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Vendredi 21 septembre 2007
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Fiche technique :

Avec : Sook Yin Lee, Paul Dawson, Lindsay Beamish, PJ Deboy, Raphael Barker, Jay Brannan, Peter Stickles, Alan Mandell, Adam Hardman, Ray Rivas, Bitch, Shanti Carson, Justin Hagan, Jan Hilmer, Stephen Kent Jusick, Yolonda Ross, Jd Samson, Daniela Sea, Miriam Shor, Rachael Cyna Smith, Paul Oakley Stovall, Lex Vaughn, Justin Bond. Réalisation : John Cameron Mitchell. Scénario : John Cameron Mitchell et le collectif de comédiens. Image : Frank DeMarco. Montage : Brian A. Kates. Musique : Yo La Tengo
Durée : 102 mn. Disponible en VO, VOST et VF.

 




Résumé (rédigé par Bernard Alapetite)
 :
Shortbus est un film d’amour à l’amour. Il suit, pendant quelques temps, plusieurs personnes trentenaires qui ont des problèmes dans leur couple en raison d’un refus d’un acte sexuel ou dans l’incapacité d’éprouver le plaisir sexuel avec son partenaire. Très vite, deux couples se détachent de la photo de groupe. L’un est hétérosexuel, composé d’un chômeur et d’une sexologue, Sofia (Sook-Yin Lee) qui n’a jamais connu l’orgasme. Pourtant le couple nous démontre devant la caméra qu’il ne ménage pas sa peine dans la révision de leur Kamasutra. Mais Sofia simule le plaisir depuis des années avec son mari Rob (Raphael Barker). Elle croise Severin (Lindsay Beamish), une maîtresse dominatrice décidée à l’aider. L’autre couple, homosexuel, formé de Jamy (PJ Deboy) un acteur sans emploi, ancienne babystar, et de James (Paul Dawson) un ex-prostitué reconverti en maître-nageur. Ce sont des clients de Sofia. Ils songent à ouvrir leur sexualité à un troisième partenaire, le très mignon Ceth (Jay Brannan), mais Jamie ne parvient pas à se décider. Tout ce petit monde se retrouve dans un club libertaire, le Shortbus. Ils croiseront notamment une prêtresse sado-maso, un jeune voyeur, un groupe de lesbiennes engagées et un ancien maire de New York (Alan Mandell). Ce club est dirigé par Justin Bond, figure de la scène underground new-yorkaise, dans son propre rôle. Dans cette enclave, tous les personnages y apprivoiseront progressivement leurs névroses. Dans ce petit club underground, jamais glauque, on y partouze, chante, discute d'art et de sentiments... Chacun y trouvera peut-être ce qu'il cherche, des histoires d'amours et d'amitiés... Car ces habitants de New York ont peur d'aimer, peur de perdre ceux qu'ils aiment...

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L’avis de
Matoo :
Ah moi, il suffit de me dire que John Cameron Mitchell sort un film, et je cours le voir. En effet, depuis Hedwig and the Angry Inch qui est un de mes films cultes, et que je trouve doté de toutes les qualités, je n’attendais que ça. Et je n’ai pas été déçu, j’ai trouvé que c’était un très bon film.
Ce n’est pas non plus le plus grand chef-d’œuvre que la Terre ait porté, mais j’ai trouvé un charme fou à cette œuvre, et surtout un grand talent de réalisateur à John Cameron Mitchell. Je sais que ce qui retient l’attention des médias et des gens, ce sont les fameuses scènes de cul, qui sont non simulées donc, et je serais hypocrite de dire qu’elles ne sont pas importantes. Tout tourne autour du cul, mais c’est tellement décomplexé et désinhibant qu’on finit par ne plus trop faire gaffe aux bouts de bites et de nichons qui se baladent. En outre, le film raconte vraiment quelque chose, et son propos est assez intéressant et impliquant pour que le sexe ne redevienne qu’un prétexte à une vraie histoire.

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L’histoire, c’est celle de plusieurs personnes en proie à des problèmes « sexuels » divers et variés, et qui se retrouvent dans un club underground, le « shortbus », pour tenter de trouver un sens à leurs errances et questionnements. Inutile de dire que tout cela est très new-yorkais, et aurait pu difficilement être situé ailleurs. Il y a Sofia qui est sexologue et qui n’a jamais eu d’orgasme avec son mari, qu’elle aime et désire pourtant sincèrement. Elle a pour patients un couple de gays, dont l’un d’eux souhaite faire entrer un troisième. Le mec qui veut le trio est un peu étrange, il filme tout ce qu’il fait, dont une autofellation avec éjaculation buccale, et ne remarque pas qu’il est lui aussi espionné par le voisin d’en face. On croise aussi Severin, une dominatrice SM qui a un problème avec son vrai patronyme. Tous ces gens, et bien d’autres, se retrouvent au « Shortbus », et s’ouvrent à de nouvelles expériences… ou pas !
J’ai trouvé que pour des comédiens amateurs, le film était tout de même remarquablement joué. J’y ai étonnamment reconnu (je dois être un peu le seul sur cette planète) Sook-Yin Lee (qui jouait la fabuleuse Kwahng-Yi dans Hedwig, un tout petit rôle mais qui m’avait marqué) dans le rôle titre. Je l’ai trouvée particulièrement convaincante, et j’espère bien qu’on la reverra. Après il y en a un peu pour tous les goûts, mais on reconnaît bien les appétences de Cameron Mitchell, pote de Gus Van Sant et Jonathan Caouette, pour les jeunes mecs canons et aux regards singuliers.

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Et ça baise en effet dans tous les sens, et ça se pose des questions, et ça vire aux scènes les plus queers qui soient, avec donc beaucoup d’humour et de dérision, d’aigre-doux et de tendre-amer. Mais surtout, j’ai eu l’impression que cela montrait un peu la voie vers la nouvelle sexualité. Cette manière décomplexée de se représenter le désir et le plaisir sexuel, sans forcément avoir une orientation ou schéma normatif, c’est peut-être bien la sexualité du futur (proche) ? Et ce qui est génial dans ce film et qui est formidablement bien approché par l’auteur, c’est que le sujet principal du film c’est l’amour. Avant tout, c’est d’amour dont il s’agit. Le sexe est une de ses expressions, mais les personnages du film sont dans l’émotion, dans le rapport humain, dans le désir, dans l’altruisme, dans la volonté de s’affirmer dans leur couple et leur relation amoureuse.
Le film n’est pas exempt de défauts, et il a un côté un peu gratuit qui peut agacer, mais je trouve qu’avec tous les risques de virer dans le trash ou l’intello, ou bien de simplement vouloir choquer, là John Cameron Mitchell a incroyablement bien joué. Son film est beau et troublant, et il marque encore son temps d’une empreinte indélébile, comme Hedwig l’a marqué pour moi, il y a cinq ans.

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L’avis de Niklas :
Sofia est une sexologue qui n'a jamais connu l'orgasme, avec son mari Rob, elle simule depuis longtemps. Elle reçoit dans son cabinet James et Jamie, un couple d'homos dont le premier souhaiterait ouvrir leur relation à un troisième partenaire alors que Jamie y est plutôt hostile. Au Shortbus, où ils invitent Sofia à les rejoindre, ils font la connaissance de Ceth, un jeune mannequin, et de Severin, une maîtresse SM...

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Sex is a comedy par James Cameron Mitchell.
Sur le papier, le nouveau film du réalisateur d'Hedwig and The Angry Inch (que j'ai découvert cette année grâce à Matoo), a tout, de par son sujet et les héros qu'il place en avant, pour devenir culte dans la communauté gay. Shortbus est le nom d'un club underground où la musique, loin d'être assourdissante, permet aisément la discussion, dans des salles qui accueillent plus ou moins de nombreuses personnes, et où on baise (ou pas) sous le regard des autres. Il emprunte ce nom, nous explique le maître des lieux, l'excentrique et délicieux Justin Bond, aux petits cars américains qui servent à mener les élèves un peu marginaux, handicapés ou surdoués de la maison à l'école. Ses visiteurs sont de toutes sexualités, de toutes origines sociales et s'y mélangent avec pour seul point d'orgue le plaisir.

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Loin de filmer ces partouzes ou autre auto-fellation comme de la pornographie chic ou choc, Mitchell fait dans la simplicité, évite de trop intellectualisé son sujet et joue plutôt sur le côté tragi-comique de ses personnages. Parce qu'on rigole beaucoup du croisement de ces hommes et femmes mis à mal dans ce qu'ils ont de plus intime et qu'ils affichent volontiers ou non à leurs concitoyens.
Par les yeux de Sofia, le spectateur découvre l'étrange univers nocturne du Shortbus alors qu'en compagnie de Jamy et James, nous sommes déjà en lieu conquis. La recherche du plaisir peut commencer, mais le club n'est pas ici un supermarché du sexe, non ici on s'approche plus du commerce de quartier, pas beaucoup de choix, mais le modèle sollicité existe toujours. Du godemiché ovoïde à télécommande, porte ouverte à de nombreuses confusions, en passant par un triolisme nationaliste où l'hymne américain est entonné dans le plus que charmant postérieur du jeune Jay Branan, Mitchell désacralise le sexe en le ramenant à ce qu'il devrait être, un acte du quotidien comme un autre, tout en gardant en mémoire combien il peut être source de frustration et bien évidemment d'épanouissement.
Le film est construit avec assez de rythme pour ne pas ennuyer et cette construction est à l'image de son discours. Si l'orgasme ne guérit pas des maux, au moins il aide à faire passer le temps, tout comme ce Shortbus qui ne cherche pas à changer le cinéma mais à passer un bon moment parce qu'il est tendre et souvent juste sur la sexualité contemporaine.

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L’avis de Bernard Alapetite :
On sort de ce film ragaillardi au sens ancien du terme, plus gaillard, avec sa bandaison sous le bras. Les acteurs de Shortbus sont beaux et bandants (surtout James) ou plutôt Mitchell a réussi à nous les rendre beaux par l’amour communicatif que sa caméra porte à tous.
Mitchell c’est un peu Casavetes qui réfléchirait moins mais mieux et probablement boirait beaucoup moins. Bien des noms affluent dans notre mémoire cinéphilique après avoir vu le film. C’est aussi du Woody Allen qui passerait aux travaux sexuels pratiques et puis cela rappelle par le mélange d’amour et d’humour, de crudité et de délicatesse les débuts d’Almodovar. Quand à la représentation du sexe, il faut remonter jusqu’à Taxi zum klo pour voir une représentation des actes sexuels aussi désinhibée.
L’humour n’est jamais absent du film. Il désamorce souvent ce qu’il pourrait y avoir de salace et le rire efface la gêne. On ne s’y sent jamais voyeur mais partie prenante. Comme le dit l’un des personnages : regarder c’est aussi participer. Avec générosité, le réalisateur n’exclut personne et surtout pas le spectateur qu’il invite à se joindre aux amis qu’il filme.
Mitchell part du principe que le sexe est le meilleur révélateur de l’être profond : « J’ai toujours considéré la sexualité comme la terminaison nerveuse de la vie des gens. J’ai toujours pensé qu’en observant deux inconnus qui font l’amour, on peut tirer des déductions assez précises sur ces personnes, sur leur enfance, ou sur ce qu’ils ont mangé au déjeuner. » Et pourtant les scènes d’orgies, dans lesquelles les corps s’enchevêtrent avec élégance finissent par s’effacer de notre mémoire pour laisser place à ce qu’elles révèlent : une quête, celle des sentiments, d’un orgasme, du bonheur ou d’une normalité rêvée, heureusement inatteignable.

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Une des rares faiblesses est inhérente à son processus scénaristique. Tous les personnages, malgré la grande générosité du metteur en scène, ne provoquent pas chez lui la même empathie, ce qui l’amène à en privilégier certains notamment James et on le comprend aisément...
L’autre petit défaut est cette parade finale unanimiste un peu forcée qui rappelle la fin, pas complètement réussi, de cet autre chef-d’œuvre nihiliste qu’est The Party de Blake Edwards. Autant de références cinématographiques pour un film qui n’est jamais post-moderne mais toujours novateur et s’inscrit dans l’histoire la plus actuelle (la vue de ground zéro). Ce n’est pas une coquetterie critique mais une évidence. Mitchell est un grand cinéphile comme l’illustre ses déclarations dans lesquelles il se révèle beaucoup moins gentil que dans son film : « Je voulais montrer le sexe comme je ne l’avais jamais vu. J’avais vu beaucoup de films européens de la fin des années 90 qui utilisait du sexe non simulé mais il y semblait quelque chose d’aussi négatif que, disons, les chrétiens conservateurs. J’ai adoré le film de Catherine Breillat À ma sœur mais il m’a donné envie de me jeter par la fenêtre... Les acteurs ne sont pas des marionnettes. Ils sont des associés. Je peux apprécier les films de Bresson, mais Bresson ne laisse pas jouer ses acteurs. D’autres réalisateurs choisissent leurs acteurs juste parce qu’ils veulent les baiser, comme Godard, Visconti ou Pasolini. »
Shortbus est le résultat d’un processus de production totalement original. La recherche des acteurs a duré deux ans. John Cameron Mitchell voulait que les rapports sexuels ne soient pas simulés, ce qui au final est le cas dans le film. Une exigence qui interdisait l’emploi de stars, et même d’acteurs professionnels. Il voulait en plus que ses acteurs soient capables d’improviser et disponibles pour de longues répétitions avant le tournage. Il devait donc trouver des comédiens amateurs dévoués corps et âme au projet. Ce fut fait par l’intermédiaire d’appels dans plusieurs magazines underground. Il y demandait que chacun lui envoie une vidéo sur laquelle il raconterait une expérience sexuelle marquante. La production reçut plus de 500 vidéos. Tandis que certains candidats s'adressaient directement à la caméra, d'autres chantaient ou dansaient, d'autres encore allaient même jusqu'à se masturber. Au final, quarante personnes furent choisies. L’équipe du film a convié les heureux gagnants à l’une des fêtes mensuelles que Mitchell organisait. Par l’intermédiaire de petits jeux, par exemple des couples désignés devaient s’embrasser, des affinités se sont formées... La grande aventure de Shortbus pouvait commencer. 

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Chaque comédien a apporté sa pierre à la trame scénaristique. Prenons le personnage de James, qui est un peu le porte-parole du réalisateur, il a été inspiré par le vécu de son interprète qui photographie continuellement sa propre vie et par Jonathan Caouette, le réalisateur de Tarnation que Mitchell a co-produit. Le film est donc le fruit d’un travail collectif, un travail partagé entre le réalisateur et ses comédiens.
Malgré le coté underground revendiqué de l’entreprise, Mitchell n’oublie jamais de faire du cinéma. Il prouve qu’avec un dispositif léger de tournage on peut faire des images aussi belles que novatrices comme celles de la collection de godes multicolores sur fond de ground zéro, filmées dans une belle lumière chaude. Même s’il y a peu de vues d’extérieur, on sent un amour débordant du cinéaste pour  New York aussi explicite que celui de Woody Allen dans Manhattan, autre référence implicite de Shortbus.
Ce film ne pouvait être que new-yorkais, chaque scène est située précisément par l’intermédiaire de la simulation poétique de la ville en 3D dont l’apparition aère les ébats érotiques. Par son truchement, on suit les cheminements, tant géographiques que mentaux (par le biais de la lumière), des personnages. Elle a été conçue par John Bair, un animateur qui avait déjà réalisé les images numériques sur Hedwig, le précédent film du cinéaste. Il a scanné ses propres dessins pour après les retravailler ; ce qui apporte une touche naïve, un côté peint à la main au résultat. À noter au début du film l’apparition de la Statue de la Liberté, on entend alors chanter “Is you is, or is you ain’t my baby ?” (Es-tu bien ou n’es-tu plus ma chérie ?) tout en découvrant son visage. Un exemple significatif de la manière subtile qu’a Mitchell de faire passer son message politique. La nostalgie des années 70 apparaît au détour d’une conversation lorsque Justin Bond lâche : « There was a time when I wanted to change the world, now I just want to crawle out of this room whithout loosing all dignity » (Il fut un temps où je voulais changer le monde, maintenant je veux juste ramper hors de cette pièce sans perdre toute dignité).
La lumière, ici symbole de la vie, joue aussi un rôle important dans le film car elle défaille à certains moments-clés, et finit par s’éteindre complètement lors d’une panne de courant générale dans New York. La simulation de la ville retrouvera ses loupiotes multicolores lorsqu’un personnage sera arrivé à l’orgasme ou aura résolu une de ses interrogations existentielles.

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Les scènes du Shortbus ont été tournées à Brooklyn dans un atelier collectif d’artistes gays où des soirées dans le genre de celles du Shortbus ont été organisées. Le nom du club, Shortbus, évoque le célèbre bus scolaire jaune américain. Les enfants « normaux » empruntent le Schoolbus, le long bus jaune. Les enfants qui ont besoin d’une attention particulière, les handicapés, les caractériels, les surdoués... utilisent le petit bus parce qu’ils sont moins nombreux ; d’ou le parallèle avec ce club, rassemblement de hors normes. J’ajoute que les shortbus sont surtout utilisés dans les grandes villes américaines, en particulier à Manhattan, parce qu’ils se faufilent plus facilement dans le trafic que les longs schoolbus.
À la sortie du film, une fois mon euphorie apaisée, une phrase du Journal d’André Gide affleura à ma mémoire : « Les personnages de tragédie sont toujours plus ou moins des désœuvrés. “To be or not to be” est un fruit du loisir. » Nous pouvons faire la même réflexion en l’appliquant à la quasi totalité des personnages des films qui nous sont proposés chaque semaine. Cet évitement du travail n’est-il pas symptomatique de nos crises de civilisation ?  
Un grand coup de chapeau à Fortissimo, coproducteur et distributeur international du film à qui l’on doit déjà entre autres Mysterious skin, Ken Park et la découverte en occident de Tsai Ming-Liang, ce n’est pas rien !
Les acteurs sont aussi presque tous musiciens, puisque ce sont eux qui ont signé la bande originale du film.
C'est un beau film hédoniste que nous offre John Cameron Mitchell, un film émouvant, attendrissant, drôle et qui réussit à travers un petit groupe à nous faire un peu plus aimer l’humanité. Shortbus c’est un merveilleux happening et un orgasme cinématographique.

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L’avis de mérovingien02 :
Vous n'en avez pas marre de tous ces films proposant systématiquement des scènes de sexe d'une telle platitude que même votre voisine ménopausée ne serait pas excitée ? Du genre les baisers faussement romantiques donnés du bout des lèvres pendant que monsieur fait des mouvements de va et vient si lentement qu'on se demande s'il ne va pas s'endormir ? Ou encore cette manie de s'envoyer en l'air en se recouvrant d'un drap (c'est d'un pratique, c'est bien connu) ou alors de garder ses sous-vêtements pendant l'acte (madame aime beaucoup ses soutien-gorge) ? L'excès de pudeur est souvent l'ennemi de la crédibilité et c'est pour cela que l'on ne remerciera jamais assez John Cameron Mitchell d'injecter un peu de sperme et de sueur dans un Cinéma paralysé à l'idée de confondre Art et pornographie.

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Comme s'il était honteux qu'un spectateur puisse ressentir de l'excitation sexuelle face à une œuvre, le 7e Art n'a jamais cherché à montrer le plaisir dans toute sa crudité et toute sa beauté. Un film a le droit de faire rire, de faire pleurer ou de faire peur mais pas d'exciter. Voilà qui en dit long sur notre société bien pensante et sur son rapport aux plaisirs de la chair, soit disant réservés à la sphère de l'intime (merci l'héritage judéo-chrétien). C'est un fait : chaque fois que des organes génitaux sont montrés sans fard ou que des rapports sexuels ne sont pas simulés devant une caméra, cela se fait soit dans le domaine de la pornographie pure (et donc limité à une fonction purement masturbatoire), soit dans des films d'auteur froids et tristes. Qu'il s'agisse des œuvres de Catherine Breillat, porte-parole des femmes frustrées (va tirer un coup, chérie, ça ira mieux) ou des machins tout moches de Bruno Dumont, le sexe intellectualisé bande mou et ramené à un acte sale et dégradant. Subsistaient heureusement quelques tentatives pour se sortir de ce carcan moralisateur avec des résultats plus ou moins convaincants (9 Songs souffre de son concept limité et d'une romance mal définie, Ken Park possède une superbe séquence finale mais s'égare parfois dans la provocation facile). Ça, c'était avant Shortbus, le nouveau long-métrage indispensable du réalisateur d'Hedwig and the Angry Inch, comédie musicale glam-rock autour d'un chanteur transsexuel. Pour la première fois sur grand écran, la quête du plaisir n'est plus une invitation à la neurasthénie mais une aventure joyeuse et positive où l'amour triomphe sous toutes ses formes, qu'il soit physique, sentimental ou intellectuel. Avec son club underground sortit tout droit des années 70 et sa bande originale digne d'une tracklist d'étudiant peace and love, on se croirait en pleine libération sexuelle post 11 Septembre.

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Pas question pour autant d'alimenter un scandale stérile ou de satisfaire le bobo ayant trouvé une excuse pour mater du porno. Si Shortbus donne à voir des fellations, des pénétrations, des éjaculations et de la masturbation, s'il filme aussi bien les ébats hétérosexuels qu'homosexuels, il se garde bien de juger ses personnages et les rend instantanément attachants parce que ancrés dans une réalité quotidienne. Quand un jeune homme tente de s'auto-sucer en se mettant en boule, le réalisateur désamorce le graveleux en insistant sur les efforts accomplis (les pieds qui tentent de s'appuyer sur le rebord d'une étagère par exemple). Quand une femme essaie de se masturber dans la salle de bain, le bruit que fait son mari la perturbe et elle se cogne la tête. Rien de vulgaire là-dedans, juste un profond sentiment de vécu à partir duquel découle une sincère émotion. Car John Cameron Mitchell ne retient pas que le goût et l'odeur de la peau. Il contemple aussi la détresse de ses personnages, leurs larmes après l'orgasme (ou leur absence), leurs doutes ou leur quête d'ouverture.
La jolie sociologue ne parvient pas à monter au 7e ciel et tente de maîtriser son vagin, le couple gay est condamné par la séropositivité d'un des garçons, la dominatrice SM est totalement incapable de s'accepter elle-même... Le sexe est le parfait révélateur des sentiments de chacun, comme viendra l'évoquer cette giclée de sperme sur une toile de Jackson Pollock (art abstrait tout ça...). La difficulté qu'a James à se confier est toute entièrement exprimée par la révélation qu'il n'ait jamais accepté d'être pénétré. Le fait que Severin fasse du mal aux autres est révélateur de son dégoût d'elle-même (elle cherche d'ailleurs la solitude en s'enfermant dans un caisson d'isolement). Le malaise de Sofia vient certainement de son expérience d'enfant et de sa peur panique de l'homme (ce n'est que seule, sans l'aide d'objet phallique qu'elle parviendra à trouver le plaisir)...
Pour parvenir à atteindre le plaisir, il convient simplement de trouver la personne avec laquelle on a des connections (voir plusieurs personnes). Le réalisateur illustre cette idée par un black-out total sur New York, une panne de courant généralisée qui ne sera réparée que par un immense orgasme, le sexe devenant une énergie électrique réanimant la Vie. La quête de l'hédonisme doit aussi être une quête du plaisir de l'autre. La grande ville déshumanisée où chacun est coupé des autres (plans aériens sur une charmante maquette en carton pâte servant de transitions entre différents immeubles) s'effacera dans le plaisir mutuel, en se mélangeant aux autres, dans la clameur d'un orchestre et d'une chanson mélancolique (« In the End », interprété par Justin Bond, figure mythique du quartier de Downtown et dans son propre rôle).

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John Cameron Mitchell ne fait pas de la sociologie ou de la politique, même s'il revendique clairement un ton libertaire tranchant avec le conservatisme républicain (à ce titre, on n’est pas près d'oublier cette séquence tout bonnement effarante où une partie à trois entre hommes se termine en entonnant l'hymne américain tout en se bouffant le cul et en prenant un pénis en guise de micro). Pour lui, le sexe est indispensable au bien-être, l'amour physique se mêlant à l'Amour au sens large. Sorte d'ode émouvante à la partouze, le métrage n'hésite pas à prôner le partage et le mélange avec d'autres couples et individus pour ne pas s'enfermer dans la solitude ou l'exclusivité. Un des plus beaux moments sera d'ailleurs un des plus inattendus, lorsqu'un jeune garçon embrassera avec sincérité un vieil homme au discours émouvant. Bien que le titre du film se réfère aux bus scolaires réservés aux handicapés, Shortbus ne parle pas simplement de marginaux en recherche d'expériences sexuelles nouvelles mais est bel et bien un objet universel sur ce besoin d'aimer les autres et de s'aimer soi-même.
Porté par de remarquables acteurs inconnus se livrant sans détour, traversé de purs moments d'émotions brutes (la tentative de suicide et son sac plastique sous l'eau) et justifiant le sexe par une touchante quête affective, le deuxième long-métrage de John Cameron Mitchell est un bijou d'une incroyablement pureté qui parle du corps comme moyen essentiel de langage. Osé mais sensible, beau et extrêmement sain. N'hésitez pas à embarquer dans ce Shortbus, en route pour le plaisir !
Pour plus d'informations :

 

par Matoo, Niklas, Bernard Alapetite et Mérovingien02 publié dans : FILMS : Les Toiles Roses communauté : Gay-friendly
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Vendredi 21 septembre 2007
  

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Fiche technique :

Avec Damir Badmaeu, Lubov Tolkalina, Evgeny Koryakovsky, Victor Shevidov, Valentina Mankhadykova, Anatoly Mankhadykov, Yuri Askarov et Irina Grineva. Réalisé par Olga Stolpovskaya et Dmitry Troitsky. Scénario de Olga Stolpovskaya. Directeur de la photographie : Alexandr Simonov. Compositeur : Richardas Norvila.
Durée : 83 mn. Disponible en VO et VOST.

 


Résumé :
Comédie d’amour sur la vie des jeunes gens à Moscou aujourd’hui. Vera, qui travaille comme speakerine à la télévision, fait la connaissance de Timofey, un jeune homme séduisant, employé dans une agence publicitaire. Elle tombe amoureuse de lui et par chance, ses sentiments sont payés de retour. Timofey est lui aussi amoureux de Vera. Ils ont beaucoup de points communs : ils touchent tous deux un salaire de misère, ils travaillent comme des bêtes et ils sont stressés.

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En ce qui concerne le stress, leur liaison a un effet optimal sur Vera et Timofey. Rien d’étonnant à ce que leur amour réciproque devienne de jour en jour plus fort. Et puis vient le jour où ils fêtent le premier anniversaire de leur rencontre. Heureuse et de bonne humeur, Vera rentre à la maison pour y trouver Timofey au lit avec Uloomji, un jeune Kalmouk. À partir de là, le contrôle de la suite des événements semble totalement échapper à nos deux héros …

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L'avis de Jean Yves :
Il ne faut surtout pas s’attendre, en découvrant Je t’aime toi, à voir un film militant. Le premier film gay russe est tout sauf cela puisque ses réalisateurs ont voulu avant tout signer une comédie mode et moderne, rapide et un peu clinquante, propre à séduire le grand public hétéro comme les homos, bref les spectateurs les plus occidentalisés des villes à qui elle tend un miroir très aimable : son petit succès dans la quinzaine de villes où le film est sorti prouve qu’ils ont d’ailleurs touché leur cible.

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Deux des héros de ce triangle amoureux inédit, la très jolie Vera et le fringant Timofey, font partie de cette élite de nouveaux riches sans complexe vivant des médias et habitant de beaux appartements dans de beaux quartiers d’un Moscou qui pourrait être New York ou Paris (avec ses fêtes pédés, sa tolérance chic, ses fringues élégantes…). Ils tombent vite amoureux l’un de l’autre, bien qu’il lui ait parlé de son homosexualité.

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Et voilà que surgit la troisième pointe du trio, la plus originale, la plus intrigante, la plus novatrice : Uloomji, jeune Kalmouk (la seule peuplade bouddhiste de la fédération russe) débarqué de sa province lointaine pour travailler au zoo. Uloomji est un naïf qui a toujours vécu à l’écart de la modernité : son effarement face aux distributeurs de billets dit assez à quel point Moscou n’est pas la Russie profonde ! Sûr, dès leur première rencontre (un accident…), de ce qu’il éprouve pour Timofey, Uloomji ne va jamais hésiter dans son amour : et même les manœuvres de sa famille qui le fait interner n’y changeront rien.

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Toute la force du film tient dans l’obstination têtue et lumineuse de ce personnage sans complexes, sans freins moraux, sans préjugés, pour qui l’amour ne se discute pas. Il est la lueur d’espoir de ce conte de fées qui se termine, comme de bien entendu, autour d’un berceau sur lequel sont penchés les trois parents du nouveau né.
Oui, il y a une scène gay en Russie. Enfin, à Moscou plutôt, et dans quelques grands centres urbains. Car pour ce qui est de l’immensité de l’ex-empire soviétique, c’est peu dire que l’homosexualité n’y est pas à la mode et que l’homophobie primaire y a pignon sur rue. Le cas de la capitale est donc à part…

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L’héritage communiste pèse lourdement sur la société russe et la répression dont furent victimes les homosexuels a laissé des traces : stigmatisés par la propagande, passibles de lourdes peines de prison, considérés comme des malades mentaux ou comme des symptômes de la décadence occidentale, il leur a fallu attendre la fin des années 80 avec la "perestroïka" puis la fin du régime soviétique pour voir le carcan législatif se desserrer. Mais la loi n’est pas tout, loin de là, et ce sont surtout les mentalités qu’il s’agit désormais de faire évoluer… C’est un des buts que ce sont fixés Olga Stolpovskaya et Dimitry Troitsky, les réalisateurs de Je t’aime toi dont le prochain projet porte sur un couple de femmes dans l’URSS des années 70. « Bien sûr, Je t’aime toi est le premier film gay russe mais, au-delà de ça, c’est d’abord le portrait d’une société complexe, celui d’une nouvelle société en pleine transformation où, avec de nombreuses contradictions, tout est en évolution : le travail, la consommation, les mœurs, le désir. »

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Ils n’ont pas tort, en tout cas si on en croit des sondages qui montrent, à propos des homosexuels, des progrès notables quant à leur acceptation : là où, en 1989, 33 % des Russes disaient qu’il fallait « les liquider », 30 % « les isoler » et 6 % « les soigner » (seuls 10 % proposant de « les laisser vivre en paix »), ils sont désormais 41 % à considérer les homos comme « plus ou moins normaux » et le total de ceux qui préconisent de les isoler ou de les soigner est tombé à 48 % ! On est certes toujours très loin du compte mais il semble qu’il ne faille plus totalement désespérer du pays de Vladimir Poutine.

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Les multiples embûches rencontrées par les auteurs de Je t’aime toi viennent rappeler cette situation. « Pour le financement, nous avons cherché des fonds pendant quatre ans, discuté avec un nombre inimaginable de producteurs et avons été beaucoup critiqués. Finalement, cela nous a aidés. Nous voulions absolument tourner ce film alors nous en sommes devenus les producteurs. Nous voulons d’ailleurs remercier les distributeurs venus de partout — et notamment tout le personnel de Media Luna entrecroisement et Antiprod en France — qui nous ont aidé à mener à bien ce projet. Le film n’aurait pas vu le jour sans l’aide et le soutien de nos amis. » Mais l’argent n’est pas tout, et une fois les 300 000 dollars réunis, les difficultés étaient loin d’être terminées. « Quel cauchemar de trouver un jeune acteur russe prêt à jouer un rôle bisexuel ! Et ce fut encore plus dur de trouver une personne d’origine asiatique pour interpréter un personnage gay. »

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La vraie spécificité de Je t’aime toi est en effet de ne pas se cantonner aux nouveaux riches occidentalisés des grandes villes pour qui la sexualité n’est pas vraiment un problème mais bien d’introduire un personnage homo venu d’une province reculée de la Russie et de le confronter tant à son désir qu’à l’homophobie ambiante, celle de sa famille notamment. En cela, cette comédie de mœurs est un sacré pas en avant.

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L’avis de Francis Lamberg :
Uloomji, un jeune péquenot Kalmouk, débarque à Moscou. Pour lui, tout droit venu de sa Russie profonde, la capitale est pleine d'exotisme et d'embûches. En explorant la grande ville et en découvrant ses us, il a la révélation de son homosexualité. Timofei, un yuppie moscovite aux dents longues qui travaille dans la publicité, rencontre Vera, une célèbre présentatrice du JT. Ils tombent amoureux l'un de l'autre… Timofei est complètement intégré au nouveau système russe post-communiste et néo-libéral, dont le but premier est de faire de l'argent.
Vera est très absorbée et prise par son travail. Elle souffre d'une boulimie alimentaire très sexuellement orientée.
Un jour, Uloomji entre accidentellement (au sens premier) dans la vie de Timofei. Le Kalmouk mal dégrossi et sans manières (au propre et au figuré) va bouleverser les certitudes et les sentiments du golden boy. Cette rencontre va provoquer maints questionnements des uns et des autres sur leurs vies et leurs envies. Un triangle amoureux va se former tant bien que mal, et finira par se consolider. Je t'aime toi est le premier film russe à parler ouvertement d'homosexualité.

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Les réalisateurs admettent avoir procédé à une certaine auto-censure afin que le film puisse toucher un large public. La plupart des faits sont réels mais romancés. Ils ont été inspirés d'une histoire semblable qui est advenue à Olga Stolpovskaya, la scénariste et co-metteuse en scène.
Quasiment chaque séquence de ce film est propulsée par une mise en scène parfois surprenante mais toujours à propos. Tous les acteurs sont admirables. Damir Badmaev, le jeune avocat sino-russe qui interprète le Kalmouk est épatant de naturel et de sauvagerie contenue, qui se lâche quand il le faut. La fascination réciproque et connotée sexuellement que se portent Uloomji et Timofei est exploitée avec maestria dans le scénario, et avec inventivité dans la réalisation. Le jeune Kalmouk, avec ses airs et ses actes de jeune chien fou, incarne, l'âme de la vieille Russie, rurale et périphérique… malgré le fait qu'il soit homo. Chose que la vieille Russie n'est pas prête à admettre, nous en avons plus que confirmation par les temps qui courent. L'innocence voire la puérilité de Uloomji, la pureté des sentiments de Timofei, Vera et Uloomji, donnent à voir une homosexualité déculpabilisée et naturelle. Ce film russe qui aborde ouvertement et positivement la bisexualité et l'homosexualité est à mes yeux un film plus courageux, plus essentiel et même plus universel que Brokeback Mountain !

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Extrait :
- J'ai entendu crier !
- C'est mon ami, il a fait un cauchemar.
- Je l'ai entendu crier des mots d'amour.
- Il a fait un cauchemar qui parlait d'amour.
Pour plus d’informations :
par Jean Yves & Francis Lamberg publié dans : FILMS : Les Toiles Roses communauté : Gay-friendly
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Vendredi 21 septembre 2007
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par Daniel C. Hall publié dans : WEBSERIE : NOUS TOUS communauté : BLOGS GAY
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