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Vendredi 1 septembre 2006


En revenant de ma promenade digestive, hier après-midi, j’ai remarqué sous la façade vitrée d’un abribus l’affiche du dernier film de Gérard Depardieu et de Cécile de France qui, contrairement à ce que son nom indique, est Belge. Il y a deux ou trois semaines, j’ai vu la bande-annonce de ce méli-mélo sentimental. Trop longue, elle ne m’a pas donné envie d’aller le voir. En revanche, le titre du film m’interpelle.

En effet, Quand j’étais chanteur renvoie à la chanson éponyme de Michel Delpech.

— Michel qui ? me demandent les adolescents avec de grands yeux ronds.

Et moi d’expliquer à ces ignares élevés sous les sunlights de la télé-réalité que Michel Delpech est, comme ses copains Gérard Lenorman et Ringo Willycat, une icône de la chanson françâââââise des années 70 qui n’a pas survécu aux années 80. Autant souligner le caractère antédiluvien de cette révélation choquante pour un ado moyen.

Mais oui ! Il y avait déjà des chanteurs bien avant la Star’Ac et le MP3, et leurs chansons passaient sur des disques vinyles qu’on appelait « 45 tours ». Mon jeune auditoire n’en revient pas, et là, j’ai l’impression d’être le professeur Indiana Jones faisant un cours d’archéologie de la chanson française devant une classe éberluée.

La stupéfaction de mes élèves atteint son paroxysme lorsque, après avoir ménagé un suspense insoutenable, je leur apprends que Michel Delpech était aussi un voyant réputé et qu’il a prophétisé le décès du plus grand des Rolling Stones ! Et pour achever de les convaincre, j’ai pris ma voix de crooner pour leur chanter l’extrait incriminé :

« Ma pauvre Cécile, j’ai soixante-treize ans,
J’ai appris que Mick Jagger est mort dernièrement… »

Dès lors, délaissant la théorie pour les travaux pratiques, je me suis mis à calculer le plus exactement possible quand Mick Jagger doit mourir.

Sachant que la chanson Quand j’étais chanteur est sortie en 1975, et que Michel Delpech est né le 26 janvier 1946, sachant que l’on ne sait pas s’il chante cette chanson à Cécile le jour de son 73e anniversaire ou dans les jours et les mois suivants, sachant enfin que Delpech emploie l’adverbe « dernièrement », on peut en déduire, en prenant une fourchette élargie, que Sir Mick Jagger devrait logiquement trépasser en décembre 2018 ou au cours de l’année 2019. Ce qui, grosso modo, lui laisse une espérance de vie de 13 ans…

En tout cas, moi, quand je serai chanteur, je me garderai bien d’annoncer avec 45 ans d’avance la mort de mes petits copains. Pour deux raisons : la première, c’est qu’on ne se fait pas que des amis ; la deuxième, c’est que ça porte malheur. La preuve. Mick Jagger et sa bande sont toujours au top et cartonnent dans des concerts qui drainent des centaines de milliers de fans en délire, tandis que Michel Delpech…

— Michel qui ?


Pour lire le précédent épisode de Zanzi and the City, cliquez ici.

par Zanzi publié dans : HUMEUR : Zanzi and the City
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Vendredi 1 septembre 2006
par Daniel C. Hall publié dans : VIDEOS : BA et parodies de films
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Vendredi 1 septembre 2006

Fiche technique :
Avec Felicity Huffman, Kevin Zegers, Fionnula Flanagan, Elizabeth Pena, Burt Young, Carrie Preston, Venita Evans, Raynor Scheine, Grant Monohon et Jon Budinoff. Réalisation : Duncan Tucker. Scénario : Duncan Tucker.  Directeur de la photographie : Stephen Kazmierski. Musique originale : David Mansfield & Dolly Parton.
Durée : 103 mn. Bientôt disponible en VO, VOST et VF.

L’avis de Matoo :
C’était un sacré risque de faire un film sur ce sujet, et encore plus de la part d’une production bien américaine, or cette œuvre a évité tous les travers. C’est bien de transsexualité dont il s’agit, et même si le scénario est un peu convenu et bateau (le trans qui a eut une seule relation sexuelle hétéro, et qui a un fils qui débarque 17 ans plus tard), le film ne verse pas dans un ridicule pathos, réussit miraculeusement à ne pas mettre les deux pieds dans la transphobie, ne joue pas les moralisateurs et utilise avec un parfait dosage les blagues qu’on attendait du « Chick with a dick » (sans que ce soit trop vulgaire ou caricatural).
Mais plus que d’évoquer les écueils évités, il faut tout de même avouer que les personnages sont attachants, l’histoire est excellente, l’humour est irrésistible et le fond permet aussi de véhiculer un important message. C’est donc une vraie réussite pour cette comédie qui émeut sans emphase superflue, et qui réussit même à surprendre de temps en temps. Le personnage de la mère ou l’ultime fin, ce sont deux moments qui auraient pu être traités de manière beaucoup plus conventionnelle.
Il faut évidemment saluer la brillante performance de Felicity Huffman qui fait montre là d’une sacrée prouesse de comédienne. Elle est vraiment parfaite dans ce rôle, qu’elle tient avec brio de bout en bout. Son fils dans le film, Kevin Zegers, est un mignon petit mec qui ne manque pas non plus de retenir l’attention. Et globalement, les personnages sont tous plutôt bien campés et attendrissants.
Bree est donc une transsexuelle qui doit se débarrasser définitivement de son sexe d’homme dans quelques jours. Or elle reçoit un coup de fil d’un jeune garçon qui se dit être le fils de « Stanley », son nom d’homme. Ainsi elle réalise qu’elle est « le père » d’un jeune délinquant à problèmes. Sa psy, pour donner un aval final à l’opération, lui recommande de gérer cela, et voilà Bree qui traverse le pays pour aller chercher son fils en détention à New York, et tenter de le ramener à la raison. Finalement, un road movie entraîne les deux personnages dans de rocambolesques aventures, mais sans que le fils sache que Bree est son père, ou même trans.
Le personnage de Bree est vraiment d’une frappante justesse, autant dans sa motivation pour réconcilier son sexe psychologique et biologique, que dans les souffrances qu’elle endure pour cela, ou dans la transphobie qu’elle affronte quotidiennement. Mais le film fourmille aussi de blagues géniales, et de bons mots qui provoquent de sincères éclats de rire (très bons dialoguistes). Les scènes avec les parents de Bree notamment sont d’une extraordinaire tragicomédie !
Et cette « traversée de l’Amérique » (explication littérale du titre) sera autant le voyage de Bree vers l’opération, mais aussi vers une réconciliation avec sa famille, et finalement son passé. Voilà un film qui mérite tous les suffrages, tant il arrive à être drôle, touchant et intelligent.

L’avis d’Oli :
Bree va se faire opérer dans une semaine pour un changement de sexe. Mais elle reçoit un soir un coup de fil de quelqu'un qui prétend être le fils de Stanley. Stanley, c'était elle, avant. Sa conseillère en vie meilleure (sic) lui demande alors de tirer cette affaire au clair pour être bien dans sa tête avant l'opération. Début d'un road movie entre une quadra aux prises avec son problème d'identité et un ado de 17 ans lui-même assez décoiffant.
On ne peut pas parler de ce film sans s'intéresser à ses aspects anecdotiques. L'actrice qui joue Bree, c'est Felicity Huffman. Qui juste après le tournage de ce film est allée incarner Lynette Scavo, mon personnage préféré de Desperate Housewives (celle qui a du mal à tenir ses mômes). Amusant donc de voir qu'elle porte (par un pur hasard apparemment) le même prénom qu'un autre personnage des Desperate Housewives, Mrs. van de Kamp. Et la date de sortie du film en Europe indique donc que le montage du film a dû être assez long. Et ça se voit.
J'ai bien aimé ce film pour des tas de raisons. Felicity Huffman réalise un tour de force vocal, à la mesure de celui de Philipp Seymour Hoffman dans Capote, en interprétant un homme imitant une voix de femme. Tiens, les 2 acteurs ont presque le même nom de famille et ont tourné dans Magnolia tous les deux.

L’avis de stef-trans-ftm-gay :
Les médias axent dans la majorité des cas le sujet trans autour de l'opération avec « un grand O ».
Ce film met à nouveau l'opération comme déterminant tout le parcours trans, c'est d'ailleurs la base du scénario de ce film.
Le rapport avec le psychiatre, bien qu'étonnant vu les liens qui ne paraissent pas vraiment professionnels mais plutôt amicaux, reflète assez la réalité quand au pouvoir que s'octroient les psychiatres sur notre vie. Le fait de mentir au psychiatre est une réalité.
Sauf qu'à ma connaissance, les psychiatres ne détectent pas les mensonges. Les trans mentent afin de correspondre aux critères établis par les psychiatres et ce n'est pas neuf (pour info, les critères trans primaires et trans secondaires ont été enlevés du « Standart of care » à cause de cela – ex : des trans homosexuel(le)s se disaient hétéros).
Le scénario de ce film met en scène une trans qui est forcée par une psychiatre, pour accéder à son opération, de s'occuper de son fils
Ce qui laisse supposer qu'une trans préférerait abandonner ses enfants plutôt que de renoncer à une opération. Et cela laisse supposer qu'il y a un choix à faire. C'est dire : « Merci monsieur le psychiatre d'empêcher cela ! » et en conclure que le psychiatre est indispensable.
Le pouvoir du psychiatre est malheureusement bien réel, la notion d'aide qu’il amène est par contre totalement fausse quand il s'agit de parcours trans. Quelqu'un qui a le pouvoir sur nous ne peut nous aider, si aide psychologique il y a besoin, c’est pour cela que les trans conseillent d'aller consulter un psychiatre qui n'a pas le pouvoir sur notre transition.
D'autre part, je m'interroge : avoir comme père une femme avec pénis ou une femme avec vagin est-il vraiment déterminant dans la relation parent-enfant ?
Problème complètement erroné, car vivre dans son bon genre non opéré a déjà placé le trans face à ses enfants, sa famille, ses amis (ect.)… bien avant la « fameuse opération ».
Cette absurdité est la réalité de pas mal de psychiatres.
Est passé à nouveau sous silence, le fait que tous les trans ne veulent pas se faire opérer, et que l'opération est loin d'être l'axe central de la réalité trans.
Message du film : la trans qui se soumet au psychiatre qui la « sauve » a droit a son opération... et est enfin accomplie/finie…
« Happy end » ?

Pour plus d’informations :

par Matoo, Oli et stef-trans-ftm-gay publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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