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Vendredi 17 novembre 2006



J’étais partant pour faire, à l’instar de mes estimés collègues, une critique de film. Il s’agissait de The Queen de Stephen Frears. Tout bien considéré, cette toile n’étant pas rose, dès lors que The Queen n’est pas « The Queer », il m’a soudain semblé vain d’en parler sur ces pages [Daniel pourra me dire si je me trompe]. Je me bornerai donc à souligner que, ce qui m’a sauté aux yeux dans ce film, c’est la triple analogie entre Diana pourchassée à mort par une meute de paparazzi, Elisabeth II harcelée par Tony Blair et un peuple qui a perdu son flegme légendaire, et le cerf majestueux traqué par les chasseurs, que la reine rencontre dans un grand moment de solitude et avec lequel elle échange des regards chargés d’émotion (sans doute la plus belle scène du film), qu’elle sauve à cet instant mais qui finit par périr sous les coups de fusil un peu plus tard.
Voilà, en gros, ce que je voulais en dire. À défaut, donc, de m’étendre sur la reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, je vais donc délirer sur la nouvelle « Reine de France », des sondages et du Parti socialiste : Ségolène Royal.

À cette heure, ce n’est plus un secret que pour les comateux que la Madone au sourire de Mona Lisa a été royalement désignée par les militants du PS candidate à l’élection présidentielle de 2007. Imaginons la suite…

22 avril 2007 : nouveau séisme politique en France. Les leçons de 2002 n’ayant servi à rien et la multiplicité des candidatures ayant provoqué l’émiettement des suffrages, Jean-Marie Le Pen arrive en tête au premier tour, avec 20 % des voix, suivi de Ségolène Royal à 19,2 % et de Nicolas Sarkozy à 18,5. Cachant son abattement, Sarkozy, dans un sursaut qualifié de républicain mais n’est qu’un calcul machiavélique, appelle à voter pour Ségolène au deuxième tour. Il sait que la victoire de Le Pen provoquerait l’anarchie et la guerre civile, l’effondrement du régime et la restauration de la monarchie, dernier recours suite à ce désastre. Il sait qu’il n’aurait alors plus aucune chance d’accéder au pouvoir face à un beau mec de 33 ans d’1m90 propulsé sur le trône de ses ancêtres par la grâce de Dieu et un soubresaut de l’histoire digne des meilleurs cliffhangers ! Aussi préfère-t-il attendre cinq ans de plus, en misant sur l’échec d’une présidence Royal.

6 mai 2007 : Ségolène Royal est élue Présidente de la République française. À la tête de ce pays qu’on réduit vulgairement à une figure de géométrie (ci-devant « l’Hexagone »), se trouve dorénavant un curieux attelage, le Royal-Hollande, dont le nom n’est pas sans évoquer un régiment de chevau-légers qui fleure l’Ancien Régime. Que de symboles ! Mme Royal nomme Dominique Strauss-Kahn Premier ministre, petite consolation pour ceux qui rêvaient d’Anne Sinclair en Première Dame de France. François Hollande, de son côté, vit son premier drame de France, il est complètement déboussolé, ne sait plus où il en est ni quel est son titre et sa place dans la nouvelle hiérarchie des normes. Est-il le premier prince consort de cette monarchie républicaine qui n’a jamais tant mérité ce surnom ?

Ségolène 1ère, d’ailleurs, entend bien perpétuer la tradition. Si, d’un côté, elle décide de se faire mouler le visage et la gorge pour devenir le nouveau buste de Marianne, d’un autre côté, elle n’oublie pas les privilèges honorifiques associés à sa nouvelle fonction. Grande-Maîtresse de l’Ordre de la Légion d’Honneur, dont elle fait son conjoint Commandeur, mais aussi co-Princesse d’Andorre (c’est royal) et… Chanoinesse de Saint-Jean de Latran. C’est à ce titre que, conformément à l’usage, elle rend sa première visite d’État au Saint-Siège. Vêtue d’une mantille blanche (le noir lui irait mal), Madame la Présidente se prosterne devant Benoît XVI et baise l’anneau du pêcheur, avant d’entendre le sermon papal dans un confessionnal.

À son retour à Paris, complètement transfigurée, Ségolène décide de s’amender. Elle conduit de force François Hollande à Notre-Dame de Paris où Mgr XXIII procède à leur mariage religieux en mondiovision devant toutes les télés du monde. Après cela, tombent les premières mesures : abandon du droit au mariage et à l’adoption pour les homosexuels. Le « peuple de gauche » hurle au scandale, la Gay Pride de juin 2007 tourne à l’émeute, et Nicolas Sarkozy se frotte les mains après son rasage matinal. Ségolène Royal n’en a cure : en voyage de noces aux Antilles néerlandaises, elle se réjouit déjà à l’idée de rencontrer la Reine de Hollande en villégiature…


Pour lire le précédent épisode de Zanzi and the City,
cliquez ici.

par Zanzi publié dans : HUMEUR : Zanzi and the City
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Vendredi 17 novembre 2006


Fiche technique :
Avec Jesse Bradford, Jordan Brower, Daryl Hannah, Jonathan Taylor Thomas, Patsy Kensit et Tiffani-Amber Thiessen. Réalisé par Ni
ckolas Perry. Scénario : Nickolas Perry.
Durée : 94 mn. Disponible en VO, VOST et VF.


L'avis de ACTE :
Passionné de bolides, Johnny rêve de participer au fameux rallye de Caroline du Nord. Sur la route, il fait la connaissance à Las Vegas de jeunes marginaux comme Eric et Steven dont le seul but est de gagner facilement de l'argent, aussi vite dépensé en fêtes mémorables. Fasciné, Johnny va se laisser entraîner dans un monde de sexe, de drogue et de violence dont il ne soupçonnait pas l'existence...
Archétype même du film de marginaux, Speedway Junky, film indépendant de Las Vegas, est une sorte de long trip sur la décadence d'une adolescence en péril.
Mélange de Drugstore Cowboys et de Requiem for a Dream, ce film produit par Gus Van Sant est une remarquable étude de la jeunesse américaine.
Mais derrière ce simple film sur la drogue, se cache bien plus de subtilité et de recherche, que cela n'y paraît. Van Sant, le peintre des marginaux, a fait des petits, et Ni
ckolas Perry, jeune cinéaste indépendant, suit la trace de son maître grâce à une mise en scène propre, discrète et dont le sens de l'esthétique fascine. En effet, la photographie est soignée, les couleurs s'assemblent, entre froides et chaudes, comme pour définir les différentes étapes de la descente aux enfers.
Le message principal qui se cache derrière ce film, est que pour atteindre un objectif, l'être humain est prêt à tout, au péril de sa vie. Johnny dans le film est quelqu'un de déterminé, il sait qu'il veut devenir pilote, et fera un long voyage initiatique, dans le Vegas de l'argent et du sexe pour parvenir à ses fins.
Le métrage parle également de l'amitié, de l'amour, de l'homosexualité. Eric, recueille Johnny chez lui, l'aide à s'installer dans cette ville inconnue mais au détour d'une simple amitié, ses sentiments évoluent, il aime Johnny, mais cela n'est pas réciproque. On devine la souffrance d'un adolescent homo d'un côté, et la volonté de réussir de l'autre. Cette amitié sincère se transforme en un lien fraternel, en une longue symphonie sur la différence sociale. Dans l'univers enchanteur de la ville du jeu, ce petit groupe d'ados déchus, va trouver une motivation à la vie. Chacun rêve du pouvoir, de la puissance, de l'évasion. Tous rêvent d'une vie meilleure, autre part... Pourtant seul Johnny est assez déterminé pour réussir, et n'hésite pas à se prostituer pour gagner de l'argent, cet argent du bonheur, signe d'une vie nouvelle.
Au départ, il ne prête pas trop attention à l'amitié d'Eric. Mais lors d'une ultime quête vers l'inconnu, une fusillade éclate. Eric est touché, trop tard pour faire marche arrière, les portes vers l'au-delà s'ouvrent, et laissent passer le jeune homosexuel, qui dans un dernier souffle, remet son porte bonheur à Johnny.
C'est cette même pièce d'un dollar, objet porte-bonheur de son meilleur ami Eric, qui aidera Johnny à gagner de l'argent dans une machine à sous. Finalement, tout est résumé dans ces deux dernières lignes.
L'argent, le sexe, la drogue, rien n'a suffit à offrir à cet adolescent plein d'espoir, son rêve de devenir pilote. Et en définitive c'est une pièce d'un dollar, donnée par un ami soudain, qui changera sa vie.
Qu'est-ce que cela signifie ? Sans doute que l'amitié est le sentiment le plus pur, celui qui dans le doute, dans la déchéance et dans la tristesse, saura changer l'avis et la vie d'un homme empli de rêves...
Un film fort, poignant, plus axé sur les relations humaines, que sur l'univers de la drogue, qui bien que moins percutant qu'un Trainspotting ou un Requiem, saura vous faire réfléchir sur les actes, et les conséquences...

Pour plus d’informations :

Site consacré au film

par ACTE publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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