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Jeudi 31 mai 2007

Fiche technique :
Avec Lee-Kang-Sheng, Chen Chao-Jun, Miao Tien, Hsiao Kang, Wang Yu-Wen, Lu Hsiao-Ling et Lu Yi-Ching. Réalisation : Tsai Ming-Liang. Scénario : Tsai Ming-Liang. Photos : Liao Pen-Yung. Musique : Huang Hsu-Chung. Montage : Wang Chi-Yang. Production : Hsu Li-Kong. Décors : Lee Pao-Ling.
Durée : 90 mn. Disponible en VO et VO sous-titrée anglais.


Résumé :
Deux jeunes gens, Ah-Tze (Chen Chao-Jun) et Ah-Kuei, sur leur moto slaloment entre les voitures. Ils dépassent un taxi conduit par un homme d’âge mûr (Miao Tien), avec à ses côtés son fils Kang-Sheng (Lee Kang-Sheng) auquel il a proposé de l’emmener au cinéma. L’adolescent semble fasciné par le couple à moto, image de liberté et de sensualité. Quand le feu passe au rouge, les deux-roues se faufilent au premier rang, bloquant le taxi. Le chauffeur s’impatiente et klaxonne. Ah Tze se laisse dépasser, puis le re-dépasse et brise le rétroviseur latéral du taxi. Le taxi fait une embardée et va heurter une autre voiture... On entre bientôt dans la famille de Kang-Sheng. Le garçon est flanqué d’une mère mystique (Lu Hsiao-Ling) et d’un père démissionnaire. Kang-sheng retrouve le vandale quelques temps plus tard et le suit. Lassé du travail scolaire – il a abandonné ses études au grand dam de son père – il piste le jeune loubard dans des rues où la pluie ne semble jamais cesser. Il est secrètement amoureux du motard, sans que rien ne soit explicite. Le jeune homme abandonne sa moto pour rentrer dans un hôtel. Kang-sheng en profite pour détruire l'engin. Il laisse une signature sur le sol : « Le prince Ne Cha est passé »...
L’avis de Bernard Alapetite :
Les Rebelles du Dieu Néon est le premier long-métrage de cinéma de Tsai Ming-Liang. Il est aussi le premier volet d’une trilogie, suivront Adieu l’amour puis La Rivière, son chef d’œuvre (ces deux films sont réunis dans un DVD aux éditions Films sans frontières). L’essentiel des obsessions du metteur en scène s’y trouve déjà. L’eau est omniprésente. Les garçons souffrent en silence et portent leur croix de solitude et de frustration. Et pourtant, la première scène du film est une scène joyeuse, de jouissance passagère : un garçon et une fille sur une moto, un couple uni par le hasard. Le jeune homme, Ah Tze, a rencontré... dans les toilettes de son appartement une fille, Ah Kuei, qui vient de faire l’amour avec son frère. Ce dernier l’a laissée là comme une chose périmée, dans une scène mémorable de machisme : la fille est allongée nue sur le lit, l’homme est déjà habillé, il lui glisse sa carte de visite dans la main et lâche une réplique incongrue : « Si tu comptes acheter une voiture, appelle-moi. » Ah Tze lui propose de la raccompagner. Mais ils ont un accident. C’est une séquence typique du cinéma de Tsai Ming-Liang dans lequel on part d’une image joyeuse pour arriver à un échec, toute action, tout désir se délite La famille est un tombeau. Sans oublier une obsession qu’il partage avec un bon nombre de cinéastes asiatiques, mais aussi curieusement britanniques : les salles de bains et toilettes en tous genres.
Autre caractéristique de son cinéma : l’aphasie généralisée des personnages qui les font déambuler la nuit, en silence dans des paysages urbains sinistrés.
Ces paysages hiératiques sont illuminés par la grâce de Lee Kan Shen, le double juvénile du réalisateur, non un double à la façon du Doisnel de Truffaut, mais un double dont il aurait un impérieux désir sexuel. La scène où le garçon saute sur son lit, puis s’y abandonne vêtu que d’un provoquant slip blanc immaculé est un des sommets érotiques du cinéma gay, et pourtant dénué de tout acte sexuel. La grande force de Tsai Ming-Liang est de respecter son spectateur et de le vouloir aussi intelligent que lui-même. Le choix de la sexualité de son héros est clair pour ceux qui savent voir. La scène où il détruit la moto du loubard (pour le punir de son hétérosexualité et combler momentanément sa frustration ?) pendant que celui-ci fait l’amour à sa petite amie est la scène-clé du film.

  

La moto et le scooter sont des échappatoires pour les jeunes gens. La ville pullule de contre-lieux à l’espace familial clos, (arcades de jeux vidéo, boutiques de mode, patinoire, discothèques) où la liberté peut s’exercer sans frein. Les Rebelles du Dieu Néon s’articule autour d’une opposition, qui atteindra sa splendide apogée dans La Rivière entre l’espace stérile, coincé, exigu, de la vie domestique et le champ ouvert de la ville, dont Tsai Ming-Liang capture l’infinie mouvance, les jeux des rencontres fortuites, les séductions dangereuses, la solitude aussi...
Hsiao Kang, personnage récurrent de toute une œuvre, est dans sa posture favorite, celle du voyeur, lorsque Ah Tze découvre sa moto vandalisée. Hsiao Kang, seul dans sa chambre d’hôtel observe sa victime, filmé en contre- plongée, vêtu de ses seuls sous-vêtements blancs immaculés, le garçon danse, saute sur le lit, se cogne la tête contre le plafond et s’écroule sur la couche dans une sorte d’orgasme ! On ne sait pas si Hsiao Kang veut être Ah Tze ou être aimé de lui, sans doute les deux. Tout le film joue de cette ambivalence. Mais ne serait-ce pas la relation qu’entretient Tsai Ming-Liang avec Lee Kang-Sheng ? Discret sur celle-ci, voilà comment il raconte la découverte de sa “muse”: « J’ai découvert Kang-Sheng dans une de ces arcades où les ados vont jouer sur des écrans vidéo. J’étais à la recherche d’un ”mauvais garçon”. Kang-Sheng n’a pas l’air d’un mauvais garçon, mais il donne l’impression d’avoir juste fait quelque chose de mal... Quand je l’ai rencontré, il essayait de passer l’examen d’entrée à la fac, qu’il avait déjà raté quatre fois de suite. Et ça le tracassait beaucoup car dans son système de valeurs, aller en fac représentait quelque chose de sérieux. Alors il faisait des petits boulots pour gagner de quoi payer les frais d’inscription dans une boîte à bac, tout comme le personnage qu’il joue dans Rebelles... J’ai écrit le scénario de Rebelles pour lui. J’ai créé un personnage qui lui ressemble beaucoup, de façon qu’il puisse être vraiment lui-même en le jouant. »


Tsai Ming-Liang est né en Malaisie dans l’état de Sarawak en 1957. Il est élevé par ses grands-parents, qui étaient vendeurs de nouilles, c’est sans doute ce qui explique dans son cinéma les fréquentes présences de petits marchands. La principale distraction de l’enfant est le cinéma. Il se gave de films américains, hongkongais, indiens... Au lycée, il découvre Chaplin avec Les Lumières de la ville, à propos duquel il écrit sa première critique de cinéma. Il s’installe à vingt ans à Taiwan où il obtient, quatre ans plus tard, son diplôme d’art dramatique. Il écrit alors plusieurs pièces de théâtre (dont Instant bean sauce noodle en 1981, et A sealed door in the dark en 1982). Il crée un one-man-show expérimental (Wardrobe in the room en 1983) traitant de la solitude dans les grandes métropoles. Il écrit des scénarios pour la télévision jusqu’en 1989 et aussi pour le cinéma notamment pour Wang Tung. En 1989, il commence à réaliser des téléfilms. (The happy weather, For away, All corners of the sea , Li hsiang’ love line, My name is Mary, Ah-Hsiang’s first love, Give me a home, dans lequel joue Miao-Tien qui est le père de Lee Kang-Sheng, dans Rebelles et La Rivière, The Kid 1991). C’est dans The Kid, en 1989, que Tsai Ming-Liang fait tourner pour la première fois Lee Kang-Sheng. Il y joue un délinquant qui vole l’argent du repas d’un écolier. Tsai Ming-Liang filme ce racket comme une drague. Lee repère le gamin dans une salle de jeux vidéo, le regarde longuement et intensément et le suit dans le labyrinthe des ruelles de la vieille ville. Il entre en contact avec lui en allant pisser à côté de lui contre un mur. C’est ce qui devient le prétexte du racket : « Petit, on ne pisse pas ici pour rien » (on pense beaucoup au Kid return de Kitano qui possède un homo-érotisme proche de celui de Tsai Ming-Liang.).
Typiquement asiatique dans son rythme, la référence la plus immédiate du film est pourtant américaine. Lee Kang-Sheng, affublé d’un tee-shirt de James Dean, tombe en arrêt devant une affiche de celui-ci. C’est donc très ouvertement de La Fureur de vivre dont il est question dans Les Rebelles du Dieu Néon. Et de ce qu’il y a moyen de faire avec la jeunesse quand elle vous dévore les entrailles, quand elle brouille la vue et détraque les sens... Mais ici le centre n’est pas l’avatar de James Dean (Ah Tze) ou celui de Nathalie Wood (Ah-Kuei), mais de son amoureux transi Plato incarné par Sal Mineo, Plato dont Lee Kang-Sheng est le successeur.
La mise en scène épouse la fièvre de ces adolescents qui n’arrivent pas à rester en place. La caméra se focalise sur les entrées ou sorties de champ. Elle est mobile tout en étant tenue d’une main ferme. Elle joue avec l’espace. Elle passe d’un acteur à l’autre tel un imprévisible insecte, parfois rejetant un personnage dans le hors champ, parfois le suivant avant de l’abandonner au profit d’un autre sans que ce mouvement soit dicté par le dialogue ou l’action. Elle capture au passage l’intensité d’un regard qui demeure invisible à celui qui en est l’objet. Elle suggère, au moyen d’un panoramique brillant ou d’un contrechamp hardi, des équivalences, des parallèles...
Alors que maint cinéastes de par le monde s’évertuent encore à plagier les codes, vieux de près de cinquante ans, de la Nouvelle Vague, Tsai Ming-Liang, dans ce premier opus, a su en capter l’esprit, en particulier celui des Quatre cents coups. On y retrouve la même alacrité à capter les images de la rue ou d’une vie socialement simple et pourtant émotionnellement riche. On y retrouve aussi ce même balancement entre l’action et la contemplation, ici celle d’un beau garçon viril et inaccessible. Malheureusement, il semble que les mânes de la Nouvelle Vague, à Taiwan comme en France, atteignent rapidement leur date de péremption. La grâce chez le cinéaste taïwanais n’aura duré que le temps de sa trilogie, à laquelle on peut ajouter The Kid, film pour la télévision qui marque l’apparition de Lee Kan Chen ; si ses films suivants, The Hole, Goodbye, Dragon inn, La Saveur de la pastèque, Et là-bas quelle heure est-il ? où la référence à Truffaut est trop appuyée, ne sont pas négligeables, ils n’ont plus cette liberté qui enchantait Les Rebelles du Dieu Néon. Petit à petit un certain systématisme a quelque peu étouffé la création et la sensualité du metteur en scène.
Si Tsai Ming-Liang est un cinéaste ouvertement systématique c’est surtout le plus sensuel, le plus délicat, peut-être le plus érotique des cinéastes actuels. Parce qu’il prend le corps pour une machine mystérieuse et malléable, étrange et triviale. Il a fait un film d’une douceur extrême, élégant et délié, poétique et envoûtant.
Un DVD existe en zone 1, VO sous-titrée en anglais.

Pour plus d’informations :

par Bernard Alapetite publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Jeudi 31 mai 2007
 

  Vendredi 1er juin

18h30 : Tous les coins du monde, vo
20h30 : Give me a home + The kids, vo

Samedi 2 juin

12h : Les rebelles du Dieu Néon, vo
14h15 : Vive l'amour, vo , Int - 12 ans
16h30 : My new friends, vo
18h15 : La rivière, vo, Int - 12ans + Rencontre avec le réalisateur
21h : The Hole, vo + Rencontre avec le réalisateur

Dimanche 3 juin

13h30 : Et là-bas quelle heure est-il ?
16h15 : Good-Bye Dragon Inn, vo
18h : La saveur de la pastèque, vo Int - 16ans + Rencontre avec le réalisateur
21h : I don't want to sleep alone, vo + Rencontre avec le réalisateur

Pas de réservation possible mais les billets sont en vente dès le mercredi 30 mai après-midi, aux horaires d'ouverture du cinéma.
  

tarif plein 5,50 € / tarif réduit 4,35 € / carnet de 10 billets 39 € / pass rétro 28 €

Cinéma Georges Méliès à Montreuil, ligne 9 station Croix de Chavaux

par Daniel C. Hall publié dans : LES NEWS ROSES
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Jeudi 31 mai 2007


« Jamais je ne me suis vanté ni n'ai eu honte de mes penchants homosexuels. Certains m'ont questionné sur ma discrétion concernant ma sexualité, avec un peu de reproche dans la voix pour mon manque d'engagement militant. En fait, si je suis discret sur ce sujet, c'est qu'il relève de la vie intime, qu'il ne regarde que moi et surtout qu'il n'y a pas grand chose à en dire ! »
Jean-Claude Brialy

par Daniel C. Hall publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Jeudi 31 mai 2007

Fiche technique :
Avec Atsushi Ito, Sora Toma, Teruyuki Kagawa, Takizawa Ryoko, Kunimura juin, Mitsuishi Ken et Serizawa Reita. Réalisation : Agata Akira. Scénario : Kenji Aoki Kenji. Photographie : Masami Inomoto. Éclairage : Junichi Akatsu. Son : Shoji de Hosoi. Directeur artistique : Hidefumi Hanatani. Montage : Shuichi & J.S.E. Kakesu. Musique : Shinichiro Ikebe.
Durée : 130 mn. Disponible en VO et VO sous-titrée anglais.


Résumé :
Après la mort de son père, Michio (Atsushi Ito), un garçon de 15 ans, est envoyé par son oncle dans un pensionnat catholique pour garçons ; maladroit, mal à l’aise et incapable de parler sans bégayer, il se mêle peu aux autres dans son nouvel environnement. Mais bientôt le délicat Yasuo (Sora Toma), soprano vedette du chœur de l’école, le sort de son isolement et arrive à le convaincre de se joindre au groupe de chanteurs. Les deux garçons deviennent rapidement amis. Le film dépeint dans le huis clos du pensionnat l’entraînement des jeunes choristes en vue d’une compétition entre chorales qui aura lieu à Tokyo. Mais tandis que leur chorale répète avec celle d’une école voisine de filles, Yasuo devient jaloux de la fascination soudaine de Michio pour le sexe opposé...
Une intrusion va bouleverser cette routine studieuse, celle de Satomi (Takizawa Ryoko), ancienne camarade de classe de Seino (Teruyuki Kagawa), le maître de chœur, qui vient se réfugier dans le pensionnat après avoir fait exploser une bombe à Tokyo. Satomi convainc Seino de faire chanter à ses élèves des chants révolutionnaires lors de la grande compétition annuelle des chorales à Tokyo. Mais un soir, deux policiers en civil viennent arrêter Satomi qui, désespérée, se suicide à la dynamite sous le regard horrifié de Seino et des deux garçons. Après avoir passé l’été à Tokyo à participer à des manifestations de jeunes et à pleurer la mort de Satomi, Yasuo retourne à l’orphelinat et tente en vain de transmettre sa ferveur révolutionnaire au reste du groupe...

    

L’avis de Bernard Alapetite :
Il est un peu vain de résumer un film aussi riche et aussi subtil qui est malgré tout d’abord une histoire d’amour entre deux garçons.
Le dispositif ambitieux du film s’appuie sur deux piliers de la culture de la jeunesse japonaise de la fin des années 60 : d'une part, la croyance en l'imminence de la révolution mondiale, ce qui a produit une génération d’activistes fanatiques ; de l'autre, la vaste popularité du chœur des garçons de Vienne. Le début du film nous montre l’attirance, l’un pour l’autre, de deux garçons à priori fort différents. Nous pensons assister à un classique huis clos des amours adolescentes dans un pensionnat, agrémenté d’un documentaire sur l’apprentissage des jeunes choristes, un peu comme dans Adieu ma concubine où Chen Kaige nous faisait découvrir le dressage des futurs jeunes acteurs de l’opéra de Pékin… Le fait que cela se passe au Japon ajoute une note exotique ; on pense alors beaucoup à Grains de sable, avec une maîtrise technique bien supérieure pour Boy’s choir. Mais par l’intermédiaire de l’intrusion de l’ex-amie de leur maître de choeur, qui entraîne les deux héros dans l’activisme, Agata nous emmène sur une autre voie en parvenant alors à mêler habilement chant et politique, deux pôles qu’à première vue tout oppose. Graduellement, la musique et la politique fusionnent.
À cette période, une génération entière d’étudiants japonais a été engloutie dans l’utopie d'une nouvelle société. Les jeunes ont pris la rue et de violents accrochages les opposaient aux forces de l’ordre. Je me souviens d’avoir vu aux actualités télévisées d’alors, ces hordes à la fois sauvages et disciplinées, armées de longues perches d’aluminium, chargeant la police ; on trouve des échos de cette situation dans le génial dessin animé uchronique Jin roh. Certains ont attendu dans l’expectative la marée de la révolution mondiale. Ils pensaient qu’elle allait atteindre inéluctablement les rivages du Japon. Alors que d'autres incitaient aux émeutes et aux attentats. Un nouveau monde a semblé presque à portée de leurs mains. Mais comme la génération suivante a approché de l'âge adulte, le mouvement s'est effondré. Le nouvel impératif sera bientôt d’être pour la prospérité économique et le consumérisme, rien de plus. Un sentiment de frustration a alors envahi bien des cœurs. Boy’s choir est situé à la fin de cette période troublée.
Mais le scénariste ne se contente pas de ses ingrédients déjà fort riches. Il rajoute bientôt une autre péripétie elle aussi « dramatique », celle de la mue d’un jeune chanteur.
On ne peut pas comprendre complètement ce film, comme beaucoup de films japonais, si on ne garde pas en mémoire que pour un japonais les années collèges sont les années de référence et surtout celles, où malgré le cadre strict de l’éducation, l’individualité de la personne est le plus pris en compte. Cette période a encore beaucoup plus d’importance que pour les anglo-saxons parce que touchant aussi une plus grande proportion d’une classe d’âge. Le manga est un bon miroir de cette omniprésence de ce cadre, certes un peu déformant puisque s’adressant prioritairement aux adolescents.

    

Voilà un film où, paradoxalement, il est difficile d’être complètement attentif à l’image tant l’émotion nous submerge ; celle-ci toujours soutenue et provoquée presque toujours avant l’image par la magnifique musique qui est la chair même du film : un régal pour les amoureux des voix séraphiques. Pourtant, on ne peut être qu’admiratif devant la maîtrise dont fait preuve le metteur en scène en jouant de toutes les valeurs des plans, passant d’une caméra portée à un beau panoramique bien posé, variant les dominantes de couleur suivant les scènes dans un même lieu, par exemple des bleus aux bruns dans les scènes à l’hôpital au début du long métrage.
Akira Ogata est né en 1959 au Japon dans la préfecture de Saga. Ogata a rencontré Sogo Ishii tandis qu'il était étudiant à l'université de Fukuoka. Plus tard il sera assistant d’Ishii. Le cinéma de ce dernier influence grandement Boy’s choir, qui est le premier long métrage d’Ogata.
Le versant politique du film est à l’unisson de l’expérience politique du réalisateur qui a été un de ces étudiants qui protestaient contre la prolongation du Traité de sécurité entre les États-Unis et le Japon, mis en place depuis 1945, et qui implique de nombreuses bases militaires américaines sur le sol japonais.

Boy's choir  a été sélectionné en 2000 au festival de Berlin où il remporta le prix Alfred Bauer pour la meilleure œuvre de fiction. En 2005, Ogata a tourné The Milkwoman.
Un DVD avec des sous-titres en anglais existe aux USA chez Picture this.
Un film magnifique et ambitieux, parfaitement maîtrisé techniquement qui réussit à faire de la musique un ressort dramatique dans cette histoire d’amours de collège entre deux garçons sur fond de violence terroriste des années 70.

Pour plus d’informations :

par Bernard Alapetite publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mercredi 30 mai 2007

Blogué par nos amis de
GayClic.com et publié avec leur autorisation :




En lieu et place de la Gay Pride interdite par les autorités, avait lieu dimanche 27 mai 2007 à Moscou, un rassemblement visant à remettre au maire de la ville, une lettre signée par plus de quarante députés du Parlement européen qui appellent l'autorisation d'une Gay pride dans la capitale russe. Rappelons que le maire Iouri Loujkov avait qualifié ce genre de défilé d'« acte satanique »...
Cette manifestation s'est malheureusement soldée par des actes de violence homophobe commis par des ultra-orthodoxes et des militants de groupuscules d'extrême-droite, à l'encontre d'une centaine d'homosexuels venue manifester devant la mairie. Selon les journalistes présents sur place, les policiers anti-émeute ont tardé à intervenir pour finalement arrêter les agresseurs... mais aussi les victimes ! Comme le montre la vidéo ci-dessous, le militant britannique Peter Tatchell, un vétéran de la lutte pour les droits des homosexuels, a été frappé violemment au visage par un opposant au rassemblement, avant d'être aussitôt embarqué par la police russe. Cette dernière a également arrêté le leader de la communauté homosexuelle russe, Nikolaï Alexeïev, ainsi que des députés européens.



par Daniel C. Hall publié dans : VIDEOS : Lutte contre l'homophobie
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Mercredi 30 mai 2007
par Daniel C. Hall publié dans : VISUELS : Les affiches et pubs roses
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Mercredi 30 mai 2007

Fiche technique :
Avec Louis Garrel, Ludivine Sagnier, Clotilde Hesme, Chiara Mastroianni, Brigitte Roüan, Grégoire Leprince-Ringuet , Jean-Marie Winling, Alice Butaud, Yannick Renier et Esteban Carvajal Alegria. Réalisation : Christophe Honoré. Scénario : Christophe Honoré. Photo : Rémy Chevrin. Musique : Alex Beaupain.
Durée : 100 mn. Actuellement en salles en VF.


Résumé :
Ismael vit avec Julie mais un jour cette dernière, pour pimenter leur relation, fait entrer dans leur lit Alice. S’installe alors un ménage à trois qui pratique ce que l’on appelait naguère « l’amour libre ». Mais Julie s’aperçoit bientôt qu’elle ne trouve pas son compte dans cette nouvelle géographie amoureuse, ce qu’elle confesse lors d’un repas de famille. Mais avant qu’elle prenne une décision sur le devenir de son couple, elle meurt brusquement d’un arrêt cardiaque au sortir d’un concert. Ismael et la famille de Julie parviennent mal à faire face au deuil. Heureusement, dans la vie d’Ismael surgit Erwann qui tombe immédiatement amoureux de lui et qui va le sauver du désespoir.


L’avis de Chori (Lieux Communs) :
Halte ! Ne bougez plus ! Reculez, s'il vous plaît, oui oui circulez, ceci est MON film, mon film à moi, rien qu'à moi... Dire que j'ai hésité l'autre soir, entre Après lui et Les Chansons d’amour (sot que j'étais, mais je ne savais pas, alors...) Les films de Christophe Honoré sont pour moi comme un ascenseur : il y a Louis Garrel presque à chaque étage, et, à chaque fois on monte un peu plus haut que la fois précédente. Là, en ce qui me concerne, j'ai le sentiment que le sommet est atteint. Oui oui je sais c'est vachement prétentieux et tout et tout mais c'est vraiment comme si il avait réalisé ce film-là rien que pour moi.
Je partais quand même avec un sentiment mitigé (une certaine méfiance vis à vis des films chantés, mais contrebalancée par quelques mots encourageants de Malou – genre ça devrait te plaire, mais on en reparlera...), d'autant plus que nous n'étions que trois dans la salle à la séance de 16 heures (grmblll ville de bourrins mais non mais non c'est peut-être l'orage qui les a dissuadés), mais dès le tout début vraiment j'étais plouf ! dedans, et si bien dedans qu'il m'a été un peu difficile à la fin de le quitter (et surtout avec les yeux secs ! si j'avais été une fille, j'aurais eu les joues toutes barbouillées de rimmel... ah bon ? maintenant c'est waterproof ?)
Un générique nocturne et tout en noms communs (pfff il faut qu'il fasse son malin cet Honoré, c'est plus fort que lui, hein ?) et hop c'est parti. Première surprise : tiens mais ils parlent ! Je pensais qu'il n'aurait pas fait les choses à demy, et que ça chanterait tout le temps... Mais non, au début, ils parlent, comme vous et moi. Et quand les chansons arrivent, c'est tout naturellement, sans hiatus. Et je dois dire que j'ai été bluffé par la qualité desdites chansons, et ce dès la première (j'ai commandé la BO aussitôt en sortant, vive le ouaibe !) C'est pop ? rock ? Plutôt ligne claire, en tout cas, ça sonne très juste, naturel. Je le redis (faudrait-il que je vous le chante ?) je n'avais encore jamais entendu de chansons aussi bien intégrées dans un film...
Et de quoi que ça cause, à part ça ? Et bien ça parle des relations entre les gens d'une façon générale et d'amour en particulier. D'amour boum quand votre cœur fait boum et de sexualité il faut bien que le corps exulte aussi. Mais d'une (bi)sexualité comment dirais-je... adolescente, angélique et... rêveuse (?) J'emploie à dessein le mot adolescent, non pour le côté acnéique et mal dans sa peau, mais plutôt pour son approche ludique, funambule, désinvolte... Décomplexée. Insoutenable légèreté et tout ça... Pourquoi rêveuse ? Euh juste parce que je trouvais que « angélique et rêveuse » ça sonnait bien...
Un ménage à trois, une famille, des collègues de travail, un voisin de concert, un couple hétéro, un couple homo... tout ça, ce sont juste des manières différentes d'être ensemble. Des regroupements affectifs. Pour ne pas vivre seul... Sans qu'il soit fait vraiment de hiérarchie morale sur ce qui est bien ou ce qui est mieux. Juste un besoin vital, quoi. Au début, Ismael (Louis Garrel, ce gars-là est énervant tellement il est bien) partage son lit (et sa vie) avec Julie (Ludivine Sagnier) et Alice (Clotilde Hesme). Et c'est assez joyeux, (et joyeusement filmé aussi) d'ailleurs. Première partie : on s'ébat.
Puis quelqu'un va mourir (tiens, encore un film où il est question de cimetière) et la donne affective est donc modifiée, l'équilibre (précaire) chamboulé. Séisme dans le couple, dans la famille, flottements... Deuxième partie : on se débat.
Le temps, justement, de réussir à faire son deuil, de se reconstituer, d'accepter de (re)prendre position (et figure humaine), et d'être capable d'aimer à nouveau, grâce à (oui c'est bien le mot) un genre de séraphin breton. Troisième partie : on combat ?
Ça a l'air théorique et chiant, dit comme ça, mais ça ne l'est pas du tout du tout. La pose dramatique est éludée (on y pleure très peu, finalement), le pathos n'est jamais lourdement surligné, bref sans cesse le film chantonne susurre fredonne (même quand les acteurs ne font que parler), avec peut-être ce genre de légèreté apparente, d'insouciance, qu'affectent les équilibristes. Qui sifflotent, mine de rien. Et se produit ainsi pour le spectateur une osmose empathique, une contamination positive. On m'a parlé de drame musical, de solitude glacée, désolé quand à moi je n'ai vu/entendu qu'une mélodie complice, un gazouillis (oui, parce que gay comme un pinson ?) une ritournelle de galopin dont le dernier couplet se terminerait par les histoires d'amour finissent mal en général mais ici pas vraiment. Et toc !
Oui, je le redis, cette chanson de gestes (et de mémoire aussi) fait un bien fou, peut-être parce que, comme dans les « vraies » chansons d'amour, on s'y retrouve on s'y reconnaît, on y entend des mots faciles des mots fragiles qui font écho, et surtout parce qu'elle est sans cesse tirée vers le positif, du côté de la lumière (alors que c'est un film plutôt nocturne), du côté de l'espoir. Oui, Ismael a beau zébulonner, faire le clown, le marionnettiste, sauver la face, il n'en est pas moins malheureux perdu pendant un certain temps. Parce que ça n'est jamais forcément facile de se donner les moyens d'être heureux. Je n'ai parlé jusqu'ici que de Louis Garrel mais ne vous y méprenez pas, tous les autres autour sont au diapason, à l'unisson (pour rester dans les métaphores choralesques) et tous chantent avec leur vraie voix et on a vraiment envie d'applaudir toutes ces belles âmes qui papillonnent de concert. Ludivine Sagnier, hyper parapluies de cherbouresque, Chiara Mastroianni retrouvée avec un immense plaisir, impériale, et le tit mimi Grégoire Leprince-Ringuet (le séraphin que j'évoquais plus haut), celui par qui l'amour (qui est un enfant de bohème) arrive (sur la pointe des pieds, la première fois on ne verra de lui que ses mollets velus) et qui va en faire fondre plus d'un(e).
Car ça faisait longtemps que je n'avais pas vu ainsi représentée une relation entre deux mecs (donc homosexuelle) vécue aussi simplement, égalitairement, tendrement. Normalement devrais-je dire (devrait-on TOUJOURS dire). Et ce final de comédie musicale avec son duo d'amour sur le balcon me terrasse (!) complètement. « Il va falloir dire je t'aime... ». Et ce qui n'était qu'une scène banale (quoi de plus normal que deux mecs qui se chantent qu'ils s'aiment sur un rebord de fenêtre ?) se transfigure, grâce à un travelling arrière et le rond de lumière d'un coup de projo hollywoodien, en sublime moment de cinéma. Je vous jure, j'ai failli rester assis pour assister à la séance suivante. Je sais bien pourquoi Malou m'a dit que ça devrait me plaire...


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L’avis de Matoo :
Christophe Honoré est un putain de bon réalisateur, et il le prouve encore dans ce film. Car non seulement il sert une très fine et remarquable comédie musicale, mais en plus il affirme encore ses talents de cinéaste, avec une photo superbe, des plans (des visages, des corps, des « liens » entres gens) et des mouvements de caméras très expressifs.
Autre chose aussi, comme dans Dans Paris, il choisit de montrer le « vrai » Paris, pas celui des cartes postales et des grands monuments, pas celui des rues proprettes et ensoleillées. Non là, il n’est plus dans le 15e arrondissement, mais dans le 10e et le 11e (Et comme certains l’ont remarqué, MA grisette est même au générique, yeaaaah !), donc j’ai été encore plus sensible à sa manière de saisir ces quartiers qui me sont si familiers, et c’est une sacrée réussite.
Par contre, il faut se rendre à l’évidence, et je n’attendais pas vraiment autre chose de sa part, c’est un film de bobo avec un scénario bobo et des personnages bobos, dans des quartiers bobos. Si à la base, c’est un truc qu’on ne peut pas supporter, autant ne pas se forcer à le regarder. Mais en se distanciant un peu de cela, on peut pleinement profiter d’une belle histoire, servie par une poignée de chansons de très bonne qualité, et surtout des interprètes, comédiens, comédiennes qui relèvent le défi avec brio.
Il y a trois parties dans cette comédie musicale, qui sent bon l’hommage à Jacques Demy, et c’est l’histoire (d’amour) d’un couple un peu atypique : Ismael (Louis Garrel) et Julie (Ludivine Sagnier). On comprend rapidement dans la première partie que les deux héros pimentent leur relation amoureuse, en y incluant Alice, qui travaille avec Ismael. Julie aime beaucoup Alice, mais Ismael commence sérieusement à prendre ombrage de ce trio. Et là, arrive un drame : Julie décède d’une crise cardiaque brutale et inattendue. Ismael gère alors son deuil, entre la famille de Julie qui tente de le soutenir, et une confusion des sentiments et d’orientation sexuelle qui prennent la forme d’un croquignolet lycéen breton (Grégoire Leprince-Ringuet, dont je me demande s’il est de la famille du scientifique).
Et au milieu de tout cela, des chansons, à la manière d’On connaît la chanson qui illustrent certaines parties du film, et sont plus comme des dialogues chantés (vraiment à la manière de Demy). L’histoire prend justement un tour un peu moins niais que dans une comédie musicale (bobo), ou bien dans un « film français », par ce décès de Ludivine Sagnier, qui représente une rupture d’une brutalité assez inattendue dans la narration. Et on peut apprécier encore plus le jeu et l’aura de Louis Garrel, que j’aime décidément beaucoup.
Christophe Honoré, en tout cas, ne rechigne pas sur l’expression d’une liberté sexuelle tout à fait assumée, que ce soit les couples libres, les relations homos et la valse des choix qui s’offre à des gens ouverts d’esprit. En cela, le film est très rafraîchissant, et il ose avec beaucoup de candeur et d’espièglerie, et pas d’artifices ou de symbolique surpondérée comme chez Ozon. Il nous rajoute même deux petits marins, avec pompons règlementaires, véritable vision de « Pierre & Gilles » qui tombe comme ça en plein milieu d’un plan de rue banal.
C’est un film vraiment agréable à voir, et qui a le mérite de montrer Paris, tel qu’elle est vraiment. Il s’agit surtout d’une comédie musicale réussie tant pour son histoire (d’amour pour midinettes romanticôôônnes que nous sommes), que ses chansons, et avec en plus un souffle moderne indéniable dans son propos.


Pour plus d’informations :

Lire la fiche n°1

par Chori et Matoo publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mardi 29 mai 2007