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Dimanche 20 novembre 2005

Fiche technique :
Avec Colin Farrell, Angelina Jolie, Val Kilmer, Jared Leto, Anthony Hopkins, Jonathan Rhys-Meyers, Rosario Dawson, Christopher Plummer et Gary Stretch. Réalisé par Oliver Stone. Scénario de Oliver Stone, Christopher Kyle et Laeta Kalogridis. Directeur de la photographie : Rodrigo Prieto. Musiques de Vangelis.
Durée : 170 mn. Disponible en VO, VOST et VF.

Résumé :
La vie d'Alexandre le Grand, narrée par Ptolémée : de son enfance à sa mort, des cours d'Aristote aux conquêtes qui firent sa légende, de l'intimité aux champs de bataille. Fils du roi Philippe II, il soumit la Grèce révoltée, fonda Alexandrie, défit les Perses, s'empara de Babylone et atteint l'Indus pour établir à 32 ans l'un des plus grands empires ayant jamais existé.
L'avis de Samuel M. :
Superproduction destinée à engranger les bénéfices, fresque historique emplie de bruit et de fureur, le dernier film d’Oliver Stone déçoit par ses partis pris esthétiques : réalisation, musique, décors, jeu des acteurs ne brillent pas par leur originalité, et le souffle épique peine à soutenir la longueur du film. Alexandre éveille surtout l’intérêt par son portrait de l’empereur. Celui dont l’histoire a traversé les siècles et qui a inspiré de nombreux romans est présenté comme un homme complexe, rappelant quelque part les héros de John Huston, depuis son enfance instruite par Aristote jusqu’à sa mort à l’âge de 33 ans. On y voit un jeune homme peu assuré se changer en chef de guerre assoiffé de conquêtes. La narration, dévolue à Ptolémée, fait la part belle à la théorie du complot chère à Stone, et prête à Alexandre des aspirations universalistes et un discours de rapprochement des peuples qui sonnent comme anachroniques, et d’ailleurs montrés comme incompris. L’Alexandre d’Oliver Stone tente ainsi de restituer la fascination exercée par un homme empli de contradictions, au destin grandiose, mais tragique par sa brièveté. Comme l’écrit Ménandre, ceux qui sont aimés des dieux ont une vie courte... 
Le fils de Philippe de Macédoine, animé par sa mère d’une ambition dévorante, manifeste très tôt son attirance pour les garçons, en particulier pour Héphaestion. Sa mère lui reproche même de ne pas surmonter son indifférence devant les femmes pour épouser une future reine, dans un but uniquement politique, bien sûr. Par-delà les conquêtes, les trahisons et les menaces de mutinerie, jamais son affection pour Héphaestion ou son attirance pour Gaboas ne sont remises en cause par ses hommes (qui l’encouragent même à embrasser ce dernier lors d’une fête). S’il s’éprend de Roxane au point de l’épouser, et si leur nuit de noces est à peu près la seule scène érotique du film, son attachement pour Héphaestion demeure indéfectible, alors qu’il délaisse progressivement Roxane. Le gage d’amour que lui offre son amant, une bague, en est le signe très clair. Enfin, lorsque Héphaestion meurt, malade ou empoisonné, on voit Alexandre tremper ses doigts dans sa coupe et les lécher fugitivement, suggérant la volonté du héros de suivre son compagnon dans la mort. Il succombera en effet trois jours après. Le film s’ouvrait sur l’agonie d’Alexandre faisant tomber une bague sur le sol. L’image de la bague, symbole d’amour même dans la mort, encadre alors le film, et vient mettre en avant l’histoire d’amour souterraine qui parcourt toute l’œuvre. Elle fait baigner les spectateurs dans un singulier dépaysement. Celui d’être projeté dans un monde où le héros n’adhère jamais aux codes sexuels du cinéma grand public du XXe siècle, malgré la scène « gay » censurée  : hétérosexualité conquérante, virilité conventionnelle... Désarçonné ou aux anges, le public voit ses attentes trompées. Si les producteurs ont assagi les images, le scénario résiste à une représentation formatée. Un dépaysement qui n’est pas gratuit, donne un peu d’âme et d’audace à ce « blo
ckbuster » hollywoodien et en fait autre chose qu’un pur produit commercial.
L'avis d'Oli :
Tout d'abord, je tiens à dire que je vais donner mon avis sur un film dont UGC a maladroitement diffusé le Director's Cut de 2h50 au lieu de nous montrer la version intéressante d'1h30 nettoyée des chutes et des passages ridicules. Qu'ils sont distraits, chez UGC...
Le défi d'Oliver Stone, avoué ou pas, c'était de faire aussi bien que Gladiator. Histoire rectifiée pour les besoins du spectacle, décors exceptionnels, musique symphonique grandiose et augmentant l'effet scotchant aux moments paroxystiques, acteurs à l'aise dans leur rôle et une bonne dose d'angoisse pour que le spectateur sente son destin lié à celui du héros. Eh ben, euh, à part le premier point, c'est complètement raté. Enfin, si, les décors de Babylone, de la Porte d'Ishtar aux Jardins suspendus, sont très jolis (on y voit même deux tours de Babel tout droit sorties du tableau de Brueghel l'Ancien). Mais les moments ridicules sont légion, les scènes de combat sont un bon cran en dessous du Seigneur des Anneaux, quelques détails sont grotesques (les pétales de fleur qui surgissent d'on ne sait où pour fêter une décision fraîchement prise par Alexandre, alors que nous sommes dans un camp militaire de fortune qui n'a certainement pas que ça à faire d'emmagasiner des pétales de fleurs fraîchement coupées, ou bien Héphaïstion regardant droit dans les yeux Alexandre, ses beaux yeux bleus arborant de splendides lentilles de contact). Et puis les acteurs ont visiblement moins de mal à simuler un amour hétérosexuel qu'un amour homosexuel. Pour une chatte d'actrice bien visible, tu as le droit à une main sur l'épaule de l'acteur. Bonne mesure du décalage dans la société occidentale.
Il reste quand même l'histoire, qui n’est pas mal, mais c'est un peu imposé par l'Histoire. Et puis ça fait réviser ses classiques (comment s'appelait le précepteur d'Alexandre ? Et son cheval indomptable ?). Non, mais sinon, ce film ne mérite pas qu'on lui consacre ses trois heures, on peut allègrement faire autre chose à la place. Passez votre chemin, sans intérêt.

Pour plus d’informations :
Bande annonce
Site officiel du film
Voir la fiche n°1, avis de ExCalin
 

par Samuel M. et Oli publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Dimanche 20 novembre 2005


Fiche technique :
Avec Adam Chubbuck, James Ransome, Tiffany Limos, Stephen Jasso, James Bullard, Shanie Calahan, Eddie Daniels, Bill Fagerbakke et Patricia Place. Réalisé par Larry Clark et Edward Lachman. Scénario de Harmony Korine. Directeurs de la photographie : Larry Clark et Edward Lachman. Compositeur : Matt Clark.
Durée : 95 mn. Disponible en VO, VOST et VF.
Résumé :
Un tableau provocant d'adolescents américains de classe moyenne qui trompent leur ennui avec du sexe, de la violence et de la perversion à Visalia, une petite ville de Californie. Leurs parents sont pour la plupart médiocres, aveugles, méprisants et alcooliques.
L'avis de Matoo :
J’avais beaucoup aimé Kids. Je l’avais découvert quand j’étudiais à Newcastle, dans un petit ciné de quartier. A l’époque, on disait que c’était le film « qui avait choqué Madonna », et en effet il y avait de quoi. Mais surtout, c’était une réflexion pleine de sagacité (en même temps qu’une critique au vitriol) et un constat dérangeant sur le sexe chez les adolescents, ainsi que la manière dont l’âge de l’inconscience rencontrait celui des premières expériences. Et surtout, il présageait la manière dont le sexe se pratique, de plus en plus jeune, sans repère ni raison et sans aucun discernement.
En ce sens, Ken Park est le juste dérivé de Kids. En effet, le film est trivial et largement plus voyeur en terme de scènes de cul. Je n’avais jamais vu de démonstrations aussi explicites, et ce n’est pas tant que j’ai été choqué de cette crudité (pas mal excité même) que je n’ai plutôt pas compris son intérêt, étant donné que ce n’était pas le prétexte à un trait de scénario mais la simple mise en abîme d’une série de faits.
L’histoire tourne autour d’une bande de jeunes de Californie qui se font littéralement chier, sont complètement en inversion de phase avec leurs parents, et cherchent à tout prix à passer le temps. Il y a donc plusieurs portraits qui se succèdent, et le film démarre par le suicide assez spectaculaire et gore de l’un d’entre eux. Cette mort est le prétexte à une présentation des personnages dans leur famille et environnement respectifs. Ils sont tous plus déstructurés et paumés les uns que les autres, les enfants vivant les affres de l’adolescence, et les parents sont engoncés dans leurs vies moroses. L’un des ados se tape la fille et la mère, tandis que le second ne supporte plus ses parents et expérimente le gasping en se branlant (une scène assez space… on le voit se branler et éjaculer tout en s’étranglant pour avoir une meilleure jouissance), il finit par assassiner ses grands-parents parce qu’il ne les supporte plus, une autre a un père catho intégriste complètement taré, etc.
J’ai été un peu déçu par cette manière de montrer un environnement et des situations vraiment extrêmes et rien d’autre, ainsi que par les scènes de sexe qui ne débouchent sur rien de spécial dans le film (même si dans la réalité c’est assez plausible). En fait, je m’attendais à un scénario mieux construit, et j’ai seulement vu un défilement de jeunes gens perdus et écartelés, qui baisent et c’est tout. Du coup, quel est vraiment l’intérêt de cela ? Et la surenchère dans le suicide du début et le crime des grands-parents ?! Vraiment, j’ai eu du mal à suivre.
Je ne peux pas dire que c’était complètement nul ou bien que je n’ai pas été sensible aux personnages, mais je ne vois pas où ils veulent en venir. Et finalement, ce qui m’a plu, c’est que les mecs sont plutôt bien montés, qu’on voit leurs bites, que les scènes de cul (hétéros) sont plutôt bandantes, et que le plan à trois de l’affiche est aussi beau que la photo (une scène vraiment très sensuelle, à la fois tendre et sexuelle…). Est-ce que c’était le but du film ? Non, quand même pas ? Ou alors, j’ai raté le coche. Ouais, ça doit être ça.
Pour plus d’informations :
Bande annonce
Voir la fiche n°1, avis de Jean Yves et G. F.
 
par Matoo publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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