ici
par Daniel C. Hall publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Jeudi 26 avril 2007

« Steven is gay » déclare Fallon Carrington en 1985 dans Dynasty. Mais en version française, cela devient : « Steven est malade » !!!
Même époque, dans
Starsky et Hutch (diffusé en 1977 aux States). Dans l’épisode « Double vie » consacré à l'homosexualité d'un homme marié, Hutch déclare : « Jusqu’à il y a six mois, il venait dans cette chambre avec le même type. Récemment, il y en a eu d’autres. » En VF cela donne : « On l’a vu pourtant avec pas mal de filles dans cette chambre depuis un an. Il y a les témoins qu’on veut. »
Dans le même épisode, Starsky, au lieu d’annoncer à la veuve éplorée que son mari
« était gay » (VO), lui annonce en VF : « Il vous trompait. » Et dans le doublage aux nombreux moments où en VO est spécifié « his being gay », cela devient : « il avait des faiblesses » !

Article VF édulcorée : les cultes aussi !, par Thierry Lepeut, in trimestriel Episodik n°1 (en kiosque en ce moment et à recommander pour tous les amoureux des séries !)

par Daniel C. Hall publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Mercredi 25 avril 2007

Site officiel : www.ghostkarcher.com
par Daniel C. Hall publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Mercredi 25 avril 2007
    

Y a quand même bien un projet plus bandant que l'autre, non ?

Photo : Merci à Dagrouik
par Daniel C. Hall publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Mercredi 25 avril 2007

Le Sphinx et la prom-queen


par Juju du blog I Love Juju


Le duel aura bien lieu. Dans un splendide élan civique, les Français se sont mobilisés en masse et ont voté. C’est là ma seule raison de me réjouir…

Le score de Monsieur Sarkozy est sans appel, plus de 31 % des suffrages exprimés se sont portés sur lui, soit près de 11 millions et demi d’électeurs, contre tout juste moins de 26 % pour Ségolène Royal avec 9 millions et demi de voix. Je ne trouve que peu de raisons de me réjouir du score historique de Monsieur Bayrou, car loin de souligner la « naissance d’un nouveau mouvement politique », il montre au contraire l’évolution profonde d’une France qui porte tour à tour les outsiders les plus extrêmes puis les plus modérés au sommet ou presque, toujours sur le même leitmotiv, « ni l’un ni l’autre ». Pourtant c’est bien entre l’un et l’autre qu’il faudra choisir.

Suis-je le seul à ne pas voir dans le score du Front National une défaite cinglante ? Bien sûr, le FN n’atteint pas ses quelques 17 % des suffrages du premier tour de 2002, mais en nombre de voix, il fait à peine un million de voix de moins qu’il y a 5 ans, 3,8 millions contre 4,8 millions, ce chiffre est renforcé par le nombre autrement plus élevé de votants qu’en 2002, mais de là à parler d’un effondrement ? Le socle électoral du FN est là et bien là, et à la moindre baisse du zèle électoral des Français, il rééditera volontiers ses exploits passés. Qu’on le veuille ou non, le FN fait partie du paysage politique français et il continuera son action, malgré ces voix en moins. Bien sûr, je pourrais m’en réjouir, mais je garde à l’esprit que ce million de voix est allé quelque part… ne serait-ce pas dans le giron de Monsieur Sarkozy ?

La droite peut parader. Elle a ramené à elle un million de voix égarées. Je l’en aurais volontiers félicité, si elle n’avait pas pour cela appelé ces mêmes voix avec les arguments qui étaient jusqu’alors la marque de fabrique du FN. De l’identité nationale à l’immigration en passant par la délinquance et en mélangeant au passage allègrement les trois sujets, Monsieur Sarkozy a joué toutes les cartes d’une main qui ne devait pas être la sienne, mais celle d’un extrême dont on peut féliciter Monsieur Chirac d’avoir toujours refusé de chasser sur une terre idéologique aussi crasseuse. Monsieur Sarkozy n’a pas ce complexe. Capturer les voix de l’extrême droite, mission accomplie, mais ces mentalités ont-elle évolué, leur vote est-il moins haineux ou revanchard que celui de 2002 ??? J’en doute. Au passage, on aura juste donné ses lettres de noblesse à des idées indignes des valeurs de la République, on les aura auréolées de ce voile de légitimité que Monsieur Le Pen a toujours échoué à leur donner. Monsieur Sarkozy s’est montré fin tacticien, mais les valeurs de la République ont pris une grande claque au passage, car il est infiniment plus aisé d’assumer un vote haineux estampillé Sarko que Le Pen.

À l’opposé de ce prisme, il y a la droite, presque aussi plurielle que la gauche. Et dans l’électorat, une pluralité également. J’ai dans mon entourage plus ou moins proche dix personnes qui ont voté pour Monsieur Sarkozy et avec qui j’ai parlé de leur choix. Trois m’ont dit voter pour lui par rapport aux aspects sécuritaires, trois parce qu’ils soutiennent la vision libérale de l’économie, trois parce qu’ils croient à la promesse de changement, une parce que Ségolène « n’a pas la carrure ». Loin de moi l’idée de reporter un échantillon aussi faible sur l’ensemble des 11,5 millions de voix, mais je pense que les grandes idées sont là.

La sécurité, inutile de revenir dessus, les attaques aux personnes ont doublé en 5 ans, chiffres officiels du Ministère de l’Intérieur, alors que les délits ont baissé. On pique donc moins de sacs à main, mais on agresse, mutile, viole ou tue plus. Passons, on n’est plus à une incohérence près, on fait dire aux chiffres tout et son contraire.

Attardons-nous sur l’idée du changement. Une belle idée, forte, novatrice, audacieuse. Tellement qu’on nous la ressort à chaque présidentielle, qu’on soit de gauche ou de droite d’ailleurs. Là où Monsieur Sarkozy réussit un nouveau coup de maître, c’est qu’il se présente en champion du changement, alors qu’il a passé 5 ans à deux des quatre postes les plus importants du gouvernement. Il se pose en réformateur alors qu’il devrait rendre des comptes sur sa politique, et on ne parle pas que de sécurité. On parle d’emploi, d’écologie, de social, de formation. En 2002, la France était le pays d’Europe de l’Ouest avec le taux de chômage le plus élevé parmi les moins de 25 ans. Cocorico, en 2007, elle l’est toujours (source: Eurostat). C’est une première place dont on se passerait volontiers. La faute à qui ? Aux politiques menées de 1997 à 2002 comme ne manquait pas de le rappeler Monsieur Juppé ce matin sur Europe 1. La droite ferait donc le bilan de son incapacité à corriger les erreurs de la gauche à défaut d’assumer ses résultats ? Il n’y a aucune honte à accepter ses échecs, on en ressort même grandi, mais je doute que ce soit là l’attitude de Monsieur Sarkozy. Passons sur le vide galactique de l’écologie de la droite, le copié mal collé de la réforme de la santé (on a reluqué outre-rhin et on a réussi à faire pire) et passons au libéralisme.

Quel joli mot, quelle vilaine réalité. Pour qui n’a jamais travaillé en entreprise, le libéralisme restera probablement une notion peu concrète, diabolisée par les uns, portées aux nues par les autres. Monsieur Sarkozy a, à nouveau, réussi un joli coup en matière de communication autour d’un véritable casse-tête : comment vendre l’idée de l’individualisme au plus grand nombre ? C’est splendide de voir qu’avec un American Dream au rabais, il a rallié à lui une France populaire, miséreuse, une France désireuse de « travailler plus pour gagner plus ». Une promesse bien vide tant les limites sont nombreuses.

— Il n’y a pas de travail pour tout le monde dans ce pays. Pas pour l’instant. Les politiques de droite des 5 dernières années n’ont pas résorbé le chômage ni la baisse constante du pouvoir d’achat. Travailler plus ne permettra pas de gagner plus, au rythme où vont les choses, ça permettra bientôt de travailler tout court. Pour un employeur, l’équation est simple si on pose la question en ces termes : qui choisir, celui qui travaille 40 heures par semaine pour un salaire donné ou celui qui en travaille 50 pour le même salaire ? En faisant sauter un acquis social, on entraînera les salariés dans une compétition encore plus féroce qu’elle ne l’est déjà. Au passage, je faisais mes 55 heures hebdomadaires du temps où je vivais en Allemagne, je ne gagnais pas plus que ceux qui en faisaient 39 dans la même entreprise et mon poste a quand même été “rationnalisé”.

— Les politiques de gauche ne créent pas d’emplois et font fuir les entreprises. Vieille rengaine tellement éculée qu’il est surprenant qu’elle fonctionne encore. 5 ans de politiques de droite. Combien de licenciements, combien de plans sociaux, combien de délocalisations ? Les entreprises du CAC 40 se portent pourtant bien. On culpabilise ceux qui “profitent” du système depuis 20 ans et vivent des aides de l’État. Mais ces entreprises leur donnent-elles du travail, elles dont les profits sont générés par leurs employés ? C’est vrai, sans les aides, la situation serait plus simple, marche ou crève, on aurait bien moins de chômeurs, mais beaucoup plus de morts. Sélection naturelle on a dit.

— Le libéralisme est pour tous. Faux et archi-faux. Il suffit de regarder dans le monde qui nous entoure pour se convaincre du contraire. L’immobilier et le tourisme explosent à Dubaï. Certains promoteurs et autres pétroleux-reconvertis gagnent en un mois le décuple du salaire annuel du Français moyen. Les petites mains qui bâtissent dans ce paradis du Moyen-Orient sont des Pakistanais payés 50€ par mois. Un ultra-libéral de ma famille me disait : « Tu as le choix, tu peux être dans la minorité qui exploite les gens ou dans la majorité qui est exploitée. Personnellement, j’ai fait mon choix ». Même si ses propos me donnent la nausée, ils sont infiniment plus honnêtes et cohérents que ceux de Monsieur Sarkozy qui promet les fruits du libéralisme à tous.

Revenons au changement. Imaginez une équipe de foot. Elle perd, à maintes reprises, pendant cinq ans. Arrive le moment de la reconduction ou de l’éviction de l’entraîneur. Sa défense c’est l’attaque. Il veut le changement. Mais tout en gardant son poste d’entraîneur mais avec une promotion au passage et sans changer l’équipe. Quand on l’attaque sur ses résultats, il se défend bec et ongle qu’ils sont positifs. Oui mais dans ce cas, à lui d’en faire la preuve et s’ils le sont, pourquoi changer ??? On change ce qui ne va pas, pas ce qui va, si ? Feriez-vous confiance à cet entraîneur ? C’est pourtant la ligne rhétorique adoptée par Monsieur Sarkozy, ligne, que dis-je, ficelle, tellement énorme que des millions de Français se laissent berner. Et pourtant, que le paradoxe est gigantesque, changer, alors qu’on a un bilan soi-disant positif, une aberration…

Là où Monsieur Sarkozy a réussi le changement, c’était hier, dans son discours, un vrai discours de prom-queen, de Miss France tout juste élue et déjà dégoulinante de bons sentiments, un vrai discours de gauche, un discours pour les petits, les sans-grades, les oubliés, pourvu qu’ils ne soient pas “nettoyables” ou génétiquement enclins à la délinquance ou à la pédophilie (le suicide passe, mais à condition de le faire proprement, hein ?!) Il a au passage redonné la parole à ses troupes quasi-muselées pendant les dernières semaines, ce qui devait d’ailleurs arranger les plus modérés d’entre eux tant certains propos de Monsieur Sarkozy étaient indignes d’un homme candidat pour la présidence du pays.

Royal, “l’incompétente”, la “victime” était à l’autre extrême. On eut presque dit que c’était elle, la politicienne de droite. Sérieuse, stricte, le Sphinx et les énigmes qu’elle pose. Jamais depuis 1981 un socialiste n’avait réalisé un tel score, jamais sa victoire finale n’avait paru aussi incertaine. J’ai beau embrasser ses idées et son projet, je ne suis pas aveugle. La gauche s’étend sur un éventail idéologique trop large pour trouver une cohérence, si elle penche trop au centre, elle perdra l’électorat d’extrême gauche, si elle courtise trop cet électorat, les voix Bayrou la fuiront.

Et pourtant, que de symboles dans cette candidature. C’est la première fois qu’une femme atteint le second tour de l’élection présidentielle dans notre pays, un formidable renouveau de l’esprit féministe pourrait renaître, mais je ne vois rien venir. Le « plafond de verre » qui existe dans les entreprises semble frapper la politique également. On l’a assez entendu, le fameux « je ne vais pas voter juste parce qu’elle est une femme », et cet argument a fini par retourner la portée symbolique de ce geste et de l’image de la présidence du pays et risque de détruire le symbole fort qui permettrait à beaucoup de choses de changer les politiques salariales et la part des femmes en politique en France, bien à la traîne si on la compare aux autres pays de l’Europe.

Pour finir sur une note plus légère et pour ceux et celles qui ont eu le courage de lire ce texte jusqu’au bout, je rappellerai simplement qu’un candidat à la Présidence de notre pays se doit d’être irréprochable ou de tout faire pour l’être. J’aurais apprécié que le chauffeur de Monsieur Sarkozy respecte les aspects aussi élémentaires du code de la Route que celui qui consiste à s’arrêter lorsqu’un feu tricolore est au rouge. « Un État modeste et qui rend des comptes » ? Pardon, c’est l’énigme du Sphinx.

par Juju publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Mercredi 25 avril 2007
     

Fiche technique :
Avec Gerard Butler, Lena Headey, Rodrigo Santoro, David Wenham, Dominic West, Vincent Regan, Michael Fassbender, Tom Wisdom, Andrew Tiernan, Andrew Pleavin, Greg Kramer, Stephen McHattie et Eli Snyder. Réalisation : Zanck Snyder. Scénario : Zack Snyder, Kurt Johnstad et Michael Gordon, d’après l’œuvre de Frank Miller. Directeur de la photographie : Larry Fong. Compositeur : Tyler Bates.
Durée 115 mn. Toujours en salle en VO, VOST et VF.


Résumé :
Adapté du roman graphique de Frank Miller, 300 est un récit épique de la Bataille des Thermopyles, qui opposa en l'an -480 le roi Léonidas et 300 soldats spartiates à Xerxès et l'immense armée perse. Face à un invincible ennemi, les 300 déployèrent jusqu'à leur dernier souffle un courage surhumain ; leur vaillance et leur héroïque sacrifice inspirèrent toute la Grèce à se dresser contre la Perse, posant ainsi les premières pierres de la démocratie.


L’avis de Mérovingien02 :
Certains médias en ont décidé ainsi, avec l'appui du pas du tout susceptible gouvernement iranien : 300 serait un objet de propagande nauséeux au service de l'administration Bush. Ha bon… Étrange. Étrange parce que la BD dont le film s'inspire date de 1998, ce qui tendrait à faire du dessinateur Frank Miller un sacré visionnaire. Étrange aussi parce que des séquences capitales ont été ajoutées au scénario pour éviter toute tentative d'analyse douteuse. Étrange enfin parce que le réalisateur Zack Snyder n'a jamais eu aucune autre prétention que de livrer un péplum excessif dans tous les sens du terme, tape à l'œil, poseur, épique et résolument « fun ». Du divertissement jouissif à consommer sans modération, qui sera sans aucun doute dépassé dans 10 ans mais dont on se souviendra pour ses partis pris grotesques et assumés qui en foutent plein les mirettes. This is Sparta ? THIS IS SPARTA !!!!

Léonidas aux Thermopyles (1814), Jacques-Louis David, Musée du Louvres


Ceux qui seront venus assister à un cours d'Histoire sur l'Antiquité grecque risquent la syncope : le combat d'une poignée de Spartiates face aux hordes d'envahisseurs Perses n'a jamais été envisagé sous l'angle des faits mais bien du mythe, de ceux qui nourrissent l'imaginaire et qui sont parfois capables de mobiliser les foules. Le narrateur n'est d'ailleurs autre que le seul survivant de la bataille des Thermopyles, guerrier perpétuant le souvenir et les idées de liberté de Léonidas pour mener une armée d'athéniens à la victoire. Rien de surprenant alors à ce que 300 joue à fond la carte du manichéisme pour verser franchement vers la dark fantasy qu'évitait le comic d'origine : sous le masque des Immortels se cachent désormais des visages ravagés proches des orcs du Seigneur des Anneaux, des créatures monstrueuses comme le Uber ou l'Éxécuteur sont introduits le temps d'une séquence chacun (apparition pour le moins frustrante concernant le second), des orgies macabres se tiennent sous la tente de l'Empereur Dieu Xerxès... À l'opposé, les surhommes Spartiates exhibent des abdos à faire pâlir d'envie les adeptes du bodybuilding et se baladent dans des tenues affolantes assumant pleinement leur imagerie gay.
L'esthétique revendiquée par Snyder est quand à elle totalement léchée, des ciels fantasmés (une lune géante auréolant le Mont des Oracles) aux tons ocres des champs de blé surgissant tout droit de Gladiator en passant par l'extrême stylisation des combats usant et abusant des ralentis/accélérés pour créer de somptueux ballets sublimant à outrance les exploits des guerriers aux slips en cuir et approchant de très près la dynamique d'une case de BD. Certes, le parti pris du tout numérique n'est jamais bien loin de faire basculer l'ensemble du métrage dans le kitsch complet (surtout qu'un paquet d'effets spéciaux et d'incrustations sur fond bleu a de la merde au cul) mais le délire est si outrancier qu'il en devient gonflé. Tout est dans l'art de la pose iconique et de la composition picturale poussée à l'extrême, permettant d'offrir des plans instantanément traumatisants par leur puissance visuelle, comme celui de Léonidas face aux navires brisés par la tempête, l'arbre des Morts ou encore le mur de cadavres s'écroulant sur l'ennemi comme une avalanche.
Si le réalisateur de L'Armée des Morts ne peut s'empêcher de reproduire fidèlement quelques unes des images charbonneuses du roman graphique de Frank Miller, il ne tombe jamais dans le même travers de Sin City. Alors que Robert Rodriguez s'était contenté d'un copié/collé (qui fonctionnait uniquement parce que la bande dessinée possédait un langage proche des codes du film noir), Zack Snyder a su insuffler une vraie part de Cinéma au modèle papier, prolongeant les vignettes et évitant le statisme qui lui aurait été fatal. Certes, le matériau qu'il avait entre les mains n'était pas suffisamment dense pour tenir la durée mais il n'empêche que les développements narratifs ET visuels méritent d'être salués tant ils parviennent à respecter l'œuvre dont ils sont l'adaptation, tout en apportant un supplément d'émotion bienvenu. Il suffit de comparer le traitement réservé à la formation des phalanges poussant l'adversaire dans le précipice chez Miller et chez Snyder pour s'en convaincre : de 4 cases, on passe à une séquence entière magistralement découpée et mettant en avant la stratégie de Léonidas. Même constat pour la séquence de la nuée de flèches ou l'ajout formidable de la charge d'un rhinocéros : courte mais efficace. Seule l'attaque des éléphants se contente d'un traitement illustratif forcément décevant tant son potentiel à l'écran aurait pu être énorme.

Gerard Butler

Généreux dans le spectacle, le réalisateur l'est aussi avec ses personnages qu'il étoffe sensiblement pour éviter toute analogie politique maladroite, notamment via une sous intrigue ajoutée à Sparte pas franchement indispensable et plombant le rythme des affrontements mais accordant un beau rôle à la reine Gorgo tout en renforçant l'impact dramatique du dénouement. Si le peuple Sparte était proche d'un régime fasciste, le film évite l'amalgame entre sujet et discours dès les premières séquences en offrant une vision particulièrement douloureuse des conditions d'entraînement (violence du père pour endurcir l'enfant, absence de l'amour maternel, abandon au froid et aux loups). De même, c'est par orgueil que les guerriers Spartiates périront puisque leur obsession de l'eugénisme les mènera à leur perte (la vengea