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Jeudi 5 juillet 2007

 

Toutes les photos sont (c) Zanzi


Mes adieux à Paris ont commencé avec le rituel du début de l’été. Cette année, la Gay Pride coïncidait avec le dernier jour de juin et, manque de bol, tombait aussi pendant le premier week-end de départ en vacances des juilletistes. Raison pour laquelle notre Daniel C. Hall national n’a pu faire le déplacement, les trains et les avions étant overbookés. Le pauvre, il aurait dû demander de l’aide à lastminute.com…

Cette édition 2007 a pour moi une saveur différente des autres. J’avais suivi la précédente avec un couple d’amis et, déjà, l’événement ne présentait plus un intérêt évident. Mon meilleur souvenir demeurera à jamais lié à la Gay Pride 2001. Depuis celle-ci, aucune ne m’a véritablement marqué. Cette année, j’avais décidé de retrouver TiFrère et un ami que je vois trop rarement : Wiredfrog. J’avais fixé rencard à TiF au Carré à 15h30, étant entendu que nous n’avions nullement l’intention de nous casser les oreilles et les orteils au beau milieu de la parade.

Au Carré, nous étions en terrasse. Avantage : ne pas subir la musique assourdissante que ce lieu a le mauvais goût de passer (je ne critique pas la musique mais les décibels). Inconvénient : une espèce d’épouvantail avec des cheveux de paille nous enfumait avec sa cigarette. Comme il avait un air stupide, je n’ai pas insisté. Sur la table, du faux gazon tentait désespérément de colorer l’endroit avec un peu de verdure. Était-ce pour se mettre au diapason de la place de l’Hôtel de Ville où se trouvait exposés des jardins bucoliques ? Un serveur un peu à l’ouest, venu prendre la commande, nous souhaita une « bonne fête ». Il nous gratifia pour l’occasion d’un sourire que les meilleurs dentistes cariboulandais se feraient sans doute un plaisir divin de corriger.


 


Un café viennois et un Pepsi plus loin, nous partîmes à la rencontre des enfilés du défilé de nos cousins et cousines et néanmoins frères et sœurs en Adam et Yves Éve, en prenant cependant le chemin des écoliers. Celui-ci nous conduisit à travers le marché aux fleurs de l’île de la Cité, l’île Saint-Louis, avant de nous amener aux marches de la place de la Bastille. Les premiers chars n’étant pas encore arrivés, nous prîmes place parmi les badauds et les touristes.

Les trompettes de la renommée sonnèrent bruyamment pour annoncer la tête du cortège, et là, ce fut l’horreur. Pendant un long moment de solitude, je me suis cru dans un film de Todd Browning. Entre momies exhumées, zombies excavés et statues de cire échappées du musée Grévin, je ne savais plus que penser des participants de cette « monstrueuse parade ». Une chose est sûre : si l’on en retranchait les syndicats et les partis politiques, celle-ci perdrait un bon tiers de ses « Freaks ». J’ai vainement cherché le char des trans’ mais ne l’ai pas trouvé. Étaient-elles toutes en salle d’op’ ? En revanche, celui de la SNCF reçut un franc succès. La compagnie aurait-elle promis des Prem’s ou des billets gratuits pour se faire escorter par un si grand nombre ? Quoi qu’il en soit, TiF et moi étions atterrés par ce que nous voyions. Pour TiF, les choses étaient toutefois différentes : il avait un compagnon qui l’attendait sagement à la maison. Mais moi, l’éternel célibataire, tout ce que je voyais agissait comme un repoussoir et me donnait l’envie de virer ma cuti !


En outre, le rendez-vous avec ma grenouille câblée était manqué. On ne pouvait faire mieux comme ratage. C’est alors que, sur le boulevard Henri IV que nous avions un peu remonté, TiF se mit à me parler d’homéomorphisme. Il me désigna un couple mixte sur le trottoir d’en face et me demanda si je trouvais qu’il entrait dans cette catégorie. Je vis un grand black enlacer un blanc-bec. Soudain, mes yeux multicolores s’écarquillèrent lorsque mon regard se posa sur la beauté guadeloupéenne qui souriait à pleines dents.
— Mais… c’est mon ex !
— Hein ? dit TiF
— Le black, c’est mon ex !

Je me suis précipité de l’autre côté de la rue et ce visage joyeux toujours aussi beau s’est illuminé d’un franc sourire en me voyant. Patrice me serra dans ses bras comme il a l’habitude de le faire, un gros câlin américain façon « free hug ». Il se tourna vers le garçon à côté de lui et me présenta son petit ami Pilou. En retour, je leur présentai TiFrère qui se comporte toujours comme un chat sauvage en présence de gens qu’il ne connaît pas : un peu primiTiF, un peu crainTiF… Heureusement, la bonne humeur de Pat’ et son exubérance tactile ont vite raison de toutes les inhibitions ! À présent, je vous laisse admirer ce splendide spécimen de mâle, la fine fleur des Antilles françaises.

Je vous confie un secret : Patrice fut, il y a des années de cela, mon premier amant. C’est la raison pour laquelle il est tout particulièrement cher à mon cœur. C’est toujours un bonheur, hélas trop rare, de le revoir. Il a sauvé ma journée en m’invitant à me joindre à lui et à ses amis au restaurant thaï « Blue Elephant ». De la cuisine exotique dans un décor féerique avec des amis fantastiques. Je lui dédie ce billet, ainsi qu’à Pilou, Anne-Christine, Ronan, Francisco et Martin.

 

Pour lire le précédent épisode de Zanzi and the City, cliquez ici.

 
 
par Zanzi publié dans : HUMEUR : Zanzi and the City
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Jeudi 5 juillet 2007

Vidéos de l'action militante :




La marche des fiertés a été volontairement interrompue par une centaine de militantEs d'Etudions Gayment, des Putes, d'Act-Up et des Panthères Roses qui ont bloqué le char de Gaylib - caution « homo » de l'UMP - avant son arrivée à Bastille.
Aux cris de :
« Sarko, Boutin, Vanneste ! On vous déteste ! »
« Racolage passif, répression active ! »
« Nos identités ne sont pas nationales ! »
« De l'air, de l'air, ouvrez les frontières ! »
« UMP c'est la guerre ! Transpédégouines en colère ! »
« Moins de CRS ! Plus de caresses ! »

Les militantEs entendaient dénoncer la grande mascarade d'une organisation « homosexuelle » qui soutient un gouvernement homophobe, lesbophobe, transphobe, putophobe, sexiste et raciste. SoutenuEs et rejointEs par beaucoup de participantEs à la marche, les activistes ont voulu s'opposer à une politique au service des plus riches qui précarise le reste de la société et en premier lieu les minorités (non-blanches, non-hétérosexuelles, malades, trans, putes).
Les militants de Gaylib dont le slogan était « Comptez sur nous ! » ont répondu : « Tolérance zéro ! » et « Rentrez chez vous ! ».


Vidéos amateures :


par Daniel C. Hall publié dans : URGENT : Gays, militants et résistants !
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Jeudi 5 juillet 2007

« Non, je ne suis pas gay. Je sais que des rumeurs circulent à ce sujet et leur existence ne me gêne pas. Tout ça, c'est du fantasme. Si certaines personnes veulent m'imaginer avec une femme, ou un homme, ou les deux à la fois, cela ne me pose pas de problème, tant qu'elles continuent à regarder la série. » Wentworth Miller, acteur de la série Prison Break, janvier 2007.

par Daniel C. Hall publié dans : MOTS : Citations philes et phobes
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Jeudi 5 juillet 2007

Fiche technique :
Avec John-Michael Lander, David Vincent, Jay Corcoran, Paul Outlaw, Merle Perkins et Peter Bubriski. Réalisation : Roland Tec. Scénario : Roland Tec d'après sa pièce A Better Boy. Images : Gretchen Widmer. Montage : Jon Altshuler. Musique: Paul Outlaw & Roland Tec.
Durée : 104 mn. Disponible en VO et VOST.

Résumé :
À Boston où tous les hommes semblent gays, un couple de gays riches Dave (Paul Outlaw) et Tom (Peter Bubriski) inquiets de voir leur ami Christopher (John-Michael Lander), un avocat d’affaires, papillonner de mec en mec, organise un dîner pour le caser auprès de leur voisin du dessous, Stewart un éditeur... gay. Cela fonctionne, le prétendant, plutôt moche, plaît à Christopher alors qu’il ne tripe habituellement que sur les mâles aux corps parfaits. Mais au moment de conclure, Stewart ne fait pas entrer Christopher chez lui. Ce dernier va aussitôt lever un mec dans une boîte pour l’ajouter à la longue liste de ses amants de passage.
Quelques temps plus tard, Stewart retente une approche auprès Christopher ; s’ébauche alors une idylle romantique contraire aux habitudes de notre Casanova des pectoraux. Les deux tourtereaux finissent par se mettre en ménage mais le donjuanisme de Christopher reprend vite le dessus…


L’avis de Bernard Alapetite :
Une telle insignifiance ectoplasmique nous fait nous poser la question du bien fondé d’un cinéma gay (américain). En effet, une telle médiocrité ne peut voir le jour que dans un cinéma de niche (de genre) économique. Il faut y voir surtout l’effet pervers des innombrables festivals de cinéma gay sur le territoire nord américain qui offrent une visibilité inespérée à de nombreux films qui, sinon, ne seraient vus que par les familles des participants à la chose. Cette pléthore de manifestations, parfois dans des lieux improbables, mais parfois aussi au sein de prestigieuses universités, renforce le formatage des films américains gays : prédominance de la comédie, pas de scènes de sexe explicites, format assez court, esthétique de sitcom... Ce formatage n’est que l’un de ceux qui menace gravement le cinéma.
All the rage est le type même de ce genre de produit, il est seulement navrant que des éditeurs et (ou) des distributeurs européens cautionnent cette politique éditoriale aussi calamiteuse que suicidaire à moyen terme et qui n’a comme résultat que de déconsidérer, auprès du public et donc des acheteurs de billets et de DVD, le cinéma gay car il faut convenir que s’il s’agissait d’une histoire hétérosexuelle, personne n’aurait l’idée de perdre son temps devant une pareille nullité.


Les acteurs au physique assez quelconque, si l’on excepte John-Michael Lander jouant Christopher, font assaut de cabotinage et de minauderies insupportables. On ne s’étonnera pas qu’ils aient tous une filmographie étique. La réalisation ne dépasse pas celle d’une sitcom très médiocre à laquelle le film fait constamment penser par ses tunnels de conversations inintéressantes, accusant lourdement ses origines théâtrales. On ne voit rien de Boston, à part quelques plans de rues de nuit et une vue prise de la terrasse de l’appartement où la quasi totalité du film est tourné. L’incapacité de profiter du décor, pourtant il y a de quoi faire à Boston, est l’une des marques de ce cinéma
« vite fait, mal fait » pour les festivals gays.
Dans un sursaut de lucidité, le réalisateur (ou son producteur) a du avoir conscience du naufrage, c’est sans doute pour cela qu’il a entrelardé sa sitcom d’inter-scènes dans lesquelles Christopher commente l’action. Celles-ci sont tournées en noir et blanc avec un éclairage « Harcourt » mais elles pâtissent de cadrages lamentables et d’un bruit de moteur caméra d’un autre temps (peut-être rajouté pour faire « arty » ?!). La morale de ces interventions, comme de la dernière scène en complet décalage avec le reste du film, est qu’il est mal lorsque l’on a un amoureux, même s’il est moche, de succomber à la tentation d’un beau cul.
Roland Tec, avant All the rage, n’avait tourné qu’un court-métrage. Depuis il a réalisé We Pedal Uphill en 2007 : espérons que ces dix ans de réflexion entre ses deux films auront amélioré son cinéma.

All the rage se voudrait une comédie romantique mais ce n’est ni drôle ni romantique, c’est seulement indigent. Dans le genre, mieux vaut voir et revoir Culture boy.
Pour plus d’informations :

par Bernard Alapetite publié dans : FILMS : Les Toiles Roses
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