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Jeudi 23 août 2007

 

DSCF1214.JPG (c) Zanzi


Logiquement, un déménagement se prépare longtemps à l’avance. Malheureusement, je suis l’homme de la dernière minute. Il faut penser à tant de choses et s’efforcer de ne rien oublier que cela en devient flippant. Cette fois, il ne s’agit pas d’un faux départ comme en 2002 lorsque je suis parti travailler en Belgique. Cette fois, je ne reviendrai jamais. En tout cas, jamais dans cet appartement que je quitte.

Mercredi 8 août, le ciel de Paris était en larmes pour mon dernier jour de présence. J’ai horreur qu’il pleuve quand des gens viennent chez moi, c’est salissant. Le temps était à peine meilleur deux jours auparavant lorsque certains effets personnels furent ramenés de province, et échangés avec d’autres qui ne devaient pas partir outre-Atlantique. Lundi 6, c’était ma dernière vraie soirée de liberté à Paris. Entre le désœuvrement total et des loisirs plus classiques, j’ai opté pour une séance de ciné au Pathé Wepler, où je suis allé voir Ratatouille. Ce film d’animation est un vrai bijou et je m’en suis délecté… sur fond de nostalgie. L’action se déroule à Paris. Si je voulais forcer la dose, j’irais voir aussi 2 Days in Paris de Julie Delpy, mais il ne faut pas exagérer. J’ai déjà le dvd collector de Paris je t’aime et c’est bien suffisant.

Paris je t’aime. Paris, je te quitte. Tout doit disparaître et les visages familiers s’en vont aussi. Comme un signe supplémentaire de ce changement, ma boulangère préférée a pris sa retraite le 2 août. Dans trois ans, viendra le tour de la gardienne de mon immeuble. Trois ans : soit la durée moyenne de ma mission au Canada. Ce même 2 août, je lui ai fait mes adieux avant qu’elle parte en vacances au Portugal. Ce même jour, je quittai mes fonctions au bureau de Paris.

Mardi 7, j’ai couru comme un dératé pour finir les derniers cartons. Le come-back de ma mère venue jouer les inspectrices des travaux pas finis n’a rien arrangé à mon speed (1). Mercredi matin, les déménageurs étaient à l’heure, même un peu trop. Un grand alsacien dégingandé et édenté, aux cheveux noirs, et un allemand blond aux yeux bleu, plutôt potable celui-là.

Il y a toujours des abrutis qui se garent mal et là où il ne faut pas. Je me suis donc transformé en agent de la circulation, poteau de déviation, engueulant ces connards d’automobilistes parisiens qui feraient mieux de se branler plus souvent au lieu de s’acharner comme des malades sur le klaxon. J’ai même houspillé la blonde pervenche qui stationnait aux abords de ma rue dans une bagnole estampillée PPP (2). En mode total parano, je croyais qu’elle venait me chercher des noises. Bordel ! J’avais une autorisation de la PUP (3), merde ! Rien que d’y repenser, ça m’énerve.

Sous la drache, j’aurais pu attraper la crève, mais le Noni aidant il n’en fut rien, heureusement. Laissant les casques à pointe faire leur boulot, je suis allé reporter le matériel de la télévision par câble. Les commerciaux au téléphone sont des imbéciles. Ils m’ont promené loin en ville alors qu’une boutique à 300 mètres de chez moi pouvait récupérer le matos. Franchement, je ne suis pas fâché de partir de cette ville de m***.

DSCF1317.JPG (c) Zanzi


Je soupçonne la société de déménagement d’avoir gonflé la facture après que j’eus commis l’imprudence de dire que mon employeur prenait les frais à sa charge. C’est vrai jusqu’à un certain point. Le fait est que ces usuriers ont fait exploser mon budget. Résultat : 7 000 euros dans les lattes. Pour ce prix-là, ils ont intérêt à faire un travail impeccable. Et pour ce prix-là, ces salauds de déménageurs m’ont volé mes lunettes de soleil Emporio Armani !

Tout doit disparaître, et tout a disparu… ou presque. Maintenant, c’est à mon tour.


(1) Depuis, elle me gave d’anxiolytiques et nous nous sommes gravement disputés au point que j’ai hâte de la quitter pour ne plus jamais la revoir.
(2) Préfecture de Police de Paris.
(3) Police Urbaine de Proximité.


Pour lire le précédent épisode de Zanzi and the City, cliquez ici.
 
par Zanzi publié dans : HUMEUR : Zanzi and the City communauté : BLOGS GAY
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Jeudi 23 août 2007
par Daniel C. Hall publié dans : WEBSERIE : NOUS TOUS communauté : Gay-friendly
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Jeudi 23 août 2007


Fiche technique :
Avec Johan Libéreau, Salomé Stevenin, Florence Thomassin, Jean-Philippe Ecoffey, Aurélien Recoing, Claire Nebout, Pierre Perrier et Denis Flagoux. Réalisé par Anthony Cordier. Scénario de Anthony Cordier. Compositeur : Nicolas Lemercier. Directeur de la photographie : Nicolas Gaurin.
Durée : 102 mn. Disponible en VF.


 



Résumé :
A 17 ans, Mickael est capitaine de l'équipe de judo et prépare le bac. Tout irait bien si sa famille n'avait pas des problèmes d'argent chroniques. Et surtout s'il n'était pas étrangement tenté de partager sa petite amie, Vanessa, avec Clément, nouvellement débarqué, dont le père est devenu le sponsor de l'équipe.

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L'avis d’Oli :
Mickaël est en terminale, judoka et d'une famille sans le sou. Il est bien avec sa copine, Vanessa. Et puis fait la connaissance de Clément, le fils du gros entrepreneur local, et son nouveau remplaçant au judo. Tout va bien. Mais cette amitié se transformera en une certaine connivence, un triolisme façon 2+1, que Michaël ne va pas tarder à ressentir en 1+2. Système ternaire en « profiteur-liant-jaloux ». Antony Cordier, le réalisateur, va essayer de nous montrer à l'écran le ressenti de chacun, du jaloux en particulier.

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L'idée de départ est intéressante. Tout système ternaire est déséquilibré, nous vivons nos sentiments dans un espace à deux dimensions (soi, attirance de soi pour l'autre, attirance de l'autre pour soi), qui empêche, sauf heureux hasard, une stabilité à long terme d'une relation à trois, encore davantage si le troisième élément est perturbatif d'un équilibre antérieur. Les interactions des deux premiers avec le troisième seront inégales, et pour celui qui se sentira refoulé, les sentiments négatifs apparaîtront : jalousie, colère, envie de tout foutre en l'air. Une volonté de rupture, parfois soumise à une subjectivité trop déconnectée de la réalité. Et c'est encore plus facile quand le bac approche et quand la famille a ses problèmes.

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Idée intéressante, donc. Mais alors la réalisation n'est pas du tout à la hauteur. On vogue de clichés (une scène du dentifrice pathétique et superflue) en maladresses (mettre des produits de beauté haut de gamme dans la salle de bain d'une famille pauvre), le rythme est irrégulier, souvent lent, souvent chiant. Dès la première demi-heure, on sent que ça ne prendra pas. L'acteur principal, Johan Libéreau, manque de conviction, Salomé Stevenin s'en sortira bien mieux. La musique est imposante et pénible. Les personnages secondaires sont mal définis (sauf le père de Mickaël, seul personnage intéressant), tellement de flou dans un film qui manque déjà pas mal d'ambition.

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Alors certains voudront le voir pour une scène de triolisme qui ferait passer le dimanche soir sur M6 pour le Journal du Hard, d'autres aimeront voir les scènes de nudité sous la douche. Mais il est à craindre que la plupart se feront bien chier, comme moi.

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L’avis de Romain Le Vern :
Douches froides, c'est l'histoire d'un trio d'adolescents.
C'est également l'histoire de parents pauvres face à des parents riches. On y explore les problèmes cruciaux des jeunes gens de 17 ans : Comment supporter une mère qui coupe l'électricité à la maison pendant deux semaines ? Qui est le plus fort du judoka ou du karateka ? Peut-on reprocher à son père de trop picoler ? Comment perdre huit kilos en six semaines ? Comment faire sortir le reste d'un tube de dentifrice vide ? Y a-t-il vraiment des gens qui désirent les catastrophes ? Comment aller à l'hôtel faire l'amour à trois ?


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Douches froides, premier long-métrage d’Anthony Cordier, porte bien son titre. C'est un film déroutant parce qu’il ne répond à aucun critère auquel on serait tenté de le réduire. Déjà, il ne s’agit pas d’une simple radiographie d’ados d’aujourd’hui mais un film sur les différences sociales. Des différences (trop) clairement martelées entre d’un côté les riches qui écoutent Mozart et de l’autre, les prolos qui économisent l’électricité. Infime part de tous un tas de clivages manichéens déclinés de façon très caricaturale dans ce film qui aimerait sans doute lorgner vers le cinéma de Claude Miller mais ne fait qu’enfoncer des portes ouvertes.

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Loin de céder à la frivolité, Antony Cordier instille de fausses zones d’ombre, de faux sous-entendus, de fausses ambiguïtés... Et n’enregistre finalement pas grand-chose du côté du tohu-bohu intérieur et de l’ambiguïté sexuelle. Ce qui est gênant dans Douches Froides, c’est que le réalisateur prétend donner un souffle neuf à la chronique ado alors qu'il n'aboutit qu'à l'effet inverse. La caractérisation démonstrative de ses personnages a vite fait de couler dans le plomb tout espoir de cinéma. Malgré des acteurs très justes (surtout le couple Florent Thomassin - Jean-Philippe Ecoffey), une accumulation pesante de saynètes maladroites... Dans le même registre, il n'est pas interdit de préférer La vie ne me fait pas peur, de Noémie Lvovsky. Ou alors de revoir Les Amants criminels, conte de fées sur l’homosexualité refoulée et même – encore mieux – Y tu mama Tambien, vrai film d’ado moins guindé et plus bandant.
Pour plus d’informations :
par Oli et Romain Le Vern publié dans : FILMS : Les Toiles Roses communauté : Gay-friendly
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