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Jeudi 26 octobre 2006


Salim pour moi c'est une boule à facettes : un comédien, un boxeur, un algérien, un musulman, une p'tite racaille de Villeurbanne, une icône gay, un furieux qui déchire tout, un homme à l'âme de gosse, un caïd, un sensible, un mec intègre, une force vive, un dangereux qui inspire la confiance... C'est le tout et son contraire.

J'ai rencontré Salim sur le tournage de l'émission Courts Chez Pink en Mars 2005, dans la salle de gym d'un grand lieu, on venait chacun pour une interview séparée. La première fois qu'on s'est vu c'était marrant. Dès que je suis rentré, j'ai eu droit direct à un regard noir tueur, limite autodéfense du fauve, auquel j'ai du renvoyer le même. Il s'est mis sur un pèse-personne et il m'a dit « Tu crois qu'elle marche correctement cette balance ? » Un peu surpris, j'ai dit « Je pense. ». « Viens te mettre dessus pour voir ! » Du coup j'm'y suis mis et j'ai répondu « Bah oui c'est mon poids ! »... On a rigolé car je pesais plus lourd que lui ! Pourtant je suis plus sec mais je dois avoir les os plus lourds. Et puis on a été faire nos interviews et on ne s'est pas recroisé...


Quelques mois plus tard je tombe sur le texte du Centième Nom, j'appelle l'auteur, Michel Giliberti, et j'appelle Salim pour lui proposer le rôle de Jihed. On se voit, je lui donne le manuscrit et à peine trois heures plus tard il me rappelle et me dit « Je veux le faire, c'est trop bon ! » – et là, j'ai compris ! J'ai compris que ce garçon, dans le fond était comme moi : impulsif, passionné et entier.

L'aventure du Centième Nom commence alors – discussions dans la voiture, dans le train, à l'hôtel ... on s'est alors rendu compte de toutes nos ressemblances : Béliers tous les deux – je suis du 1er avril et lui du 2 ! –, daltoniens tous les deux, même groupe sanguin, etc. C'était marrant !

Puis suivirent derrière de longues soirées dans un chalet isolé dans les Ardennes où on s'est beaucoup livré l'un à l'autre... ça donne les clefs pour se comprendre. Et puis travailler aussi – jouer sur une pièce à deux personnages, ça permet de tomber dans la complicité du duo avec tout ce que ça implique d'attachement, d'agacement et de mise en danger à deux !

Salim c'est pas le meilleur pote de ma vie mais c'est un garçon que je comprends et que j'aime pour ce qu'il est : un écorché vif !

Je comprends sa force, sa rage et ses failles aussi, son besoin de lutter car ce n'est pas qu'un boxeur, c'est un vrai guerrier de la vie – il a la niaque !

Alors, on pourra lui coller toutes les étiquettes qu'on veut : comédien rebeu, idole gay, p'tite frappe de banlieue, bogosse des cités... Ça reste avant tout Salim Kechiouche, un garçon intègre qui fait son chemin avec ce qu'il est au fond de lui et ce qu'il veut défendre ! Le temps lui donnera raison de laisser les autres le mettre dans des petites cases sans jamais rien dire, ni se justifier.

El souk fira sek habibi ;)

Samuel Ganes


Note de Daniel C. Hall
: Malgré un emploi du temps de dingue et le crash de son ordinateur, Samuel a gentiment accepté d'écrire un billet pour Salim. De plus, il m'a fourni iconographies et l'animation que vous voyez en tête de post. Merci à toi Samuel et je te rappelle mon invitation pour 2007 dans nos pages. Ce mec est incroyable et génial ! Pour en être convaincu, rendez-vous sur son site.

Les photographies sont (c) Michel Giliberti.
Tous droits réservés. reproduction interdite.
Publiées avec l'autorisation de Michel et Salim.


par Samuel Ganes publié dans : Spécial SALIM KECHIOUCHE
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Jeudi 26 octobre 2006

 

 

Les photographies sont (c) Philippe Quaisse.
Tous droits réservés.
Publiées avec l'autorisation de Salim.
par Daniel C. Hall publié dans : Spécial SALIM KECHIOUCHE
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Jeudi 26 octobre 2006
 

Fiche technique :
de Michel Giliberti, mise en scène : Stéphane Aucante, avec Salim Kechiouche et Samuel Ganes.

Résumé :
Une soirée de grande chaleur, quelque part en Israël…
Deux garçons se rencontrent par hasard.
Chacun est réfugié dans sa douleur, son errance, dans son manque des êtres proches devenus fantômes …
Partout autour d’eux la guerre continue avec son lot de bombes, de cris, de pleurs, de morts, …
L’un se nomme Jihed, l’autre David.
L'un, palestinien, se prépare à mourir le lendemain en commettant un attentat-suicide, l'autre israélien, ayant perdu ses parents dans l'explosion d'une bombe meurtrière, erre depuis plusieurs jours sans but en attendant la mort.
Tout ce qui les différencie et les oppose est prétexte à nouer un dialogue imprévu, un échange parfois dur, parfois tendre, entre l’affrontement et l’attachement, entre le ressenti d’être des ennemis ou des frères.
Deux enfants du pays dont les peuples s’entredéchirent depuis trop longtemps, qui se retrouvent à la lisière de la détresse, mais peu à peu s’approchant de l’amitié des hommes, du désir … et de la mort qui les attend.
Cette rencontre pourra-t-elle les sauver ?

Lire un extrait de la pièce : cliquez ici
Voir le site de la pièce : cliquez ici

 

LA PIÈCE : La genèse par son auteur Michel Giliberti


Cette pièce s’est imposée à moi alors qu’un soir devant la télé des images particulièrement violentes du conflit israélo-palestinien m’ont heurté. Je me souviens qu’on voyait un enfant palestinien mourir dans les bras de son père sous les balles ennemies.

Aussitôt après je me suis mis à écrire Le centième nom, la brève rencontre en nocturne d’un jeune Palestinien, Jihed, et d’un jeune Israélien, David. Tous deux traînent leur drame respectif quand le hasard les fait se croiser au cours de cette ultime nuit. Tout ce qui les différencie, tout ce qui les oppose est prétexte à nouer un dialogue imprévu, parfois dur, parfois tendre, à la lisière de la détresse, mais toujours proche de la concorde, de l’amitié des hommes… de leur désir.

Une trêve pour l’intégration.

Un répit dans la fatalité.

Ma compassion était telle, qu’en deux jours, je terminai l’écriture de cette pièce.

Après sa publication et sa première représentation à Reims, je l’ai trouvée un peu trop lyrique et j’ai eu envie d’en réécrire certains passages, d’en modifier même la fin. Désormais la version définitive est bien plus âpre et aussi plus tragique. Plus tard j’en ai tiré un roman que je publierai peut-être. C’est une approche plus « cinématographique » de ce drame.

Le centième nom devrait se jouer en novembre ou en décembre 2006 à Paris avec l’acteur Hicham Nazzal dans le rôle de Jihed. Le rôle de David n’est pas encore trouvé.

 

QUAND SALIM DEVIENT JIHED…
Par
Michel Giliberti


On attend d’un acteur qu’il soit bon, c’est la moindre des choses. Salim sur ce plan-là ne déçoit pas, mais il a ce « je ne sais quoi » dont seuls quelques artistes bénéficient. Ce petit « plus » qui fait la différence. Quand je l’ai vu sur scène, j’ai oublié l’acteur Salim Kechiouche, et j’ai rencontré Jihed, le héros de ma pièce. Je sais que l’on met souvent en avant et à tout propos la capacité de certains comédiens à rentrer dans la peau du personnage qu’ils incarnent, c’est même une formule qui m’ennuie un peu… Salim donnait pourtant cette impression, mais en même temps on sentait qu’il gardait une certaine distance pour ajouter de sa propre expérience au personnage de Jihed.

Il y avait dans son jeu un mélange de grâce et de simplicité, d’inventivité et de banalité qui m’ont vraiment ému. À aucun moment, il n’en rajoutait. À aucun moment, il n’était pesant.

Jamais sur son visage (j’étais au premier rang) je n’ai lu ou perçu le souhait de plaire par son seul physique. Il n’en a jamais joué. Ses yeux, sa bouche, ses gestes, tout était au plus près d’un jeu sans fard et sans préjugés. Nul exhibitionnisme, pas même une simulation de quelques instants.

Il jouait, c’est tout ; comme on mange, comme on boit. Ça paraissait naturel, presque facile. Je crois que c’est bien là, la qualité des grands acteurs : faire vrai avec retenue. Être authentique et donner à croire que c’est facile, alors que le travail est là, en amont.

Pour tout cela, je suis attaché à Salim. Nous avons souvent parlé de son métier ; nous en parlons encore et je peux dire sans me tromper, que si quelque chose le caractérise finalement, c’est sa pudeur.

Et puis, je suis né en Tunisie où je séjourne souvent. Lui est d’origine algérienne et si ces deux pays restent différents, ils offrent beaucoup de similitudes culturelles, et quelques affinités, dont celles, certainement la plus essentielle : le fou rire communicatif au centre de nos inquiétudes.


 

Toutes les iconographies sont tirées du site de Samuel Ganes.

(c) D. R. Tous droits réservés.
Publiées avec l'autorisation de Samuel Ganes et Michel Giliberti.

par Michel Giliberti publié dans : Spécial SALIM KECHIOUCHE
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