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Mardi 4 décembre 2007
 

Fiche technique :
Avec Alessandro Gassman, Francesca d’Aloja, Halil Ergun, Serif Sezer, Mehmet Gunsur et Carlo Cecchi. Réalisé par Ferzan Ozpetek. Scénario de Ferzan Ozpetek et Stefano Tummolini. Directeur de la photographie : Pasquale Mari. Musiques de Pivio Aldo De Scalzi.
Durée : 94 mn. Disponible en VO, VOST et VF.




Résumé (dos du dvd) :
Architecte italien, Francesco apprend qu’il est l’héritier de sa tante Anita, qui vivait en Turquie. Il décide de partir à Istanbul afin de régler la succession. Arrivé sur place, il découvre que ce qu’il croyait être une maison est un réalité un hammam… Envoûté par Istanbul, Francesco retarde son retour en Italie et hésite à vendre le hammam. Sans nouvelles de Francesco, sa femme Marta se rend à son tour en Turquie et découvre un homme bien différent de celui qu’elle croyait connaître…

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L'avis de Daniel C. Hall :
Le hamman, ce lieu mystérieux si emblématique de la culture turque ou arabe. Derrière les portes et les brumes duquel, les hommes (ou les femmes) partagent des secrets et des rites qui titillent notre imagination. Et bien Hammam porte bien son nom et tient toutes ses promesses. Avant tout, c’est un film qui envoûte. Le terme n’est pas trop fort, un charme étrange opère dès les premières minutes du film. Tout d’abord grâce au talent et à la sensualité de son acteur principal, Alessandro Gassman, remarquable de justesse et de sobriété.

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Ensuite c’est Istanbul, la ville de tous les fantasmes, qui nous séduit grâce à ses charmes discrets (même les plus vénéneux). Istanbul, personnage à part entière de ce film, que l’on sent vivre, respirer, palpiter et qui, insidieusement, nous captive et nous capture. Mais aussi ce vieil hamman qui va abriter les amours interdits de deux jeunes hommes et qui va les conduire au drame. Et cette narration, assez étrange, entre poursuite des aventures du personnage principal, lecture de vieilles lettres très émouvantes, arrivée de la femme de notre « héros »… Tout participe à se sentir véritablement intégré à la trame de l’histoire et même au décor. Vous l’aurez compris, ce n’est pas tant l’intrigue qui compte, mais les sensations et les sentiments, le mystère et l’envoûtement, la sensualité et la suggestion, la poésie et la musique… Alors il faut bien admettre que si la magie a parfaitement opéré sur moi, d’autres resteront peut-être froids et détachés, car insensibles à cette tentative de séduction.

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Saluons tout de même le jeu remarquable de Gassman, de Halil Ergun et de Francesca d’Aloja, mais aussi la réalisation sobre et efficace de Ferzan Ozpetek qui réussit l’exploit de nous faire aimer Istanbul de l’intérieur et les turcs, dont cette famille si attachante. Hammam est une puissante invitation au voyage, une plongée dans les vapeurs moites, purificatrices et sensuelles d’un univers masculin décalé et pourtant bien réel. Acceptez de faire ce voyage, vous ne le regretterez pas…

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L'avis de
Yann Gonzales (avis donné à la sortie du film en 1998) :

Dans le marasme actuel du cinéma italien décrit depuis longtemps par de nombreux critiques et historiens, Hammam, présenté l'année dernière au Festival de Cannes dans le cadre de la "Quinzaine des réalisateurs", vient rappeler la diversité de la cinématographie italienne, dont le Festival d'Annecy se fait l'écho chaque année.
Francesco (Alessandro Gassman, talentueux fils de Vittorio), un jeune architecte romain, doit se rendre en Turquie pour hériter d'un hammam légué par une tante qu'il n'a jamais connue. Il y rencontre les membres de la famille chez qui vivait son aïeule. Ceux-ci l'adoptent très vite et, peu à peu, Francesco tombe amoureux de la Turquie et de son nouveau mode d'existence, avant de se décider à rénover le vieux hammam...

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Ferzan Ozpetek, dont Hammam est la première œuvre, a longtemps vécu entre la Turquie et l'Italie, ce qui permet au film d'échapper à un exotisme de pacotille, à un regard touristique dans l'appréhension cinématographique de l'univers turc (la représentation de l'Italie étant réduite à un lieu unique : l'appartement du couple).
Ozpetek parvient ainsi à créer un climat envoûtant et chaleureux, à travers sa vision de l'architecture orientale, son amour de la culture turque, et surtout l'indolence qui semble bercer le pays, malgré la menace d'un urbanisme grandissant qui le ronge telle une gangrène.
C'est d'ailleurs de son hédonisme revendiqué que Hammam tire ses séquences les plus touchantes. Les repas, par exemple, sont traités sur un mode festif dont les signes les plus aisément identifiables sont l'abondance de la nourriture et de la parole.

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Par contre, le film est d'une trop grande timidité dans son approche des corps. Car le véritable sujet du film est finalement celui du rapt d'un corps (celui de Francesco puis, plus tard, celui de Marta) par un pays. Malheureusement, Ozpetek l'élude quelque peu en privilégiant une sorte de suspense facile autour des amours de son héros.
Ainsi, Hammam joue le jeu des fausses pistes manipulatrices et roublardes, avant une scène de révélation qui s'apparente à un climax voyeuriste contrastant avec la limpidité du reste de l'entreprise.
Il devient alors évident que le film souffre d'une mise en scène trop approximative (utilisation un peu abusive de la caméra subjective pour souligner la situation de l'étranger, par exemple) pour aborder un thème aussi magnifique.
Malgré tout, Hammam demeure une belle œuvre de résistance dans sa façon de célébrer une civilisation qui risque de rendre l'âme (au sens fort) à tout moment.

P
our plus d’informations :

par Daniel C. Hall & Yann Gonzales publié dans : FILMS : Les Toiles Roses communauté : Gay-friendly
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Mardi 4 décembre 2007


Fiche technique :

Avec Fernando Ramallo, Jordi Vilches, Marieta Orozco, Esther Nubiola, Chisco Amado, Ana Gracia et Myriam Mézières. Réalisé par Cesc Gay. Scénario de Tomas Aragay, Cesc Gay et Jordi Sanchez. Directeur de la photographie : Andreu Rebes. Compositeurs : Joan Diaz, Jordi Prats et Riqui Sabates.
Durée : 96 mn. Disponible en VO, VOST et VF.



Résumé :
En Espagne, Dani et Nico sont deux lycéens inséparables. Ils se retrouvent pour les vacances dans la riche demeure de Dani, au bord de la Méditerranée. Sa famille est aisée, moderne et libérale, tandis que les parents de Nico sont divorcés et d'origine plus modeste.
Dans la chaleur de l'été, entre le village où l'on danse et la plage où s'ébauchent les rencontres, les deux adolescents rencontrent deux jeunes filles de leur âge : Berta et Elena. La première poursuit Dani tandis que Nico flirte avec Elena.

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Les deux garçons entreprennent leur apprentissage du sexe et entre eux naissent des sentiments ambigus. Pendant ces dix jours de liberté, ils découvrent ensemble l'amour, la jalousie et le désenchantement. Ils traversent ainsi la frontière vague qui sépare l'adolescence de l'âge adulte.

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L'avis de Rémi Jimenez :
La mise en scène, ça tient parfois à peu de choses. Quelques idées éparses, simples mais efficaces. Cet adage, Cesc Gay, réalisateur catalan dont c’est là le deuxième long métrage, l’applique à la lettre, cherchant moins à étaler une vaine virtuosité qu’à donner vie à ses personnages, deux adolescents : Dani et Nico. Au début du film, nombreux sont les signes qui, discrètement, esquissent le récit. C’est d’abord un trajet en train, annonçant les initiations à venir, les premières ébauches du passage d’un état à un autre. Non pas de l’adolescence à l’âge adulte, mais plutôt de l’adolescence à la post-adolescence.

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C’est ensuite Nico, passager au physique androgyne, qui vient rejoindre son pote Dani dans la maison de vacances de ses parents. Ils se retrouvent sur le quai, se donnent une franche accolade, puis quelque chose se produit. Quelque chose de limpide et de délicat : les deux compères se bousculent comme deux gamins agités, puis changent de position. Dani se retrouve alors à la place de Nico et vice versa. Ce renversement initial marquera de son sceau tout Krampa
ck, et notre vision des choses, bourrée de préjugés (l’androgyne homosexuel, le petit blondinet qui fait craquer les femmes, etc.), s’en trouvera considérablement altérée…

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C’est donc à une chronique sur l'adolescence que nous convie Cesc Gay, genre ô combien délicat, tant il penche souvent du côté de la caricature : ces anciens ados devenus cinéastes jettent parfois un regard trop nostalgique, limite réactionnaire, sur cette étape décisive de leurs vies. Ouvrons ici une parenthèse, histoire d’indiquer que le cinéma ibérique a toujours été moins enclin que le nôtre à parler de cette classe d’âge. Pour des raisons historiques d'abord (la dictature franquiste laissait peu de place aux récits d’initiation, ou alors il s’agissait d’initiation patriotique !). Pour des raisons cinématographiques ensuite : ces dernières années ont été marquées par le cinéma almodovarien peu friand de ce type de personnage. Fin de la parenthèse.

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Ce contexte cinématographique est peut-être pour beaucoup dans la réussite relative de Cesc Gay : le cinéaste n’a pas cherché à imiter, ni à innover, préférant se focaliser sur ses deux protagonistes, parfaitement dessinés et interprétés (il faudra notamment suivre ce Jordi Vilches, qui a une gueule et du bagout)…

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Cette attention soutenue sur les deux comédiens explique sans doute les quelques errements repérés ici ou là : les adultes mal campés et un peu bâclés, ou bien encore ce recours un peu lourdingue au montage parallèle à la fin, comme pour mettre en perspective la découverte et l’épanouissement sexuels de Dani et Nico, chacun dans son coin, chacun dans son genre. Mais l’ensemble est suffisamment juste et touchant pour qu’on s’y attache. Oublions donc ces quelques travers.

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L'avis de Jean :
On n'est pas sérieux quand on a 17 ans…
Comme tous les ans, Dani, fils d'une famille aisée espagnol, invite son ami d'enfance, Nico, à passer les vacances chez lui, dans une magnifique villa sur la côte espagnole.
Cette année est particulière car les parents de Dani partent en Egypte et les deux compères, âgés de 17 ans, ne souhaitent pas passer l'été puceau.
Mais leur épanouissement sera différent.

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… Et qu'on joue au Krampack sous les ramages.
Si Krampack a été présentée en avant-première française lors du festival gay et lesbien qui s'est déroulé à Paris dans la deuxième moitié du mois de décembre 2002, ce n'est pas un hasard : ce film est très bon et, vous vous en doutez parle (aussi) d'homosexualité.
L'histoire pouvait nous faire crainde le pire mais Cesc Gay, le réalisateur, a réussi à saisir des instants d'émotion, de jalousie, d'incertitudes, sans fausse pudeur ni mièvrerie. Belle performance !
De plus il existe une parfaite osmose entre les acteurs. Le résultat est d'un très bon niveau. L'intervention de filles du même âge va faire la joie de Nico et les déconvenus de Dani, le rôle de la prof d'anglais, à qui les parents de Dani l'ont confié, va aussi être déterminant : elle voit bien ce qui se passe et joue un rôle de régulateur. Elle dit d'ailleurs à Nico (Dani n'a pas passé la nuit chez lui) : "Si tu es jaloux qu'il passe la nuit ailleurs, alors tu es amoureux de lui et tu dois l'assumer, sinon va dormir, il rentra bien demain, t'inquiètes !"

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N'allez pas croire que ce film, interdit au moins de 12 ans, est une partouze collective ou une ode à l'homosexualité. Ce n'est absolument pas le cas. Krampack ne joue pas la carte de la vulgarité.
C'est drôle, touchant, juste. Il évoque juste la constitution d'une personnalité sexuelle différente entre deux amis, l'un hétérosexuel, l'autre très attiré par les hommes, en particulier Nico.
Pour ceux d'entre vous qui n'auraient pas compris, Krampack est un film à voir.

Pour plus d’informations :


par Rémi Jimenez & Jean publié dans : FILMS : Les Toiles Roses communauté : Gay-friendly
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