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(Dernière mise à jour des index des films critiqués : 19/03/08)
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Antiprod    BQHL    Carlotta Films    Eklipse    Epicentre Films    Les Films de L'Ange    Hystérie Prod.    One plus One
Mercredi 9 mai 2007

Fiche technique :
Avec Arye Gross, Tim DeKay, Eric Schweig, Louise Fletcher, George Coe, Veanne Cox, Nan Martin et Corinne Bohrer. Réalisé par Thomas Bezucha. Scénario : Thomas Bezucha.
Durée : 117 mn. Disponible en VO et VOST.


Résumé :
Big Eden est une petite ville cachée dans les bois du Montana où le temps semble s'être arrêté. C'est là qu'a grandi Henry Hart, un artiste qui connaît succès et renom, mais, qui malgré sa réussite, vit seul à New York.
La maladie de son grand-père ramène Henry à sa ville natale et à ses souvenirs. Son retour et les retrouvailles avec son meilleur ami Dean - dont il est toujours secrètement amoureux - le confrontent à nouveau avec la difficulté d'être gay dans une petite ville de province.
La visibilité n’est a priori pas une chose aisée pour un gay vivant dans une petite ville reculée du Montana. Aidé par sa famille et ses amis, Henry va se reprendre en main et dépasser ses propres préjugés pour se découvrir une deuxième chance de bonheur à Big Eden.

L'avis de Wild (autorisé par Media-G) :
Henry Hart est gay, il a en fait quitté Big Eden pour New York afin d’essayer d’oublier son meilleur ami Dean, dont il est amoureux et pour pouvoir vivre au grand jour son homosexualité.
De retour à Big Eden, il retrouve un Dean transformé : divorcé et père de deux garçons, celui-ci semble désormais éprouver plus que de l’amitié pour Henry, mais a beaucoup de mal à franchir le pas…
Pike, un indien qui tient l’épicerie du village, est lui aussi très intéressé par Henry… mais beaucoup trop timide pour le laisser paraître. Les habitant de Big Eden — que l’ont aurait bien volontiers imaginé homophobes — vont tout faire pour aider Pike dans son entreprise de séduction.

Big Eden est un petit miracle de film comme il en existe peu… un tous les dix ans, peut-être ? Il réussit le tour de force d’être émouvant jusqu’aux larmes, irréaliste jusqu’à l’absurde, surprenant à chaque plan tout en respectant la tradition américaine des grandes comédies romantiques à la Cary Grant/Katharine Hepburn.
A priori, comme le raconte le réalisateur et la productrice, le film n’avait rien pour plaire. Les films orientés gays parlent souvent de jeunes mecs passant la plupart du temps torse nu, dans leur vingt ans et cherchant leur sexualité (avec au moins deux scènes de baise requises pour le cahier des charges). Qui pourrait bien s’intéresser à une comédie dramatique avec des trentenaires célibataires ne correspondant pas aux canons physiques des magazines ni aux aspirations de la clientèle supposée de ce type de films ? Ceci témoigne du mal qu’ils ont eu à trouver un distributeur, malgré les accueils fabuleux que Big Eden a reçu dans chaque festival où il a été présenté.
Sa représentation de la communauté rurale de Big Eden est certes utopique : une petite ville où chacun est accepté pour ce qu’il est : lesbienne, gay, hétéro et où chacun se soutient afin d’apporter réconfort et compréhension. Henry Hart va trouver ce qu’il lui manque : une meilleure acceptation de qui il est et de remplir ce besoin universel de trouver un endroit où chacun est aimé et où chaque personne que l’on aime se trouve apaisé.
La marieuse du coin cherche à placer Henry avec les femmes du coin mais elle remarque qu’il est gay. Pas de problème, elle organise un après-midi de rencontres pour célibataires gays. Une jeune femme apporte le casse-croûte… que sa compagne a oublié avant d’aller travailler à la scierie du coin. La célébration du 4 juillet permet à tous les couples de danser, de témoigner leur affection devant chacun, sans que quiconque ne réagisse de manière étonnée.
Le pari de ce film est de considérer les hétérosexuels non pas comme des antagonistes, tel que le cinéma les représentent souvent, mais comme ayant intégré les mêmes valeurs de communauté pour chaque être humain, indépendamment de l’orientation sexuelle, de l’âge et des races. L’amoureux secret de Henry est Pike, l’épicier du coin : il est d’origine indienne. Mais son origine, sa couleur de peau n’est jamais présentée comme un problème éventuel : il fait partie de la société comme n’importe quel bûcheron ou vieux cow boy du coin.
On pourra reprocher au film son côté idéaliste (et très américain dans sa représentation de toute communauté quelle qu’elle soit) et quelque peu irréalisable de son sujet. Quelques scènes voulant faire typique du coin sont d’ailleurs à la limite du surfait (notamment à l’église, c’est assez croquignolet car Henry s’y ennuie ferme !) Qu’importe, le cinéma est fait pour les rêveurs et il nous est permis de rêver qu’un jour Big Eden existera et que nous serons acceptés non pas comme des citoyens de seconde zone mais comme des êtres humains à part entière, recherchant comme chacun ce qui est essentiel dans la vie : la poursuite du bonheur pour nous et nos proches.
Plus d’une heure de bonus supplémentaires, entre commentaires (très précieux) du réalisateur, des acteurs, des challenges du films mais également des recettes égrenées le long du film que Pike conçoit afin de gagner le cœur d’Henry. D’incurables romantiques, je vous dis.

Pour plus d’informations :

par Wild (media-g) publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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Mercredi 9 mai 2007

Fiche technique :
Avec Denholm Elliot, James Wilby, Hugh Grant, Rupert Graves et Simon Callow. Réalisé par James Ivory. Scénario : K. Hesketh-Harvey et James Ivory. Directeur de la photographie : Pierre Lhomme. Compositeur : Richard Robbins.
Durée : 140 mn. Disponible en VO, VOST et VF.


Résumé :
Quelques années avant la Première Guerre mondiale, la découverte par un jeune bourgeois londonien, intelligent et sensible, Maurice, de ses affinités particulières avec un être de son sexe, Clive. Les tourments et les luttes qui en découlent dans une société victorienne et enfin la victoire de pouvoir assumer en toute honnêteté sa différence.
L'avis de Jean Yves :
On a parfois reproché à James Ivory une certaine froideur, une distance à l'égard de ce qu'il montre, alors qu'il s'agit plutôt d'une pudeur dans l'expression des choses décrites, un bon goût très britannique (bien qu'Ivory soit Américain). Les ambiances du début du siècle conviennent parfaitement à sa façon de filmer, à son style de narration précise et feutrée.
Il y a dans l'histoire de Maurice tout ce qu'un garçon peut ressentir dans son éveil à l'homosexualité : cette sensation précoce de différence, la peur d'être rejeté par sa famille et par ses proches, la crainte même de se confier, l'illusion et l'espoir que ce n'est qu'un goût passager, l'espoir (encore !) que la science va venir à la rescousse (mais le médecin de famille de Maurice reçoit cette révélation avec répugnance), l'appréhension d'être découvert dans le milieu professionnel, le chantage qu'une telle découverte peut provoquer, le regard particulier sur le corps masculin (scène dans les vestiaires lorsque Maurice enseigne la boxe – le noble art – aux jeunes prolos de son âge), le chagrin d'être trahi et abandonné par celui qu'on aime, et au bout du compte, l'apprentissage de la solitude, l'amertume devant l'hypocrisie et l'intolérance, la répression légale vécue à juste titre comme une scandaleuse injustice.
Le jeune héros passe par tous ces états, et à ce titre, Maurice est le film exemplaire de la condition homosexuelle vue de l'intérieur, analysée dans tous ses détails sociaux, tous ses aspects psychologiques. Même dans la scène où Maurice découvre les plaisirs de la chair avec le garde-chasse Alec, James Ivory vise juste : perplexité du jeune homme d'être perçu pour ce qu'il est par un autre homosexuel, nouvelle façon, liée au sexe et non plus à l'amitié platonique, d'envisager son rapport avec les garçons.
Non seulement Maurice parvient, au terme de ce parcours quasi initiatique de connaissance de lui-même, à s'assumer, mais il rompt le clivage social : grand bourgeois hétéro, il n'aurait sûrement pas épousé une lingère, mais grand bourgeois homosexuel, il n'hésite pas à vivre avec le jeune garde-chasse qui lui-même, dans une preuve d'amour, renonce à émigrer en Argentine avec sa famille pour rester avec l'élu de son cœur.

Maurice, après nous avoir plongés dans les difficultés sociales et existentielles de l'homosexuel-type, débouche donc sur un bonheur possible dans la différence. Cet optimisme réchauffe le cœur.
Pour plus d’informations :

par Jean Yves publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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