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Lundi 17 décembre 2007
Juju.png


Photo : (c) D.R.
 
Julien tient le blog I Love Juju. Ses longs posts politiques ou sociétaux (au milieu d’innombrables potacheries queer d'un mauvais goût jubilatoire) sont, à chaque fois, des claques. Approuvant à 100 % ses analyses, nous avons décidé de publier dans cette rubrique les plus dérangeants. Les 4 vérités de Juju, ce sont aussi celles de ce blog…







On m’a dit que la gauche, ça ne vaut pas grand chose,
Elle passe l’arme à droite comme fanent les roses.
On dit qu’la politique est affaire de salauds

et que de leurs vieilles peaux il s’en fait des manteaux

Pourtant quelqu’un m’a dit…
 
{Refrain:}
Que j’avais une chance,
C’est quelqu’un qui m’a dit que j’avais ma chance.

Serait-ce possible alors ?
 
On me dit que le destin se moque bien de nous
J’ai pris le petit train et je vous le promets
Moi j’ai vu qu’le bonheur est à portée de main,

Avec Minnie, Donald, Pluto et Mickey

Pourtant quelqu’un m’a dit …

{Refrain:}

Mais qui est ce qui m’a dit je pense qu’il t’aimerait ?
Je ne me souviens plus c’était tard dans la nuit,
J’avais trop picolé, je ne vois plus ses traits

“Il vous aime, c’est secret, lui dites pas que j’vous l’ai dit”
 
Tu vois quelqu’un m’a dit…
 
Que j’avais une chance, me l’a t’on vraiment dit…

Que j’avais ma chance, serait-ce possible alors ?
 
On dirait que ma vie s’est métamorphosée,
Juste après Space Mountain tout est dev’nu si beau
Mes tristesses envolées dans les bras de Nico,

Et mon joli futur là-bas à l’Elysée…
 
Pourtant quelqu’un m’a dit que…
 
{Refrain:}


sarkobruni
Keystone/AP | Le président Sarkozy semble avoir trouvé en Carla Bruni sa nouvelle muse.

 

 

par Juju publié dans : LES 4 VÉRITÉS DE JUJU communauté : Gay-friendly
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Lundi 17 décembre 2007


Fiche technique :

Avec Lily Tomlin, Tony Curtis, Susan Sarandon, Whoopi Goldberg, Tom Hanks, Shirley MacLaine, Antonio Banderas, Gore Vidal et John Schlesinger. Réalisé par Robert Epstein et Jeffrey Friedman. Scénario de Robert Epstein, Jeffrey Friedman et Sharon Wood. Directeur de la photographie : Nancy Schreiber. Compositeur : Carter Burwell.
Durée : 101 mn. Disponible en VO, VOST et VF.



L'avis de Laurent Raphaël :
Un cliché peut en cacher un autre. Comment fonctionne la machine à fabriquer des idées reçues, si utiles, mais tellement redoutables ? [...]
[…] L'influence des médias sur notre perception de la sexualité est un autre bel exemple de perpétuation des stéréotypes. Nous reproduisons, même sans nous en rendre compte, les attitudes et comportements véhiculés sur le sujet par la pub, la télé, le cinéma ou Internet […]

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Une autre minorité est la cible des clichés en tout genre. Ce sont les gays et les lesbiennes. L'histoire de leur représentation dans le cinéma illustre bien ce phénomène. « En cent ans de cinéma, l'homosexualité n'est apparue que rarement à l'écran. Et toujours comme une chose risible, pitoyable ou parfois même effrayante », peut-on lire dans le livre, intitulé The celluloïd closet, que consacre au sujet Vito Russo.
En résumé, entre 1890 et les années 30, le cinéma hollywoodien dépeignait l'homosexualité comme un objet ridicule, un élément comique. Le personnage de l'homo efféminé était populaire et n'avait rien de menaçant à l'époque. Des années 30 aux années 50, des groupes de femmes et d'associations religieuses ont accusé l'industrie du cinéma d'immoralité. Pour se protéger, Hollywood a pratiqué l'autocensure, préférant purement et simplement bannir la figure de l'homosexuel pendant cette période.

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L'avènement des mouvements féministes et des groupes de revendications homosexuels dans les années 60 et 70 va permettre de relâcher la pression. Gays et lesbiennes vont refaire leur apparition à l'écran, mais le plus souvent dans la peau de personnages dangereux ou violents. L'homophobie laisse des traces... Ce n'est qu'à partir de 1990 que la situation va peu à peu s'améliorer. Les personnages homosexuels apparaissent plus nuancés et se rapprochent de la représentation des hétéros. Le succès de films comme Philadelphia, Gazon maudit ou In & out contribuera à ce mouvement. […]
La culture du cliché ne date pas d'hier. Et pour cause, elle renvoie à la question plus fondamentale de l'identité, qui se pose dès qu'un Autre existe. […]

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L’avis de REM :
« En cent ans de cinéma, l'homosexualité n'est apparue que rarement à l'écran. Et toujours comme une chose risible, pitoyable ou parfois même effrayante. De rares images fuyantes, mais inoubliables et qui ont laissé une marque indélébile. C'est Hollywood, ce grand créateur de mythes, qui a enseigné aux hétérosexuels ce qu'ils devaient penser de l'homosexualité et aux gais et lesbiennes ce qu'ils devaient penser d'eux-mêmes. » The Celluloid Closet
Les controverses récentes sur la représentation négative de l'homosexualité à Hollywood ont mis en évidence la manière dont le cinéma a marginalisé et occulté les gais et les lesbiennes. Des organisations comme la Gay and Lesbian Alliance Against Defamation (GLAAD) affirment que Basic Instinct ou Le silence des agneaux, par exemple, diabolisent gais et lesbiennes en les présentant comme des psychopathes.
Dans son livre, The Celluloid Closet, Vito Russo analyse la représentation des gais et lesbiennes dans les films hollywoodiens des années 1980 et 1990 et y décèle une homophobie récurrente, une caricature cruelle et souvent hostile des personnages homosexuels, qui ne sont définis que par leur orientation sexuelle, sans la moindre profondeur psychologique.

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À ses débuts, de 1890 aux années 1930, le cinéma hollywoodien dépeignait souvent l'homosexualité comme un objet de ridicule, un élément comique. Le personnage de l'homosexuel efféminé était populaire à l'époque et, selon Russo, amusait et rassurait à la fois le public. À mi-chemin entre féminité et virilité, son homosexualité n'avait rien de menaçant.
Dans les années 1930 à 1950, groupes de femmes et associations religieuses se sont attaqués au cinéma hollywoodien qui, selon eux, contribuait à l'immoralité publique. En réaction, l'industrie a développé une autocensure qui s'est répercutée sur sa représentation de l'homosexualité. Durant toute cette période, aucun personnage ne pouvait être ouvertement présenté comme homosexuel ; on se contentait de le suggérer par des maniérismes et des particularités de caractère.

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Cette politique rigide s'est relâchée dans les années 1960 et 1970 en même temps qu'apparaissaient les mouvements féministes et les groupes de revendications homosexuels. Gais et lesbiennes devenaient plus visibles et commençaient à faire entendre leur voix, mais leur représentation au cinéma n'en était que plus homophobe. Ils incarnaient le plus souvent des personnages dangereux, violents ou carrément meurtriers.
À partir de 1990, les choses s'améliorent. Les personnages homosexuels sont moins ambigus et on s'efforce de les présenter dans des situations semblables à celles vécues par les hétérosexuels. La popularité de films comme The Birdcage, Philadelphia, Gazon maudit, Quand tombe la nuit ou In & Out démontre aussi que le public peut apprécier des films mettant en vedette des gais ou des lesbiennes. Malgré tout, les critiques trouvent l'industrie encore trop prudente dans le reflet qu'elle donne des personnages, expériences et thèmes homosexuels. Hollywood vise un public aussi large que possible et les producteurs hésitent à s'intéresser à l'homosexualité de crainte d'indisposer une grande partie de leurs spectateurs… et de faire fuir les investisseurs.

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L’avis de AlHolg :
C'est l'histoire de l'homosexualité dans le cinéma anglo-saxon (essentiellement américain) que se propose de dresser Celluloid Closet. Réalisé par deux spécialistes du documentaire et de l'homosexualité en particulier (notamment leur Common Threads: Stories from the Quilt), le film repose sur le travail de recherche de Vito Russo, auteur de l'ouvrage homonyme. Près d'un siècle de cinéma est passé en revue, 120 extraits de films et plusieurs témoignages de producteurs, réalisateurs, scénaristes et acteurs illustrent ce plaidoyer.

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L'intérêt majeur du documentaire réside à la fois dans la démonstration de la présence de l'homosexualité dans des films qui ne sont pas sensés l'aborder, nous permettant de les voir avec un regard différent, mais aussi dans les modes d'évocation de ce thème qui n'ont cessé d'évoluer dans le temps. De la représentation comique de la « tapette » des années 40, du travesti burlesque (mais pas toujours : voir Morocco avec Marlene Dietrich par exemple) qui traverse le cinéma sans discontinuer, à celle, plus complexe, du malaise (The Children's Hour) ou de la perversion (Suddenly, Last Summer) des gays et lesbiennes qui caractérisent les années 70, le cinéma a accompagné les bouleversements socioculturels plus qu'il ne les a précédés. Encadré par le code Hays d'autocensure des années 30 à 60, les professionnels du cinéma ont, le plus souvent, dû avoir recours au sous-entendu ou à la suggestion, voire au symbolisme parfois un peu abstrait pour éviter la réécriture du scénario ou la suppression de séquences.

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On apprend, ainsi, que le scénariste de Ben-Hur, Gore Vidal, a réussi à créer une relation amoureuse entre le personnage titre et Massala grâce à la complicité de Stephen Boyd et à l'insu de Charlton Heston. Intéressant, également, la présentation d'une scène coupée de Spartacus entre Laurence Olivier et Tony Curtis, commentée par ce dernier.
L'homosexualité s'affranchit dans les années 80 des limitations dans lesquelles elle était cantonnée (Cabaret, Making Love puis Philadelphia), sans pour autant éviter de figurer comme maladie mentale ou délinquance (Cruising).

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La principale faiblesse de Celluloid Closet est de ne pas explorer le cinéma international, européen notamment. Des citations de Fellini, Pasolini, Fassbinder, Ingmar Bergman, Nagisha Oshima ou Bertrand Blier auraient été bienvenues. De grands absents également dans la liste des films retenus : le Reflections in a Golden Eye de John Huston et le cinéma de Paul Morrissey entre autres.

Pour plus d’informations :

par Laurent Raphaël, REM et AlHolg publié dans : FILMS : Les Toiles Roses communauté : Gay-friendly
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