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Mercredi 13 septembre 2006

L’hétéro honteux et la midinette au cœur d’artichaut, la star assumée et le top model réduit (d’1m67, pas 1m22 !!!) que je suis (Je n’ai jamais dit 1m22, mais 1m27, ce qui est la stricte vérité ! Je ne mens pas à mes lecteurs, MOI ! [Note de Daniel]), est fasciné par les soap-opéras. Comme vous le savez, ce terme désigne les feuilletons américains qui étaient entrecoupés de publicités vantant des marques de lessives. Nous avons tous nos petits travers, n’est-ce pas ? Ce n’est pas moi qui vais faire exception à la règle. Je vais commencer par vous parler d’un opéra-savon que je regarde avec assiduité :  Amour, Gloire & Beauté.

The Bold and the Beautiful, qui fêtera ses 20 ans d’existence l’année prochaine, a d’abord été diffusé dans le monde francophone sous le titre de Top Models. Il l’est toujours dans les autres pays, par exemple au Luxembourg ou au Québec (qui l’appelle « Top Modèles » par respect de la langue Françoise), par exemple. Au début de sa diffusion sur France 2, nous avions droit au glamour du vrai générique que voici :

 

Malheureusement pour nous, le générique n’a pas tardé à être trafiqué par France 2, pour le plus grand plaisir de Jean Renard qui en a composé le thème franchouillard, déjà connu comme étant l’auteur du refrain « Dallas, ton univers impitoyaaaaa-aaaableu ». Top Models fut ainsi rebaptisé Amour, Gloire et Beauté, et un faux générique 100 % français a remplacé celui de la v.o. Et pendant des années, nous avons eu droit à un pseudo défilé de mode censé présenter les fabuleuses Créations Forrester. Et voici ce que cela donne, attention c’est choquant. Mais il paraît que c’est sexy.

Le générique original ayant subi, outre-Atlantique, un lifting de rajeunissement, voici que depuis trois semaines France 2 le diffuse tel quel, tout en conservant la bande son de Jean Renard, elle aussi rajeunie.


J’aime ce savon parce que les acteurs et les actrices sont sexy. J’avoue un faible pour Drew Tyler Bell (Thomas Forrester), comme moi il est Verseau et nous sommes les plus beaux !

Je ne saurais oublier de mentionner la fabuleuse Katherine Kelly Lang alias Brooke Logan Forrester Forrester Forrester Chambers Forrester Jones Forrester Forrester Forrester Forrester Marone.

Je suis navré d’apprendre ceci à Daniel C. Hall, mais avec onze mariages entre 1991 et 2006, elle bat à plates coutures la grande Alexis Morrell Carrington Colby Dexter Rowan ! Brooke Logan a aussi la curieuse particularité d’avoir épousé trois hommes d’une même famille, soit Eric Forrester (deux fois) et ses deux fils, Ridge (cinq fois) et Thorne (une fois). De là à conclure qu’elle est obsédée par cette famille… Elle me rappelle une de mes tantes qui s’est tapée trois de mes oncles, dont l’un a fini par l’épouser.

Je vais quand même vous livrer un petit scoop : alors que dans les épisodes qui viennent d’être diffusés en France, Ridge vient d’épouser Brooke pour la énième fois, il ne sait pas encore que, dans quelques mois, il sera confronté à la deuxième résurrection de sa femme, la magnifique Taylor ! Tout le monde croyait qu’elle avait été tuée par Sheila Carter, et toute sa famille l’avait vue raide dans son cercueil… eh bien non ! Elle est toujours vivante. Comme dirait Criquette Rockwell du Cœur a ses Raisons : « C’est un miracle de Noël ». Vous verrez que les scénaristes ne manquent vraiment pas d’imagination pour expliquer le plus incroyable des rebondissements.

Et voici pourquoi j’aime ce savon. Comme les autres savons du genre, il défie la mort. J’attends impatiemment le retour de la belle Bobbie Eakes et la nouvelle résurrection de Macy, qui elle aussi est déjà morte deux fois. Tous les espoirs sont permis. Bien entendu, quelquefois les personnages ne reviennent pas du trépas, comme lorsque c’est un acteur qui décède (exemple : Michael Fox en 1996) ou que le personnage est emporté par une maladie incurable. Mais les crashes d’avion, les explosions de voiture, les noyades et autres accidents spectaculaires laissent la porte grande ouverte à un retour éventuel du disparu, surtout lorsque le corps n’est pas retrouvé…

J’aime aussi ce savon parce que, comme dans les autres savons du genre, le temps y est une vue de l’esprit. Un enfant vient au monde, on découvre le bébé, puis le bébé disparaît de l’histoire pendant quelques mois et revient sous les traits d’un enfant de 3-4 ans. Il disparaît à nouveau de l’intrigue pendant quelques mois, et à son retour il a 10 ans. Nouvelle disparition, puis nouveau come-back sous les traits d’un adolescent de 16 ans ! C’est ainsi que le personnage de Thomas Forrester, qui est né dans l’épisode du 7 janvier 1998, est déjà un jeune homme de 20 ans en 2006… (et quel jeune homme ! mmm cf. photo ci-dessus)

Je n’ai qu’un regret par rapport à ce savon, très connu pour ses records de mariages, c’est qu’il n’ait pas encore abordé le thème de l’homosexualité. Il a déjà eu le « courage » de traiter de la séropositivité à travers le personnage d’Antonio Dominguez, le mari de Kristen Forrester. On notera toutefois que ce dernier avait été contaminé par son ex-fiancée qui s’envoyait en l’air avec n’importe qui… Donc je crois que maintenant il faudrait que AG&B soit plus audacieux et aborde le thème de l’amour entre hommes. Je propose aux producteurs de m’engager, et aux scénaristes d’imaginer une love story entre mon personnage et Thomas Forrester (oh Dreeeeeeeewwwww), avec à la clé, of course, un mariage ! Pourquoi pas en Espagne ? AG&B est aussi connu pour ses tournages en extérieur à l’étranger (Paris, Venise, Portofino…), alors, un mariage homo à Barcelone ou à Séville en marge d’un défilé de mode des Créations Forrester, je vous le dis, ce serait too much !

Pour conclure ce billet, et m’insurger contre la pratique scandaleuse qui consiste à trafiquer les génériques de nos feuilletons préférés, je vous livre ci-dessous le parfait exemple qui va faire bondir ce cher Daniel. C’est Dynasty avec le thème de Dallas (Sacrilège ! Tu es viré ! Qu'Alexis Colby te griffe ! [Note de Daniel, fou furieux]), et sur YouTube : ça s’appelle Dallasty. Quoique dans ce cas précis, c’est plutôt réussi.

 
Pour lire le précédent épisode de Zanzi and the City, cliquer ici.
par Zanzi publié dans : HUMEUR : Zanzi and the City
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Mercredi 13 septembre 2006

Fiche technique :
Créateur : Alan Ball. Production : Produit en association avec "The Greenblatt Janollari Studio". Producteur exécutif : Alan Ball, Robert Greenblatt, David Janollari, Alan Poul. Co-producteur exécutif : Bruce Eric Kaplan.
Avec : PETER KRAUSE (Nate Fisher), MICHAEL C. HALL (David Fisher), FRANCES CONROY (Ruth Fisher), LAUREN AMBROSE (Claire Fisher), FREDDY RODRIGUEZ (Federico Diaz), MATHEW ST. PATRICK (Keith Charles), RACHEL GRIFFITHS as Brenda Chenowith.


L'avis de mérovingien02 :
Nathaniel Fisher Junior est mort. La mort qui ouvre la troisième année de Six Feet Under n'a rien d'une surprise puisqu'elle fait écho au terrible épilogue qui clôturait la saison précédente. Un épilogue cafardeux puisque le jeune homme allait subir une opération chirurgicale dangereuse pendant que tout le reste de la famille était en plein désarroi. Le dernier plan laissait Nathaniel face à un choix éprouvant : grimper dans le bus qui avait tué son père ou bien rester sur le bas côté de la route ? Se laisser mourir ou accepter la Vie ?
La réponse, nous l'obtiendrons dans les 10 premières minutes de l'épisode d'ouverture, au terme d'un voyage aux confins du fantastique révélant les diverses possibilités que l'avenir réserve à l'être humain. Nous pourrions disparaître à n'importe quel instant, nous pourrions être victime d'un accident qui nous clouerait dans un fauteuil roulant, nous pourrions simplement être en couple. Être en bonne santé n'est-ce pas une chance ? Cette chance, Nathaniel va la saisir, la date de sa mort finissant par disparaître de son épitaphe. Une seconde tentative pour mener son existence du mieux possible. Un second souffle pour la série aussi, puisque Alan Ball n'a pas eu peur de rompre avec la plupart des repères des spectateurs. Le format télévisuel 1.33 est devenu un superbe 1.77, la photographie a été soignée pour se rapprocher des qualités esthétiques du cinéma, les « facilités » narratives consistant à faire dialoguer un héros avec un mort pour exprimer des questionnements ont pratiquement été effacées, les morts du jour sont plus en retrait... Mais il y a surtout cette énorme prise de risque qui consiste à faire un saut de 6 mois en avant pour redémarrer sur de nouvelles bases. Nous ne verrons rien du rétablissement de Nate, nous ne verrons rien de l'entrée en fac de Claire, nous ne verrons rien de la détérioration progressive des rapports entre Keith et David (évolution de toute manière clairement suggérée à la fin de la saison 2). Quand on retrouve les personnages, ils poursuivent leur route et mène leur petit train-train quotidien. Nate est désormais marié à Lisa, Keith et David ont débuté une thérapie de couple, Ruth retrouve son rôle dans la cellule familiale en s'occupant de Maya et Claire suit des études d'Art. Un certain épanouissement pour chacun qui se traduit par un manque d'intensité dans la première moitié de saison. Les épisodes sont plus courts, les rebondissements se font rares. Une baisse d'inspiration chez les auteurs ?
Absolument pas. Il s'agit au contraire de capturer toute la difficulté à mûrir et la lassitude du temps qui passe. En surface, il ne se passe rien. Tout est implicite. Nathaniel tente bien de suivre une vie bien rangée mais s'aperçoit peu à peu qu'il reproduit exactement le même schéma que son père qui s'était marié avec Ruth suite à sa grossesse (après tout, ne portent-ils pas le même prénom ?). Aime-t-il vraiment sa femme ou bien s'est-il laissé berner par ce qu'on imagine être un chantage de Lisa ? Lisa a-t-elle si peur que son époux ne l'aime pas pour se fermer autant à lui ? La naissance de Maya leur a-t-elle offert un nouveau bonheur ou bien les a-t-elle privés de leur liberté ? Le réalisme avec lequel sont dépeints les sentiments provoque un malaise latent. Tous les deux aspirent à être heureux mais quelque chose ne marche pas. Brenda manque terriblement à Nate qui regrette son grain de folie (il se masturbe en cachette et finira par baiser sa femme comme s'il s'agissait de son ex). Lisa ballade son regard triste, consciente de sa propre banalité. Les deux s'emmerdent dans leur vie, préférant se voiler la face en critiquant leurs couples d'amis.
David et Keith suivent la même pente douce et leur réconciliation par le sexe à la fin de la saison 2 n'aura été qu'une accalmie puisque l'origine de leur conflit n'était toujours pas réglée. Keith souffre toujours des relations tumultueuses avec sa famille (notamment son père borné dans la certitude qu'il n'a pas battu ses enfants) et déteste son nouveau travail. Son humeur inquiète David qui, s'il s'efforce d'être compréhensif, craint les accès de violence. Les deux hommes peinent à consolider leur couple et se lancent dans de nouvelles expériences pour raviver le désir (notamment le triolisme). Pas de dialogues pesants pour exprimer la complexité des émotions, juste des jeux de regards qui en disent long (lorsque Keth invite un homme dans le lit), des détails pas si anodins (la télé allumée au retour du boulot) et des situations permettant de régler les comptes (voir la partie de paint-ball où chacun tente de tuer l'autre).
L'éloignement progressif dans un couple ne se fait pas en un jour et semble même être un passage obligé pour avancer (et mieux se retrouver ?). Frederico, personnage de second plan jusque là, en fait l'expérience avec sa femme Vanessa. Leur amour fusionnel est mis à mal quand Vanessa perd sa mère et entre dans une profonde dépression. S'enfermant dans son chagrin et la solitude (les plans de la maison désormais crasseuse et bruyante, signe que la mère du foyer a coupé les ponts), elle se détache de son mari qui fait pourtant tout son possible pour l'aider. On n'est pas près d'oublier cette magnifique conversation téléphonique où la mise en scène, dans une sorte de faux champ/contrechamp, opère un travelling circulaire autour des personnages (situés au bord du cadre) pour les laisser dos à dos. De toute évidence, il ne s'agit pas seulement pour Vanessa de faire le deuil de sa mère mais bien de faire le bilan de sa propre vie en refusant d'admettre ce qui ne va pas.
Les questionnements qui animent les protagonistes sont les mêmes pour tout le monde : « Ai-je fait les bons choix dans la Vie ? », « Quelle est ma place dans la société ? », « Où vais-je ? ». Ainsi, bien que Claire semble enfin affranchie des codes pesants du lycée et qu'elle parvienne enfin à développer sa créativité, la jeune fille est toujours bloquée dans ses relations amoureuses d'adolescente et remet en cause le monde de l'art auquel elle aspire. Elle ne ressemble en rien à l'image que son professeur Oliver donne de l'artiste. Elle n'est pas violente, ni politique, sa sexualité ne déborde pas de partout. Elle est juste paumée et contente d'avoir trouvé un garçon comme elle. De son côté, Ruth se détache enfin un peu de ses enfants en vivant pour elle-même. Elle tente de rattraper sa jeunesse perdue (mariée et maman à 19 ans) en prenant du bon temps avec Bettina, une amie de sa sœur qui l'oblige à voler du rouge à lèvres, puis vit un vrai drame adolescent avec Arthur, stagiaire maniaque des Pompes Funèbres Fisher & Diaz. À leur manière, tous les personnages sont en quête de stabilité, chose qu'ils n'atteindront jamais puisque la Vie est par essence instable.
Dans la deuxième moitié de saison, les scénaristes opèrent un virage bien négocié vers une noirceur étouffante en montrant comment le destin finit toujours par nous rattraper. Nate paye le prix fort de son incapacité à profiter du bonheur qu'il avait sous les yeux. Il aura eu beau ignorer les avertissements de la Mort (refus de la voir en face dans la saison 1, en colère face à sa maladie dans la saison 2) qui ne cessait de lui rappeler qu'il fallait chérir chaque instant, il aura encore raté sa chance. Les trois morts successives dans l'épisode 11 et l'introduction hilarante du final rappellent que la mort peut frapper n'importe qui n'importe quand. La roue tourne et l'être humain perd une énergie incroyable à chercher toujours mieux que ce qu'il a déjà. La disparition de Lisa rappellera à quel point un être que l'on ne supportait plus peut nous dévorer l'âme quand il n'est plus là. La réalité des faits est souvent difficile une fois que l'on y est confronté. Toute la colère que Nate refoulait finira par exploser dans des comportements destructeurs où l'envie d'en finir se heurtera à la peur de mourir. Idem pour Frederico qui noie ses frustrations dans le sexe et l'alcool, ou encore Keith qui aura du attendre que David le quitte pour comprendre ce qu'il risquait de perdre et trouver la force de se donner (encore) une nouvelle chance.
Face à tous ces hommes en plein désarroi, les femmes apportent un souffle d'espoir. En découvrant qu'elle est enceinte, Claire évite de réitérer le parcours de sa mère et choisit sa propre voie à explorer, en dépit de la douleur que représente l'avortement. Elle rejette également les théories surannées sur l'Art de son professeur pour essayer d'être une artiste à part entière n'entrant pas dans une case. Ruth s'engage enfin dans une vraie relation et n'a plus besoin d'être au service de ses enfants pour exister par elle-même, consciente tout de même que son histoire avec George peut parfaitement prendre fin d'un moment à l'autre. Quand à Brenda, après sa déchéance dans la saison 2, elle trouve le courage et la force de s'accrocher à la vie, tout en admettant qu'être « normal » la rend nettement moins pétillante.
Si chaque saison de Six Feet Under marquait une progression dans nos rapports vis-à-vis de la mort, alors la saison 3 serait cette étape qu'on appelle le « marchandage » (suivant le déni de la saison 1 et la colère de la saison 2). Ce moment où chacun fait semblant de profiter de la vie en se complaisant dans un spleen risquant de se muer en dépression à la prochaine attaque de la Faucheuse. On ne pouvait pas trouver meilleure évocation de l'essence de la série que cette affiche représentant la famille Fisher dans une maison remplie de fleurs, chaque personnage au regard fuyant semblant déconnecté du groupe. Un nouveau seuil dans la maturité et la subtilité a été franchi. Jamais les petites névroses de nos vies n'avaient sonné aussi justes.

Pour plus d’informations :
Le site officiel de la série (US)
Le site officiel de la série (F)

par Mérovingien02 publié dans : TV : La Lucarne Rose
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Mercredi 13 septembre 2006
par Daniel C. Hall publié dans : VIDEOS : Les Pubs Roses
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Mercredi 13 septembre 2006
par Daniel C. Hall publié dans : VIDEOS : Les Pubs Roses
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