Les Toiles Roses est un blog collaboratif, indépendant et bénévole optimisé pour Mozilla Firefox (cliquer ici pour le télécharger)
•NOS CRITIQUES DE FILMS :1. Films de A à H :ici.2. Films de I à P :ici.3. Films de Q à Z :ici.
(Dernière mise à jour des index des films critiqués :
19/03/08)
•NOS CHRONIQUES :1. Saga des blogueurs :ici.2. Histoire de l'homosexualité :ici.3. Les articles de Kim :ici.4. Zanzi and the City
:ici.5.Merci Bernard...(Bernard Alapetite):ici.6. Les 4 vérités de
Juju :ici.7. Derrière les masques
: HOMOLLYWOOD(Marc-Jean Filaire)ici.8. Et les filles, alors ?(Isabelle B.
Price)ici.9. L'œil du voyeur(Didier Roth-Bettoni)ici.
•NOS RUBRIQUES SUCCÈS :1. Citations homophobes
et homophiles :ici.2. Les vidéos des publicités gay ou gay-friendly :ici.3. Les affiches et visuels LGBT
:ici.4.Les vidéos contre l'homophobie :ici.5. Les vidéos contre le SIDA
:ici.6. Les vidéos de la TV en folie
:ici.
•NOS WEBSERIES :1.Au
cœur du Marais :ici.* 2. Niko perd les pédales
:ici.* 3. G :ici.4. Nous tous :ici.* 5. Au bar ou à la maison ?
:ici.* 6. Gay Friday [en anglais] :ici.7. Luke & Noah : "As the World Turns" :ici.
8.Crétins Story : ici.9.Boris & Nadir :ici.10.DELEDIOS :ici.[à venir]11.FOUP : ici.
La bannière et la vidéo sont (c)Films entre
potes Les vidéos présentes et futures sont diffusées avec l'autorisation deLaurenthimself. Un grand merci à l'équipe de Crétins Story
!
Fiche technique : AvecMarie (Et alors ?) : Camille Japy, Lisa (Et alors ?) : Gwenaëlle Simon, Florent (Une nuit ordinaire) :
Philippe Garziano, l'ami à l'hôpital (Une nuit ordinaire) : Emmanuel Bolève, Marc (Dans la décapotable) : Guillaume Depardieu, Axel (Dans la décapotable) : Julien Lambroschini,
L'homme de la pharmacie (Dans la décapotable) : Jean-Christophe Bouvet, Une passante (Dans la décapotable) : Amanda Lear, Valéria (La mouette) : Natacha Régnier, Laurence (La
mouette) : Marion Cotillard, Christophe (La mouette) : Nils Tavernier, (Dedans) : Eric Caravaca, Le garçon à blouson (Tapin du soir) : Frank Demules, La fille (Enceinte ou
lesbienne ?) : Bérénice Bejo, (Enceinter ou lesbienne ?) : Marina Tomé, Patrick (Un moment) : Adrien de Van. Réalisateurs : François Dupeyron, Pierre Salvadori, Philippe
Faucon, Jean-Claude Guiguet, Merzak Allouache, Paul Vecchiali, Nils Tavernier, Marion Vernoux, Anne Fontaine et Françoise Decaux-Thomelet. Scénaristes : Catherine Locandro, Frank Demules,
Jean-Philippe Clarac, Olivier-Daniel Deloeil, Clarisse Battas, Stéphane Galas, Sergueï Matytsine, Pierre Guiho, Didier Seynave. Directeurs de la photographie : Philippe Bottiglione, Caroline
Champetier, Jean-Marc Fabre, Gilles Henry, Stephane Krausz, Norbert Marfaing-Sintès, Pierre Milon, Guillaume Schiffman, Myriam Vinocour. Monteurs : Jennifer Augé, Kadisha Bariha, Pascale
Chavance, Françoise Collin, Ariane Doublet, Luce Grunenwaldt, Gérard Touratier, Hélène Viard. Durée : 58 mn. Disponible en VF.
Résumé : L'Amour est à réinventer, ce sont dix histoires d'amours au temps du sida, un programme de 58 minutes composé de 10 films courts réalisés par
Merzak Allouache, Françoise Decaux-Thomelet, François Dupeyron, Philippe Faucon, Anne Fontaine, Jean-Claude Guiguet, Pierre Salvadori, Nils Tavernier, Paul Vecchiali et Marion Vernoux.
L’avis d’Olivier Nicklaus : L'Amour est à réinventer, ce fut d'abord un programme proposé par Arthur Rimbaud. Aujourd'hui, ce sont dix histoires d'amour au temps du sida.
La très faible représentation homosexuelle dans les courts métrages issus du concours « 3 000 scénarios contre un virus » a incité la Lesbian & Gay Pride Films à initier une
opération similaire consacrée aux vécus de l'homosexualité. Dix scénarios ont été retenus et confiés à des réalisateurs de cinéma. On aurait pu faire appel de préférence à des réalisateurs de
publicité pour qu'ils enfoncent efficacement le clou de la prévention.
Non, ce sont des auteurs qui s'expriment, et ils ne font pas seulement passer un message (prévention donc, mais aussi compassion ou solidarité). Ils réalisent chacun une fiction autonome, souvent
passionnante, jamais anodine. Si l'expérience précédente s'enlisait parfois dans les préoccupations prophylactiques, c'est rarement le cas ici. Les slogans laissent place aux climats, les
messages s'effacent derrière les émotions.
Du coup, certains osent des images qui ne plairont sûrement pas à tout le monde. D'ailleurs, à l'heure où sont écrites ces lignes (1996), les chaînes négocient encore les horaires de passage des
différents films. On s'en voudrait de faire un palmarès parmi ces dix films, tous dignes d'intérêt. On mentionnera simplement quelques souvenirs tenaces. L'humour blessé du jeune séropositif
enfermé chez lui dans Dedans de Marion Vernoux. La caméra subjective de Pierre Salvadori pour filmer le désir impérieux qui évacue toute prudence. Et surtout Une Nuit ordinaire
de Jean-Claude Guiguet. En pédalant vers celui qu'il aime, Laurent écoute Patachou chanter J'ai rendez-vous avec vous de Brassens. Il commence à se déshabiller dans le couloir. Mais
c'est un couloir d'hôpital. Ils se retrouvent, puis éteignent la lumière. Et lorsque Laurent cherche un préservatif dans la table de nuit, on entend le bruit des boîtes de médicaments. Ils font
l'amour. Fin du film. La gorge serrée, on attend que la lumière revienne.
L’avis deFrancis Lamberg : L'Amour est à réinventerest une collection de dix courts-métrages : dix reflets de notre époque, dix histoires alternatives sur des amours en
marges. L'Amour est à réinventer, phrase d'Arthur Rimbaud, est né à l'initiative de l'association Lesbian and Gay Pride Films, en partenariat avec Sida Info Service, Aides et
« 3000 scénarios contre un virus », un concours d'idées de courts-métrages lancé au printemps 1994 sur le thème de l'homosexualité et de la bisexualité au temps du sida. Sur plus de
1000 réponses, dix scénarios avaient été retenus par un jury que présidait Patrice Chéreau.
TOUT N'EST PAS EN NOIR Texte original : Sergueï Matytsine - Adaptation et réalisation : Philippe Faucon - 4 min 04 - France (Son
Digital 5.1 & DTS). Un couple homosexuel, un beur et un black, dans la vie de tous les jours. L'un d'eux est enceint . Il a une envie de caviar. Son ami s'efforce de le satisfaire. « L'ambition de Faucon est simplement de capter la pure beauté de l'instant , et il y
parvient brillamment » - Les Cahiers du Cinéma, février 1997. « Tu es mon caviar noir de tous les jours. » UNE NUIT ORDINAIRE Scénario : Franck Demule - Adaptation et réalisation : Jean-Claude Guiguet- 6 min 30 - France (Son Digital
5.1 & DTS) Le walkman vissé sur les oreilles et dans lequel Patachou interprète J'ai rendez-vous avec vous, un jeune homme traverse Paris à vélo. Il va rejoindre son ami à
l'hôpital pour passer la nuit avec lui. « Jean-Claude Guiguet livre une œuvre grave, où les sensations les plus immédiates
apparaissent avec splendeur » - Les Cahiers du Cinéma, février 1997.
DEDANS Scénario : Stéphane Galas - Adaptation et réalisation : Marion Vernoux - 7 min 23 - France (Son Digital 5.1
& DTS) Un homme seul parle à son caméscope et lui raconte ce qu'il aurait aimé faire s'il n'avait pas été malade. « Une interprétation remarquable ! C'est bref, simple, drôle et déchirant ! » -
Bernard Genin, Télérama, 12 février 1997. DANS LA DECAPOTABLE Scénario : Jean Philippe Clarac et Olivier-Daniel Deloeuil - Adaptation et réalisation : Merzak Allouach - 5
min 26 - France (Son Digital 5.1 & DTS) Deux garçons partent en week-end. Dans la décapotable qui les emmène, l'un d'entre eux sent monter en lui une angoisse de plus en plus forte : et si
son ami, lui aussi, n'avait pas pris de préservatifs ? Avec Guillaume Depardieu dans un des deux rôles principaux et Amanda Lear en guest-star. le tout sur fond de Rita Mitsouko. « Une histoire amusante et pleine de rebondissements ou l'on parle de prévention du sida
sur un ton léger » - France Soir, 30 novembre 1996. « Il fait froid : tu veux pas mettre la capote ? »
LES LARMES DU SIDA Texte original : anonyme - Adaptation et réalisation : Paul Vecchiali - 7 min 46 - France (Son Digital 5.1
& DTS) Le témoignage autobiographique d'un homme marié sur sa rencontre, puis sa relation amoureuse avec un autre homme, malade du sida. Une narration introspective, illustrée simplement et
efficacement, sans effet inutile. « Paul Vecchiali réussit un film solaire et poétique sur le souvenir, une œuvre élégiaque
et sensuelle sur la fugacité insaisissable du bonheur » - Serge Kaganski, Les Inrockuptibles, 12 février 1997. ET ALORS ? Scénario : Catherine Locandro - Adaptation et réalisation : François Dupeyron - 5 min 28 - France (Son
Digital 5.1 & DTS) Lisa plaît à Marie. Marie plaît à Lisa. Tout pourrait être simple. Mais Lisa s'enferme dans une apparente indifférence.
LA MOUETTE Scénario : Clarisse Battas - Adaptation et réalisation : Nils Tavernier - 5 min 04 - France (Son Digital 5.1
& DTS) Valéria est amoureuse de Laurence et n'ose lui dire. Finalement, elle y arrivera, par cassette interposée. Un film marin, plein du sel de la vie ! « Nils Tavernier met en scène avec beaucoup de tact et de retenue la déclaration amoureuse
d'une jeune femme à une autre... » - Impact du médecin, février 1997. TAPIN DU SOIR Scénario : Olivier Rouvière - Adaptation et réalisation : Anne Fontaine - 5 min 14 - France (Son Digital 5.1
& DTS) Dans le bois de Boulogne, un client paye pour une fellation. Mais le jeune prostitué demande la réciproque. Bof !
ENCEINTE OU LESBIENNE ? Scénario : Pierre Guiho- Adaptation et réalisation : Françoise Decaux-Thomelet - 4 min 22 - France (Son
Digital 5.1 & DTS). Le rideau se lève (littéralement) sur un coming-out : une jeune fille annonce à ses parents son homosexualité sur le ton de la comédie : « enceinte ou lesbienne ?
qu'est-ce que vous préférez ? » « C'est vif, impertinent et amusant » - Impact du médecin, février 1997. « La Mère : - Antoine a appelé. Le Père : - Sophie rappellera. » UN MOMENT Scénario : Didier Seynave - Adaptation et réalisation : Pierre Salvadori - 6 min 08 - France (Son Digital
5.1 & DTS). Un jeune homme fait l'amour avec un autre sans préservatif. En voix off, on entend ses pensées. Le désir plus fort que tout, puis le doute . Une caméra objective. Objectivement et
salutairement dérangeante. « Pierre Salvadori réduit son champ d'action au minimum, signant le film le plus
dérangeant de la série... » - Les Cahiers du Cinéma, février 1997.
BONUS L'homme qui aimait les hommes Documentaire fiction Scénario et réalisation : Pascal Dutertre - 48 min - France (Son Digital 5.1 & DTS) Conversation amicale
en Bretagne entre une femme et un homme. Quatre tableaux, quatre interlocuteurs masculins, chacun présente un regard, un vécu, une sensibilité sur sa condition homosexuelle. Face à face intime et
toujours sincère. Au delà de l'anecdote, ces quatre personnalités sont le reflet de notre époque. La femme questionne, curieuse, candide, piquante. « En quoi le désir d'un homme pour un
autre serait différent de celui d'une femme pour un homme ? Qu'est-ce qui te plait chez les hommes ? Et le sexe ? Le corps ? Les sentiments ? » Ces hommes répondent, mais s'interrogent
également, mélange de poésie et de réalité crue, de désillusion et d'envie, de dérives et d'amour. Ces tranches de vies qui tentent d'illustrer la théorie et les pratiques homosexuelles évitent
de justesse la logorrhée barbante. « J'avais été un enfant vicieux mais plutôt naïf. » Pour plus
d’informations :
Fiche technique : Avec Jason Alexander, Stephen Spinella, Stephen Bogardus, Randy Becker, John Benjamin
Hickey, Justin Kirk et John Glover.Réalisation : Joe Mantello. Scénario : Terence McNally,
d’après sa pièce de théâtre. Directeur de la photographie : Alik Sakharov. Monteuse : Colleen Sharp. Compositeur : Harold Wheeler.
Durée : 115 mn. Disponible en VO, VOST et VF.
Résumé : Huit amis homosexuels, pour la plupart artistes, viennent passer trois week-ends de détente à la
campagne dans une splendide maison victorienne prêtée par un chorégraphe. Ces huit amis vont tomber amoureux et tomber en disgrâce, ils se blesseront les uns les autres et se
pardonneront.
Des couples se formeront et d'autres se briseront, ils feront preuve parfois de force et cèderont d'autres fois aux faiblesses, ils se moqueront les uns des autres et s'épauleront. Ils
formeront un mélange drôle et déconcertant, symbole des relations modernes.
L’avis d’Olivier Nicklaus :
Ces dernières années, Lawrence Kasdan avec Les Copains d'abord, Jean-Marie Poiré avec Mes meilleurs copains ou Kenneth Branagh avec Peter's friend ont popularisé la
comédie de copains. Un genre démocratique où une dizaine de personnages se partagent l'écran dans un registre doux-amer mêlant éclats de rire et mini-drames. Nouvel avatar avec ce film adapté
d'une pièce de Terence McNally (Master class) qui a triomphé plusieurs saisons à Broadway. L'innovation ici, c'est que tous les personnages sont homosexuels : s'ils sont très amis,
ils sont donc aussi potentiellement très amants. Trois week-ends de suite au cours d'un long été, ils se retrouvent dans la maison de campagne de l'un d'entre eux. Chacun va finir par se
révéler, dans sa beauté comme dans sa noirceur. McNally possède un indéniable talent à entrelacer les vies de tous ces personnages et à construire des suspenses à tiroirs.
On appréciera également son sens de la réplique qui fait mouche, spécialement pour le personnage de Buzz (Jason Alexander, remarqué dans la série Seinfeld) : le fameux esprit
camp auquel Truman Capote, Oscar Wilde ou Michel Cressole ont donné ses lettres de noblesse. Comme souvent dans ce genre, la mise en scène se contente d'illustrer assez mollement le
propos sans beaucoup d'audace, si ce n'est une célébration de la nudité du corps masculin assez rare dans le cinéma américain. Randy Becker dans le rôle de Ramon Fornos, le bimbo-boy
portoricain qui s'amuse à rendre chacun malade de désir, passe ainsi la moitié du film dans le plus simple (mais irréprochable) appareil.
Si de nombreux vécus de l'homosexualité sont ici catalogués (le couple fidèle, le sex-addict, le gigolo, le malade du sida, la folle...), le scénario finit par en donner une
représentation assez politiquement correcte, en tout cas suffisamment ouverte pour que les hétérosexuels puissent s'y projeter. Au bout du compte, la figure du groupe telle qu'elle est filmée
ici, avec les liens qui s'y nouent, les rivalités qui y naissent, voire les désirs qui y circulent, n'est pas l'apanage des seuls homosexuels. Plus que de l'homosexualité, c'est de l'Amérique
que Love ! Valour ! Compassion ! est un portrait fragmenté. Dans cette microsociété en vase clos, on retrouve en effet des obsessions très américaines telles que la peur de vieillir,
l'omniprésence de la réussite professionnelle, le racisme, sans oublier l'inévitable happy-end. Pour plus d’informations :
Commentaires