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Jeudi 28 décembre 2006

Fiche technique :
Avec Edward D. Wood Jr, Bela Lugosi, Dolores Fuller, Lyle Talbot, Timothy Farrell, Tommy Haynes et Charles Carfts. Réalisé par Ed Wood. Scénario : Edward D. Wood Jr..
Durée : 67 mn. Disponible en VO et VOST.

Résumé :
La lutte intérieure d'un être pour savoir qui l'emportera en lui, l'homme ou la femme.


L'avis de Philippe Serve :
C'est une affaire entendue, Edward D. Wood Jr est définitivement considéré comme « le plus mauvais réalisateur » de l'Histoire du cinéma et ses films les pires jamais tournés. Et comme la nullité n'attend pas le nombre des années, Glen or Glenda, son premier opus, frappait déjà très fort.
Et pourtant… Malgré une réalisation catastrophique, des dialogues indigents, une interprétation inexistante (Ed Wood, jouant sous le pseudo de Daniel Davis, s'avère de loin l'acteur le plus « naturel ») et des « trouvailles » confondantes, Glen or Glenda mérite mieux que d'être rejeté définitivement dans les poubelles de l'Histoire. Ne serait-ce que par son audace scénaristique.
Nous sommes en 1953, en pleine période de guerre froide et de conservatisme politique mais aussi et peut-être surtout moral. L'homosexualité est tabou et tout ce qui pourrait y faire ouvertement allusion banni d'Hollywood où les cinéastes se retrouvent dans l'obligation de multiplier ellipses et sous-entendus tandis que les acteurs cachent leur « déviance », tel Ro
ck Hudson (voir sur cette période l'excellent documentaire de Rob Epstein et Jeffrey Friedman, The Celluloid Closet, 1995). Et voilà qu'un total inconnu, un rêveur, un doux dingue qui souhaite juste « raconter des histoires » comme le lui fera dire Tim Burton dans son superbe film-hommage Ed Wood (1994), voilà que ce type sorti de nulle part se lance dans un vibrant plaidoyer en forme de (faux) documentaire sur la noblesse du tavestisme dont il était lui-même adepte. Afin de bien enfoncer le clou de ce film autobiographique, il joue lui-même le « héros » et engage à ses côtés sa petite amie actrice Dolores Fuller,  le vétéran de deuxième zone Lyle Talbot et surtout Be'la Ferenc Dezso Blasko alias Bela Lugosi, l'éternel Dracula (Todd Browning, 1930) devenu un « has been » morphinomane ! Oui, il fallait un certain courage pour oser ainsi affronter l'Amérique bien pensante et puritaine d'Eisenhower. On peut donc se moquer du cinéaste Ed Wood mais plus difficilement de l'homme qui eut le mérite, au moins dans son premier film, de parler d'un sujet plus que tabou. Si Ed Wood avait été un grand réalisateur, son film eût été de toutes manières un échec à l'époque, le public n'étant pas prêt à l'accepter. Le film serait alors devenu culte avec le temps. Ironie suprême : Glen or Glenda et son auteur finirent tout de même par atteindre à la célébrité et au mythe, mais pour des raisons totalement inverses !
Si le discours tenu par Ed Wood dans son film tient à peu près la route avec son hymne à la tolérance et son « cours » délivré par le psy sur le travestisme, l'hermaphrodisme et le pseudo-hermaphrodisme, la forme, elle, empile les catastrophes. À commencer par Bela Lugosi dans le rôle d'un… d'un quoi exactement ? Le générique le qualifie de « scientifique » mais il apparaît ailleurs en tant qu'« esprit ». Certains y ont vu Dieu lui-même. En fait, il représente celui qui tire les ficelles de l'histoire (« Pull the strings ! Pull the strings ! » hurle-t-il sur fond de charge incongrue d'un troupeau de buffles !). Il surjoue tellement que le spectateur ne peut que s'interroger : s'autocaricature-t-il en pleine conscience ? La réponse, hélas, s'avère négative. Mais qui ne se délectera de l'entendre avertir de son inimitable accent hongrois : « Beware ! Beware ! » (prononcez ici « Bivère ! ») avant de l'écouter, subjugué, se lancer dans un discours inoubliable : « Prenez garde au gros dragon vert assis sur votre seuil. Il mange les petits garçons, la queue des petits chiots et les escargots gras ! Bivère ! Take care ! Bivère ! », le tout sur force grondement de tonnerre… Du grand art dans le genre !
Aux séquences Bela Lugosi intercalées tout au long du film, Ed Wood ajoute des inserts tous plus improbables les uns que les autres (éclairs orageux, trafic autoroutier), composés de « sto
ck shots » abandonnés par les studios (images de guerre). On peut d'ailleurs penser qu'il écrivit en partie son scénario à partir de la pellicule qu'on lui avait donné. Ainsi de cette scène où se succède des plans d'une usine de fonderie tandis que deux ouvriers discutent en voix off des problèmes posés par le changement de sexe et la tolérance à y porter. Ed Wood n'hésite pas non plus à réutiliser les mêmes plans à quelques minutes d'intervalle. Comme dans tous ses films, les décors sont d'une pauvreté extraordinaire, le sommet étant sans doute atteint avec son autre « chef d'œuvre » : Plan 9 From Outer Space (1959).
Le plus étonnant reste cette longue séquence de rêve où Ed Wood parvient à faire toujours plus incroyable que le plan précédent. Après une allégorie montrant la fiancée de Glen écrasée par un arbre dans… le salon (!) et que Glenda ne parvient pas à secourir mais que Glen, lui, sauve, le spectateur assiste, médusé, à une scène de mariage avec pasteur secondé par un démon à cornes, une succession de plans présentant des femmes plus ou moins dénudées (mais toujours « décentes ») se faisant fouettées ou se contorsionnant avec sensualité (?) sur un divan (l'une d'elles ressemble à la future Marilyn Monroe), tout ça sur une musique passant allégrement du jazz à la musique russe via le tango. Puis Glen se retrouve chez lui montré du doigt par une foule menaçante de gens qui l'entourent (dont le démon à cornes). Sa métamorphose en Glenda les repousse, scène filmée au ralenti avec musique sirupeuse…
D'une certaine manière, il faut le voir pour le croire.
La solution au problème posé à ceux qui souffrent de « double personnalités » et de travestisme ? L'Amour, nous répond ce rêveur de Ed Wood. Avec sa femme Barbara qui lui offre enfin son pull angora dont il rêvait tant, Glen trouve une « sœur, une mère et Glenda toutes réunies ».


Pour plus d’informations :

par Philippe Serve publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mercredi 27 décembre 2006
par Daniel C. Hall publié dans : VIDEOS : Lutte contre le sida
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Mercredi 27 décembre 2006

Fiche technique :
Avec Alex Dimitriades, Paul Gapsis et Julian Garner. Réalisé par Ana Kokkinos. Scénario de Ana Kokkinos, d’après le roman de Christos Tsiolkas.
Durée : 105 mn. Disponible en VO et VOST.


Résumé :
Ari s'ennuie, Ari se rebelle contre ses parents dont l'ambition est de le voir travailler, étudier, se marier. Les conversations de son frère étudiant l'ennuie, ses amis l'ennuient. Bref, il fuit l'hypocrisie. Il sort toute la nuit, toutes les nuits... Head on, à pleins tubes.
L'avis de Francis Lamberg (la lucarne) :
Head On, sélectionné en 1999 pour la Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes, est le premier long-métrage d'Ana Kokkinos. Cette réalisatrice australienne de courts et moyens métrages (Antamosi, Only the brave…), et de séries pour la télé de son pays (Eugénie Sandler P.I., The secret life of us, Young lions…) n'a donc réalisé son premier long-métrage qu'à 45 ans. D'après Loaded, roman de Christos Tsiolkas , Head On nous plonge de plein fouet, pendant 24 heures, dans la vie d'Ari, 20 ans, fils d'immigré Grec et homosexuel. Ari est un jeune homme plein de vie qui revendique une homosexualité virile. Il va sans but mais avec ambition. Cet être complexe et explosif est superbement interprété par Alex Dimitriades (vu dans Hartley cœur à vif). Funambule sur le fil du rasoir aiguisé par ses identités, il se lance à pleins tubes dans la vie. Il cloisonne les inconciliables mais les cloisons qu'il dresse sont fines et perméables… Amoureux et révolté, pédé pervers pour les Grecs et métèque barbare pour les Australiens bon teint, Ari transforme la drogue, le sexe et la provocation en exutoires de sa colère : « La liberté, certains en parlent d'autres la vivent. » En conflit avec les autres, il l'est aussi et surtout avec lui-même. Capable que de sexe furtif et violent, Ari ne saura pas se maîtriser quand l'amour se présentera à lui…
Instantané du mal de vivre d'une génération sacrifiée, perdue entre les valeurs des parents et le racisme de la société, Head On est également une illustration brillamment moderne du conflit des générations. Ce film bien de son temps pose sans onanisme intellectuel des questions d'actualité : Comment se situer par rapport à ses origines ? Que faire de l'héritage culturel qui en découle ? Comment envisager le futur quand on réfute les modèles de son entourage ? Les « deuxièmes générations » sont-elles toujours des générations sacrifiées, sous toutes les latitudes ? Tantôt envoûtant, tantôt frénétique, ce film au budget modeste et tourné presque entièrement caméra à la main, a le rythme de son unité de temps et le tempo de son antihéros. Quelques plans sont esthétiquement intéressants, certaines scènes sont de vrais moments de grâce (la danse traditionnelle en famille, dans la cuisine) et le ralenti est utilisé modérément et avec beaucoup d'à propos. La beauté fragile et polymorphe, et la sensuelle voix fêlée de l'acteur principal ne sont pas pour rien dans la justesse et l'émotion du film. Alex Dimitriades possède un jeu subtil, sur le fil comme l'exige le rôle, qui nous fait oublier la légère mais perceptible dissonance entre l'âge du personnage et celui de l'interprète. Tous les acteurs donnent le ton juste à leur interprétation. Le rôle du travesti (le seul vrai révolté « jusqu'au boutiste ») est également remarquable. La situation et le personnage passionnants sont filmés et interprétés avec passion.
« Je suis contente du film. Je voulais réaliser un film qui s'inscrit dans un contexte socioculturel bien spécifique mais qui, en même temps, aborde des thèmes universels et accessibles. Le film traite de la famille, du fait d'être jeune, sans repère, en conflit avec son environnement, d'essayer de donner un sens à ce que l'on est, de vouloir vivre des expériences et prendre des risques. La plupart d'entre nous est passé par-là à un moment de son existence. Je voulais aussi donner au public une expérience vécue de "plein fouet" et je pense que nous avons réussi. » Ana Kokkinos, réalisatrice.
« Je suis un marin et une pute. » Ari, personnage.

BONUS
CONTACT (un film de Kieran Calvin – Australie – 17 min) : Après la mort accidentelle de son amant, Paul passe quelques jours dans sa famille. En allant à la plage, il découvre que les toilettes servent de lieu de rencontres entre garçons…
Pour plus d’informations :


par Francis Lamberg (La lucarne) publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mardi 26 décembre 2006
 

 

Zanzi se cache sous un des bonnets de Noël. Saurez-vous le reconnaître ?

 

 

Noël est un temps fort de l’année télévisuelle. Dans les savons, ce moment très spécial est toujours prétexte à des délires scénaristiques plus ou moins réussis. Dans les savons, c’est souvent le signe d’une trêve entre deux divorces, des coups fourrés et des trahisons. Les protagonistes se retrouvent pour célébrer Noël et c’est alors un déferlement sirupeux de bons sentiments qui coulent tels du miel sur un toast. Entre rires et larmes, voici une sélection de Noëls savonneux.

Ouvrons le bal avec une compilation des meilleurs Noëls de Days of our Lives, avec en prime, les meilleurs vœux de Frances Reed :

Mais Noël, ce n’est pas toujours la joie. Observez ces visages tristes et désemparés devant le prêchi-prêcha d’un pasteur improvisé, il y a 130 ans, quelque part dans le Minnesota…

Il faut reconnaître que c’était quand même plus meugnon le Noël de 1875 où l’on voyait Isaïah Edwards s’improviser Père Noël pour la famille Ingalls :

Et maintenant, de l’inédit pour Dany ! Bref du Zanzi ! Avec cette séquence qui se passe 110 ans plus tard que la précédente, dans la capitale du Colorado…

De nos jours, pour égayer une soirée de Noël, rien de tel qu’un lutin coquin qui vous chante des chansons aussi légères que sa tenue…

Enfin, pour mes lectrices et lecteurs trentenaires, cette spéciale cacedédi qui vient du fond de mon cœur d’enfant :

JOYEUX NOËL MES AMOURS !


Pour lire le précédent épisode de Zanzi and the City,
cliquez ici.
par Zanzi publié dans : HUMEUR : Zanzi and the City
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Mardi 26 décembre 2006

Malgré la décision de la Cour d'appel du 22 décembre qui ordonnait l'expulsion de Karim, et pendant que Karim était transporté dans une première cache conformément à notre devoir de résistance citoyenne et de désobéïssance civile, Josiane Balasko est montée au créneau et vient de faire régulariser Karim !

J'ai l'honneur de vous faire part de l'appel de Josiane Balasko ce 23 décembre 2006 à 22h48. Elle vient de m'annoncer que le ministre de l'intérieur a pris l'engagement par deux fois auprès d'elle de régulariser immédiatement la situation de Karim. Cet appel intervient au moment où Karim rejoignait sa première planque et alors qu'une équipe de militants collaient les premières affiches pour sensibiliser sur la situation du jeune homme.

Il est tard et ici l'ambiance est à l'allégresse. Karim va passer Noël en famille et avec son petit ami.

Karim tient à exprimer toute sa gratitude vis à vis de toutes les personnes qui se sont mobilisées pour lui. Merci aux signataires de la pétition, à son avocat Pierre Landète, aux personnes présentes aux audiences, à ses amis du lycée Marcel Dassault de Mérignac, aux élus, associations et tout particulièrement à Josiane Balasko, sa marraine.

Merci encore, merci pour tout.

par Daniel C. Hall publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Mardi 26 décembre 2006
par Daniel C. Hall publié dans : VIDEOS : Lutte contre le sida
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Mardi 26 décembre 2006

Fiche technique :
Avec Tom Cruise, Bard Pitt, Stephen Rea, Kirsten Dunst, Christian Slater, Antonio Banderas, Thandie Newton et Laure Marsac. Réalisé par Neil Jordan. Scénario : Anne Rice, d’après son roman. Directeur de la photographie : Philippe Rousselot. Compositeur : Elliot Goldenthal.
Durée : 123 mn. Disponible en VO, VOST et VF.


Résumé :
San Francisco dans les années 90. Un jeune journaliste, Malloy, s'entretient dans une chambre avec un homme élégant, à l'allure aristocratique et au visage blafard, Louis, qui lui fait de bien étranges confidences. Malloy, subjugué par la séduction de son interlocuteur lui demande, à l'aube, de le faire pénétrer dans son monde, celui des vampires.
L'avis de Philippe Serve :
Un film étrange. Réussi, que j'ai même revu non sans un certain plaisir et qui, pourtant, m'a laissé à chaque fois étrangement « froid », distant. Sans doute la faute à un esthétisme trop léché et à une sophistication qui « gèle » les sentiments du spectateur que je suis, et surtout empêche tout sentiment de peur, d'angoisse, voire de dégoût habituellement associé au genre…
Dommage. Car le scénario, dû à la romancière Anne Rice d'après son livre culte, est brillant et les personnages très intéressants. Beaucoup plus que celui de Lestat (finalement sans grande surprise), ceux de Louis et de la jeune Claudia (Kirsten Dunst) ont retenu toute mon attention…
Louis a ceci de passionnant qu'il ne peut se débarrasser d'un reste d'humanité en lui. Celle-ci s'exprime dans son horreur de toute souffrance, beaucoup plus celle des autres que la sienne propre. Évidemment, pour un vampire, une telle attitude ne peut que générer un certain conflit existentiel… À la fois fasciné et terrifié par le caractère « sans foi ni loi » de Lestat, Louis ne se sent à sa place ni dans le monde des vivants auquel il n'appartient plus, ni dans le « demi-monde ». D'où une constante hésitation sur les choix à faire et les ruptures à consommer (entre autres consommations…..). Sous l'emprise de Lestat, il se fait protecteur de la jeune Claudia à son tour vampirisée avant de tomber sous son charme et ses manigances. De même, il cèdera « mollement » à la séduction d'Armand (Antonio Banderas), le Vampire français du 19e siècle… On est loin du vampire triomphant et sûr de lui…
Claudia est assez fascinante. Sa transformation psychologique, une fois « vampirisée », est spectaculaire. C'est elle qui, souvent de sa propre initiative, va « rabattre » les futures victimes de Lestat et Louis. Les années et les siècles passant, elle garde son enveloppe de petite fille et de jolie poupée aux boucles blondes, tel que l'a voulue Lestat. Sa tentative de rébellion aboutit à une belle scène de cruauté où elle « tue » Lestat (plus symboliquement que pour de vrai) ce qui ressemble à un parricide… Mais là encore (tout comme sa fin tragique) ce qui aurait dû constituer un moment fort du film, voire de terreur, m'a laissé certes attentif mais « froid ». Si je compare Entretien avec un vampire avec les autres grands films du genre, la différence est vraiment très nette. Sans parler de l'extraordinaire Nosferatu, le Vampire de F.W. Murnau ou de son excellent remake Nosferatu, Vampire de la nuit de Werner Herzog, ou bien encore du captivant Vampyr de C.T.Dreyer, je pense surtout au Dracula de F.F. Coppola. Ce dernier film aussi force beaucoup sur l'esthétisme, la sophistication extrême et le dandysme du vampire. Mais l'œuvre de Coppola, à l'inverse de celui de Neil Jordan, envoûte et fait peur… L'aspect sexuel du film (donnée fondamentale des histoires de vampires) y est aussi beaucoup plus fort et exacerbé. Ici, les rapports des personnages, qu'ils soient hétérosexuels (à tendance pédophile) entre Louis et Claudia, ou homosexuels (Louis et Lestat, puis Louis et Armand) ne sont guère empreints de sensualité et, finalement, tapent à côté de la plaque…
Reste donc encore une fois la force du scénario, de certains personnages et une indéniable qualité picturale. L'interprétation est très bonne sans être exceptionnelle.
Un film à voir tout de même !

Pour plus d’informations :

par Philippe Serve publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Lundi 25 décembre 2006
par Daniel C. Hall publié dans : VIDEOS : Lutte contre le sida
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Lundi 25 décembre 2006

Fiche technique :
Avec Peter Weller, Ian Holm, Judy Davis, Julian Sands, Roy Scheider, Monique Mercure, Nicholas Campbell, Joseph Scoren et Robert Silverman. Réalisé par David Cronenberg. Scénario : David Cronenberg, d’après l’œuvre de William S. Burroughs. Directeur de la photographie : Peter Suschitzky. Compositeur : Ornette Coleman et Howard Shore.
Durée : 115 mn. Disponible en VO, VOST et VF.


Résumé :
Un junkie repenti, recycle dans l'extermination des cafards et autres cancrelats, tue sa femme accidentellement après l'avoir surprise faisant l'amour avec leurs deux meilleurs amis.
L'avis de Jean Yves :
1953, New York. Intellectuel et drogué, Bill Lee gagne sa vie en tuant des cafards. Il voudrait abandonner la drogue dont Joan, sa femme, ne peut plus se passer puisqu'elle se défonce même à l'insecticide. Ses amis Hank et Martin le poussent à écrire mais il est victime d'hallucinations : un être étrange, le mugwump, le tient en son pouvoir. Il découvre que Joan couche avec leurs deux meilleurs amis et la tue accidentellement d'une balle dans la tête.
David Cronenberg a parfaitement compris que William Burroughs n'a jamais écrit qu'un seul livre : épars, fragmentaire, disséminé sous la multiplicité des titres, et dans l'éclectisme formel proprement vertigineux qui est le sien.

L'adaptation du Festin nu est délibérément infidèle à ce roman que l'écrivain américain a rédigé en 1956, plus ou moins en collaboration avec Kerouac et Ginsberg.
David Cronenberg oppose sa version métaphorique d'un univers où homosexualité, complot planétaire et drogues dures assurent la trinité fondatrice.
Le film Le festin nu est bien, accessoirement, l'adaptation du livre du même nom : mais c'est surtout, transposée dans la luxuriance de l'image, la restitution scrupuleuse de ce flot jaculatoire de la langue. Celle des Garçons sauvages mais aussi bien celle d'Exterminateur, de Queer, où Cronenberg puise sans compter.
D'ailleurs, David Cronenberg n'a pas attendu Naked Lunch (titre original du film) pour piller allègrement Burroughs : fascination pour la violence sexuelle, les mutations génétiques, les insectes... Même goût pour un fantastique cauchemardesque, érotisé.
Bref, le film, à la fois hors du livre et dans le livre, appartient surtout à la même constellation mythologique, dans un espace d'écriture à géométrie variable. D'où, également, ces emprunts d'un certain nombre d'éléments à la biographie de l'écrivain. En particulier le drame de la mort accidentelle de Joan, sa femme, en septembre 1951 : au jeu de Guillaume Tell, un verre sur la tête, en plein Mexique : William releva le défi, mais en pointant le colt 45 un peu trop bas... Homicide involontaire. Burroughs, aussitôt, replongeait dans la morphine.

Cet épisode, chez Cronenberg, revient aux deux bouts du film, à la façon dont un cauchemar se répète.
Le héros, Bill Lee, gagnera la frontière de l' « Annexie » au volant d'un étrange véhicule, à la fois futuriste et archaïque : des sentinelles en chapka exigent alors de lui la preuve qu'il est bien écrivain – l'auteur de ce rapport improbable baptisé Le festin nu. Bill Lee exhibe son stylo : l'arme parfaite pour shooter son épouse. La vocation trempée dans le sang de la Femme ? Ou bien l'écriture pour exorciser son meurtre ?
William Burroughs se définit comme un écrivain homosexuel (il ira même jusqu'à rêver d'un État utopique de nature exclusivement homo, régi et défendu par des lois anti-hétéros, une police et des tribunaux gays). On peut même dire que la fantasmatique de l'acte homosexuel (à travers la torture, la sodomie, la décharge de sperme, assimilée à l'infection de drogue, etc.) atteint chez lui à une dimension poétique absolue. Visionnaire tragique, toute l'œuvre de William Burroughs peut être lue comme une prémonition apocalyptique du sida. C'est là que se situe la fracture : Lee, dans le film, cerné par les gigolos, les michetons, les transsexuels, est comme étranger à sa propre homosexualité. Elle ne le concerne pas.
Il la vit comme une conduite passive, opportuniste. « L'homosexualité est la meilleure des couvertures qu'un agent puisse avoir », lui assure-t-on. Stratégie d'espion, donc, les pulsions du héros font partie de son contrat. Dans le film, toute l'intrigue est recentrée autour de lui, la narration s'aligne sur son périple, de manière beaucoup plus classique que dans le livre.
Lee, l'exterminateur de parasites assassins en cavale dans « l'Interzone » de Tanger, se croira (réalité, hallucination ?) investi à ses dépens d'une mission de noyautage, commanditée par une puissance étrangère : ses amis écrivains en feront les frais. Il reçoit ses ordres par l'entremise de sa machine à écrire, transformée au gré de ses visions en cafard-anus ou en mille-pattes érectile, créatures microphonées dans la voix desquels on reconnaît sans peine le timbre fameux de Burroughs en personne : pis, bites, étrons, tétons, ces muqueuses mobiles sécrètent paroles ou semence – c'est tout comme.
Le coup de génie de David Cronenberg : avoir identifié la loghorrée à l'éjaculation, l'insecticide à la poudre hallucinogène. Avoir transposé le porno dans le fantasme, substitué aux lieux emblématiques une topologie onirique : irréalité de New York, Tanger autarcique et nocturne. Cronenberg a joué à fond la carte métaphorique.
Pour plus d’informations :

par Jean Yves publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Dimanche 24 décembre 2006
par Daniel C. Hall publié dans : VIDEOS : Lutte contre le sida
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