Copyright tetu.com
par Nicolas Jan
Info du 2007-06-12
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par Nicolas Jan
Info du 2007-06-12
Mon ami Abdellah Taïa est un écrivain fabuleux, un poète du mot et du sentiment, mais aussi un homme courageux et vrai parce qu’il ose parler de son homosexualité au Maroc et dans les pays arabes (comme le montre la couverture de TEL QUEL, une des grandes revues marocaines) afin d’aider des milliers de jeunes (ou moins jeunes) gays de ces pays à ne pas se sentir seuls, souffrir ou mourir et malgré les menaces et les insultes des islamistes, parce qu’il est un héros ordinaire attachant… Je suis fier de toi mon ami et je t'embrasse très fort.
Daniel C. Hall


ABDELLAH TAÏA, FOU ET CORSAIRE…


À l’occasion de la sortie de son nouveau roman L’armée du salut au Seuil, un nouveau petit bijou dans l’œuvre étincelante de l’auteur, j’ai eu l’immense bonheur de pouvoir interviewer Abdellah Taïa. Son énergie, sa chaleur humaine, sa gentillesse n’ont d’égal que son talent. Si ses livres m’avaient envoûté, l’homme m’a réchauffé l’âme et le cœur. Retenez bien le nom de cet écrivain, il marquera l’histoire de la littérature. Parole de critique conquis par ce corsaire venu du Maroc.
Abdellah, le premier paragraphe d’un de tes futurs romans doit décrire l’être humain qui se cache derrière les mots, comment l’écrirais-tu ?
« J’ai pris ma retraite sexuelle à l’âge de 12 ans. » Je suis sûr que je vais écrire un jour un livre qui commence par cette phrase. Il dira toute cette immense liberté amoureuse, sensuelle et sexuelle dans laquelle j’ai baigné, pauvre, chétif, heureux et parfois malheureux, durant mon enfance, au milieu des autres, en contact permanent avec les corps des autres. Jusqu’à présent je n’ai pas encore écrit des choses très profondes sur cette période. L’écriture, pour moi, interpelle directement l’inconscient, l’enfance. L’écriture est synonyme de sommeil. C’est pour cela qu’il est hors de question de m’autocensurer.
Tu fais partie de cette jeune génération (brillante !) d'écrivains marocains comme Rachid O. et Karim Nasseri. Quelles sont les différences entre leur œuvre et la tienne ?
Rachid O. et Karim Nasseri sont comme des frères pour moi. Rachid vient de Rabat, Karim de la région d’Oujda et moi de Salé. J’ai découvert les livres de Rachid au Maroc, et cela a été un grand moment pour moi, il me parlait directement, écrivait pour moi. Rachid O. est un écrivain important dans mon histoire personnelle. Karim Nasseri est un ami, et j’adore son premier livre Chroniques d’un enfant du hammam. Tous les trois, nous parlons franchement de ce que certains voudraient taire, l’homosexualité. Tous les trois, nous affirmons notre individualité sans renier nos racines marocaines. Mais nos livres ne se limitent pas seulement à l’évocation de l’homosexualité.
Pourquoi as-tu décidé d'écrire, de mettre sur papier ta vie et, surtout, d'accepter de te laisser publier par des maisons d'édition qui allaient te médiatiser ? As-tu eu peur ?
Quand j’écris, je n’ai jamais peur. Dans la vie quotidienne par contre, ce sentiment m’habite, me hante. Écrire, c’est suivre ce qui s’impose à soi, à moi. Ma vie, à travers un double regard, s’offre à moi sous forme de textes, courts, clos, des histoires qui me poursuivent et qu’il me faut coucher sur papier dès que je le peux. J’écris à partir de ma vie. J’écris pour dire mon intériorité mais pas de façon nombriliste, je pars de moi pour investir le monde. Je donne à Abdellah une voix, celle qu’il n’avait pas au Maroc, pour dire son amour et son malheur face au monde, face au Maroc, face à Paris, de loin. Je donne à Abdellah une identité libre.
Plus que des romans, Mon Maroc, Le rouge du tarbouche et L'armée du salut sont des auto-fictions. Pourtant le personnage principal, c'est ton pays, ses us et coutumes, et ses habitants. Parler de toi, c'est parler de ton pays à ce point… vraiment ?
On ne peut pas oublier les origines. Elles sont inscrites en nous à jamais. Je vis à Paris, dans le bonheur et la désillusion, je me construis en tant qu’adulte à travers aussi la culture française au quotidien, mais je suis pour toujours un petit Slaoui (de Salé) du quartier de Hay Salam qui rêve de cinéma, le cinéma comme religion, sa déesse éternelle étant Isabelle Adjani. Je parle dans mes livres de ce monde, à travers mon regard enfantin : je sais que je vais le perdre un jour... un jour... En attendant, j’essaie de laisser des traces de cette voix à travers la littérature.
De Mon Maroc à L'armée du salut, il existe presque une suite logique (autobiographique ?) de ta vie ou, pour être plus littéraire, de ton passé « réel ou fantasmé ». L'écrivain Taïa retranscrit-il TOUT ce que l'homme a vécu OU l'homme Taïa réinvente-t-il ou fantasme-t-il ce qu'a vécu l'enfant, puis l'adolescent, puis…
L’écriture n’est pas une photocopie de la réalité. L’écriture révèle la réalité dans ce qu’elle a de plus intéressant, de plus intense, de plus vrai, de plus triste... ou bien magique. Écrire à partir de soi n’est pas une facilité pour moi. Je reconstruis tout, mais je ne fantasme presque jamais. L’écriture est de la manipulation. La fiction est là, comme une ombre, elle m’aide de temps en temps. Contrairement à ce qu’on croit, l’écriture autobiographique n’est pas une chose aisée. On se donne à voir, on se cache moins... Il faut du courage et de l’inconscience pour s’y adonner complètement.
Ce qui transpire de tes ouvrages, c'est l'amour profond des gens, de la vie du petit peuple (et ce n'est pas péjoratif...) – de la vraie vie, quoi), des traditions, du folklore, de la magie du Maroc… On devine, même derrière les drames, un profond optimisme… C'est la magie de ce pays ?
Je viens d’une famille pauvre, vraiment pauvre. On était 11 personnes à la maison, les uns sur les autres, les uns dans les autres. Ce groupe humain, familial, m’a donné un grand amour, m’a appris l’Amour, et a conditionné mon regard tendre sur le monde, les autres, les choses. Ce groupe m’a aussi étouffé, m’a fait pleuré, m’a traité de fou, de « pédé », mais je ne garde aucune rancune, aucune haine. Je garde les sensations que j’éprouvais au contact des corps des autres, mes sœurs, ma mère, mon grand frère qui longtemps était comme Dieu pour moi. Mon style, ma littérature viennent de là. De cette façon d’être dans la vie, les heures... Encore une fois l’enfance. Toujours l’enfance.
Qui plus est, tu es un amoureux de la langue française. Jean Genet, un génie littéraire encore ignoré par bien des gens ici, est presque au centre de ton œuvre. Peux-tu nous expliquer cette fascination ?
Jean Genet est un « écrivain marocain ». Comme Juan Goytisolo, je pense qu’il deviendra un jour un saint au Maroc. Les amoureux viendront honorer sa tombe musulmane à Larache. J’aime évidemment ses livres. J’aime sa poésie. Je l’aime même traître, voleur, moral, immoral, sexuel, cruel et tendre. Je suis fasciné par lui. Un jour j’écrirai quelque chose sur son funambule, Abdallah, avec « a » et non « e » comme pour moi. Mon rêve fou est devenir le Jean Genet slaoui... mais ce n’est qu’un rêve.
Comment as-tu pris conscience de ton orientation sexuelle au Maroc, à une époque où l'on peut dire que le régime d'Hassan II était bien moins « libéral » que celui de M6 ?
J’ai toujours su que j’étais différent, dès l’enfance. Au début cela ne m’a pas fait souffrir. Après, dans l’adolescence, j’ai pensé que j’étais le seul homosexuel du Maroc (!!!). J’ai pleuré. J’ai aimé certains garçons, de loin, follement. Aujourd’hui, être homosexuel n’est pas un problème pour moi. C’est une façon d’être décalé, rebelle, « révolutionnaire »... Être vraiment DIFFÉRENT des autres et en tirer une force pour créer quelque chose. Être homosexuel, ce n’est pas se laisser enfermer, tout en étant en fusion avec le monde, chercher à l’être en tout cas.
Franchement, ce besoin d'écrire, d'être publié, d'être LU, c'est un besoin de défendre ton orientation sexuelle ?
Non. Je n’écris pas pour dire : je suis homosexuel. J’écris parce que cela s’impose à moi. Par contre, si le fait de parler de mon homosexualité peut aider quelques uns (au Maroc), tant mieux...
Tu as accepté un petit rôle dans Tarik el hob de Rémi Lange. Raconte-nous cette aventure…
J’ai participé à Tarik el hob parce que j’avais énormément aimé le premier film de Rémi Lange, Omelette, qui est aussi une sorte d’écriture autobiographique. Mais je n’apparais que deux minutes dans ce film pour parler des mariages qui étaient célébrés entre hommes à Siwa. Voilà.
Être gay et musulman, c'est conciliable ?
Je me sens, je suis musulman et j’arrive à conjuguer cela avec mon homosexualité. Je n’ai aucun problème à marier les deux. Vraiment. Sincèrement.
Tu aimes la France et sa culture. Même malgré Le Pen, malgré l’homophobie, malgré le racisme, malgré Sarkozy, malgré Vanneste… ?
Ma vie est en France. C’est en France que je vis pleinement ma liberté en tant qu’individu, que je peux me battre, dans la souffrance parfois... C’est ici que je voudrais vivre, malgré tout... Mais le Maroc n’est jamais loin. La France est mon territoire intellectuel, adulte, mon champ d’expériences. La France est à la fois un bonheur et une souffrance.
Abdellah, merci de tout cœur, et dernière question : quels seraient tes derniers mots sur ton lit de mort ?
Il était marocain. Il était de Salé. Il était fou et corsaire. Il a dit et écrit son « je ».
Première parution : PREF
© Daniel C. Hall
Fiche technique :
Avec: Nouraddin Orahhou (Kamel Raoui), Lubna Azabal (Touria), Hicham Moussoune (Pipo), Noor (Yasmine), Mohamed Majd (Le commissaire), Hammadi Tounsi (Driss Tahiri), Faycal Boughrine (Bougemza), Leila Allouch (Ramses), Anouar Mohammed Alami (Hakim Tahiri), Abdeslam Akaaboune (Damoussi). Réalisation : Nabil Ayouch. Scénario : Malika Al Houbach et Nabil Ayouch. Adaptation & dialogues en arabe : Zoubeir Benbouchta. Images : Joël David. Montage : Vanessa Zambernardi. Musique : Natacha Atlas, Hamid El Shari, Madioko et Bassim Yazbek.
Durée : 98 mn. Difficilement trouvable en DVD.

Résumé :
Kamel Raoui, un jeune inspecteur de police, est chargé d'enquêter sur la mort d'Hakim Tahiri, un important trafiquant de drogue, assassiné dans sa villa tangéroise. La première suspecte est son employée et maîtresse : Touria, une jeune femme qui vit sur les lieux du crime avec son petit frère, Pipo. Alors que Touria est placée en garde à vue, Kamel recueille chez lui Pipo avec qui se tisse une complicité très forte.
Par la force des choses, la jeune femme est amenée à les rejoindre. En observant Touria, Kamel comprend peu à peu l'amour qu'elle porte à son jeune frère, gravement malade, et ce qu'elle a fait pour lui permettre de vivre. Touria est aussi un témoin capital, suspectée de meurtre, dans l'enquête que Kamel mène sur la mort de Tahiri.
Il démêle pourtant, grâce à elle, tous les noeuds de l'enquête, ce qui le mènera à démanteler un important réseau de trafic de drogue. Au-delà des circonstances qui ont réuni Kamel et Touria, c'est aussi une histoire d'amour qui les surprend, révélatrice et tragique.

L’avis d’Olivier Barlet :
Puisant dans les ficelles des films d'action américains, Nabil Ayouch fait un cinéma efficace. Son troisième long métrage en use et en abuse, avec systématisme : musique à coups de poing pour soutenir un montage serré de flashs, décomposition des mouvements en arrêts sur image, steadycam mouvant pour filmer les déplacements, incrustations d'images pour illustrer les idées qui s'imposent, effets de flou sur les paysages dans les scènes d'intérieur-voiture, cadrages coca-cola, traits de lumière dans la pénombre… Kamel est un vrai flic, on le reconnaît : on l'a vu déjà mille fois, ce flic sombre et renfermé, qui ne montre pas ses sentiments, qui habite une chambre austère et n'a pour toute relation qu'un travesti au grand cœur… Au hasard d'une enquête débarquera dans sa vie une jolie femme et un enfant malade– et son cœur s'ouvrira.
Pourtant, c'est bien là que ce film aux effets si agaçants trouve un nouveau rythme. Au point que même lorsque sa voiture se met à flotter dans le ciel comme dans Mary Popins, la poétique fonctionne. Sans doute parce que le gamin est interprété par Hicham Moussoune, un des enfants du précédent film d'Ayouch, Ali Zaoua, qui conserve tout son naturel. Sans doute aussi parce que les scènes qui renoncent aux appâts faciles trouvent une juste épaisseur, picturales sans esthétisme, où gestes, regards et positions suffisent à suggérer sans lourdeur. Sans doute surtout parce que la connivence qui s'installe entre tous ces paumés renforce l'ubiquité du film, cette ambiguïté sans cesse attisée entre le sentiment et l'intérêt, la générosité et la manipulation. Le double jeu du flic fait écho aux ambivalences de cette femme qu'il peine à reconnaître coupable de meurtre, à la nature des relations sexuelles évoquées ou montrées, à la présence du travesti, aux suspicions de tous styles. Personne n'est vraiment clair et on ne sait à quel saint se vouer. Comment ne pas y voir un écho du Maroc de Mohammed VI où chacun se demande ce qu'on peut croire et pour combien de temps ?

L’avis de Bladi :
Avec ce polar qui ose s'interroger sur l'identité sexuelle, le Marocain Nabil Ayouch transgresse plusieurs tabous – au point d'avoir été diabolisé par ses compatriotes. Il faut dire que l'image du policier que renvoie le cinéaste n'est guère conforme aux normes de la société marocaine : Kamel a pour « meilleur ami » un travesti, tombe amoureux d'une femme – Touria – qui se comporte comme un homme... Le film met en lumière quelques questionnements essentiels sur la sexualité, qui bousculent l'hypocrisie d'une société muselée. D'une beauté étrange, Une minute de soleil en moins a bénéficié d'un travail exceptionnel sur la photo et d'une bande son magnifique. Quant à l'actrice Lubna Azabal, elle est inoubliable.
Nabil Ayouche a préféré retirer son film Une minute de soleil en moins du festival international du film de Marakech, pour « échapper » aux foudres de la censure qui visait une scène « osée ». C’est en effet la commission de contrôle marocaine qui a suggéré au cinéaste de couper dix à quinze secondes du film. Le réalisateur avoue sa surprise quant à la demande alors qu’une grande majorité des films sont étrangers. Le nombre de films marocains étant déjà réduit, faut-il encore les censurer ? Malgré tout, Nabil Ayouche qui définit son scénario comme un mélange, histoire d’amour et policier, est prêt à entendre les remarques de la commission et à discuter d’un possible découpage de quelques secondes.

Nabil Ayouch :
Né le 1er avril 1969 à Paris, Nabil Ayouch passe une partie de sa jeunesse à Sarcelles dans un milieu qu'il définit comme « plutôt modeste ». Très tôt, son père marocain laisse périodiquement sa mère, enseignante française, pour créer à Casablanca, d'une part, une agence de publicité qui deviendra l’une des plus prospères du Royaume et, d'autre part, la Fondation Zakoura, une banque sur le modèle de la Grameen Bank du Bangladesh qui prête aux plus démunis à des taux d'intérêt très bas.
Après trois années de cours de théâtre à Paris (1987-1990), en compagnie de Sarah Boréo et Michel Granvale, il effectue ses débuts comme auteur-metteur en scène, et se lance dans la publicité au poste de concepteur-rédacteur chez Euro-RSCG, expérience qu'il considère aujourd'hui comme « une bonne plate-forme d'observation pour comprendre comment marche un tournage ». Parallèlement à cela, le jeune Nabil Ayouch entre en cinéma, non par les écoles, mais par la voie des stages « à peu près à tous les postes » (les citations sont extraites d’une interview publiée dans le journal Le Monde, du 21 mars 2001).
Saisi par la passion, il décide de s'orienter vers la réalisation, ce qui lui permet d'amorcer une réconciliation avec sa seconde culture marocaine. Il navigue alors d'un bord à l'autre de la Méditerranée, plongeant « d'une culture, d'un monde à l'autre, d'un milieu social à l'autre » pour les besoins de multiples projets. En 1992, il réalise Les Pierres bleues du désert, un premier court métrage avec Jamel Debbouze qui raconte l'histoire d'un jeune homme convaincu qu'il existe de grandes pierres bleues dans le désert. Hommage émouvant aux esprits en quête de vérité, ce petit film simple et poétique annonce déjà Ali Zaoua. Puis, il tourne deux autres courts métrages, Hertzienne Connexion (1993) et Vendeur de silence (1994) pour lesquels il reçoit de nombreux prix internationaux très prometteurs.
Toutefois, la relation avec ses pairs marocains n'aura pas toujours été aisée. « Nous récoltons les fruits de leur courage et de leur labeur. Évidemment, ils ont été un peu surpris, même agacés, quand ils ont vu débarquer au 4e Festival national du film marocain à Tanger, en 1995, une bande de jeunes cinéastes de la diaspora. Ce fut comme un raz-de-marée, la pierre angulaire du jeune cinéma marocain bénéficiant de ses contacts dans les pays développés et des facilités accordées par le Maroc ».
Néanmoins, pour éviter l'enfermement, Nabil Ayouch s'oppose à l'idée de créer une association de réalisateurs quand les cinéastes de la diaspora le lui proposent : « Nous avons la chance d'être dans un pays où le cinéma commence à naître après celui de nos voisins africains. Nous devons donc nous solidariser avec les cinéastes installés au Maroc et fonder une association nous réunissant tous. » Estimant que les défis à relever se situent au Maroc et non en Europe, Nabil Ayouch crée alors sa propre maison de production à Casablanca (Ali N'Productions) afin de découvrir de nouveaux talents locaux.
C'est avec une certaine liberté de ton, probablement due à sa double culture qu'en 1997, il met en scène Mektoub, un premier long métrage en forme de “road-movie” policier qui évoque sans complaisance certains sujets tabous de la société marocaine comme la corruption, l'abus de pouvoir, les inégalités, le cannabis... Le film fait exploser le box-office marocain avec plus de 350 000 spectateurs et remporte un succès d'estime en France. L'histoire s'inspire du scandale de l'affaire Tabet, un fait divers retentissant qui a mis à jour un trafic de cassettes pornographiques organisé par le commissaire de police Tabet et impliquant de nombreux hauts fonctionnaires.
En 2002, Nabil Ayouch tourne Une minute de soleil en moins, un téléfilm sur le thème de la parité, qui se déroule à Tanger, pour le compte de la collection “Masculin/Féminin” d'Arte.
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