
À mon retour de Nantes, j’ai fait l’objet de moult sollicitations : relations amicales désireuses de me revoir après une si longue absence ; apparition de nouveaux prétendants, les uns à une relation sexuelle, les autres à une relation sérieuse, certains pour des relations sexuelles prélude à une relation sérieuse, d’autres encore pour une relation sérieuse prélude à des relations sexuelles. C’est dire si, soudain et après une traversée du désert sentimental plus longue que les quarante jours de méditation de Jésus dont le Christianisme fit le Carême, je me suis retrouvé confronté à l’embarras du choix. Et c’est bien là le problème.
Comment faire pour ne pas me gourer ?
J’ai bien songé à me convertir à l’islam, à m’autoproclamer sultan et à ouvrir un harem. Cette solution digne des mille et une nuits rencontre certaines difficultés d’application. Premièrement, un sultan se doit d’entretenir (financièrement) son harem, et cela dépasse de loin mes moyens actuels. Deuxièmement, la plupart des postulants réclameront l’exclusivité de mes faveurs. Pourquoi les gens ne sont-ils pas plus partageurs ? Cela ne me poserait aucun problème d’autoriser mes concubins à faire l’amour entre eux en mon absence (soupir…). Troisièmement, je sors de mon rêve oriental pour revenir à la réalité concrète.
Voici la problématique. Quand plusieurs personnes, simultanément, débarquent dans votre vie et vous font comprendre que vous les intéressez, et que réciproquement ces personnes a priori vous intéressent, vous semble-t-il logique, justifié et légitime de sortir avec chacune d’entre elles en même temps (mais pas tous ensemble) pour vérifier, sans exclusive, vos compatibilités ? Ce que je veux dire, c’est que je voudrais m’autoriser à essayer chaque chaussure pour trouver celle qui ira à mon pied. Le problème, c’est la jalousie des chaussures entre elles, qui oblige à dissimuler à chacune que d’autres sont en compétition. Le leur dire, c’est courir le risque de les voir toutes tourner les talons et de me retrouver les pieds nus.
Autrefois, plusieurs fois, je me suis retrouvé dans la même situation, ô combien inconfortable. Sur le moment, j’avais pris la décision de faire un premier choix et de m’y consacrer. À mon grand regret, car à chaque fois il s’est avéré que j’avais tiré la mauvaise carte et que, peut-être, si j’avais aussi joué avec les autres au moment de la donne, l’une d’entre elles aurait pu, avec moi, former la combinaison gagnante. Ace and ten, Black Jack.
Les mauvais choix que j’ai fait en décidant de choisir en amont étaient des leurres qui m’ont abusé dans ma quête éperdue du véritable amour. Aujourd’hui, je ne veux pas que les mêmes causes reproduisent les mêmes effets. Same script, different cast chantait Whitney Houston. Plus jamais ça ! Il faut changer le script. J’en appelle à vos conseils.
Cher(e)s lectrices et lecteurs, que feriez-vous à ma place ?
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