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Les Toiles Roses
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NOS CRITIQUES DE FILMS : 1. Films de A à H : ici. 2. Films de I à P : ici. 3. Films de Q à Z : ici.
(Dernière mise à jour des index des films critiqués : 19/03/08)
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Mardi 25 octobre 2005

5 octobre 1979
Dans un discours adressé aux prêtres de tous les diocèses américains, le pape déclare :
« Vous qui portez le message de la vérité et le pouvoir de Dieu, qui enseignez la loi divine, vous, pasteurs plein de compassion, vous avez aussi le droit de dire : l’homosexualité est une faute morale. »

30 octobre 1986
La congrégation de la doctrine de la foi adresse une lettre aux prêtres de l’Église catholique. Celle-ci met en garde les prêtres contre la « propagande trompeuse » des activistes gays. On peut lire dans ce document que même une « inclinaison » homosexuelle s’apparente à une « faute morale en soi ». Le document regrette également, en référence à la crise du SIDA, que les activistes gays continuent à se battre pour l’égalité bien que « l’homosexualité menace sérieusement la vie et le bien-être d’un nombre important d’individus ». Enfin est condamné le combat contre les attaques anti-gay, puisque, peut-on lire, même si ces attaques sont à regretter, « quand la législation protège un comportement dont personne ne peut revendiquer le droit [on peut s’attendre] à un surcroît de réactions irrationnelles et violentes ».

23 février 1994
Le pape publie une lettre sur les valeurs familiales. Il estime que le mariage homosexuel n’est pas seulement un péché, mais représente un danger : « d’autres unions [que le mariage hétérosexuel] ne peuvent être reconnues, malgré certaines évolutions récentes qui représentent une menace sérieuse pour le futur de la famille et de la société elle-même ».

9 juillet 2000
Le pape condamne la gay pride de Rome, qui a lieu la même année que le grand jubilé de l’Église catholique. Il affirme : « Au nom de l’Église de Rome, je ne peux pas ne pas exprimer mon amertume devant cet affront fait au grand jubilé de 2000 et devant l’offense aux valeurs chrétiennes dans une ville si chère aux catholiques du monde entier ».

31 juillet 2003
Le pape estime que les élus qui ont voté en faveur du mariage homosexuel, des droits des couples homosexuels ou du droit à l’adoption des homosexuel(le)s sont « gravement immoraux » : « Rien ne peut justifier de mettre sur le même plan les unions homosexuelles et les unions hétérosexuelles au regard des vues de Dieu sur le mariage et la famille. Le mariage est sacré, alors que les actes homosexuels vont à l’encontre de la loi naturelle de la morale ».

Dans un livre publié en 2005, moins de deux mois avant sa mort, le pape estime que le mariage homosexuel participe d’une « nouvelle idéologie du mal, peut-être plus insidieuse et cachée, qui promeut les droits fondamentaux contre la famille et contre l’homme ».

Source : Les mots sont importants

par Daniel C. Hall publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Mardi 25 octobre 2005
par Daniel C. Hall publié dans : VISUELS : Les affiches et pubs roses
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Mardi 25 octobre 2005

Fiche technique :
Avec Frédéric Andrau,, Vincent Branchet, Urs Peter Halter, Martin Schenkel, Jean-Pierre von Dach et Jessica Frueh. Réalisé par Marcel Gisler.
Durée : 92 mn. Disponible en VF.

Résumé :
Beni tombe amoureux de Fogi, leader et chanteur d'un groupe de rock. L'attitude rebelle de Fogi favorise le désir de liberté de Beni et lui donne la force de vivre sa vie hors du milieu social dont il est issu. Il se dévoue corps et âme à son amant, à tel point qu'il n'arrive plus à réaliser quel homme est vraiment Fogi. Quand il se rend compte que Fogi est au bord de la déchéance physique et morale, Beni tente de se raccrocher à cet amour et se trouve bientôt confronté à la décision la plus terrible de sa vie.
L'avis de Francis Lamberg et Laurent Mullens (La lucarne) :
Le F du titre désigne Foggy, charismatique chanteur de rock dont Benny tombe amoureux. Benny sort de l'adolescence et a tout pour mordre dans la vie à pleine dent. Foggy est désabusé, redoute la vieillesse et est narco-dépendant. Assez vite, Benny s'installe chez Foggy et, après une période de grâce, Foggy finit par projeter son autodestruction latente sur et en Benny. Ce dernier est amoureux fou et malléable. Sans identité propre, il est prêt à tout recevoir de son compagnon, y compris le pire. Il devient donc littéralement le chien de Foggy : toute marque d'intérêt, fût-elle violente, est perçue aveuglément comme une preuve d'amour. Il va alors vivre un semblant de bonheur d'animal domestique (« Le bonheur, c'est ne plus être responsable de rien » ira-t-il même jusqu'à avouer) jusqu'à ce que le clash du groupe de rock de Foggy et sa replongée dans la drogue ne donne à Benny l'ascendant sur son maître.
F., cela aurait tout aussi bien pu être l'initiale de fascination, fantasme ou fugue. Sur fond de sexe, drogue, yaourt & ro
ck'n roll, ce film aborde avec densité et force le thème sempiternel de la passion destructrice et de l'amour en déséquilibre. Le jeu tantôt lumineux, tantôt sombre de Vincent Branchet est magnifique de nuances et de justesse. Plus habitué aux planches qu'à la caméra, son jeu reste empreint d'une grande théâtralité mais son interprétation réellement canine du personnage est une réelle performance d'acteur ! L'interview en bonus montrera également combien une certaine alchimie reste nécessaire entre les acteurs pour que les personnages fonctionnent. Pari gagné pour ce film ! Pour on ne sait quelle sombre raison, ce film magnifique a connu une sortie plus que confidentielle en salle. Par exemple, certains festivals de films gay ont essuyé un refus à leur demande de diffusion. Sa sortie en DVD est une aubaine de (re)découverte.
L'avis de Gabriel de Monteynard :

Ne vous est-il jamais arrivé, en sortant du cinéma, dépité, de vous dire : « Mais quand est-ce qu'il sortira une simple histoire d'amour entre deux mecs (ou deux femmes) qui ne soit ni un film glauque ni une comédie pour beauf ! ». Une histoire qui nous ferait rêver d'amour, certes un peu comme un roman de gare, et c'est là toute la limite du genre. F. n'est pas ce film mais il aborde un point essentiel des rapports amoureux : cet inévitable déséquilibre des sentiments dans le couple, qui rend l'un esclave de l'autre. Cette logique que nous connaissons est poussée ici jusqu'à son paroxysme, celle du premier amour et de l'aliénation qu'il constitue.
Sur fond de décor années 70, cheveux longs et milieu ro
ck underground, F. est une vision cruelle mais juste de la passion amoureuse que voue un adolescent (Beni) à sa star de rock favorite (Fögi). L'adolescent aime une image qu'il idolâtre. Comme tout adolescent immature, il se complaît dans un imaginaire qu'il croit être l'image de la réalité. Son besoin d'affection et sa peur de ne pas être aimé en retour finissent par engendrer l'agacement, voire la haine de Fögi, qui devient plaisir de dominer, seule issue à ce stade de la relation. Cette mise en scène de la dépendance affective dans un rapport amoureux est l'idée maîtresse du film.
Une lente progression nous entraîne vers une relation dominant-dominé jusqu'à la folie de Beni, refuge dans lequel il s'abandonne totalement, découvrant cette sensation d'absolue liberté qu'elle engendre. N'avoir plus d'amour propre à défendre. Se laisser aller. Devenir le chien de son maître. Cette folie est parfaitement traduite à l'image par une mise en scène inspirée et onirique. Ce ne sont que quelques moments du film mais leur importance justifie d'autant plus cet effort particulier. 
Ce rapport sado-maso n'a rien de sordide. Il constitue plutôt une transition nécessaire dans la relation exacerbée du couple, vers un équilibre des sentiments et une vraie réciprocité. Car les rapports s'inversent et l'image que l'on a de l'un et de l'autre n'est plus aussi claire et définie, les pistes se brouillent, et les deux protagonistes révèlent leur complexité et leurs contradictions.
Seule ombre au tableau est la trop lente progression du début ou l'on attend la suite des événements pendant un bon tiers du film. L'évolution des deux personnages se doit d'être lente pour donner plus de poids à la suite, certes. Mais toute cette première partie manque d'une atmosphère soutenue, d'une tension dramatique, que la suite possède réellement. Le jeu approximatif de l'ensemble des seconds rôles y est pour beaucoup. Il crée une distanciation pas très heureuse. Le couple Beni-Fögi, lui, s'en tire bien, et c'est malgré tout l'essentiel.
Le film prend corps dès qu'il devient huit clos. Quelques moments de pure émotion, sans aucun pathos, entre Beni et Fögi, nous laissent cloué sur notre siège. Certes l'amour entre mecs est encore une fois synonyme d'instabilité et de marginalité, pratiqué chez des « voyous » qui s'adonnent notamment à la drogue. Mais ce mode de vie est associé ici plutôt à une époque et à un certain milieu, celui du ro
ck. F. n'est pas la limpide histoire d'amour gay dont on pourrait rêver mais sa force vaut le déplacement.
Pour plus d’informations :

par Francis Lamberg et Laurent Mullens (La Lucarne) et Gabriel de Monteynard publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mardi 25 octobre 2005

Fiche technique :
Avec Takeshi Ito, Simon Kumai, Kiyomi Ito et You Suzuki. Réalisé par Hisayasu Sato.
Durée : 60 mn. Indisponible en VO et VOST.

L'avis de Martin Vieillot (Eiga go go !) :
S'il est bien un réalisateur qui divise, il s'agit assurément de Hisayasu Sato. Fer de lance du renouveau du pinku-eiga au milieu des années 80 qui entraîna dans sa suite des cinéastes plus classiques, son univers reconnaissable entre mille provoque autant de fascination que de dégoût. Films ouvertement sulfureux brassant érotisme déviant et déprime urbaine avec un net attrait pour l'expérimentation visuelle, les œuvres de Sato ressassent à l'infini les mêmes obsessions morbides jusqu'au malaise. Plus connu en Occident pour son célèbre Naked Blood, une œuvre à part qui l'a malheureusement vite catalogué au rayon des auteurs gores, son impressionnante filmographie dégage une thématique autrement passionnante et fascinante. Souvent qualifié de prétentieuses esbroufes, il convient de replacer ses travaux dans leur contexte originel pour mieux en apprécier leur singularité. Muscle, une de ses premières réalisations, fait partie de sa série de barazoku-eiga (films gay), un sous-genre incontournable du pinku eiga. La sexualité chez Sato, c'est surtout l'expression des pulsions cachées. Souvent violentes et morbides, ici cette thématique ne diffère guère de celle de ses films hétérosexuels. Les actes sexuels n'y tiennent d'ailleurs qu'une place secondaire, s'effaçant vite derrière les traumas de ses personnages. Muscle illustre d'ailleurs bien cette orientation qui confine à l'obsession maladive.
Ryuzaki est photographe pour Muscle, un magazine de body-building. Il tombe amoureux de Kitami, un jeune homme rencontré lors d'une exhibition culturiste avant-gardiste. Fascinés par la douleur, leur relation tourne rapidement aux pratiques sadomasochistes. Un jour, lors d'une séance photo, Ryuzaki pris d'une pulsion incontrôlée tranche le bras de son amant. Libéré après un an de prison, Ryuzaki retrouvera l'air libre et ne pourra s'empêcher de retrouver son ancien partenaire.
Habitué aux scénarios complexes mêlant flash-ba
ck et onirisme, Sato s'appuie ici sur un canevas somme toute linéaire. Muscle illustre la dérive d'un homme à la recherche désespérée de l'homme qu'il aimait. Une structure qui donne au film un arrière goût de thriller lorsque Ryuzaki s'enfonce la nuit dans les ruelles glauques de Tokyo. L'esthétique résolument eigties s'accorde ici parfaitement à l'univers dépeint. Filtres bleuâtres, néons à la lumière blafarde et mortifère, Sato déréalise les lieux qu'il filme, les teintant d'une inquiétante et souterraine noirceur renforcée par l'emphase de Sato sur l'univers fantasmé de l'homosexualité. Peu d'expérimentations visuelles, mis à part son attrait prononcé pour les reflets en tout genre. Film-monde donc, où l'ambiance prime avant tout.
La thématique sadomasochiste reste malheureusement superficielle, la relation entre les deux amants peine à faire ressentir leurs tourments intérieurs. Comme souvent chez Satou, ses films sont résolument hermétiques. Le moteur du récit manque ici d'intensité et se résume aux déambulations paranoïaques de Ryuzaki dans divers lieux tels do
cks, salles de cinéma ou ruelles désertes. L'adjonction purement gratuite d'un couple hétero au récit n'en donnera pas pour autant le rebond espéré. Heureusement comme tout pinku-eiga, Muscle est court (une heure) ce qui l'empêche de s'effondrer faute de corps. Cinéphile averti, Sato double son film d'une réflexion cinématographique. Le personnage central est tenancier d'une salle obscure avant-gardiste, il est question de Pier Paolo Passolini et de son Salo. Las, ces références prétentieuses ne sont que pures citations sans aucun travail de ré-appropriation ou hommage.
Reste que Muscle comporte de belles et fortes visions singulières qui font tout son intérêt. L'étrange scène d'introduction où culturistes se mêlent à un danseur de buto décharné, le bras tranché que Ryuzaki conserve dans du formol telle une relique qui causera sa perte, la rencontre finale des deux amants dans une salle de cinéma au pied d'une toile nue entourée des protagonistes masqués comme un bal costumé macabre, la danse en bout de quai portuaire entre un manchot (Kitami) et un aveugle (Ryuzaki qui s'est crevé les yeux avec son sabre), les surprenantes et froides mélodies synthétiques.
Typique du travail de Sato, Muscle manque de maturité et reste malheureusement trop creux pour convaincre Néanmoins, l'univers fascinant et déprimant qu'il dégage saura satisfaire les amateurs de cinéma différent. Étrange et maladif.

Pour plus d’informations :

par Martin Vieillot (Eiga go go !) publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mardi 25 octobre 2005
par Daniel C. Hall publié dans : VISUELS : Les affiches et pubs roses
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