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Lundi 1 août 2005

L'auteur :
Né en 1952 à Liverpool, Clive Barker est romancier, nouvelliste, scénariste de BD, auteur de théâtre, peintre et cinéaste, chantre d'un univers baroque, extrême et érotique placé sous le signe des métamorphoses de la chair. On lui doit notamment en littérature Le jeu de la damnation,
Le royaume des devins ou Galilée, et au cinéma Hellraiser, Le pacte, Cabal et Le maître des illusions. Il prépare actuellement un nouveau film, Tortured Soûls -Animae Damnatae, travaille à un nouveau recueil de nouvelles fantastiques et continue le cycle d'Abarat qu'il écrit pour la jeunesse.
L'avis de Org :
Will Rabjohns est un photographe animalier de renommée internationale. Sa spécialité : la représentation d'une nature sauvage pervertie par les excès humains, le regard flou des derniers ambassadeurs d'espèces moribondes. Son art fascine, dérange : Will Rabjohns y excelle. Alors qu'il achève un reportage sur les ours polaires à Balthazar — de tristes créatures nourries des déchets de la petite ville d'Alaska — Will est grièvement blessé. Lors du coma qui s'ensuit, il revit un souvenir enfoui dans son subconscient, un événement de son enfance survenu peu après la mort de son frère, seule et unique idole de ses parents : la rencontre avec un couple fantastique, peut-être bien immortel, la sublime Rosa et son énigmatique amant, Jacob. Lorsqu'il sort du coma, Will a gagné deux choses. Un besoin de comprendre, d'abord, qui le pousse à tenter de retrouver le couple fantastique. Maître Renard, ensuite, une manière de seconde personnalité, un hôte mental sauvage, déroutant. Les pièces du puzzle sont nombreuses et éparses. Will va s'employer à les rassembler, quitte à contempler l'horreur.

Difficile de définir un livre comme Sacrements — au-delà de sa couverture magnifique, ce qui est suffisamment rare pour mériter d'être signalé. Difficile car c'est un livre énorme (un « roman-fleuve », nous dit la quatrième de couverture) qui, en dépit d'un nombre de personnages somme toute restreint (mais quels personnages !) au regard de sa taille, aborde une foultitude de thématiques — la mort, la maladie (le Sida, en fait), l'écologie (surtout), l'homosexualité, l'enfance, la connaissance... Un livre dans lequel, c'est une évidence, Clive Barker a mis énormément de lui, de ce qu'il est, de ce qu'il sait, ce qu'il ressent. (Les exemples sont légions, mais je ne peux résister à l'envie de vous citer ce passage, p.262, où Barker, lui-même homosexuel, parle des homosexuels : « Des hommes que leurs pères et mères, si aimants, si permissifs soient-ils, ne pourraient jamais comprendre comme ils comprenaient leurs enfants hétéros, parce que leurs rejetons gays constituaient des culs-de-sac génétiques. Ces hommes-là se voyaient obligés de se bâtir eux mêmes leurs familles, avec des amis, des amants ou des divas. Ces hommes-là s'étaient inventés eux-mêmes, pour le meilleur ou pour le pire. ») Un livre construit autour d'une myriade de brefs chapitres où l'action connaîtra une ellipse en forme de flash-ba
ck de près de cent pages. Un livre, enfin, qui transcende les genres (fantasy ? fantastique ?) pour nous porter vers les rivages de la littérature, la grande, la seule, celle ou l'on prend le temps d'exposer, de creuser, de s'attarder sur le détail pour mieux révéler le fond.
Dès le début de sa carrière littéraire, avec notamment ses nouvelles chocs réunies dans les Livres de Sang, Clive Barker laissait présager d'un avenir hors norme de créateur de mondes. Il a depuis fait feu de tous bois : une production nourrie qui, qualitativement, a connu des hauts et des bas (avec des romans comme Cabal, assez médiocres). Toutefois ses dernières œuvres, Imajica, le fabuleux Galilée et maintenant Sacrements, font montrent d'une maîtrise qui confirme Barker comme un auteur de tout premier plan, majeur, un point c'est tout. Et un auteur majeur qui donne toute sa mesure, ça vous fait un bouquin mystifiant, triste car lucide, d'une confondante sensibilité, lourd du poids d'un regard porté sur le monde et ce que nous en faisons. Un livre dont on ressort comme sonné, presque K.O., des étincelles derrière les yeux. Sacrements est de cette veine : le sacre d'un auteur-roi.

Pour plus d'informations :
Disponible chez Rivages et Fleuve Noir (France).
Autorisation de la chronique : Revue Bifrost
Le site de Clive Barker (en anglais)


par Org publié dans : LIVRES : Les Pages Roses
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Lundi 1 août 2005

L'auteur :
Francis Berthelot est né à Paris en 1946. Polytechnicien et chercheur en théorie littéraire, auteur de onze romans (Denoël, Fleuve Noir, Fayard, Hachette) et de quatre essais (Nathan), il a obtenu le Grand Prix de l'Imaginaire dans les quatre catégories “nouvelle”, “roman” (pour Rivage des Intouchables), “essai” et “jeunesse”.
Après un passage par la littérature générale, il revient depuis deux ans à un imaginaire dans tous ses états par les voies du merveilleux noir.
L'avis de S. Nicot :
En avouant « son désir de graver ses mots dans la mémoire des enfants à venir », Arthur, l'un des deux personnages principaux de Rivage des intouchables, se bat non seulement pour survivre, mais pour vivre. Libre, et à sa façon : contre les interdits, les préjugés, les racismes. En créant un monde extraterrestre où Gurdes et Yrvènes (aux uns les écailles dures et aux autres les pigmentations douces) se haïssent férocement, en imaginant une histoire de transgression (les transvers, issus des deux races antagonistes, se mêlent au nom de la liberté, de la tolérance et, tout simplement, du désir), puis en racontant l'épidermie contagieuse qui les frappe, Francis Berthelot a choisi « de parler du sida à travers une maladie fictive... de façon spéculative, dans le cadre d'une autre société, avec un tabou différent, une maladie différente. » Il évoque le sida « d'une manière que n'importe quel lecteur, homosexuel ou hétérosexuel, puisse s'y reconnaître et s'identifier aux personnages. »
Le racisme, Arthur y est confronté tout petit, lorsque ses parents gurdes le lavent pour effacer tout trace de Cassian, son ami yrvène. Comme l'affirme sa mère : « Vivre avec une honte pareille, aucun d'entre nous ne l'a mérité. » Comment, dans ces conditions, la mémoire des transvers ne serait-elle pas malade de la culpabilité et du dégoût de soi : « Quand l'identité profonde de quelqu'un a de tout temps servi d'injure à la populace, quelle estime de soi lui reste-t-il ? » Serait-ce l'origine de l'épidermie ? Arthur et Cassian ne partagent pas le même avis : le jeune révolté yrvène semble sûr de lui, mais Arthur le Gurde se souvient des blessures de l'enfance, de cet « opprobre universel » qui l'accablait « comme s'il allait devoir marcher seul, toute sa vie, entre deux rangées de barbelés » et des insultes qui fusaient : « Frottard. Poiscailleur. Lécheur de Couennes... ».
Là où des faiseurs auraient peine à s'élever au-delà d'une banale transposition futuriste, Berthelot invente une fiction pleine de sens : c'est pour mieux parler d'ici et maintenant qu'il a choisi d'inventer un cruel ailleurs et demain. L'irruption d'une maladie dramatique, la violence haineuse des troupes de Race et Foi et la bêtise des racistes ordinaires font parfois de Rivage des intouchables un livre douloureux. Mais, loin de se clore sur un no future trop souvent de mise dans la SF française, le roman s'achève de façon significative sur l'ébauche difficile, chaotique et tâtonnante d'un avenir meilleur, qui intègre à la fois la phase de libération et l'épreuve. On retrouve là un thème dominant de Berthelot, qui donne unité et continuité à son œuvre, de La Lune noire d'Orion (Calmann--Lévy), au cycle de Khanaor (Fleuve Noir) et de La Ville au fond de l'œil (Denöel, Présence du Futur) — sans oublier ses magnifiques romans de littérature générale (on conseillera tout particulièrement l'éblouissant Jongleur interrompu (Denoël) — à ce superbe et bouleversant récit : la recherche de l'harmonie.
Avec Rivage des intouchables, Francis Berthelot a écrit l'un des plus beaux romans de ces vingt dernières années. Ne passez pas à côté !
Pour plus d'informations :
Disponible chez Folio SF (France).
Autorisation de la chronique : Revue Galaxies
Le site de Francis Berthelot
Une interview et des photos de Francis Berthelot

par S. Nicot publié dans : LIVRES : Les Pages Roses
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Jeudi 28 juillet 2005

Le TOP 5 des films à éviter, par Daniel C. Hall

1) Pédale dure, un film de Gabriel Aghion (2004)
2) Folle d'elle, un film de Jérôme Cornuau (1997)
3) La Cage aux folles III, un film de Georges Lautner (1985)
4) Sleepers, un film de Barry Levinson (1996)
5) Le Placard, un film de Francis Veber (2000)

Le TOP 5 des films à fuir, par Jean Yves

1) L'Attaque de la moussaka géante, un film de Panos H. Koutras (1999)
2) Le Trio, un film de Hermine Huntgeburth (1997)
3) Folle d'elle, un film de Jérôme Cornuau (1997)
4) Le Talentueux Monsieur Ripley, un film de Anthony Minghella (1999)
5) Mon capitaine (un homme d'honneur),  un film de Massimo Spano (1996)

par Daniel C. Hall & Jean Yves publié dans : LES NEWS ROSES
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Mercredi 27 juillet 2005

Le TOP 10 de Daniel C. Hall : des films pour montrer à tout le monde…

J’ai choisi, selon mes goûts, des comédies intelligentes pour toute la famille, des coming-out touchants, des drames déchirants mais instructifs

1) Beautiful Thing, un film de Hettie MacDonald, 1996
2) Forgive and forget, un film de Aisling Walsh, 1999
3) Big Eden, un film de Thomas Bezucha, 2002
4) Un Amour à taire, un film de Christian Faure, 2004
5) Presque rien, un film de Sébastien Lifshitz, 2000
6) Ma vraie vie à Rouen, un film de Olivier Ducastel et Jacques Martineau, 2002
7) Un soupçon de rose, un film de Ian Iqbal Rashid, 2004
8) Chouchou, un film de Merzak Allouache, 2002
9) 2 garçons, 1 fille, 3 possibilités, un film d’Andrew Fleming, 1993
10) In & Out, un film de Frank Oz, 1997

Le TOP 10 de Jean Yves : des films qui dépassent le voyeurisme…

J’ai choisi des films qui montrent une vision très personnelle des relations humaines, voire avec une dimension autobiographique et qui cassent les clichés sur l'homosexualité (1, 3, 6, 7 et 9) ; des films sur les violences liées à l'homosexualité du "héros" (2 et 5) ; des films qui interrogent intelligemment des fantasmes divers (4 et 8) ; un film où l'homosexualité ne pouvait qu'être habilement suggérée en regard de l'époque (10).

1) La chatte à deux têtes, un film de Jacques Nolot, 2002
2) Le soleil assassiné, un film de Abdelkrim Bahloul, 2003
3) Mon voyage d’hiver, un film de Vincent Dieutre, 2003
4) L.I.E. Long Island Expressway, un film de Michael Cuesta, 2001
5) Boys don’t cry, un film de Kimberly Peirce, 1999
6) Wild side, un film de Sébastien Lifshitz, 2002
7) Omelette, un film de Rémi Lange, 1997

8) O Fantasma, un film de Pedro Rodrigues, 2000
9) La mauvaise éducation, un film de Pedro Almodovar, 2004
10) La corde, un film de Alfred Hitchcock, 1948

 

par Daniel C. Hall & Jean Yves publié dans : LES NEWS ROSES
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Mardi 26 juillet 2005

Yossi, chef de compagnie, et Jagger, l'un de ses chefs de groupe, ne se ressemblent en rien. L'un est taciturne, enclin à ruminer ; l'autre, d'un naturel expansif et ouvert. Leur compagnie stationne à la frontière entre Israël et le Liban. La liaison des deux hommes doit rester secrète. Jagger va bientôt être libéré. Il voudrait que Yossi qui lui aussi l'armée. L'atmosphère déjà tendue en raison des opérations à la frontière s'exacerbe encore du fait de la relation amoureuse entre les deux officiers.
Un film d’Eytan Fox (Tu marcheras sur l’eau) à ne pas manquer !

par Daniel C. Hall publié dans : LES NEWS ROSES
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Lundi 25 juillet 2005

L'auteur :Née en 1967 à La Nouvelle-Orléans, récompensée en 1994 par le British Fantasy Award, Poppy Z. Brite fait figure de chef de file d'une nouvelle génération d'auteurs entre littérature underground et terreur. Son oeuvre provocatrice dévoile la réalité froide et crue d'une société puritaine à la dérive.
L'avis de Olivier P. :
Poppy Z. Brite était considérée comme l'icône d'une littérature glam-trash gothique, placée sous le patronage sexe, drogue et rock'n'roll. Toujours aux environs de la Nouvelle-Orléans, son univers bariolé mettait en scène tour à tour des vampires, des serial killer et presque systématiquement des personnages gays. A travers ses nouvelles et ses romans passés, elle avait provoqué de violentes polémiques, certains trouvant ses œuvres trop extrêmes, et/ou trop racoleuses. Elle avait cependant un bon nombre de défenseurs, qui reconnaissaient les justes qualités de son œuvre, que nous apprécions et défendions sur le blog.
Depuis quelques années, Poppy semble prendre un virage à 180°. Finis la violence et la drogue à outrance, le sm trash et le fantastique gore. Toujours portée sur l'homosexualité, elle apparait ici plus sensible, plus introspective aussi. Petite cuisine du diable, son nouveau recueil de nouvelles, marque de façon nette ce basculement a priori irrémédiable. Que ses fans se rassurent, nouvelle orientation ne veut pas dire perte de talent. Bien au contraire. On y retrouve, bien sûr la Nouvelle-Orléans, et son quartier gay. Mais dépouillé des oripeaux du vampirisme, des tueurs en série impitoyables, et de toute sa faune gothique.
Petite cuisine... s'ouvre sur une préface qui explique la genèse de ce recueil, véritable clé de voûte de la mutation de l'auteur. Avant de parler des textes, où l'homosexualité est comme toujours centrale, je voudrais dire que ce recueil est tout simplement ce que Poppy a écrit de meilleur. Différent, plus sensible et introspectif, ce recueil annonce une nouvelle Poppy, enfin arrivée à sa maturité.
Si la plupart des textes tournent autour de l'homosexualité, ou comportent des personnages homosexuels, certains n'en parlent pas. Heureusement, ce sont souvent les meilleurs qui parlent d'homosexualité, sujet que Poppy maîtrise ici à merveille, comme jamais. Tout commence avec le superbe "Rien de lui ne s'étiole", titre magnifique pour texte sublime, sur l'amour de deux êtres condamnés, qui sauront transcender la mort par l'amour. D'une rare sensibilité, ce texte est l'un des plus beaux jamais écrits sur l'homosexualité. Rien de fantastique au sens littéraire, non. Mais une incroyable acuité à sonder l'âme et le corps de ses personnages. "Pansu" est une amusante variation autour de la possession démoniaque, où la femme d'un restaurateur se met à faire des propositions scabreuses à un couple gay. On découvre vite qu'elle est envoûtée, reste alors à l'exorciser, mais comment ? La sensibilité est à nouveau à l'honneur, quoique marginalement, avec "Tout feu tout flammes", histoire d'une mutante écrite en hommage à la BD Hellboy. La marginalité d'une mutante trouve un écho avec le racisme et l'homophobie. "Bayou de la mère", situé en pleine Louisiane, met en scène un couple de restaurateurs partis faire un voyage touristique. La religion et la culpabilité, dont elle sait accabler la sexualité en général et l'homosexualité en particulier, sont les thèmes majeurs de ce texte au fantastique diffus, dont on retrouvera les personnages dans le plus beau texte de ce recueil, "Une saison d'enfer". Ce texte se passe dans le restaurant des deux protagonistes du "Bayou de la mère". Il mettra un jeune face à sa conscience, face à la conscience de son homosexualité. Thème souvent douloureux, traité ici avec une brillante maestria, et l'on a vraiment peine à croire qu'il ne peut être autobiographique, tellement son ton est incroyablement juste. C'est simple, ce texte devrait être obligatoire, car jamais on n'a su, dans l'imaginaire, traiter la prise de conscience de son identité sexuelle avec une telle sensibilité, mais surtout une telle justesse. On devrait d'ailleurs retrouver ces personnages dans le prochain roman de la Poppy, Liquor. Donc, autant le dire, ce roman s'annonce grandiose, tout simplement.
Nous défendions Poppy, nous continuerons à la défendre. Elle peut changer de style, peu nous importe, car elle reste une figure talentueuse et incontournable. Ame gay dans un corps de femme, comme elle aime à se définir, elle signe avec ce recueil une brillante introspection dans l'âme gay, avec une sensibilité et une maîtrise nouvelles, qui font de ce recueil un superbe cadeau.
Pour plus d'informations :
Disponible au Diable Vauvert (France)
Site de Poppy Z. Brite (anglais)

par Olivier P. publié dans : LIVRES : Les Pages Roses
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Samedi 23 juillet 2005
Zanzi violet :


Zanzi bleu :


Zanzi vert :


Zanzi jaune :


Zanzi orange :


Zanzi rouge :
par Daniel C. Hall publié dans : LES NEWS ROSES
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Mercredi 20 juillet 2005

L'auteur :
Francis Berthelot est né à Paris en 1946. Polytechnicien et chercheur en théorie littéraire, auteur de onze romans (Denoël, Fleuve Noir, Fayard, Hachette) et de quatre essais (Nathan), il a obtenu le Grand Prix de l'Imaginaire dans les quatre catégories “nouvelle”, “roman” (pour Rivage des Intouchables), “essai” et “jeunesse”.
Après un passage par la littérature générale, il revient depuis deux ans à un imaginaire dans tous ses états par les voies du merveilleux noir.

L'avis de Daniel C. Hall :
Khanaor, une île étrange, une entité qui vit et évolue en symbiose avec ses habitants, un territoire livré aux pouvoirs des guerriers, des mages, des rois et des reines, une terre blessée et minée par d'anciens combats, par de sombres machinations, par d'implacables intempéries et d'inexplicables pollutions. Acculée par la lente agonie de la faune aquatique, Mervine, reine-magicienne d'Aquimeur (un peuple qui ne vit que de pêche) s'allie avec Leuthiag, roi-guerrier de Goldèbe (dont le peuple est affamé suite à des années d'intempéries) afin d'obliger les barons d'Ardamance à livrer du sang solaire (seul remède contre la pollution aquatique, mais qui nécessite la mort de plusieurs mages) et à vendre moins cher la neige de lave, un incroyable fertilisant.
Alors que Mervine multiplie les intrigues et sombre lentement dans la démence, Leuthiag redécouvre l'ivresse de la barbarie et les barons d'Ardamance la peur de l'invasion et du pillage. L'île se dirige droit vers l'apocalypse. Seuls quelques personnages marginaux possèdent peut-être la clé pour rétablir la santé et l'espoir des peuples de Khanaor et faire de nouveau régner la paix. Sigrid, la fillette magicienne à la recherche de sa grand-mère disparue ; Kurt, le jeune charmeur de plante, amoureux du pire traître de l'île, l'Anserf, esprit désincarné et maltraité par Mervine, qui connaît les secrets de Khanaor ; Judith et Craès, deux mages en proie aux affres du passé. Et tandis que Mervine se damne en créant la rage d'eau qui empoisonne les cours d'eau d'Ardamance, que Leuthiag et ses barbares brûlent, pillent, tuent et violent au fur et à mesure de l'avancée des combats, que Khanaor se met à secréter ses propres horreurs, les rares combattants pour la paix explorent leurs propres blessures, règlent les contentieux du passé, se croisent et s'allient contre les puissances du mal et du chaos. L'amour, la tolérance et le respect de la terre sauveront-ils Khanaor ?

Khanaor, dont la première publication en deux volumes chez Temps Futurs remonte à 1983 (le Fleuve Noir rééditera le diptyque en 1986/1987), reste — malgré son âge — l'un des grands et des meilleurs romans de fantasy française. D'une grande fraîcheur et d'une véritable originalité, ce roman doit sa réussite au talent de son auteur, un styliste d'une profonde sensibilité. Si l'intrigue principale n'échappe pas aux canons du genre, les nombreuses intrigues secondaires tissent une toile complexe et passionnante, d'où émerge une galerie de personnages hauts en couleurs, profondément touchants, fragiles et torturés. Et c'est là que réside la grande force de Berthelot : l'humanité et la richesse psychologique de ses personnages. L'histoire personnelle de ces marginaux attachants est un véritable régal pour les lecteurs et muscle l'intrigue en parfaite synergie.
Ecologie, homosexualité, amour, rapprochement, tolérance... Le talent de Francis Berthelot est une délicieuse drogue aux effets immédiats. Gageons que les véritables connaisseurs et autres nouveaux convertis ne pourront plus s’en passer... En trois mots : merci, monsieur Berthelot.

Pour plus d'informations :

Imaginaire Sans Frontières (France).

Le site de Francis Berthelot
Une interview et des photos de Francis Berthelot

par Daniel C. Hall publié dans : LIVRES : Les Pages Roses
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Mercredi 20 juillet 2005

L'auteur :
Francis Berthelot est né à Paris en 1946. Polytechnicien et chercheur en théorie littéraire, auteur de onze romans (Denoël, Fleuve Noir, Fayard, Hachette) et de quatre essais (Nathan), il a obtenu le Grand Prix de l'Imaginaire dans les quatre catégories “nouvelle”, “roman” (pour Rivage des Intouchables), “essai” et “jeunesse”.
Après un passage par la littérature générale, il revient depuis deux ans à un imaginaire dans tous ses états par les voies du merveilleux noir.
L'avis de Jean Yves :

Ce roman met en scène les homosexuels dans la science-fiction et souligne la persistance de leur oppression dans le temps et l'espace.

Dans ce lointain futur, l'humanité terrienne a trouvé refuge sur trois planètes, de la constellation d'Orion. Alnilam, tempérée, nette, blanche et conformiste, d'où est originaire Silex, le héros, jeune et bel homosexuel. Bellatrix, chaude et suffocante, grouillante, plongée dans la technologie futuriste. Bételgeuse, havre de paix, image de paradis, lieu d'équilibre, de respect de la nature et des humains, où vit une forte proportion d'Holoms (traduire homosexuels).

Le roman décrit la destruction de l'ordonnance de la vie de ces trois planètes. Les difficultés économiques (et l'esprit de Maa, principe négatif de l'univers, d'agression, de destruction, de chaos et de mort) font renaître la répression envers les minorités et envers les homosexuels en premier lieu. Interdictions professionnelles, attentats et déportations s'abattent sur les Holoms.

Face à ces événements, la défense et la riposte ne peuvent être assumées que par les opprimés organisés. Le rétablissement de la paix n'aura lieu, finalement, que par l'accession du héros homosexuel au rôle de Gardien de la Constellation. Avant de parvenir à cette fonction de rédemption et de voir la vie reprendre, sereine sur les trois planètes délivrées de la malédiction de l'esprit de Maa, Silex aura parcouru tous les espaces de son être, et de la Constellation. Il aura côtoyé bien des formes d'homosexualité, perdu ses amours mais eu accès à la solution de l'énigme du bien et du mal.

Francis Berthelot donne à l'amour homosexuel une force intégrée au cycle du bien. Des orgasmes collectifs, où la violence et l'infinie tendresse communient, nourrissent les éléments de communion des Taïgrs, au cycle naturel de production du bien et de l'amour. C'est en nous parlant des Taïgrs (« cuirs » imprégnés de l'esprit du Taï, principe positif de l'univers) que l'auteur semble le plus concerné et que tendresse et justesse de ton sont les plus évidentes.

Les Taïgrs incarneraient-ils l'élite des homosexuels, ceux qui auraient dépassé la violence, pour accéder au cycle sacré de production du bien ?

Au terme du roman, les planètes renaissant à la vie, le héros serein et désincarné, ayant vu périr tous les êtres aimés, accède à la plénitude.

Pour plus d'informations :

Disponible chez Calmann-Lévy (France).

Commander le roman chez Adventice.com

Le site de Francis Berthelot
Une interview et des photos de Francis Berthelot

par Jean Yves publié dans : LIVRES : Les Pages Roses
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Mardi 19 juillet 2005

L'auteur :
Essayiste, historien, sociologue et romancier, Théodore Roszak est né en 1933. Il a publié dix-huit livres. Il est notamment l’auteur de plusieurs essais qui, chacun, ont marqué leurs époques, Vers une contre-culture (Stock<