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Vendredi 2 novembre 2007

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Photo : (c) D.R.
 
Julien tient le blog I Love Juju. Ses longs posts politiques ou sociétaux (au milieu d’innombrables potacheries queer d'un mauvais goût jubilatoire) sont, à chaque fois, des claques. Approuvant à 100 % ses analyses, nous avons décidé de publier dans cette rubrique les plus dérangeants. Les 4 vérités de Juju, ce sont aussi celles de ce blog…

 

L'image “http://ciotatvitrolles.blog.20minutes.fr/images/medium_gaylib_tracte_christian_vanneste.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

 


Chaque apparition de Christian Vanneste dans les médias est une nouvelle occasion de se rappeler - si besoin était - que la lutte contre l’homophobie et les discriminations est loin d’être terminée et que la soi-disante « ouverture » tient davantage de la manipulation politique et de l’exercice de communication que d’une volonté de voir bouger les « fondamentaux » de notre belle droite.

Petit rappel des faits pour les amnésiques ou les dilettantes de l’information : Christian Vanneste, élu député RPR-UDR de la dixième circonscription du Nord en 1993 devient député UMP en 2002 après avoir perdu son siège en 1997 lors d’une triangulaire avec le FN. En 2004, il présente un sous-amendement à la loi du 23 février 2005 pour que « La Nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé à l’œuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d’Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté française. Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit. » Après une énorme polémique, l’amendement sera retiré.

Mais c’est surtout dans sa lutte contre l’homosexualité que Christian Vanneste s’est particulièrement illustré, tenant en janvier 2005 des propos homophobes dans La Voix du Nord, propos réitérés un mois plus tard dans le quotidien Nord Eclair : « l’homosexualité est une menace pour la survie de l’humanité […] ; je n’ai pas dit que l’homosexualité était dangereuse. J’ai dit qu’elle était inférieure à l’hétérosexualité. Si on la poussait à l’universel. Ce serait dangereux pour l’humanité […] Pour moi leur comportement est un comportement sectaire. Je critique les comportements, je dis qu’ils sont inférieurs moralement […] »

Il récidive sur Canal+ en septembre 2005, en déclarant : « J’ai même entendu dire qu’on allait poursuivre les gens qui employaient le terme “déviant”. Ce qui me paraît d’un totalitarisme incroyable. Bon. Vous avez le comportement normal, c’est-à-dire pratiqué par la grande majorité des personnes, et vous avez un comportement qui dévie par rapport à la norme. (…) Alors ensuite, il est facile d’expliquer que cette norme c’est tout simplement la norme de la nature, je crois que c’est assez clair, et ensuite la norme de l’intérêt de la société. Ce qui est aussi très clair. L’intérêt de la société, c’est qu’il y ait des familles, les plus solides possibles qui élèvent des enfants, qui les élèvent bien, et que manifestement l’homosexualité s’écarte de ce modèle-là. Point. Voyez, il n’y a pas du tout d’agressivité dans ce que je dis. Maintenant, s’ils refusent absolument ce mot-là, on peut dire “anormal” par exemple. Bon, pourquoi pas : a-normal, qui s’écarte de la norme. »

Pour ces propos, Christian Vanneste a été reconnu coupable en janvier 2006 par le Tribunal Correctionnel de Lille d’injures en raison de l’orientation sexuelle et condamné au versement de 3000 € d’amende et 6000 € de dommages et intérêts aux associations plaignantes.

En février 2007, en pleine campagne électorale, Nicolas Sarkozy avait alors affirmé que Christian Vanneste ne serait « pas réinvesti aux législatives » en raison de ses propos. Comme l’ont souligné les rares homosexuels de droite qui ont fini par déserter ce blog, ce fut chose faite, puisque Monsieur Vanneste se présenta sous l’étiquette CNI. À ceci près que l’UMP se garda de mettre face à lui un candidat. Christian Vanneste a été reconduit avec plus de 58 % des suffrages. Le CNI étant affilié à l’UMP, Christian Vanneste a tout naturellement intégré le groupe parlementaire UMP.

Notons également que malgré l’opprobre de façade de Sarkozy, Vanneste était présent au buffet des parlementaires UMP en mai 2007, après l’élection de Sarkozy, en pleine campagne législative, présence que Jean-Luc Roméro avait vivement condamnée : « Il est inutile de jouer l’air de l’ouverture, de la tolérance, de l’enseignement de l’histoire et du respect des différences si, dans le même temps, on valorise un homme pour qui l’égalité entre les hommes n’existe pas et pour qui l’homosexualité est inférieure à l’hétérosexualité. »

Pour couronner le tout, Christian Vanneste vient d’être investi candidat UMP à la mairie de Tourcoing pour les municipales 2008, un véritable camouflet pour les homosexuels de la part de la majorité, un cadeau pour celui que Sarkozy prétendait vouloir exclure.

Une fois encore, Nicolas Sarkozy a menti.
Une fois encore, les actes viennent contredire les promesses.
Une fois encore, l’UMP a préféré laisser en place un candidat ouvertement homophobe et condamné pour cela mais favori pour la victoire électorale, plutôt que de le remplacer par un autre qui aurait risqué de perdre aux municipales.
Une fois encore, les pédés sont la cinquième roue du carrosse, on nous prend vraiment pour des cons, et c’est loin d’être fini.

par Julien publié dans : LES 4 VÉRITÉS DE JUJU communauté : Gay-friendly
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Vendredi 2 novembre 2007
par Daniel C. Hall publié dans : WEBSERIE : GAY FRIDAY communauté : Gay-friendly
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Vendredi 2 novembre 2007


Fiche technique :

Avec Michael Legge, Allen Leech, Amy Shiels, David Murray et Frank Kelly. Réalisation : David Gleeson. Scénario : David Gleeson. Image : Volker Tittel. Montage : Andrew Bird. Décors : Jim Furlong. Costumes : Grania Preston. Musique : Stephen McKeon.
Durée : 89 mn. Disponible en VO et VOST.

 

Résumé :
Shane (Michael Legge), 20 ans, trop sage, cherche un appartement au centre de Limerick, Irlande, pour sortir des jupons de sa mère et ne plus arriver en retard à son travail. Il ne se doute pas que d’accepter de cohabiter avec Vincent (Allen Leech), un gay extraverti, va radicalement changer sa vie. Shane, hétéro, timide et passionné de dessin, travaille dans la fonction publique pour vivre. Il va se trouver confronter à un nouvel environnement détonnant. Vincent, son nouveau colocataire, veut à tout prix le faire sortir de sa carapace, le décoincer. Et puis il y a Keith (David Murray), le voisin dealer qui s'attache étrangement au jeune homme qu’il rencontre lorsque Shane découvre accidentellement sa cache où il entrepose la drogue qu’il vend. Keith recrute habilement le naïf Shane pour récupérer de l’héroïne à Dublin. Shane se laisse entraîner dans toute une série de problèmes, mais Vince est toujours là pour lui donner un coup de main et le sortir des difficultés…

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L’avis de Bernard Alapetite (
Eklipse) :
Une comédie romantique gay qui se déroule à Limerik, Irlande, où je ne soupçonnais pas qu’il y eût une vie gay, ni une école de mode. Voilà un long métrage qui, au moins, vous l’apprendra et vous fera sortir des clichés habituels sur l’Irlande. Cela fait plaisir, un cinéaste d’une telle fraîcheur qui filme avec élégance cette histoire tellement simple et claire (mais pas si rose que cela) que l’on pourrait aimer quelle soit la notre, de ce garçon qui sort des jupes de sa mère et qui se « dessale » au contact de ses voisins... Mais comme dans toute vie ordinaire, dans celle de Shane il se passe plein de choses extraordinaires, certaines pas jolies, qu’il voudrait oublier et d’autres formidables, qu’il espère que ceux qu’il aime n’oublieront pas. Il n’est pas difficile de s’identifier à Shane ; on tremblera pour lui tout le long du film, tellement il est attendrissant.

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Ils sont vraiment mimi ces deux colocataires, peut-être un tout petit peu trop caricaturaux, mais des caricatures comme cela nous en connaissons tous, mais malheureusement en moins mignons... Ce n’est pas un film pour les malins et les cyniques, mais il y a peut-être un peu trop de malins. C’est une histoire pour ceux qui croient encore en l’Homme, que la vie n’est pas écrite, qu’il faut un peu de chance, pas mal d’opiniâtreté et beaucoup de générosité, et que peut-être alors… les rêves peuvent devenir réalité…

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Le film sonne toujours juste. Les scènes entre les deux garçons sont remarquablement justes et souvent émouvantes, elles sentent le vécu. En écrivant ce mot « vécu », je pense que c’est ce qui manque à bon nombre de jeunes cinéastes-scénaristes de nos contrées qui se veulent cinéastes qui tournent avant d’avoir eu une quelconque expérience de la vie. Cowboys and Angels est le premier long métrage, largement autobiographique de David Gleeson, âgé d’une quarantaine d’années. « J’ai basé l’histoire sur mon expérience personnelle et le personnage principal travaille dans le département où moi aussi je travaille. Il partage l’appartement avec un jeune étudiant d’Art comme je l’ai fait. »
Il a été difficile à monter. Il a fallu dix ans à Gleeson pour réaliser son rêve, d’autant qu’il souhaitait que le film soit tourné entièrement à Limerick, ce qui n’avait jamais été fait. Grâce entre autre à une coproduction allemande qui a vu l’universalisme de cette histoire, pourtant fortement ancrée en Irlande, le cinéaste a eu les moyens de sa modeste ambition. Il a soigné sa réalisation, la dotant d’une charte esthétique forte et précise : « Les couleurs de Cowboys & Angels sont le bleu acier des clubs branchés, le noir velouté des nuits obscures et le rouge écarlate d’un premier baiser. La lumière, les décors et les costumes sont le reflet de cet univers à la séduction venimeuse. Un monde où les personnages essaient de s’infiltrer et d’exister sans perdre leur intégrité. »

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C’est au cinéma de Mike Leight que ce film fait penser : même fluidité du montage, même évidence des acteurs, tous remarquables, même justesse des dialogues.
Au début de leur cohabitation, Shane dit à Vincent : « Tu as de la chance d’être gay, vous avez un milieu... » Cette remarque m’a remis en mémoire certains garçons, moins rares qu’on pourrait croire, qui affichent leur homosexualité avec ostentation et qui finalement, pratiquent assez peu. Comme si être gay leur permettait surtout d’avoir un milieu, une famille de substitution, une appartenance et aussi de vivre plus facilement en « adulescent », de fuir les responsabilités familiales ; un peu comme certains cadets de famille au XVIIIe siècle qui rentraient dans les ordres non par foi, mais pour trouver un refuge et une raison sociale.
Ce qui nous surprend surtout pour un film irlandais, c’est son  optimisme et sa confiance dans les possibilités humaines. On a peur que Shane soit trop timoré pour saisir cette chance qu’est sa rencontre avec Vincent. On ne voudrait surtout pas qu’il termine comme Jerry, le vieux collègue qui est passé à côté de sa vie...

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Si nous sommes surpris qu’un tel film nous vienne d’Irlande, c’est d’abord à cause de la profonde méconnaissance que la plupart des français ont de l’Europe, les récents développements politiques sur le sujet n’arrangeant pas les choses, et en particulier de son cinéma. Pour la quasi totalité des spectateurs, un film ne peut être que français ou américain. Il suffit de consulter les chiffres des entrées dans la revue Le film français pour constater que la part du « reste du monde » ne fait que diminuer. Et pourtant, les grands festivals couronnent presque exclusivement ces films du « reste du monde ». Cannes 2006 n’a-t-il pas décerné sa palme d’or au film britannique Le Vent se lève, qui comme Cowboys & Angels, est interprété par des acteurs irlandais, tout comme le beau et gay Breakfast on pluto, autant de films où ils montrent leur excellence. Le grand combat cinéphilique d’ici et maintenant est de promouvoir les films d’ailleurs pour ne pas se laisser phagocyté par les manières de voir américaine et française. Le plaisir du cinéma est au bout de ce combat qu’il ne faudrait pas considérer comme superfétatoire.
Il y a beaucoup de tendresse et d’émotion dans Cowboys & Angels, une histoire d’aujourd’hui, dans une Europe d’aujourd’hui. On ne vous en voudra pas, si vous verser une larme, à la fin, dans votre pinte de guiness.

Pour plus d’informations :

***

 

par Bernard Alapetite publié dans : FILMS : Les Toiles Roses communauté : Gay-friendly
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