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Mercredi 16 mai 2007
par Daniel C. Hall publié dans : VISUELS : Les affiches et pubs roses
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Mercredi 16 mai 2007

Fiche technique :
Avec Philippe Vallois, Marie-Josée Béhar, Agathe Bodin, Jackson Elizando, Catherine d’Halluin, André Llévin, Eric Moncolin et Nicole Rondy. Réalisation, images et montage : Philippe Vallois. Son et mixage : Myriam René & Anne Louis. Conformation : Daniel Ricard, Michèle Boig et Christiane Kirik.
Durée : 90 mn. Disponible en VF.

Résumé :
Un illuminé vend à Philippe Vallois un caméscope dernier cri. Heureux de sa nouvelle acquisition, le cinéaste filme ses proches. Ils se mettent à exprimer de drôles d’idées qui contaminent bientôt le filmeur lui-même.
Il est bientôt persuadé, qu’à travers cet outil, il peut entrer en contact avec le monde de l’invisible. Il décide de s’adresser à Jean, son bel ami décédé. Éric, son ami du moment, le prend mal et lui fixe cet ultimatum : « C’est le caméscope ou c’est moi. » La réponse de Jean ne se fait pas attendre : une succession de galères, auxquelles le caméscope n’est pas étranger, éprouve l’imprudent cinéaste.
Malgré sa peur, il décide de soigner le mal par le mal. Il se surpasse dans son expérience ”vidéasque”. Il vit une aventure à laquelle le commun des mortels n’a jamais accès ; il a un véritable entretien avec Jean, mais il arrête de crainte de devenir fou. Philippe Vallois apprend que des caméscopes identiques auraient été introduits clandestinement sur le marché. Pour éviter des drames, il juge d’utilité publique de faire circuler une cassette, preuve de son aventure. C’est celle que nous regardons…


L’avis de Bernard Alapetite :
Cette auto-fiction expérimentale, pleine d’humour, constitue la réflexion d’un cinéaste pour qui la caméra est le sésame d’un au-delà des apparences.
Philippe Vallois, qui joue son propre rôle, achète à un curieux personnage un caméscope numérique. Le vendeur lui a laissé le mirobolant appareil après s’être longuement enquis des intentions et de la biographie de son acheteur. Émerveillé par son nouveau joujou, le cinéaste commence un journal, un peu à la Morder, un peu à la Alain Cavalier et beaucoup à la Rémi Lange, la technique en plus, façon Les Yeux brouillés, car comme dans ce film, le filmage du quotidien brise l’histoire d’amour qu’il vit avec son nouvel ami Éric, au look de C.R.S. avantageux, tout du moins si l’on considère encore, à ce moment du film, celui-ci comme un exercice de cinéma-vérité autobiographique. Bien vite le doute nous assaille sur la naïveté du propos quand le cinéaste croit percevoir des images et des bruits par l’intermédiaire de son caméscope que lui-même ne perçoit pas sans le truchement de son appareil. Le caméscope serait-il magique et n’ouvrirait-il pas un passage vers le monde parallèle des morts ? Nous nous apercevons que nous sommes en fait dans une auto-fiction, surtout lorsque Philippe Vallois cherche à entrer en contact avec son ami Jean, décédé du sida il y a quelques années, dont on a découvert l’image radieuse par l’intermédiaire d’un film projeté dans le film. Caméscope passe alors du farfelu humoristique à l’émotion. Mais bientôt celle-ci est dynamitée par l’enquête de notre réalisateur auprès de techniciens amis pour savoir si un caméscope numérique peut enregistrer l’au-delà ! Le film bifurque à nouveau, cette fois vers un burlesque épatant, un peu à la manière d’un Luc Moullet ou d’un Iosseliani. Car une des principales qualités de Caméscope est d’être drôle, à la fois drôlerie de situation et drôlerie dans les dialogues, d’un nonsense très inhabituel dans le cinéma français.
Philippe Vallois définit bien à la fois sa démarche et le cheminement de pensée de son spectateur : « Raconter une fiction en se servant de véritables événements qui surviennent durant le tournage. Pénétrer très profondément dans l’intimité de personnages en laissant parler leur naturel au maximum. Laisser planer le doute quand à l’authenticité des situations, et provoquer une sorte de vertige chez le spectateur qui a du mal à faire la part de la fiction et de la réalité. Les personnages jouent-ils leur vie ? Ou interprètent-ils un rôle ? Le spectateur apprécie-t-il des jeux d’acteur ? Ou devient-il un voyeur qui juge des êtres humains ? Autant de questions et de réflexions sur le véritable pouvoir du caméscope. »
Le film de Philippe Vallois, c’est le bel enfant que le dogme aurait fait à la comédie italienne des années 60-70.

Pour plus d’informations :

par Bernard Alapetite publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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