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Vendredi 2 mai 2008

Alors qu'approche la Journée mondiale contre l'homophobie, le 17 mai, le gouvernement français se fait remarquer par des mesures particulièrement hostiles aux homosexuel-le-s.

Il y a quelques mois le ministère des Affaires étrangères demandait aux consulats de refuser les pacs binationaux dans certains pays, il y a quinze jours on apprenait que le ministère de l'Intérieur testait un logiciel permettant un fichage des homosexuel-le-s, et le journal Têtu révèle qu'un homosexuel français a été déchu de la nationalité française lorsqu'il a demandé la double nationalité hollandaise, alors qu'il s'est marié avec un homme aux Pays-Bas ! Une convention entre les deux pays prévoit que seules les personnes mariées peuvent se voir accorder la double nationalité. Le mariage homosexuel est reconnu aux Pays-Bas, mais le ministère français considère cet homme comme célibataire.

SOS homophobie est scandalisée par cette décision particulièrement humiliante et symboliquement inexcusable, et demande au gouvernement de réintégrer immédiatement cet homme dans la nationalité française.

Fiché-e-s, déchu-e-s de leur nationalité, quelle est la prochaine étape pour les homosexuel-le-s français-e-s ? A l'occasion de la Journée mondiale contre l'homophobie, le gouvernement français n'a-t-il donc pas de message plus humain à adresser aux homosexuel-le-s ?

Pour plus d'informations :
Lire le billet de
Maître Eolas
par SOS HOMOPHOBIE publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants ! communauté : Gays news
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Vendredi 2 mai 2008
 

(4.18)






Avertissement de Daniel C. Hall : Je publie les billets de Zanzi plusieurs jours (voire plusieurs semaines) ; après réception du Canada. Pour garder toute l’émotion de son contenu, je vous conseille de ne pas lire mes notes en rouge, qui sont ajoutées après plusieurs lectures. Je ne voudrais pas gâcher ce beau début de ciel bleu pour notre Zanzi national (et je le prie de m’excuser d’avoir placé ces reugneugneu de notes dans son texte original.

 

Lundi 21 avril, de retour [au Caribouland maudit et honni depuis plusieurs épisodes, je tiens à le rappeler ! (Note de Daniel C. Hall)] de ma semaine thérapeutique en France pour évacuer les tourments que l’hiver m’avait infligés, je me suis laissé entraîner par mon ami Nick-le-dynamique à faire une partie de squash. Je fus d’emblée convaincu des bienfaits potentiels de ce sport en constatant que sa silhouette, dont les formes généreuses étaient dues en grande partie à l’infâme nourriture cariboulandaise en gros, commençait à retrouver des proportions plus gracieuses. Sans compter le regain d’énergie induit. C’est ainsi que, ce matin-là, je me suis mis au squash. Au bout de 15-20 minutes de ce cet exercice auquel mon corps n’est point rompu, j’étais déjà éreinté, ce dont Nick-la-malice m’avait prévenu. Le laissant poursuivre son régime sportif avec un autre partenaire, je me suis dirigé vers les vestiaires, baigné de sueur, presque haletant. Et c’est alors que je l’ai vu. Comme un instantané, mon regard a photographié son visage d’ange, son sourire avenant, l’azur de ses yeux, le brun clair de ses cheveux.
— C’est ta première séance ? me dit-il de son accent acadien, quoique pas trop prononcé.

Question qui recouvrait une affirmation que mon état laissait aisément deviner. Je n’en revenais pas, il avait de lui-même engagé la conversation. Quelques banalités plus tard, et juste avant de partir au bureau, nous décidâmes de nous revoir le lendemain. Même endroit, même heure. Mon cœur battait à 88 miles à l’heure [141,60 km/h si j’en crois ce formidable convertisseur en ligne (Note de Daniel C. Hall)] et je fus incapable de me concentrer de toute la journée, au grand déplaisir de mon patron à qui l’andropause donne des humeurs de grossesse nerveuse.

Mardi 22 avril. Mon cœur battait toujours la chamade [Et une autre chose devait palpiter aussi, mais je n’en dirai pas plus pour respecter la pudeur de mon ami Zanzi (Note de Daniel C. Hall)]. Jason serait-il au rendez-vous ? Oui, il était là, encore plus beau que la veille. Dans l’échange de nos balles, je voulais donner le meilleur de moi-même. Un peu de frime à la française, qui fit rire ce joueur plus expérimenté que moi. J’avais réussi à tenir cinq minutes de plus que la veille avec Nick, mais au bord de l’épuisement, je me suis adossé au mur et laissé glisser sur le sol. Jason s’est approché, assis à côté de moi, le temps que je reprenne mon souffle. Puis il m’a pris la main et m’a relevé d’un bond en disant :
— Allez, c’est fini pour aujourd’hui !

Nos corps redressés se tenaient l’un contre l’autre. Captivé par l’océan de son regard qui semblait annoncer les promesses d’un voyage au long cours à un marin qui part à l’aventure sans but précis, je balbutiai :
— T’es dispo ce soir pour prendre un verre ?
— Ce soir, je ne peux pas, je soupe chez mes parents. Mais demain, au St. James, 6h30 (du soir, bien sûr – note de moi-même), ça te va ?
— Oui. Demain, 6h30.

Mercredi 23 avril, St. James’Gate, rue Church. J’étais là à 6h20. Les minutes me semblèrent des heures, et les heures des années. Soudain je le vis arriver. Nous prîmes la table près du portrait du roi George V, un peu à l’écart, pour être tranquilles. Il me parla de son métier de professeur de musique à l’université (il a 26 ans), de sa famille native d’Edmundston, plus grand ville unilingue francophone du continent nord-américain en dehors de la province du Québec, et qui se trouve au nord du Nouveau-Brunswick. Nous nous découvrîmes à travers nos paroles, nos regards, nos mains qui s’effleuraient comme par mégarde. Vint le crépuscule. Pour prolonger ce moment, nous nous dirigeâmes vers la rivière pour admirer le paysage. L’endroit était tranquille, le risque d’être dérangés était infime. Les Canadiens n’aiment pas s’embrasser en public. Et au Nouveau-Brunswick, l’une des provinces les plus arriérées de ce grand pays pourtant plus progressiste que la France, soit Brokeback Mountain en pire, la discrétion est de mise. C’est tout de même dommage de perdre de précieuses secondes à s’assurer que l’on n’est pas épiés, mais une fois cette assurance obtenue, j’attirai Jason vers moi pour goûter au parfum de ses lèvres. Ces quelques secondes me semblèrent irréelles. À moitié paralysé par ma propre audace, je le vis cependant sourire et d’un geste, il m’attira vers lui pour me rendre ce cadeau. Je me sentis en feu comme l’horizon rougeoyant.

Jeudi 24 avril. Journée ponctuée de courriels, de sms, de trois coups de fil. Pour la première fois, l’absence. Comme un naufragé dans le désert qui meurt de soif. Ce soir-là, je devais aller à une soirée officielle dans le cadre d’un festival local. Je n’ai rien écouté, rien entendu. Je ne pensais qu’à lui qui, au même moment, donnait des cours du soir…




Vendredi 25 avril. Je devais le revoir, très vite, avant de passer le week-end à Halifax. Encore des relations publiques. Je voulais, avant le devoir de ma charge, consacrer du temps aux relations privées. Encore une mondanité à assurer, la suite de la veille, un 5 à 7 au restau de Nick. À 6h éclipsé [Bordel, du soir ou du matin ? Tu ne peux pas causer le français de France comme tout le monde ? (Note de Daniel C. Hall haletant d’impatience)].[Des détails ! Des détails ! Mais qu’est-ce que c’est que cette subite pudibonderie ! (Note de qui vous savez)]. Jason m’attendait chez lui. Nos cœurs étaient au bord de l’explosion et nos corps entrèrent en fusion

Samedi 26 avril, Halifax, Royal Nova Scotia Yacht Squadron. Je suis entouré de personnalités importantes dans un club sélect qui a tout le charme des traditions de la monarchie britannique. Mon téléphone se met à vibrer : « you’ve got mail ». C’est lui.
— Tu me manques. Reviens vite.
Le dîner passe comme un rêve. La nuit, dans mon lit king size à l’hôtel Marriott, je ressens son absence.

Dimanche 27 avril, de retour à Moncton. J’ai quitté Halifax et son ciel nuageux pour rentrer chez moi sous un ciel ensoleillé. Je crois aux signes. Il m’attend. Il n’en peut plus d’attendre. Moi non plus. C’est le grand chamboulement et enfin, le miracle que je n’attendais plus. Un professeur de musique qui n’a pas peur des mots et sait mettre des paroles sur les accords de sa mélodie d’amour et qui me dit, les yeux dans les yeux : « je t’aime ».

P.S. : Mariah Carey m’a chargé de transmettre cette dédicace à mes ex.





Lire le précédent épisode, cliquez ici.

 

par Zanzi publié dans : HUMEUR : Zanzi and the City communauté : Gays news
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Vendredi 2 mai 2008

 

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Fiche technique :
Avec Brett Barsky, Judy Kain, John Lizzi, Jonah Rooney, Stephen Tobolowsky, Cory M. Miller, Allen Doran et Lindsay Pomerantz. Réalisation : Peggy Rajski. Scénario : James Lecesne. Musique originale : Danny Troob. Image : Marc Reshovsky. Montage : John Tintori.
Durée : 17 mn. Disponible en VO.
Résumé :
L'innocence de Trevor, 13 ans, fan des chansons de Diana Ross, est brutalement brisée quand son meilleur ami, le garçon le plus populaire de sa classe, se retourne soudainement contre lui en comprenant que Trevor est gay et amoureux de lui. Les camarades de Trevor commencent à se moquer de lui, trouvant qu’il marche comme une fille... La détresse de Trevor culmine avec une tentative de suicide mais dont on peut douter du sérieux, malgré la solennité de la mise en scène car le garçon décide de mourir en avalant un tube d'aspirines... Mais à la fin, sa forte volonté et sa détermination l'aideront à accepter son homosexualité...

Boys Life 2

L’avis de Bernard Alapetite :
Ce film, tourné il y a déjà plus de dix ans et dont l’action est sensée se dérouler en 1981, n’a pas pris une ride et l’on peut ajouter "malheureusement", car il traite de sujets presque tabous : le suicide chez les jeunes gays et la sexualité chez les préadolescents. Sa principale qualité est de traiter ces sujets sans pathos et avec un humour certain. Cette mise à distance par le ton n’empêche pas l’empathie que l’on éprouve pour Trevor.
Dès les premières minutes du film (avec ses mises en scène de suicides, que Trevor organise pour que ses parents s’aperçoivent qu’il existe, de véritables appels au secours à des sourds autistes pour qui leur fils a la transparence d’une vitre et la densité d’un ectoplasme), on pense à Harold et Maud. Trevor est un Harold de 13 ans confronté à des parents indifférents.
Le court-métrage avançant, c’est à un autre film que l’on pense, 50 façons de dire fabuleux. Trevor est le quasi jumeau du héros du film d’Aitken, même physique un peu ingrat au corps trop enveloppé, même naïve follitude, même goût de l’évasion dans des rêves de paillettes joint à la passion de l’introspection.
La réalisatrice utilise pour faire avancer et densifier son histoire un procédé à hauts risques qui donne généralement de très mauvais résultats : la voix off. Pourtant ici, on a jamais le sentiment, comme c’est trop souvent le cas avec cette figure cinématographique, qu’elle n’est là que pour palier le manque de moyens ou la médiocrité d’un acteur amateur incapable de faire passer ses sentiment par le dialogue ; jamais non plus elle est redondante avec l’image et cela grâce à une astuce : cette voix off est celle de Trevor qui lit son journal intime en contrepoint de ce que l’on voit sur l’écran. Pour que ce soit convaincant, faut-il encore comme ici que le texte soit écrit à hauteur de celui d'un enfant comme Lecesne, le scénariste, est parvenu à le faire, sans doute parce que tout cela est très autobiographique. En 17 minutes, le film réussit à mélanger réalité et désir. Il ne faut jamais oublier que ce que l’on voit n’est peut-être finalement que seulement ce qu’écrit Trevor. Alors où commence le rêve ou le cauchemar et où finit la réalité ? Ce qui peut donner une interprétation complètement différente du film (voir le résumé) et en particulier de sa fin.
Plastiquement, le film ne manque pas d’audace puisque parfois Peggy Rajski brave l’interdit du regard caméra ; ainsi Trevor semble s’adresser à nous, cadré en plan moyen sur un fond neutre. J’ajouterais pour terminer que l’image est soignée avec des cadres inventifs sans maniérisme et une belles lumière. La musique n’est pas non plus pour rien dans le charme que dégage le film.
Le film de Peggy Rajski est couvert de prix , en 1994 Trevor a obtenu l’Oscar du meilleur court-métrage de fiction, le Teddy award 1995 du meilleur court-métrage à Berlin.
Suite aux réactions engendrées par le film au sujet du suicide chez les jeunes gays, James Lecesne, Peggy Rajski et Randy Stone ont mis sur pied une fondation "Trevor project" qui, sous forme d’une écoute téléphonique ouverte 24 heures sur 24, se propose d’aider les jeunes gays en crise qui seraient tentés par le suicide. Le but de l’association est la prévention du suicide. Elle guide et oriente les jeunes qui s’adressent à elle pour qu’ils surmontent leur désespoir. Des permanence sont ouvertes à Los Angeles, San Francisco et New-York.
Pour plus d'informations :
Ci-dessous l'intégrale du film
English Language
Running Time : 16 minutes 53

par Bernard Alapetite publié dans : FILMS : Les Toiles Roses communauté : Ciné DVD
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