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(Dernière mise à jour des index des films critiqués :
19/03/08)
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« Pendant des décennies, cela a été une insulte homophobe, maintenant ce sera un nom de parti dont les gens pourront être
fiers ! » François Bayrou le 03/07/07 lors de la rencontre avec les militants UDF au sujet du nom Parti Démocrate dont l’acronyme aurait été PD, qui n'a pas été choisi pour
d'autres raisons beaucoup plus terre-à-terre de dépôt à l’INPI. Slogan qu'il avait préparé pour les sarcasmes qui n'auraient pas manqué et n'ont pas manqué de fuser par
ailleurs…
Sur cette photo, je prends un bain de pieds car j'ai attrapé des vilaines mycoses dans mes
chaussettes.
Et voili-voilou, je taille une reprends la plume après quelques jours de silence (Hééé hoooo, y a quelqu’un ?). Bin ouais, il
faut dire que j’ai passé plusieurs jours avec mon petit frère chéri et que, franchement, nos pérégrinations et autres galéjades n’ont que peu de rapport avec la thématique de ce blog, si vous
voyez ce que je veux dire par là (et par là, j’arrive à dire beaucoup de choses). En plus, j'ai passé un merveilleux week-end en amoureux avec mon chéri d'à moi que j'aime pour fêter mon
anniversaire (c'est le 12 août, alors pour les messages, cadeaux, espèces sonnantes et trébuchantes et autres chèques, contactez-moi par l'email du blog. Et n'oubliez pas ou sinon ma
vengeance sera terriiiiibleuh.) Donc je me suis mis en grève : pas de chronique, pas de nouveaux papiers de Bernard (qui sous le coup de la fureur s’est transformé en un Hulk rose du
plus joli effet) et pas de Zanzi trente fois par jour au téléphone (Où es-tu mon Zanzichou ?). Bref, le régime sec (mais j’ai pas maigri d’un poil).
Et puis, j’ai réfléchi. Si, si, c’est vrai ! Et oui, messieurs et messieurs, il m’arrive de réfléchir. Le mot fait peur, je le sais
bien, surtout dans notre nouvelle France de la droite décomplexée et peopolisée. Pour l’UMP, ce verbe est très politiquement incorrect ! Qu’un électeur sarkozyste puisse réfléchir passe
encore (mais avec du mal), mais qu’un pédé gauchiste le fasse alors ça non, qu’est-ce qu’on va dire au Vatican ?
Donc, vous écrivais-je, j’ai réfléchi. Puis j’ai entamé un long débat avec moi-même pour en arriver à la décision à l’unanimité de moi-même
moins une voix qu’une chronique de sept jours, c’est trop long et quelques fois peu intéressant. Enfin, je me comprends, tout ce que je fais est capital et fascinant néanmoins dois-je, sous
prétexte d’être votre phare éblouissant, vous faire partager des bribes de mon existence aussi bouleversantes que :
Lundi : Je suis sorti de chez moi et j’ai dit, je cite : « Tiens, il va
pleuvoir. »
Mardi : Mon chéri, en me regardant avec dévotion et adulation, me susurre
amoureusement : « Tiens, passe-moi le pain. » Un « s’il te plaît » aurait presque été de trop, à la limite de l’orgasme volé.
Mercredi : Je ne retrouve pas mon godemiché douze vitesses et les 125 grammes de
chapelure que j’avais préparé pour me détendre.
Jeudi : Bernard est un critique de cinéma remarquable et un puits de science
extracagifrigilistique. Meuh nan, je déconne !
Vendredi : Après avoir regardé Les Feux de l’amour, je demande à Zanzi :
« À quoi tu penses, mon Zanzichou ? », et lui de me répondre : « À la même chose que toi, mon Casimir. » Aussitôt j’éructe : « Alors remue un peu ton
gros cul et ramène-moi mon putain de café ! » J’adore le dialogue. C’est émoustiflant, non ?
Samedi : Déjà ? Je croyais qu’on était vendredi. Vivement dimanche !
Dimanche : « Manche ! »
Étonnant, non ? Aussi dans mon infinie sagesse et ma grande bonté, j’ai décidé de changer le titre de ma chronique et de ne vous
narrer que les veilles où quelque chose d’important ou de futile vaudrait bien la peine d’être rapporté le lendemain. C’est fun comme concept, n’est-il pas ? C'est moi que j'ai eu l'idée
tout seul comme un gland. Je résume pour ceux du fond : j’écrirai un billet quand JE veux et le posterai si JE veux. Et je ne raconterai le lendemain de la veille ce qui ne s’est passé
qu'hier tout en ne le postant que demain. Tout le monde suit ? Bernard, faut te le dire en langage SMS ou quoi ? Oups, passez les sels à Zanzi !
Et voilà, emballez c’est pesé !
Alors à la brochette de foie et ravi d’avoir fait votre plein d’essence…
Fiche technique :
Avec Brad Davis, Laurent Malet, Jeanne Moreau, Franco Nero, Günter Kaufman, Burkhard Driest et Hanno Pöschl. Réalisé par Rainer Werner Fassbinder. Scénario de Rainer Werner Fassbinder et Burkhard
Driest, d’après le roman de Jean Genet. Compositeur : Peer Raben.
Durée : 120 mn. Disponible en VF.
Résumé : Le « Vengeur » vient d'accoster à Brest. Sur le pont, l'équipage
s'affaire à ses dernières tâches avant de descendre à terre goûter à des plaisirs éphémères, le temps d'une escale. Parmi eux, Querelle, le beau marin, au puissant pouvoir de séduction, qui ne
laisse pas insensible son supérieur, le lieutenant Seblon.
Pénétrant à l'intérieur du bar-bordel le plus réputé du port, Querelle retrouve son frère, Robert, barbeau et incompréhensible image morale de lui-même. D'étranges rapports de haine et d'amour
lient les deux frères. Fasciné par Lysiane, chanteuse, épouse du patron et maîtresse de Robert, Querelle doit cependant se soumettre au désir et au fantasme de Nono, le tenancier du bordel.
Séduction... fascination... Querelle rencontre Mario, le policier, un habitué des lieux, puis Gil, le sosie de son frère.
Bien que poussé par un formidable instinct de vie qui le force à vivre, Querelle tue ceux qui lui ressemblent, de peur de les aimer comme lui-même... Lentes et inévitables étapes du chemin vers
la mort.
L'avis deJean
Yves: Le Vengeur vient d'accoster à Brest. Sur le pont, l'équipage s'affaire aux dernières tâches avant de descendre à terre. Parmi
eux, Querelle, beau marin au pouvoir de séduction immense, qui ne laisse pas insensible son supérieur, le lieutenant Seblon. Pénétrant à l'intérieur du bar-bordel le plus réputé du port, Querelle
retrouve son frère Robert. D'étranges rapports de haine et d'amour lient les deux hommes. Fasciné par Lysiane, la maîtresse de Robert, Querelle doit cependant se soumettre au désir et aux
fantasmes de Nono, le tenancier du bordel.
Ce film est un mythe cinématographique. Querelle, l'histoire du matelot assassin si beau qu'il fait évanouir officiers et policiers, si lâche et si traître qu'il livre tous ses
amis, intéressé par lui seul, mortel et sublime. Querelle, le roman le plus radical de l'histoire de la littérature.
Avec sa mythologie si prolifique qu'elle est à elle seule une jungle. Non pas un roman sur l'homosexualité et le crime, mais le crime homosexuel comme roman et poème.
Relisant, pour la cinquième fois, ce texte redoutablement non-visuel, j'ai compris le choix, lisible dans les images, qu'a fait Fassbinder. Celui d'un Brest surréel, entièrement reconstitué en
studio par le décorateur Rolf Zehetbauer : bateau de guerre (le Vengeur où sert Querelle), bar (la Feria, le bordel où Querelle erre le soir), nature,
remparts, citadelle, rues, tout est faux, jusqu'à ces tours en forme de phallus pointant vers un ciel rouge sombre.
On pardonnera à Fassbinder d'avoir écrit que Querelle n'est qu'une « histoire policière de troisième niveau », alors que la mécanique du récit policier y est au contraire d'une
admirable précision, parce qu'il a compris le plus important : la nature mythique, sacrée, de ce Brest du crime entre trop beaux garçons. Querelle, chez Fassbinder, c'est Brad Davis, le béret au pompon
crânement posé, connu aussi par le film Midnight Express. Point jeune, car Querelle, quand commence le roman, a déjà plusieurs assassinats sur la conscience dont celui de
Joachim, le pédé arménien de Beyrouth. Querelle, c'est aussi Madame Lysiane, la rêveuse et tendre patronne
de La Feria, du bordel de Brest, la seule femme du roman, coincée entre tous ces hommes secrètement pédés et trop virils. Lysiane, jouée par Jeanne Moreau, n'est pas un
personnage réel. Elle est un mythe, le symbole de toute féminitude, la définition utopique de toute femme possible.
Querelle, c'est encore le lieutenant Seblon, que joue Franco Nero, la folle virile et secrète, amoureuse du matelot Querelle, que
ses folies de générosité, sa profonde complicité avec le voyou, perdront un jour. Querelle, c'est enfin Hanno Pöschl, qui joue Robert, le frère
hétérosexuel de Querelle, le mac qui est le doublet du marin ; mais Fassbinder a choisi une ressemblance purement intérieure (Pöschl n'est en rien le sosie de Brad Davis) ; pour retrouver ce «
double » (Robert-Querelle) qui hante le roman, Fassbinder a préféré faire jouer à Pöschl deux rôles à la fois, celui de Robert et celui de Gil, Gilbert Turko, l'assassin que Querelle entraîne
dans ses filets jusqu'à le perdre.
Si, comme moi, vous avez pleuré, pendant votre adolescence, en lisant le Querelle de Jean Genet, je vous conseille de voir ou revoir le Querelle de
Fassbinder.
Fiche technique :
Avec Mike White, Chris Weitz, Lupe Ontiveros, Beth Colt, Paul Weitz, Maya Rudolph, Mary Wigmore et Paul Sand. Réalisé par Miguel Arteta. Scénario de Mike White. Directeur de la
photographie : Chuy Chavez. Compositeur : Gregory « Smokey » Hormel, Tony Maxwell et Joey Waronker.
Durée : 96 mn. Disponible en VO, VOST et VF.
Résumé : Deux amis d'enfance ont évolué de façon diamétralement opposée. ChuckSitter (Chris Weitz), beau garçon, est cadre dans une société de production musicale où il a rapidement gravi les échelons. Il est sûr de lui et ne manque
pas d'ambition. Il possède une maison dans les collines d'Hollywood, une voiture de sport et une ravissante fiancée.
Quant à BuckO'Brien (Mike White), il n'a jamais mis les pieds à l'université, n'a jamais
travaillé et habite toujours chez sa mère. Refusant de grandir, il a gardé une âme d'enfant. Il regarde continuellement la télévision, joue avec des voitures miniatures et écoute ses vieux
disques en boucle.
Bien qu'ils ne se soient pas vus pendant quinze ans, Buckconsidère toujours
Chuckcomme son grand ami. Lorsque les deux comparses sont réunis à l'occasion des funérailles de
la mère de Buck, ce dernier croit pouvoir reprendre leur amitié où ils l'avaient laissée.
Cependant, Chuck, qui n'est pas de cet avis, éconduit poliment Buck. Celui-ci ne se décourage pas ; il plie bagages, retire toutes ses économies et s'installe à Los Angeles, traquant
Chuckaussi bien au bureau que chez lui. Deux univers vont s'affronter pour le meilleur et pour le
pire.
Mike White a remporté le Prix Ralph Lauren de la Meilleure Interprétation au Festival de Deauville 2000. Comme Star Maps, le premier film de Miguel Arteta, Chuck& Buckest à la fois une comédie noire et le portrait attachant d'un homme qui éprouve des difficultés à s'intégrer
dans la société. Ce long métrage a été filmé en numérique.
L'avis de Thomas Werth : Effet du hasard ou volonté marquée de la part du réalisateur ? Toujours est-il que le second film de Miguel Arteta (après Star Maps, en 1997) semble constituer une variation autour du chiffre 2 et de toutes ses déclinaisons narratives : ambiguité, bisexualité schizophrénie, balancement, hésitation,
opposition, réunion…
Buck(interprété par Mike White, coscénariste du film) est un concentré de nombre de ces aspects :
un homme-enfant de 27 ans, homme de par son état civil et physique, enfant de par son mental. On le voit souvent entouré de ses jouets, une sucette à la bouche, enfant gâté, irresponsable et
têtu, prêt à fondre en larmes à la moindre contrariété. En somme, le double négatif de Chuck, son
ami d'enfance, devenu un homme d'affaires accompli en route vers le succès professionnel, social et matrimonial.
Un enfant tourné vers le passé face à un homme plein d'avenir – et le clash est bien entendu inévitable. Le temps a substitué un dénommé Charles au Chuckavec lequel Buckallait jusqu'à s'adonner à des relations « homoérotiques » naïves et innocentes – une substitution à laquelle Buck, ancré dans le passé, ne peut se résoudre. Il développera ainsi mille stratagèmes, poursuivra
Chuckjusqu'au harcèlement dans le seul but de ressusciter les relations qu'ils entretenaient dans
leur jeunesse – un acharnement inquiétant, malsain qui provoquera le rejet grandissant de Chuck...
Le film décrit le parcours initiatique de Buckvers l'âge adulte – un parcours présenté ici comme
fait de renoncements. Pour grandir, Buckdevra apprendre à faire le deuil de son enfance, à
renoncer à ces jouets dont il ne se sépare jamais, à accepter le mariage de Chuckavec sa nouvelle
compagne – renoncement et évolution vont ainsi de pair, dichotomie soulignée par une musique ("It's time for a new start") venant accompagner chaque perte subie par Buckdans sa progression vers l'âge adulte.
Deux personnages centraux, l'opposition passé/présent, le double-jeu d'un Charles/Chuckattiré-effrayé par Buck, la paire renoncement-évolution,
etc. Le sentiment de dualité est ici, on le voit, plus martelé que suggéré, et plombe un film qui en finit par démontrer plutôt que montrer. Les traits caractérisants sont multipliés jusqu'à
l'indigestion. Le thème musical, à valeur de jingle, répété pas moins de cinq fois au cours du film, participe aussi de ce regrettable manque de confiance en la capacité de compréhension autonome
du spectateur.
Le personnage de Bucket la peinture qui en est faite restent cependant l'attrait principal de ce
film grâce, en partie, au jeu de Jim White. Homme-enfant, Buckest une anomalie, une créature
hybride touchante dans sa naïveté et son optimisme inébranlable mais inquiétante, malsaine dans son acharnement et son obsession. Si le film n'évite pas le cliché de la célébration de l'enfance
comme un territoire magique et paradisiaque, s'il ne manque pas de glorifier l'être enfant, il souligne cependant l'anomalie du rester enfant, apportant ainsi quelques nuances à son traitement de
l'enfance – nuances que l'on aurait aimé rencontrer à d'autres niveaux d'un film autrement trop didactique et assertif.
L’avis deYannis Polinacci :
À première vue, Chuck & Buck ressemble à n'importe quelle autre fiction américaine mettant en scène un idiot au cœur d'or qui a du mal à se faire accepter. On pense à Rain
Man, on pense à Forrest Gump, on pense et on frémit. Et il faut dire que tout le début du film ne semble aucunement contrarier cette hypothèse. Buck retrouve son ami Chuck et décide
de le coller jusqu'à ce que ce dernier veuille de lui. On ne pense plus, on frémit beaucoup.
Pourtant un détail peut nous mettre sur la voie. Chuck & Buck est filmé en vidéo numérique, une sale vidéo numérique. Un film de cette sorte mettant en scène des imbéciles ? Cela
rappelle bien sûr le Dogme et Les Idiots de Lars Von Trier. Dès lors, on peut s'attendre à une version plus trash ou déjantée de l'Idiot du village. Et pour cause, ce n'est pas une boîte
de chocolats ou autres crevettes que l'attardé Chuck veut mettre dans sa bouche, mais une certaine partie du corps de son ancien ami, comme ils étaient apparemment habitués à le faire dans leur
tendre enfance. Car Chuck & Buck, comme le rappelle une formule récitée par notre charmant héros, ça signifie avant tout « Suck & Fuck ». Et là, c'est sûr, le
mythe du héros bêta et naïf, idole de toute une Amérique, en prend un sacré coup.
Voilà donc résumée la seule véritable originalité du film. On peut la trouver vulgaire, mais elle demande un certain culot. Le réalisateur, et son scénariste-acteur, désiraient ainsi montrer
comment des héros attachés à l'enfance sont bien loin de l'innocence rose, de l'univers asexué par lesquels les adultes les représentent trop souvent. De fait, cet âge de la vie a depuis
longtemps représenté pour l'Amérique puritaine, mais pas que pour celle-ci, le Paradis à cause de l'absence de sexualité, grande malédiction de l'Homme occidental. Dans ce contexte, les désirs de
ce vilain petit canard de Buck ont quelque chose de réjouissant. Mais cela risque fort malheureusement de ne pas suffire à faire de ce film une réussite. Pour plus d’informations :
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