
Fiche technique :
Avec Aki Avni, Rivka Michaely, Sharon Alexander, Gal Hoyberger, Dvora Bertononv, Ada Valery-Tal et Hinna Rozovska. Réalisé par Amos Gutman. Scénario : Amos Gutman. Directeur de la photographie : Amnon Zalayit. Compositeur : Arkady Duchin.
Durée : 95 mn. VO et VOST.
Résumé :
Histoire d'amour homosexuel, ce film est le premier film israélien à traiter de la solitude et de la douleur liées au sida.
L'avis de Bernard Alapetite (Eklipse) :
Ce drame intense et mélancolique, situé à Tel Aviv, suit Jonathan, 18-20 ans, un adolescent romantique et dégingandé, en crise, abandonné par son ami, une larve veule aux slips aussi moulants qu’improbables, frustré par les absences continuelles de sa mère, déçu par sa bande de copains et détestant son boulot. Il travaille comme moniteur dans la garderie d’enfant que dirige sa mère. Il retrouve goût à la vie quand il a le coup de foudre pour Thomas, le fils de ses voisins qui habite avec sa mère et sa sœur, deux femmes qui ne cessent de se disputer. Le beau (beaucoup moins que Jonathan et cela nuit un peu à la crédibilité du scénario) Thomas de retour de New York. On comprend peu à peu que Thomas revient dans son pays parce qu’il est atteint du sida. Leur relation naissante et hésitante sert de toile de fond à cet ambitieux drame social et sexuel qui aborde aussi bien le sida, la mort, la drogue, le milieu gay de Tel Aviv, la militarisation de la société israélienne que la crise de la famille.
Bien que le film se disperse un peu, il reste un beau film qui invite à la réflexion et à la contemplation tant est sublime Rivka Michaely qui interprète le rôle de Jonathan, une sorte de « Boticelli » askenase à la chevelure bouclée, blond vénitien. Il n’est pas douteux que le cinéaste est aussi subjugué par son acteur que nous et si malheureusement on ne fait qu’apercevoir son anguleuse et pourtant désirable nudité le film n’est pas avare de scènes où le beau sabra n’a pour tout vêtement qu’un lâche caleçon.
On comprend que Gutman ait eu quelques problèmes avec les autorités de son pays. Car à travers son viseur, Israël, très loin de son image officielle, fière et guerrière, ne semble peuplé que de folles droguées, de mères juives hystériques, de militaires brutaux et de bourgeois bornés, le tout évoluant dans des décors très « chip ». La communauté gay n’est pas non plus épargnée. Elle parait composée que par de jeunes gigolos ringards dont le rêve serait d’être… Mireille Mathieu ! À noter que le film a été projeté il y a quelques années au festival du cinéma israélien.
Le film est édité en vidéo aux USA en hébreux sous-titré anglais.
L'avis :
Israël, les années 1990. Jonatan a 18 ans et il est malheureux. Il a quitté le Moshav et sa mère pour aller vivre en ville avec son premier amour Micky. Jonatan déteste son travail et sa nouvelle vie avec Micky s'avère insatisfaisante (celui-ci est volage et le laisse seul en compagnie d’une chanteuse toxicomane). Son existence qui tourne à vide va trouver un sens en la personne du beau Thomas, un jeune new-yorkais venu rendre visite à sa famille.
Le film raconte la rencontre de Jonatan, qui rêve d'un grand amour salvateur, avec Thomas qui a renoncé à tout et mène une existence sans projets ni but. Il évoque le problème du sida qui menace les éventuelles intimités entre homosexuels. Mais séropositif, Thomas ne peut vivre pleinement cette relation pleinement.
Ce film d’Amos Gutman traite des relations homo, du tragi-comique de l’autorité matriarcale et de la dangereuse menace du HIV. Le réalisateur est décédé des suites de sa maladie en février 93 à Tel Aviv.
Amos Gutman est le réalisateur du premier film israélien de sensibilité gay, Drifting (Nagua), 1983, que le gouvernement israélien a essayé de faire retirer de la programmation du festival de films de Montréal comme n'étant pas représentatif de la culture israélienne.
Pour plus d’informations :
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par Bernard Alapetite & Daniel C. Hall
publié dans :
FILMS : Les Toiles Roses
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Fiche technique :
Avec Christophe Marcq, Rémi Lange, Antoine Parlebas, Françoise Bitouzet, Halim Anou, Ingrid Marcq, Tom de Pékin, Annie Alba, Pascale Berthault et Pierre-Yves Dodat. Réalisé par Rémi Lange. Scénario : Rémi Lange & Madame H. Compositeur : Arnaud Ruga, Jérôme Gaillard, Anatomie Bousculaire, Flaming Pussy.
Durée : 58 mn. Disponible en VF.
L'avis de Samuel Minne :
Rémi Lange avait étonné en livrant avec Omelette son journal filmé, puis en forgeant avec Les Yeux brouillés une autofiction qui bouleversait sa vie. Dans ces deux films intervenait déjà de manière privilégiée son compagnon Antoine Parlebas. Après les fictions Mes Parents et Tarik el Hob, ils se mettent de nouveau en scène, mais en invitant un complice qui prend le rôle de vedette : Madame H. Connue pour ses spectacles, la présidente d’Homosexualité et Bourgeoisie joue le jeu de la biographie filmée et se complait dans l’autoglorification. Ils interrogent son frère et sa sœur, mais subodorent que Madame H se joue d’eux et les lance sur de fausses pistes… En effet, ce qu’ils veulent vraiment savoir, la question qui les taraude, c’est la nature exacte du sexe de Madame H. Or, elle louvoie et esquive toute question à ce sujet. Puis elle se lasse et congédie les deux fureteurs. Ce n’est pas à leur goût, et ils décident de l’espionner, poursuivant l’enquête à son insu… Par malheur, elle les surprend, et ils se voient forcés de la kidnapper !
À partir d’une mince idée de départ, les compères élaborent un jeu d’exhibitionnisme collectif jalonné de facéties, où tout est prétexte au burlesque : lorsque le couple de vidéastes menace Madame H de leur chat tenu à bout de bras, ou qu’ils attaquent sa ceinture de chasteté au chalumeau, on atteint de grands moments de comique. L’onirisme s’en mêle lorsqu’elle s’échappe et tombe sur un sling, croise d’autres performers comme M. Katia ou Corrine pour une bataille homérique, ou est victime d’un urophile… Le personnage est délibérément queer : qu’elle se fasse sodomiser par une lesbienne n’aide pas à connaître son sexe et brouille sa sexualité. Jeu sur l’identité sexuée et sexuelle, partie de rigolade entre potes, fourre-tout jubilatoire et farce grinçante, The Sex of Madame H ignore le bon goût et ne cherche pas une réalisation parfaite. L’ensemble des bonus forme avec le film un tout à la fois hétéroclite et cohérent. On en retiendra surtout les extraits de La Saga des Transpédégouines, qui justifient amplement l’achat du DVD et expliquent la fascination de Rémi et Antoine pour cette grande dame.
Pour plus d’informations :
Le site de Rémi Lange
Le site de Madame H.

Fiche technique :Avec Michel Piccoli, Mohsen Mohiedine, Mohsena Tewfik et Patrice Chéreau. Réalisé par Youssef Chahine. Scénario : Youssef Chahine. Directeur de la photographie : Mohsen Nasr. Compositeur : Gabriel Yared. Durée : 115 mn. Disponible en VO, VOST et VF.Résumé :Avide de puissance et de gloire, Bonaparte entame la campagne d'Égypte. Loin de ces préoccupations guerrières, Caffarelli, l'un de ses généraux, part à la découverte de ce pays et de son aâme. Il va s'opposer à l'action exclusivement destructrice de Bonaparte.L'avis de Bernard Alapetite (Eklipse) :Le film retrace la campagne d'Égypte de Bonaparte en 1798 vue sous le regard d'une famille d'Alexandrie composée du père, de la mère et de trois fils dont Aly, le poète et Yehia, le plus jeune. De nombreux scientifiques accompagnent Bonaparte qui se pose en libérateur, parmi eux, le général Caffarelli (Michel Piccoli). Ce dernier se lie d’amitié avec deux jeunes égyptiens, Aly, un poète et son jeune frère, Yehia (Chahine reprend ce prénom dont il a nommé son double dans sa trilogie autobiographique. Est-ce à dire que le réalisateur s’identifie au jeune garçon ?). L’attirance sexuelle du général pour les deux garçons est évidente, Aly pour son esprit et Yehia pour son corps. Sa personnalité séduit les deux frères mais la guerre détruit leur amitié. Devant Saint-Jean d’Acre Caffarelli mortellement blessé accuse Bonaparte d’avoir trahi l’idéal révolutionnaire. Son amour des deux garçons a fait qu’il s’est désolidarisé du colonialisme brutal du futur Napoléon. Il meurt laissant Aly à sa tristesse, mais fort de l’humanisme qu’il a su lui transmettre.Caffarelli est une figure magnifique de grandeur blessée, un personnage à contre courant du sens de l’histoire qui se sait condamné, (par ses supérieurs, par son âge, par ses désirs ) et n’a plus envie de jouer aucun jeu, désire seulement faire tomber tous les masques et s’ouvrir aux autres. À signaler qu’au milieu d’un casting inventif, dominé par Michel Piccoli qui trouve là peut-être son plus beau rôle, on voit passer fugitivement Christian Patay, ex-meurtrier bressonien de L’Argent interprétant Horace Say et Claude Cernay acteur récurrent des films de Gérard Blain. Claude Cernay est populaire en Égypte où il a joué dans plusieurs feuilletons télévisés, quant à Patrice Cherreau sa piètre interprétation de Bonaparte est la seule fausse note du film mais ce choix est cohérent avec les déclarations du réalisateur : « Bonaparte a été un abominable dévastateur, mais finalement, il a été l’un des personnages les moins importants de l’expédition... Ce qui a compté pour l’avenir des Égyptiens, ce n’était pas Bonaparte, c’étaient les âmes universelles et cultivées dont il avait eu l’idée lumineuse de s’entourer, des gens comme Monge ou Caffarelli. Caffarelli est le symbole de cet amour que les français de 1799 éprouvèrent pour l’Égypte. Du coup, leur image chez nous est restée celle d’amants et non pas d’oppresseurs. Un mélange de science et de curiosité amoureuse ont fécondé l’Égypte, et l’Égypte moderne est née. Le colonialisme anglais au contraire, fut sec, fermé. »Ce grand film a inspiré à Serge Daney, sous le titre ”La petite phrase” un de ses plus beau texte sur le cinéma dont voici un court extrait: « Caffarelli est dans le film cet aventurier-général-savant-utopiste qui s’intéresse moins à ce qu’il devine (la froide ambition de Bonaparte) qu’à ce qu’il découvre (l’Égypte, mythe réel, un monde à civiliser, un peuple à respecter, des garçons à aimer – d’un amour sublime, s’il se peut). Youssef Chahine a aimé inventer le personnage de Caffarelli. Il y a mis la partie universelle de ses affects. Car Caffarelli est le précurseur de tous ces soldats plus ou moins perdus que la sensualité du desert et des villes arabes révélera à eux-mêmes.»
Serge Daney (Ciné journal, ed. Cahiers du Cinéma.)
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