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Mardi 31 juillet 2007

Sur cette photo, je décide de jouer un peu au ballon car j'ai repris six fois de la choucroute à midi.



Vendredi 20 juillet 2007 :

Rien de plus sensuel hier soir pour Zanzi que des plantes en pot sur un balcon et des piqûres de moustiques. Sa légende de grand séducteur en prend un coup (c’est toujours ça !).

Impossible d’accéder à l’administration de mon blog de toute la journée ! Je fais une grosse colère en tapotant de mes deux petits peutons la moquette de mon bureau. Je suis tellement énervé que, comme dirait le poète Devedjian, j’en chierais une pendule à treize coups… salope ! Heureusement que le blog est toujours programmé au (ou pour jouer du) kazoo. Je quitte mon bureau très déprimé à la pensée de mes millions de fans qui doivent trépigner, s’inquiéter, pleurer, se flageller, hurler leur désespoir (Williams)… J’imagine Bernard balançant son déambulateur contre les murs sous le coup de la frustration et Zanzi bouffant ses talonnettes (qui le grandissent de dix centimètres, pour arriver au mètre 32 pile poil !) en bavant comme Cujo. Je sais, vous toutes et tous qui m’adulez, que le week-end sera long comme un jour sans Sarkozy. Mais sachez que moi aussi, je suis effondré de ne pas pouvoir me lire. Je ne vous comprends que trop, mes fidèles disciples.

Mon patron est en vacances (moi, ce sera dans une semaine). Il le mérite bien mon boss, si, si, je vous jure. Bonnes vacances, François. Tu es le meilleur patron du monde ! Comment ça, j’en fais des tonnes pour avoir une augmentation ? Méééé eeeeuuuuh Pat’won… [Merci de ne pas mettre de commentaires désobligeants sur les patrons. Le mien me lit et c’est même un ami patron de gauche ! Oui, lui aussi est une minuscule minorité invisible ! J] Bon, je m’égare de l’Est ! Pierre Douglas, sors de mon corps !

J’ai fait les soldes de Cdiscount et voilà que m’arrive : les 4 Alien avec mon amoureuse et mon fantasme d’adolescent : Sigourney Weaver ; Beur, blanc, rouge avec Yasmine Belmadi ; Travail d’arabe de Christian Philibert ; Hush ! de Ryosuke Hashiguchi ; La Sucette magique de Zanzi et Tatin au pays des endives par Bernard Alapetite (catégorie triple X soldée à 0,15 €) ; Prends-moi par les 18 trous avec le ravissant Tiger Wood et le DVD interactif de Qui veut gagner des millions ? (Zut une boulette, que dis-je une erreur, de môôôsssieu Cdiscount ! Non ? Ah bon ! Autant pour moi...)

Ce soir, ce sera Koh-Lanta ou rien ! Et pis, c’est tout !

Samedi 21 juillet 2007 :

Aaaaah… un week-end de repos, enfin ! Si je voulais, je pourrais faire plein de sport, de longues promenades champêtres et bucoliques, sortir me gorger de culture et de rencontres vivifiantes… Si je voulais… Donc, je décide que ce sera week-end DVD style grosse feignasse avachie sur le canapé (c’est moi !). Et pis, c’est tout !

Pour débuter, j’enchaîne Alien de Ridley Scott et Aliens de James Cameron. Le premier est un splendide film claustrophobique d’horreur spatiale et le second un Rambo III dans l’espace. Cameron se la joue « je me reprends trois fois de la choucroute » mais force est de constater que les deux films sont toujours aussi inquiétants et forts au bout de tant d’années. Ségolène… euh, Sigourney est royale, elle s’approprie le personnage de Ripley de manière magistrale. L’univers de H.R. Giger, un artiste que j’adore, fait aussi beaucoup pour l’atmosphère mortifère et érotique de cette saga (Oh my God, j’utilise des mots de plus de deux syllabes ! Je suis en train de me bernardalapetitiser !). Et Sigourney, en petite culotte, m’a toujours fait fantasmer. Si, si, je vous jure ! Bref, il faut voir et revoir ces films. En revoyant les scènes coupées du premier, je me dis que Cameron et les scénaristes du deuxième opus n’ont pas été chercher bien loin. Tout était là, dans le premier…

Beur, blanc, rouge de Mahmoud Zemmouri, sous des couverts de comédie grinçante, est une exploration de la fracture entre certains jeunes perdus entre deux cultures. C’est une vraie réussite, drôle, décapante, intelligente (même si la fin est poussive et quelque peu plate). On y retrouve un acteur que j’apprécie beaucoup : Yasmine Belmadi. J’ai découvert Belmadi avec Les Corps ouverts de Sébastien Liefshitz, Wild Side du même réalisateur, Grande école de Robert Salis et dans un téléfilm remarquable (que m’a filé Bernard) Les Terres froides de… Liefshitz toujours. Comme Salim Kechiouche, Yasmine Belmadi a pris le risque d’avoir une véritable filmographie gay et de jouer des rôles qui marquent (comme Zinedine Zidane !

Zanzi dramacouine à Paname, achète des bédés pornos dans une librairie du Marais et me sort un jeu de mots hilarant de la Baltique : « Elles sont six les gourney ? » Moi je dis qu’il faut le piquer avant qu’il morde le Pierre Doris en miniature ! Et pis, c’est tout !

Tiens, une blague sur Zanzi : « Zanzi et TiFrère sont assis à la terrasse d'un café. Ils voient passer un super canon, mais ce canon, c'est une fille malheureusement.
Alors Zanzi s’adresse à Tifrère : — Ah je te jure! Y a des jours comme ça où on regrette... de ne pas être lesbienne. »

Dimanche 22 juillet 2007 :

Je m’attaque de bon matin à… Battlestar Galactica, la série originale de Glenn Larson. Et ce pour plusieurs raisons. Un : je fais ce que je veux ! Non mais… Deux : je suis totalement accroc à la nouvelle mouture très « Guerre mondiale contre le terrorisme à la W. Bush » dont j’attends avec impatience la sortie de la 3e saison. Trois : ça me rappelle le petit cinéma minable de mon enfance où le dimanche voyait les doubles épisodes réunis en un faux long métrage de Galactica, Hulk, Cosmos 1999 péter sur grand écran. Ah ce cinéma… crade, vieillot, puant (je ne le savais pas encore à l’époque, mais c’était très atmosphère vieux ciné porno)… mais c’était magique pour le môme que j’étais. Bref, ça a bien vieilli cette série, mais c’est toujours aussi bon pour le fan que je suis…

Après-midi en famille…

Je m’attaque au roman de Gus van Sant, Pink. Et j’ai du mal à accrocher. La traduction me semble plus que limite et j’ai vraiment des difficultés à accrocher aux premiers chapitres…

Lundi 23 juillet 2007 :

Cécilia Sarkozy est à Tripoli avec Claude Guéant. Mais qu’ils y restent, bon sang ! En plus, Khadafi relooké en Prada, ça va swinguer comme un wagon de choucroute (expression typiquement alsacienne).

Pour le reste de la journée, c’est boulot et déménagement du salon de mon pote le Jackson Five shooté. Résultat : je sue quinze litres et me nique le dos. C’est plus de mon âge ce genre de conneries !

Mardi 24 juillet 2007 :

Zanzi m’appelle, suite à la parution tardive pour raisons techniques de ma 2e chronique, et m’enguirlande comme du poisson pourri. Il me menace d’engager Maître Collard (des Guignols de l’info) et Maître Noachovitch (de Sans aucun doute de Julien Courbet et candidate UMP malheureuse aux législatives 2007) pour m’attaquer pour « publicationnage pirate de zoli poème intime à plusieurs millions de dollars (sic orange) ». Pour l’instant, je ne panique pas. Mais s’il met Maître Vergès sur le coup, alors là je suis mal. Zanzi me raccroche au nez en charlènisant : « ENCULÉÉÉÉÉÉÉ ! (sic citron) » Voilà ce que c’est de raconter que la vérité sur son blog ! C’est vraiment trop injuste !

Bernard Alapetite me snobe… Lui aussi est vexé de voir que je suis honnête et que je ne vous donne, chères lectrices et lecteurs, que la vérité et toute la vérité. Il menace d’écrire ses prochaines critiques en langage SMS ! Ah bon, c’est pas ce qu’il fait déjà ?

Je laisse Pink de van Sant en stand-by. Ce ne doit pas être ma tasse de whisky…

Mercredi 25 juillet 2007 :

Le boulot est prenant et je dois boucler pas mal de choses avant mon départ en vacances. Aussi je n’ai pas le temps (ni l’envie) de faire grand-chose les soirs en rentrant. Cette chronique est d’un passionnant !

Au dodo et j’en profite pour terminer la lecture du dernier PREF et d’un formidable dossier sur « L’influence du slip » (je vous jure que c’est vrai !). Mais je m’en fous, moi je n’aime que les caleçons Charles Ingalls de mon chéri ! Et pis, c’est tout !

Jeudi 26 juillet 2007 :

Mon petit frère arrive demain d’Allemagne ! Ça fait deux ans et demi que je ne l’ai pas vu… Autant vous dire que ça va être la fiesta : Champomy, pépito, apéricubes nature et Dragonball Z crypté pendant la nuit... Oui, nous sommes des psychopathes carbonararisés dans la famille ! En plus, je suis officiellement en vacances demain soir pour un mois ! Youpi, c’est la fête !

En relisant cette troisième chronique, je m’aperçois que vous avez bien du courage de me lire. En effet, j’ai une vie tellement plus palpitante et passionnante que la vôtre… N’est-ce pas ?

Demain, je prédis une panne d’over-blog et une administration en rade. On parie ?

Et je reviens la semaine prochaine avec un papier encore plus chiant. Et pis, c’est tout !

Daniel C. Hall

par Daniel C. Hall publié dans : LA VEILLE AVEC M'SIEU DANIEL
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Mardi 31 juillet 2007
par Daniel C. Hall publié dans : VIDEOS : Rose divers
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Lundi 30 juillet 2007

«  Si l'acteur ne bouscule pas la réalité pour aller plus loin dans les émotions ou dans le rire, ce n'est plus un artiste. » Michel Serrault


Dans le rôle de Zaza Napoli, La Cage aux folles

par Daniel C. Hall publié dans : LES NEWS ROSES
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Lundi 30 juillet 2007

Opinion de Valérie Pécresse sur le mariage des homosexuel(le)s et sur l'adoption d'enfants par des couples de même sexe. Extrait de l'émission "au Club du Net" de Karl Zéro (décembre 2006).
Pour visionner toute l'émission : http://leweb2zero.tv/video/karl_7745784b91c5775
par Daniel C. Hall publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Lundi 30 juillet 2007

Fiche technique :
Avec Alison Lohman, Kevin Bacon, Colin Firth, Sonja Bennett, Rachel Blanchard, Kathryn Winslow, Kristin Adams, Rebecca Davis, David Hayman, Shannon Lawson, Anna Silk et Maury Chaykin. Réalisation : Atom Egoyan. Scénario : Atom Egoyan, d’après le livre de Rupert Holmes. Image : Paul Sarossy. Montage : Susan Shipton. Décors : Carolyn Cal Loucks. Costumes : Beth Pasternak. Musique : Mychael Danna.
Durée : 107 mn. Disponible en VO, VOST et VF.


Résumé :
En 1959, aux USA, Lanny Morris (Kevin Bacon) et Vince Collins (Colin Firth) sont les deux artistes de music-hall les plus célèbres et populaires du pays avec leur duo, entre crooners et humoristes. S'ils sont si connus, c'est que chaque année, ils animent un marathon télévisuel durant trois jours, afin de récolter des fonds pour le Téléthon contre la Polio, ce qui les a installé durablement dans le cœur des américains. Leur « couple » est basé classiquement sur les contraires/complémentaires. Vince est l’Anglais, pince-sans-rire et bien élevé, là où Lanny, le yankee, joue la forte tête aux blagues clownesques et vaguement salaces.
Un fait divers sordide brise la carrière des deux showmen. La dernière année où ils présentent le Téléthon (en 1959), on découvre dans la suite du palace où ils logent, le corps sans vie de Maureen (Rachel Blanchard), une jeune et accorte femme de chambre de l’hôtel. Les deux comiques sont suspectés. Leur réputation est ternie, mais tous deux fournissent un alibi en béton qui les blanchit. L’enquête conclut au suicide mais le mystère reste entier. Peu de temps après cet événement, le duo se sépare. Ils entament chacun de leur côté une carrière en solo.
Des années plus tard, au début des années 70, Lanny et Vince ne sont plus des têtes d’affiche. Lanny est producteur d'un label musical et Vince est acteur, mais ses films connaissent de moins en moins de succès. Leur temps est passé, tout simplement.
Karen O’Connor (Alison Lohman aperçue dans Big Fish) est une jeune journaliste du plus pur style gonzo. Ambitieuse elle cherche le coup journalistique qui l’imposera au premier plan, lorsqu’un éditeur lui propose d'écrire une biographie de Vince et Lanny, deux vedettes auxquelles elle voue depuis sa plus tendre enfance une admiration sans bornes. Intuitivement elle pressent que la clé des deux hommes est dans la trouble affaire de 1959. Elle décide de faire la lumière sur cet événement. Si Vince accepte assez facilement l'interview (il faut dire qu’il sera largement rémunéré par l'éditeur d’Alison), Lanny, lui, refuse, car il prétend écrire un livre sur le sujet. Il ne consent qu’à une chose : envoyer deux chapitres de son livre à Karen.
Cela se complique encore lorsque Karen prend l'avion pour aller rencontrer Vince. Son voisin de siège n'est autre que... Lanny lui-même ! (petite facilité scénaristique tout de même). Elle panique, et renonce à dévoiler sa vraie identité ! Elle lui cache aussi qu'elle est journaliste et qu'elle écrit un livre sur lui. Lanny, quant à lui, cherche à la séduire... L'enquête commence... Peu à peu, elle entre dans l'intimité sexuelle et affective de chacun des deux hommes. Mais plus Karen se penche sur ces personnages et leur histoire, plus elle éprouve de difficultés à accepter les révélations qu’elle découvre sur eux, mais aussi sur elle-même. Trahison, amour, désir, secrets enfouis et confiance bafouée ponctuent son enquête...

L’avis de Bernard Alapetite :
Egoyan fait partie de ces chouchous de l'art et essai des années 90, que le triangle des Bermudes de la critique parisienne (soit les Inrockuptibles, les Cahiers du cinéma et Libération, dixit l’excellent Michel Ciment) a encensé, et que cette même critique snobe depuis, une fois la mode passée. Il n’y a pourtant aucune faiblesse dans sa filmographie, bien au contraire. Le Voyage de Felicia était très beau, et son moyen métrage adapté de Beckett, Krapp's Last Tape avec John Hurt était une réussite. Mais malgré cela, il est de bon ton de dire qu’Egoyan, ce n'est plus tout à fait ça. La Vérité nue était en compétition à Cannes en 2005, et le canadien est forcément reparti les mains vides. Alors que bien des festivaliers voyaient Kevin Bacon et Colin Firth recevoir un double prix d’interprétation masculine, ce qui n’aurait été que justice. Remarquons qu’une fois encore, un film dans lequel est présente l’homosexualité n’est pas primé à Cannes, contre toute logique.
L'ouverture est magnifique et rythmée. Elle impose d'entrée de jeu une étrange narration. L’intrigue est commentée plus que racontée par les voix-off de Karen, réfléchissant à posteriori aux événements qui ont eu lieu pendant son enquête, et aussi par celle de Lanny dont on entend par plusieurs voix des chapitres de l’autobiographie qu'il est en train d'écrire. Voix multiples et subjectives, dont on comprend assez vite qu'elles vont tisser un riche réseau d’histoires qui vont se compléter, se recouper mais aussi se contredire. À chaque nouveau témoignage, la narration part sur de nouveaux rails, parallèles certes, mais réservant des différences de taille. Avec Vince, c'est encore un autre éclairage qui nous est livré. Tout cela est habilement tricoté. D’autre part, le film ne cesse de faire des allers-retours entre les années 50 et les années 70.
Le rythme est fluide, jamais monotone. On découvre que tous les protagonistes sont reliés de manière intime aux événements de 1959, Lanny et Vince, bien sûr, mais aussi Karen. Le spectateur est plongé dans l'histoire légendaire de cette étrange mort, mais aussi dans le ressenti et le subjectif les plus intimes des héros. Ce jeu de points de vue mouvants est encore perturbé par un autre facteur. Lorsqu’ils s’adressent à Karen, les deux acteurs lui présentent une version très choisie des événements. Le tour de force du scénario, adapté du roman de Rupert Holmes, Where The Truth Lies, c’est qu’il parvient à un récit crédible à partir de strates de mensonges et de demies vérités. Très vite, on subodore qu’il y a probablement des différences entre les événements décrits à la journaliste et ce qui s'est vraiment passé. Et que la vérité sera beaucoup plus glauque que ce que les deux protagonistes suggèrent. Sinon comment expliquer que la simple annonce que Karen prépare son livre fasse autant de remous, et que derrière son dos, tout le monde tire les ficelles pour la manipuler plus ou moins, et pour protéger un passé que personne ne souhaite vraiment voir resurgir. Voilà un film subtilement rashomonien où l’on cherche la vérité avec des témoignages subjectifs et tronqués, parasités en plus (ça fait beaucoup !) par la propre confusion de l'héroïne, très attachée à ces deux hommes, icônes de son enfance. Elle s'implique bien au-delà de ce que la rigueur professionnelle lui impose. Tout ça parce que, dans l'avion où elle rencontre Lanny, Karen ment sur son identité, détruisant ainsi la position de force que pouvait lui conférer son statut de journaliste, ce qui la plonge surtout dans une intimité forcée avec Lanny ! Après tout, personne n'a intérêt à dévoiler la chose, et surtout les sommes en jeu sont tellement énormes qu'on sent très bien que cette enquête n'est pas sans danger, ni pour l'intégrité physique de chacun, ni pour le cerveau... ni pour l'âme.
La mise en scène rajoute au trouble. Egoyan joue avec ses personnages et avec les spectateurs, en faisant constamment dévier sa narration. Ellipses, ruptures, flou sur les époques (on ne sait plus parfois au début d’une scène si on est en 59 ou en 72 !). Pourtant le chef opérateur Paul Sarossy, éternel collaborateur du cinéaste, par son splendide travail a su tantôt retrouver les couleurs acidulées du cinéma des années 50, tantôt les tonalités chaudes du cinéma de 1970.
Dans ce puzzle tout est biaisé, rien ne s’emboîte. Par moments, à ces sources de lumières contradictoires on croit apercevoir la vérité, et encore, bien fugace. Mais aussitôt elle se dérobe. Tout le monde a menti, et tout le monde est impliqué. On sent que c’est avec jubilation que le cinéaste filme ce monde dont Rupert Holmes lui a donné les clés. À propos de clé, il est difficile de ne pas faire le parallèle entre d’un coté Lanny Morris/Vince Collins et de l’autre Jerry Lewis/Dean Martin. Il faut s’en défendre car ce serait perturbant et même nuisible pour l’accès au film. Surtout que les vies privées des deux comiques réels n’ont rien à voir avec ceux de cette fiction. Pour prendre de la distance avec cette possible référence, Egoyan a fait de Vince un Anglais, ce qui n’est pas le cas dans le roman d’Holmes. Au passage, on en apprend beaucoup sur le monde du show bizz et sur celui de la télévision américaine des années 50/60 et sur l’implication de la mafia dans ce milieu.
Le film semble se diriger vers le film à énigmes. Mais cette tendance est dynamitée par le dispositif global. Egoyan finit par nous perdre, très vite on ne sait plus où vont s'arrêter les chausse-trappes et les faux-semblants.
En nous perdant, mais aussi en nous montrant des évidences, le cinéaste construit un film que l’on pourrait qualifier de cubiste, à la lisière du fantastique. Ça avance, ça recule, on s’égare et l'abîme devient de plus en plus profond. 
Encore une fois Egoyan filme des trajectoires brisées, les déchus, les chutes mais pour la première fois il ose filmer la sexualité sans ambages. On en sort bouleversé.
On pense à Mulholland Drive pour le climat et les procédés cinématographiques mais aussi à La Corde pour le cynisme de Lanny et Vince, comparable à celui des deux assassins du film d’Hitchcock et aussi pour la belle et subtile théâtralité des décors.
Les personnages sont doubles, c'est-à-dire pas forcément avec une face cachée et obscure, mais dans le sens où tous les personnages sont deux ! En tout cas, l'Innocence est définitivement sacrifiée, et la mort plane. Le film aplatit et retourne la temporalité, en confortant un sentiment que, bizarrement, on pourra trouver presque fraternel. Quel beau mystère. On ne peut guère en dire plus sans risquer de gâcher le plaisir à découvrir cette merveille.
La mise en scène, complètement subjective et lyrique utilise toute la grammaire du cinéma avec une évidente gourmandise. Elle est hollywoodienne même par endroits (le restaurant japonais et ses éclairs, le cri de la femme de ménage...) Grande idée que la répétition de la séquence de la petite fille du Téléthon. On la voit sur différents supports, sous différents angles, en champ et contrechamp, et avec une diminution graduelle de l'échelle des plans ! Voilà la définition parfaite, à travers cette scène disséminée, du relief au cinéma. L’utilisation du cinémascope rend hommage aux décors soignés. On ne peut qu’admirer la fluidité des mouvements d’appareils qui pourtant ne sacrifient jamais le cadre toujours d’un raffinement extrême. Comme ce plan de Venice Beach où l’on voit un cabriolet jaune paille se garer devant une maison à la façade coquille d’œuf avec en amorce l’aile bouton d’or d’une limousine. À ce camaïeu de jaunes répondent les bleus profonds de la mer et du ciel et passe en contre-jour un surfeur sa planche sous le bras. Et pourtant Egoyan n’a eu que cinq jours de tournage en Californie ! Le reste du film a été réalisé au Canada et dans les studios Sheperton de Londres où ont été reconstituées en studio les chambres d’hôtel, quant à la vue de New York elle doit tout à l’infographie d’après des photographies d’époque.
La signifiance des dialogues nous montre que nous ne sommes pas dans un film américain dans lequel ceux-ci ne sont presque toujours qu’utilitaires et n’ont que seule fonction que de faire progresser l’intrigue. Une phrase comme : « J’ai toujours été fasciné par la façon dont on passe de celle qu’on est à celle qu’on se laisse devenir » ancre le film beaucoup plus dans la cinématographie européenne.
La B.O. due à Mychael Danna, le complice habituel dans ce domaine du réalisateur participe à la narration. Elle est sous l’influence revendiquée de Bernard Hermann et d’Elmer Bernstein via Wagner. Egoyan, entre la réalisation d’Ararat et de La Vérité nue, a mis en scène à l’opéra La Walkyrie.
Quant aux acteurs, des premiers aux derniers rôles, ils sont d'une précision renversante (l’inoubliable silhouette de mafioso interprété par Maury Chaykin). Une des idées brillantes d’Egoyan a été de confier le rôle d’une toute jeune journaliste arriviste mais en quête de vérité, et indirectement témoin d’un fait divers, à la très jeune Alison Lohmann, plus adolescente qu’adulte ; sa détermination tranche face à deux comédiens blasés et à bout de souffle qu’elle retrouve dans les années 70. La réussite de La Vérité nue tient avant tout dans ce couple trouble, merveilleusement interprété par Colin Firth et surtout Kevin Bacon qui en assume la part féminine. Mais il y a une limite indépassable que ne peuvent franchir ces deux hommes pourtant complémentaires. Cette frontière, c'est peut-être la différence entre les années 50 et les années 70...
La filmographie gay de ces deux acteurs est fort intéressante. Colin Firth a commencé sa carrière à l’écran avec Another Country (1984), quant à Kevin Bacon un de ses premiers films est Forty Deuce (42e rue) de Paul Morrissey en 1982.
Le film est édité en DVD par TF1 vidéo, belle compression, habillage soigné, en particulier en ce qui concerne les pages de chapitrage. Malheureusement, aucun bonus pour un film pour lequel le commentaire du réalisateur qui parle parfaitement le français aurait été très apprécié.
L’avis de Shangols :
La vérité nue, c'est que Atom Egoyan file un mauvais coton. Après quelques très beaux films (Exotica, Calendar, The Adjuster), le voilà qui verse depuis quelques années dans l'académisme creux et dans le film de grand-père. On se demande bien ce qui a poussé ce cinéaste, dont la réputation de « sulfureux » n'était pas imméritée, à réaliser ce Where the Truth lies fade et lisse comme tout. Tout ce qu'il savait faire auparavant se transforme ici en esthétisme de série B, en médiocrité visuelle : les scènes de cul n'impressionneraient même pas Just Jaeckin, tant elles sont filmées tout en fausse sensualité, soutenues par des musiques faussement troubles, avec un summum de ringardise obtenu avec une scène de saphisme improbable entre une jeune journaliste et Alice (celle du Pays des Merveilles, oui monsieur) ; les personnages ne sont que des ombres, portés par des acteurs médiocres (décidément Kevin Bacon n'a été bon que dans Mystic River) ; le scénario, que le gars sût à une époque rendre bien torve, est ici attendu, jamais intéressant, issu d'une veine du polar complètement dépassé, et réservant peu de surprises (le coup de théâtre final est bien décevant) ; le rythme d'ensemble, qui se voudrait sensuel, est tout juste alangui, trop lent. Et puis il y a là-dedans un paquet de scènes en trop, tentant de jouer sur la corde sensible sans que ça ne fonctionne jamais : une scène avec une mère dont la fille a été assassinée, trop mélo, pas tenue, presque gênée d'être aussi plate ; une longue séquence de Téléthon où les rapports soi-disant troubles entre les personnages sont absents à l'écran, étouffés par une reconstitution trop scolaire et appliquée...
Bref, que du mauvais à dire de ce film, mis à part peut-être un travail sur la photo qui marche bien, qui ressemble un peu à ce que Kubrick avait trouvé dans Eyes Wide Shut (lumière par en-dessous, image très lissée, qui donne une ambiance assez inquiétante). Un peu comme Spike Lee, Egoyan semble bien être un cinéaste qui n'a jamais dépassé le stade du prometteur.

Pour plus d’informations :

par Bernard Alapetite & Shangols publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Dimanche 29 juillet 2007



La bannière et la vidéo sont (c) Films entre potes
Les vidéos présentes et futures sont diffusées avec l'autorisation de Laurent himself.
Un grand merci à l'équipe de G !
par Daniel C. Hall publié dans : WEBSERIE : G !
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Samedi 28 juillet 2007



La bannière et la vidéo sont (c) Les Dames de l'Immeuble
Les vidéos présentes et futures sont diffusées avec l'autorisation de Niko himself.
Un grand merci à toi, Niko !
par Daniel C. Hall publié dans : WEBSERIE : Niko perd les pédales !
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Vendredi 27 juillet 2007
  

Fiche technique :
Avec Virginie Ledoyen, Mathieu Demy, Jacques Bonnaffé, Valérie Bonneton, Frédéric Gorny, Michel Raskine, Denis Podalydès, Nelly Borgeaud, Axelle Laffont, Philippe Mangeot et brigitte Tijou. Réalisé par Olivier Ducastel et Jacques Martineau. Scénario : Olivier Ducastel et Jacques Martineau. Directeur de la photographie : Matthieu Poirot-Delpech. Compositeur : Philippe Miller.
Durée : 98 mn. Disponible en VF.


Résumé :
Jeanne, réceptionniste dans une agence de voyage, est à la recherche de l'homme de sa vie. Elle pense l'avoir enfin trouvé en la personne d'Olivier. Mais ce dernier disparaît de sa vie dès qu'il apprend qu'il est atteint du sida. Jeanne tente alors de retrouver sa trace.


L’avis de Shangols :
Il y a comme ça des films dont on reconnaît parfaitement qu'ils sont maladroits, qui sont très loin de la perfection, et qui pourtant bouleversent. J'ai dû voir Jeanne et le Garçon formidable une dizaine de fois, et j'y trouve toujours cette fraîcheur enfantine, cette douceur mélancolique qui me font hurler d'amour, sortir dans la rue et regarder le ciel. Comme les films de Jacques Demy. Et on a beau dire, ce film-là n'est pas loin d'approcher le talent de son modèle.
Oui, je sais : c'est souvent trop fleur bleue, c'est un romantisme à la Jeune et Jolie qui pourrait gaver. Ledoyen, dans le genre, est une parfaite gamine irresponsable et non concernée, énervante de nombrilisme et d'incompréhension du monde. Mais c'est ça qui rend le film attachant, cette puérilité totalement assumée, ces émerveillements ridicules devant une couleur, un bouquet de fleur ou un battement de vie. D'autant que ces moments mièvres sont contrebalancés à maintes reprises par un contexte social et sombre assez culotté. Comme dans les Demy, qui raconte des histoires de sirop dans un monde fermé et désespéré, Jeanne... nous place dans un « teen-movie » à l'époque du SIDA. Quelques chansons sont très dures (la bouleversante vision de la mort de Bonnaffé, le coming-out de Mathieu Demy, la scène d'adieu à l'hôpital...), et on entend même les noms de Pasqua ou de Cresson cités comme responsables du SIDA. Si les chansons « positives » sont souvent drôles (la chanson titre, celles sur les achats à crédit, sur les livres), les « négatives » renvoient doucement à un contexte social contemporain très aride. Tout ça très simplement, avec des petites chorégraphies minables, maladroites, amateures, et touchantes par là même, avec une très bonne sensibilité du cadre, des décors, des situations, des couleurs. Les voix ne sont pas posées, les corps sont maladroits, c'est la vie qui bat là, loin de toute maîtrise technique, qui aurait bousillé ces instants de grâce (Remember dans le même genre, Everyone says I love you, la merveille de Woody).
C'est beau comme tout, très émouvant, finalement assez engagé, et c'est une esthétique et une vision du cinéma très culottées : Martineau et Ducastel ne font aucune concession sur leurs goûts, vont au bout du bout de leur logique formelle. Total respect donc pour ce film beaucoup plus rebelle qu'il n'y paraît, en-dehors des modes et des chemins tracés. Et ça m'émeut aux larmes. Vivement ma 11e vision.

    

L'avis de Philippe Serve :
« Nous avons voulu faire un film à la fois triste et joyeux sur le plaisir de vivre, un film qui chante la beauté de la vie et l'horreur du sida, un film qui murmure avec insistance : ça vaut la peine de vivre, alors faites attention à vous... » Olivier Ducastel et Jacques Martineau
On l'a dit et redit, le film est un hommage explicite aux films musicaux passés de Jacques Demy, évident dès la première séquence: couleurs bleue et jaune dominantes (le rouge et le vert viendront plus tard), figurants passant à l'arrière plan en esquissant des pas de danse. Et puis très vite le premier numéro musical: des employés d'une entreprise de nettoyage se mettent à chanter et danser sur le thème de l'immigration. Au milieu se trouve Virginie Ledoyen, toujours aussi séduisante.
Le principe du film n'est pas compliqué: mélange de légèreté et de gravité, un peu de dialogue parlé (et sonnant trop souvent « branché jeune »), un peu de sexe et beaucoup de chansons aux textes relevant tantôt du sentimental, tantôt du social-réalisme. Avec ce « truc » en plus: associer la comédie musicale (synonyme de gaieté) au sujet de société fétiche du jeune cinéma français, le sida (synonyme évident de drame).
Malgré la bonne intention de départ, on pouvait craindre le pire lorsqu'on est soi-même absolument rétif aux Parapluies de Cherbourg ou aux Demoiselles de Rochefort (mais pas au très joli Peau d'âne). D'autant que le début aligne cliché sur cliché. On se dit alors que la fatigue va vite venir devant cette Jeanne libertine et son garçon formidable où le comble de la modernité semble de faire rimer sur les jolies lèvres de Virginie Ledoyen « baisable » et « aimable ». Les premiers textes de chansons apparaissent vraiment aussi fades et plats que ceux des modèles avoués précités, avec parfois une lourdeur d'éléphant, le message anti-sida ne faisant pas dans la finesse (a-t-on fait le tour des choses en chantant: « C'est la faute à Pasqua,