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Mardi 7 novembre 2006
par Daniel C. Hall publié dans : VIDEOS : Les Pubs Roses
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Mardi 7 novembre 2006
par Daniel C. Hall publié dans : VIDEOS : Lutte contre le sida
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Mardi 7 novembre 2006
par Daniel C. Hall publié dans : VIDEOS : Les Pubs Roses
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Mardi 7 novembre 2006
par Daniel C. Hall publié dans : VIDEOS : Les Pubs Roses
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Mardi 7 novembre 2006

Fiche technique :
Avec Pierre Chatagny, Natacha Koutchoumov et Rui Pedro Alves. Réalisé par Lionel Baier. Scénario de Lionel Baier. Directeur de la photographie : Séverine Barde et Lionel Baier.
Durée : 94 mn. Disponible en dvd.

Résumé :
Entre le travail dans une usine de chocolat la journée et le sexe consommé à la chaîne le soir, la vie de Loïc est réglée comme du papier à musique. Mais un jour, il fera quelque chose d'exceptionnel, "de nouveau". Le jeune homme ne sait pas encore quoi, mais économise déjà sur la nourriture en se coupant l'appétit à coup de cachet contre le mal d'estomac.
Il y a Marie également, l'amie d'enfance, celle chez qui Loïc va dormir après avoir été rodé sur internet, puis dans les rues de la ville. Celle dont Loïc est peut-être amoureux.
Mais tout cela va changer, parce que Loïc va faire des rencontres : le type étrange du Mac Donald d'abord, mais surtout Rui, le footballeur star de l'équipe régionale. Le jeune homme va changer, parce que Marie le forcera à aller plus haut. Parce que Loïc n'est pas un garçon stupide...
L'avis de Clément Graminiès (Critikat) :
Avec ce premier long-métrage aussi hésitant qu’attachant, le jeune réalisateur suisse Lionel Baier esquisse le délicat portrait d’un jeune homosexuel de vingt ans, Loïc (Pierre Chatagny), qui partage sa vie entre le travail à l’usine et les rencontres d’un soir conclues sur Internet. Avec cette approche quasi sociologique du milieu gay, Garçon stupide rend compte, sans aucune complaisance, d’une misère affective où la sexualité, exploitée mécaniquement, vient contrebalancer l’absence totale d’attaches.

Mais l’entrevue sur laquelle s’ouvre le film va progressivement venir bouleverser ce rapport aux autres. Jeune garçon égoïste qui ne s’interroge pas sur le monde qui l’entoure - il ne sait même pas qui est Hitler -, Loïc est stupéfait de voir qu’un homme, Lionel, s’intéresse si soudainement à lui, à sa personne, en lui posant toutes sortes de questions non relatives à ses performances sexuelles. D’abord déconcerté par les intentions louables de cet homme qui restera continuellement en hors-champ, le jeune homme se laisse peu à peu prendre au jeu de la confession et multiplie les rendez-vous comme on décide d’entrer en psychanalyse. Lui qui n’envisageait son rapport avec l’autre qu’autour d’un plaisir immédiat va peu à peu s’éveiller à la complexité du monde qui l’entoure, à des désirs dont il ne soupçonnait même pas l’existence.

Car sous ce comportement futile et insouciant, Loïc cache des trésors que la mise en scène soignée de Lionel Baier fait éclore par fulgurance. En contrepoint des nombreuses scènes crues et terriblement réalistes où l’acte sexuel est surreprésenté sans jamais appeler à quelque voyeurisme, le jeune homme aux grands yeux noirs et mélancoliques surnage puis s’accroche, grâce notamment à la bonne copine, Marie (touchante Natacha Koutchoumov), qui l’héberge très régulièrement dans son petit deux pièces de Lausanne. Affectueuse, la jeune femme offre à Loïc un amour, une écoute et un réconfort que ses histoires d’un soir ne sont pas à même de lui donner. A la fois substitut maternel et amoureuse transie, elle subit les sautes d’humeur de ce jeune immature, lui explique patiemment les termes qu’il ne comprend pas tout en essayant de lui faire prendre conscience de la vacuité de son existence. Mais l’égocentrisme du jeune homme, dont la caméra épouse le point de vue, ne lui permet pas de comprendre que cette amie est autant, sinon davantage, rongée par la solitude et la peur de l’échec. La soudaine scène du suicide, quasi onirique, vient alors contredire toutes les certitudes de Loïc. Il suffit de le voir terrassé de peur, animal devenu vulnérable, lorsque son amie disparaît momentanément dans la pénombre d’une grotte pour comprendre que Garçon stupide, sous ses aspects de comédie sociale, revêt des accents tragiques qui pousseront son personnage principal à dépasser ses propres limites, à aller jusqu’au bout de ce parcours que la réalisation travaille avec une patience admirable.

Et si le film semble s’égarer par intermittence dans des possibles scénaristiques aussitôt avortés, c’est que Lionel Baier suit au plus près les balbutiements de Loïc dans sa nouvelle prise de conscience. Revenu d’une mort symbolique, il repart de zéro, renaît depuis la chambre de son enfance où chaque objet se veut l’évocation de souvenirs refoulés, puis s’émancipe, part à la découverte du monde à l’aide d’une caméra. L’objet, preuve d’un éveil et d’une volonté de comprendre, devient une arme à part entière, un possible tangible qui lui permettra de comprendre de lui-même ce que son amie n’est plus là pour lui expliquer.

Pour plus d’informations  :

 
par Clément Graminiès publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mardi 7 novembre 2006


Peux-tu nous présenter ton blog, sa genèse, son contenu, ce qu’il t’apporte et ce que tu penses qu’il apporte à tes lecteurs(trices) ?

Mon blog est né d’autres blogs grâce aussi à TRYPTAN (Mme Marcadet) qui m’en a montré l’usage et la liberté que cela procurait. Journaliste pigiste, c’était aussi pour moi, la possibilité d’écrire sans contrainte et de créer une ligne éditoriale propre me permettant tous les sérieux et toutes les fantaisies. D’abord installé chez U-Blog, je suis rapidement passé à DotClear qui m’a permis de mettre du son, de la vidéo, des photos et du texte bien sûr sans les contraintes normatives de U-Blog. Quant au contenu de mon blog, il est éclectique. Je dis souvent que c’est une auberge espagnole mais chic et gay, qu’on y trouve ce qu’on y apporte. Cependant, le personnage de Grey Mondain me permet d’aborder les sujets du moment à travers le prisme de la futilité et de la mondanité. Mais pas toujours, juste pour dérouter ce qu’il faut, pour brouiller les pistes. Qui tire les ficelles : Grey Mondain ou son créateur ?

Tu écris le premier paragraphe d’un roman ou d’une nouvelle dont le héros n’est autre que toi-même. Quel serait ce paragraphe ?

Les coussins sont moelleux pensa-t-il en s’asseyant dans ce fauteuil princier. La posture qu’il avait adoptée était à la hauteur du fauteuil. Une arrogance légère presque insouciante s’en dégageait. Elle convenait au lieu. Décontracté et chez lui, il passa commande. Alors que le barman lui apportait son champagne, il soupira d’aise et s’entendit dire : « Ah ! je me sens revivre ! » Il était au Fontainebleau, le bar du Meurice. La terre s’arrêtait de tourner. Déjà, il était hors du temps.

Si tu étais les premières images d’un film, quelles seraient-elles et pourquoi ?

Le choix est difficile ! Mes classiques préférés se bousculent dans ma tête. En citer un plutôt qu’un autre serait assez réducteur. Aussi ma réponse sera presque la même que celle que j’ai faite à Clarence Dutilleul : Ce serait un film auto-promo conceptuel, un plan fixe sur le dos d'un fauteuil d'un grand bar d'hôtel parisien avec un cocktail sophistiqué et onéreux sur une petite table à hauteur de ma main. D’ailleurs on la voit prendre le verre et goûter au cocktail. Off et en boucle, des répliques cultes de films « How do I look ? Very good I must say I’m amazed ! », « I am a very stylish girl », « À la Cour monsieur ! À la Cour dont je suis », « Les pauvres bêtes qui veulent prouver leur amour ne savent que se coucher par terre et mourir. », « It’s beyond my control », « Lights Models Guest lists ust do your best darling »… D’autres répliques se perdent en murmures.

Quel est ton roman préféré (à thématique gay ou LGBT) et pourquoi ?

Les Chroniques de San Francisco. À cause de l’humour et du tableau brossé d’une époque déjà révolue. J’attends toujours le Armistead Maupin français qui réaliserait le même tour de force. En vain pour l’instant.

Quel est ton film préféré (à thématique gay ou LGBT) et pourquoi ?

La Belle et la Bête de Cocteau. Je l’ai vu pour la première fois à 6 ou 7 ans et je tombais amoureux de Jean Marais. J’avais déjà conscience d’être gay, de ma normalité sans savoir encore que ce n’était pas la normalité de tout le monde.

Quelle est ta série TV préférée (à thématique gay ou LGBT) et pourquoi ?

Indubitablement Queer as Folk version US. J’avoue que le personnage de Michael me tape sur le système avec son côté américain moyen cheap. Quant à Justin, il est blond et les blonds, je les laisse aux autres. Cette série montre assez crûment l’univers gay. Elle me rappelle mes années « Marais » lorsque je commençais mes sorties le mercredi soir pour faire la tournée des bars et des boîtes de Paris ou de Londres. Je me retrouve dans chacun des personnages.

Quelle phrase tirée d’un livre ou film ou encore d’une chanson semblerait te définir à la perfection ?

Facile, c’est une des devises de mon blog ! « How do I look so young ? Quite simple ! A complete vegetable diet, 12 hours sleep a night and lots and lots of make up.  » La réplique culte de Truman Capote dans le film Death by murder, en référence très certainement au « How do I look ? » non moins fameux dit par Audrey Hepburn dans Breakfast at Tiffany’s. La boucle était bouclée.

Quelle photographie (perso ou non), image, tableau (etc.) pourrait te définir le mieux ou donner des pistes sur ta personnalité ?

Le Royal Picardy un somptueux hôtel construit en 1929 au Touquet. Né sous une mauvaise étoile, le crash boursier, cet hôtel a été détruit au début des années 70 pour y construire une tour de 11 étages et un lycée hôtelier… Le comble non ?

Question piège : Penses-tu qu’il existe une culture gay ?

Débat important. Pour certains c’est une hérésie de parler d’une culture gay, que ça renforce le communautarisme et provoque l’exclusion. Pour ce qui me concerne, je pense que la culture gay existe et qu’elle a toujours existé. Selon les époques et les cultures, elle a été plus ou moins codée, mais toujours identifiable par les rares élus ! Il est à noter ce livre que m’a offert une amie, Un goût exquis, essai de pédesthétique d’Antoine Pickels, collection ah ! éditions cercle d’art. À lire absolument. Il répond très bien à la question en 126 pages.

Quel dialogue pourrais-tu imaginer entre ton moi profond et ton moi blogueur ?

Le créateur : Tu ne crains pas qu’on te catalogue uniquement comme langue de pute ?
Grey Mondain : Si ceux qui disent du mal de moi savaient exactement ce que je pense d'eux, ils en diraient bien davantage.
Le créateur : Mais tu es impossible !
Grey Mondain : Et encore tu ne sais pas ce que je fais dès que tu as le dos tourné.
Le créateur : Je n’aurais jamais du te créer.
Grey Mondain : La créature échappe toujours à son créateur.

Quel est le blog que tu voudrais réellement faire connaître et pourquoi ?

Le mien. On n’est jamais assez lu.

Quelle question ne voudrais-tu pas que l’on te pose ?

Celle là justement ! Je plaisante. En fait, je ne supporte pas qu’on me demande mon âge. Entre 25 et 85 ans la question ne pose pas.

Dernière question. Pour passer (ou non) à la postérité, il faut préparer ses derniers mots ou dernières phrases à dire sur son lit de mort : quel(le)s seraient-ils(elles) ?

Va chier connasse ou Witches never puke.

Toutes les photos sont (c) D. R. Sans autorisation,
elles seront retirées sur simple demande ou munies d'un lien actif.




TO BE CONTINUED...
Le prochain épisode de cette saga mettra en vedette :
KRISS DU SITE HOMOSEXUALITE ET SCIENCE-FICTION
par Daniel C. Hall publié dans : WEB : Les Blogs Roses
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Mardi 7 novembre 2006
par Daniel C. Hall publié dans : VIDEOS : Lutte contre l'homophobie
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Mardi 7 novembre 2006

Fiche technique :
Réalisé par Rob Epstein et Jeffrey Friedman. Directeur de la photographie : Bernd Meiners. Montage : Dawn Logsdon. Musique : Tibor Szemsö. Narrateur : Rupert Everett.
Durée : 81 mn. Disponible en VO, VOST et VF.


Résumé :
Les homosexuels ont été victimes du régime hitlérien. Ils étaient persécutés en vertu d'une loi inique, le PARAGRAPHE 175.
Paragraphe 175 donne la parole à des survivants qui nous décrivent leurs expériences personnelles et les conséquences durables de ce chapitre caché de l'Histoire de Troisième Reich.
Il a fallu attendre 1994 pour que ces hommes qui portaient l'infâme triangle rose dans les camps de concentration nazis soient les derniers à révéler leur terrible histoire.
L'avis de Matoo :
Ce documentaire m’a complètement retourné. Il faut absolument le voir.
Il s’agit d’une œuvre qui évoque la déportation des homosexuels durant la seconde guerre mondiale. En effet, il existait dans le code pénal allemand un paragraphe connu, le 175, qui interdisait les relations homosexuelles. En 1935, les nazis y ajoutèrent un arsenal de répression qui conduira à la déportation de gays dans les camps de concentration, avec l’issue fatale que l’on connaît
Ce documentaire est extraordinaire de par sa sobriété et sa forme. Il s’agit d’interviews de rescapés (il y en a très peu de connus) qui racontent, parfois pour la première fois, leur expérience, mais aussi nous éclairent sur la manière dont a pu arriver une pareille horreur. En effet, les récits se déroulent de manière chronologique, et en quelques déclarations et photographies nous plongent dans une époque et une atmosphère incroyable. Le montage est extrêmement délicat et ciselé, il se concentre sur ces personnages, rescapés de la barbarie humaine, qui dégagent une émotion extraordinaire. En fait, cette manière de raconter, sobre et digne, est encore plus poignante pour le spectateur que des images chocs ou des reconstitutions historiques précises.
La chronologie est importante car on comprend facilement que le Berlin des années 20 était un havre de paix pour les homos. Les années opportunément qualifiées de « folles » furent une période d’émancipation et de liberté pour les homos et lesbiennes d’Allemagne qui avaient des endroits où se retrouver, et qui jouissaient d’une grande licence de la part des autorités. L’arrivée d’Hitler au pouvoir ne les avait pas tant effrayés car son bras droit Röhm (le chef des SA) avait la réputation d’être une folle perdue. Mais l’arsenal pénal a été modifié pour lutter clairement contre l’homosexualité, et l’assassinat de Röhm (la nuit des Longs Couteaux) a déclanché une répression fatale contre les gays.
Il faut vraiment écouter ces personnes, ces hommes et cette femme, qui racontent avec des souvenirs qui leur redonnent le sourire, à quel point les années 20 et 30 furent douces et insouciantes. Ils se remémorent leurs amours, leurs sorties, leurs endroits de prédilection dans le gay Berlin, ils montrent des photographies où on les découvre jeunes et fringants avec leurs ami(e)s et leurs amant(e)s. Et puis, vinrent les premières arrestations, les premières humiliations, puis les tortures et les déportations. Alors les regards se vident d’expression, leurs traits se tordent aux souvenirs des douleurs. Douleurs physiques de la torture, douleur morale de la mort de leurs compagnons,dans des conditions inhumaines. Ils ont plus de mal à s’exprimer, utilisent des ellipses ou simplement se taisent, et jettent une œillade à la caméra qui parlent plus encore que les mots ne pourraient le faire.
Il y a celui qui a vu son ami se faire manger vivant par des chiens dans un camp. Un autre qui raconte que des différences de traitement existent dans ces lieux de la mort, et qu’être homo était bien le pire des statuts. Il évoque les tortures sexuelles qu’il a subi, et dont il souffre toujours le martyr. Et cet autre rescapé, un homo juif, qui raconte comment il s’est fait passé pour un jeune aryen pour entrer dans une école, où son ami était enfermé suite à une rafle avec ses parents. Il repense au visage de son copain, son amoureux, quand il est venu le libérer, et que ce dernier l’a regardé en lui disant qu’il ne pouvait pas se séparer de ses parents, qu’il devait les aider et les soutenir jusqu’au bout, en le conjurant de s’en aller et de le laisser là.
Et ces gens ne sont même pas reconnus comme des victimes des nazis. Ce sont des oubliés de la guerre malgré les atrocités qui ont été commises à leur encontre. Heureusement que ce documentaire existe, heureusement que la mémoire de ces événements est à jamais figée et fixée. Je me dis que rien n’est jamais acquis dans le progrès social, et surtout nous concernant.

Pour plus d’informations :

par Matoo publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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