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Un grand merci à Francis Moury, Olivier Nicklaus
et à
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NOS CRITIQUES DE FILMS : 1. Films de A à H : ici. 2. Films de I à P : ici. 3. Films de Q à Z : ici.
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Antiprod    BQHL    Carlotta Films    Eklipse    Epicentre Films    Les Films de L'Ange    Hystérie Prod.    One plus One
Dimanche 12 novembre 2006

Fiche technique :
Avec Julien Baumgartner, Jérémie Elkaïm, Julia Maraval, François Comar, Christiane Millet et Patri
ck Bonnel. Réalisé par Fabrice Cazeneuve. Scénario de Fabrice Cazeneuve et Vincent Molina.
Durée : 94 mn. Disponible en VF.


Résumé :
Vincent a 17 ans. C'est un garçon sans problèmes : bon élève, discret, sportif et mignon. Il a même une petite amie que tout le monde lui envie et qu'il aime… mais pas d'amour ! Car il est attiré par les garçons et particulièrement par Benjamin, un nouveau venu au lycée et sur lequel plane le mystère. Vincent ne se décide pas à choisir, encore moins à faire son coming out… pourtant ce ne sont pas des choses qui se jouent à pile ou face ! Il hésite à se reconnaître dans le miroir où il s'observe sans narcissisme. Un jour, Benjamin tente de l'embrasser. Le lendemain, Vincent découvre sur un mur du lycée une inscription le traitant de « pédé ». Son homosexualité est dévoilée. Dès lors, sa vie va en être profondément bouleversée.
L'avis de Francis Lamberg (La lucarne) :
C'est en mai 2001 qui M6 inaugura une nouvelle collection de téléfilms intitulée « Carnets d'ado ». L'objectif était de montrer le monde à travers le regard et l'expérience d'un adolescent. Pour rester au plus près de la psychologie pré-adulte tout en évitant sentimentalisme ou clichés associés traditionnellement à l'adolescence, chaque téléfilm était confié à de jeunes scénaristes et réalisateurs afin qu'ils donnent à chaque épisode une touche de réalisme quant aux personnages et aux situations vécues. De même, parce que l'adolescence est une période de la vie troublée et pleine de doutes, le ton de chaque téléfilm était plus sombre que ce qu'on avait l'habitude de voir sur le petit écran.
Produit en collaboration avec Capa Drama, le défi d'À cause d'un garçon était de traiter de l'homosexualité chez les adolescents avec pudeur et sensibilité. Choisissant un autre chemin que celui emprunté par Juste une question d'amour, le téléfilm cultissime diffusé deux ans auparavant sur France 2, le réalisateur Fabrice Cazeneuve et son scénariste Vincent Molina (pseudonyme derrière lequel se cacherait en fait le jeune écrivain Guillaume Le Touze), décrivent le parcours d'un jeune lycéen qui vit dans le mensonge et doit faire face à l'adversité une fois que son homosexualité est dévoilée. Le but des auteurs est avant tout de traiter la question de l'identité au moment de l'adolescence, une période où tout compte démesurément, la quête de soi, de l'amour, la difficulté d'être soi-même. Le téléfilm a été tourné en 22 jours dans une ville de la banlieue parisienne. Julien Baumgartner (Vincent), qui porte le film sur ses épaules, a auparavant passé trois ans au Cours Florent avant d'intégrer le Conservatoire et d'être viré au bout d'un an pour avoir tourné dans Sexy Boys ! Quant à Jérémie Elkaïm (Benjamin), le garçon par qui le scandale arrive, il était l'un des deux amants de cet autre film gay de référence : Presque rien.
Étude sensible sur les révélations de l'adolescence, ce film illustre également l'universalité de l'amitié et l'agressivité de l'outing. Un coming out « volé » est encore plus dur à assumer. Certains moments de l'histoire sont vraiment filmés avec magie (le coup de foudre entre Vincent et Benjamin, Benjamin qui drague Vincent, la nuit d'ivresse des trois compères ainsi que les scènes de douche et de lit). Il est dommage que les scènes de natation échappent à cette magie. Elles qui auraient dû être moment de grâce et de plénitude (quand Vincent est seul face à lui-même, dans l'eau : son élément) ou de tension et d'affrontement (l'agression homophobe par les compagnons de sport) « coulent » un peu chaotiquement comme une eau qui n'ose pas mouiller. L'image véhiculée par la virée dans le Marais gêne. Ce qu'elle donne à voir de l'endroit est digne du manichéisme d'Ardisson : un quartier gay tentaculaire et tentateur où règne perversion et consumérisme sexuel. Sodome et gonorhée ! À part ce petit bémol, ce film sans maniérisme et soigné (jusque dans le détail de la prévention) est d'un réalisme qui parle à tous et touche particulièrement tous ceux qui sont passé par ces affres là. Julien Baumgartner est habité par le personnage de Vincent : il maîtrise avec finesse la composition de son rôle. Jérémie Elkaïm, quant à lui, est superbe de retenue et de justesse dans son rôle d'ange noir vecteur de la révélation.

BONUS
PLUS DE PAUL
, un film (court-métrage) d'Alessandro Avellis (France - 2002 - 8 min) : Marc rencontre un soir un garçon de rêve, mais celui-ci disparaît. Aidé de sa copine Céleste, il décide de le retrouver…
Pour plus d’informations :


par Francis Lamberg (La Lucarne) publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Dimanche 12 novembre 2006

Fiche technique :
Avec Yoshinori Okada, Kota Kusano, Ayumi Hamazaki, Koji Yamaguchi et Kumi Takada. Réalisé par Ryosuke Hashiguchi.
Durée : 129 mn. Disponible en VOST.


Résumé :
Ito, collégien, est amoureux de son meilleur ami Yoshida, qui ne se doute de rien et est lui-même attiré par Aihara, la jeune rebelle de la classe. Aihara perce le secret d'Ito et celui-ci découvre qu'elle a subi un viol. Ils deviennent amis et forment bientôt un trio romantique des plus étranges.
L'avis de Jean Yves :
Grains de sable rappelle Les Roseaux sauvages d'André Téchiné. On retrouve en effet la même histoire d'amours de lycée. Une fille est attirée par un jeune homosexuel parce qu'elle a peur des garçons ; le jeune homosexuel aime son meilleur ami hétéro ; l'hétéro en question étant, bien entendu, amoureux de la fille. Et, comme dans Les roseaux sauvages, tout se termine près de l'eau, ici une plage au sud du Japon.
La différence principale avec le film de Téchiné, c'est ici la frustration et le refoulement qui règnent sans partage. La question qui travaille tous ces jeunes adolescents semble la même pour tout le monde, homos et hétéros, filles et garçons : quoi faire avec la sexualité ? Que faire avec ces désirs qu'on découvre et qu'on ne maîtrise pas ?

Grains de sable est un beau film sur la puberté, ce moment d'affolement incontrôlé de tous les sens, où les filles se mettent à rire sans raison, où les garçons hétéros « détournent » collectivement les séances de gym de façon sadique et où les jeunes pédés affrontent la naissance de leur désir inavouable.
Cette difficulté à prendre en compte cette énergie nouvelle qui s'empare de leurs corps est accrue par une organisation sociale rigide et normative où le corps semble l'ennemi numéro un. Autant dire que les adolescents ne peuvent y trouver aucun repère. Le seul adulte du film est le père du jeune homo, figure patriarcale défaillante, larguée, un homme moderne absorbé par son travail.
Cette peur du corps de l'autre, la mise en scène l'exprime avec beaucoup de force lors de longs plans-séquences, où les personnages circulent sans jamais se regarder.
Le plus beau plan est celui où les deux garçons s'embrassent. Cadrés en plans larges, les deux garçons mettent cinq minutes à s'approcher l'un de l'autre pour s'étreindre trois secondes. La lenteur de ce plan, son poids de durée, la fixité carcérale du cadre, disent à quel point le chemin est long pour arriver jusqu'au corps de l'Autre.

Pour plus d’informations :

par Jean Yves publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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