
ajouter un commentaire commentaires (0) créer un trackback recommander



En marge des débats relatifs au PACS, Madame Bernadette Chirac a pris position dans une interview au Figaro-Magazine en 1998.
« Le risque d'une banalisation du couple homosexuel tendant à en faire une structure parafamiliale normale jusqu'à l'adoption d'enfants , voire la procréation assistée, peut être lourd de conséquences sur les structures de base de notre société… »
« Le PACS ayant surtout été proposé pour défendre les droits, les biens et le patrimoine des homosexuels, on aurait tout aussi bien pu le faire en aménageant certaines dispositions existantes... » critique Mme Chirac en parlant d'un « militantisme homophile » qui lui semble « aussi intolérable que l'homophobie ».
« Bertrand Delanoë vient à la Mairie en string… », « Sur les photos, c'est clair... En tutu, il est très bien ! » (Grosses Têtes, 3 septembre 2001)
« Ces gens qui réclament un droit à la différence », « Chez les homosexuels, c'est [la randonnée] la "rang d'oignon" ! » (Grosses Têtes, 18 septembre 2001)
« Politicien homosexuel et fier de l'être, Jean-Luc Roméro aimerait épouser sa Juliette à moustache » (Bloc note de Philippe Bouvard dans le Figaro Magazine, 29 septembre 2001)
« Bertrand Delanoë, il s'est arrangé pour qu'on ne le photographie jamais avec ses enfants, jamais. Il a réussi ! Ni même avec sa femme d'ailleurs, on ne la voit pas. Quand on va découvrir madame Delanoë, on va regretter Xavière Tibéri ! » (Grosse Têtes, 11 octobre 2001)
« Je suis dans un no man’s land sexuel. Je n’entre pas dans le stéréotype physique gay, je ne me sens pas attirant sexuellement. Dans un club gay, tout le monde est musclé, il y a un élément très important de fascisme physique. À seize ans, je sortais beaucoup avec des hétéros. Mais c’était avant le sida. Depuis, ceux d’entre eux qui expérimentaient sexuellement se sont mis à avoir peur. En tant que ro

L’avis de Matoo :
Mon premier roman d’une maison d’édition gay de chez gay, de Raphaël Moreno (dont je lis le blog). J’y ai finalement trouvé les défauts que je supputais plus ou moins, mais j’ai aussi été charmé par d’autres aspects. Je ressors donc de cette lecture et découverte avec une agréable sensation.
Je déteste la couverture en fait. Mettre un mec à oilpé sur tous ces bouquins, je trouve ça d’un rabaissant pour un roman. Sauf s’il s’agit d’un récit ouvertement érotique, mais si l’on doit raconter une histoire qui n’est pas que du sexe, je trouve ça dommage d’en réduire la représentation à des abdos, aussi parfaits soient-ils. Je pense que c’est une bête question de marketing et d’identification des romans sur un étal de librairie. Mais bon, j’ai fait le maximum pour faire abstraction de cela, et du fait que ce texte était un récit pédé, écrit par un pédé, manifestement pour des pédés. D’abord, je dois dire que j’ai été content de découvrir la plume de l’auteur dans ce contexte, et de me rendre compte que l’écriture de ce roman avait pas mal de qualités.
Nous suivons donc l’histoire de Constant qui est un jeune écrivain de 25 ans, et qui rencontre un mec dans une soirée : Alexis. Ce dernier est pourtant aux antipodes de l’autre, il est plutôt alcoolique et pilier de boite, tout le temps à communiquer et niquer tout court grâce au net. Constant découvre d’ailleurs à ses dépens qu’il doit faire attention avant de trop rapidement accorder sa confiance. Il décide de raconter dans un roman sa rencontre avec Alexis, mais leur relation balbutiante est rapidement mise à l’épreuve.
Constant est un personnage qu’on devine assez proche de l’auteur (je me trompe peut-être), et ses préoccupations et tergiversations sont terriblement proches des miennes, je pense que cela aide aussi à s’identifier. Et c’est en cela que je trouve que le bouquin a le mérite d’exister et de proposer à de jeunes homos des personnages de romans qui leur ressemblent enfin. Même si la littérature propose de plus en plus de livres dont les protagonistes sont homos ou bien dont les intrigues évoquent cette réalité d’une population qui intègre de plus en plus l’homosexualité dans ses codes sociaux.
J’ai été un peu déçu au début, et au global je ferais le reproche d’une narration un peu trop basique et factuelle. On n’a vraiment l’impression que quelqu’un est en train de raconter une histoire, et moins de le vivre en le lisant (ce que j’aime dans les romans). Mais de temps en temps, Raphaël Moreno libère son écriture et arrive à emmener son lecteur dans ses pensées. Alors j’ai été saisi par certains passages, et j’ai trouvé beaucoup de plaisir à goûter ses mots. Cela résonne un peu comme un premier roman, un peu maladroit et qui aurait encore nécessité du travail, mais dont les charmes et les vertus sont indéniables.
J’ai forcément du mal avec les bouquins qui traitent d’un sujet si proche de moi : les pédés et le net. Et pourtant c’est aussi une partie de son mérite. Du coup l’ambiance romanesque manque, pour moi, un peu de souffle exotique. Je pense que cela doit être un bouquin à dévorer lorsqu’on est plus jeune et en quête d’identification. En tout cas, cela m’a permis de découvrir avec bonheur Raphaël Moreno au-delà de son blog. On en apprend peut-être plus concrètement dans un blog, mais je crois que le roman délivre aussi certaines facettes en filigrane. J’aimerais bien le lire dans un contexte un peu plus œcuménique maintenant, je pense que ça en vaut la peine.
Pour plus d’informations :
Le site des éditions Textes Gais
Commentaires