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Mardi 7 août 2007
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Fiche technique :
Avec  Michael Carbonaro, Jonathan Chase, Jonah Blechman, Mitch Morris, Scott Thompson, Graham Norton, Ashlie Atkinson, Stephanie McVay, John Epperson, Megan Saraceni, Darryl Stephens, Matthew Rush, Richard Hatch, Angela Oh, Alyshia Ochse, George Macy… Réalisation : Todd Stephens. Scénario : Todd Stephens & Tim Kaltenecker. Directeur de la photographie : Carl Bartels. Compositeur : Marty Beller.
Durée : 92 mn. Actuellement en salles en VO et VOST.



Résumé :

Andy Wilson (Michael Carbonnaro) a tout du jeune gay américain type. Il a 17 ans, mais il est encore vierge. Et comme tout le monde, il compte bien remédier à ce problème. Totalement décomplexé, et chaud comme la braise, ce jeune et naïf lycéen est pris dans ce curieux vortex entre l’enfance et l’âge adulte. Au grand désarroi de sa mère, Mme Wilson (Lypsinka) – qui se demande pourquoi ses carottes et concombres disparaissent – Andy passe son temps libre à se préparer au grand moment quand, enfin, il fera le grand saut. Andy n’est pas seul. Il est flanqué de ses trois meilleurs amis, tous plein de testostérone : Jarod (Mitch Morris) qui est un fana de blagues de potaches, Griff (Jonathan Chase) qui lui est le romantique musclé et Nico (Jonah Blechman) qui est l’expert en cinéma gay. Ils ont tous une chose en commun, ils sont tous parfaitement vierges. Muffler, (Ashlie Atkinson) leur « virile » copine lesbienne, une vraie Casanova, s’amuse à titiller les garçons. C’est un véritable aimant à pom-pom girl qui accumule les sauteries. La goutte d’eau qui fait déborder le vase vient lors de la fête de fin d’année de Muffler, qui se transforme en partie de jambes en l’air... sauf pour eux. Cette nuit-là, ils se promettent de se faire dépuceler d’ici à la fin de l’été. Ce qui suit va n’être qu’une longue route parsemée d’embûches vers le dépucelage. Le film est une satire non seulement d’American Pie, mais aussi de films gays comme The Broken Hearts Club ou Edge of seventeen.

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L’avis de Frédéric Mignard :
Todd Stephens avait su se montrer juste de sensibilité avec Edge of seventeen, petite production gay indépendante, qu’il avait écrite en 98, sur un ado assumant ses penchants homosexuels dans l’Amérique des années 80. Le retrouver aux commandes de Another gay movie surprend donc. Cette comédie outrancière, véritable hymne au politiquement incorrect, qui se complaît dans les gags les plus excessifs, est à des années-lumière de son premier script. Un virage dans l’humour trash scato-anal d’un mauvais goût absolu, réalisé cependant avec des moyens dérisoires qui le réduisent à un film amateur bancal qui s’aliènera tout autre public que celui de la communauté homosexuelle.

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Le jeu improbable des comédiens que l’on croirait tous échappés de Foon et l’absence de toute mise en scène rendent l’accumulation de gags énormes d’une lourdeur indigeste. Certes Stephens met un grand coup de pied dans les conventions morales hollywoodiennes en s’acharnant à décrire les pratiques sexuelles les plus insolites pour ce type de production. Another gay movie va loin, très loin même, affichant kikis à gogo, gadgets sexuels de toutes tailles et de toutes formes, multipliant les scènes de masturbation à base de quiche lorraine et de légumes incongrus, et se permettant même de s’achever sur une double pénétration. Alors oui, c’est osé et avec un minimum de talent l’entreprise aurait pu être hilarante, mais ici tout est tellement mal ficelé et intrinsèquement laid qu’il est bien difficile de se prendre au jeu de cette parodie rose du teen movie à la American pie et autre Sex academy, un peu trop fière de sa vulgarité et de son immaturité crasse.

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L’avis de Lucile :
Loin, très loin même, des parodies faciles et autres caricatures, Another Gay Movie offre plutôt une relecture du teen movie à la sauce gay. La recette d'American Pie traîne dans un coin et certaines scènes où personnages lui sont même carrément empruntés, mais le résultat est tellement original, déjanté et hilarant qu'on en oublierait presque les quelques vulgarités ici et là. 
Car au niveau de l'humour, ils ne se refusent rien, repoussant toujours plus les limites du trash, au plus grand plaisir du spectateur qui apprécie grandement d'être enfin étonné par ce genre de film. Et du hamster au SM scato, il y en a vraiment pour tous les goûts. À titre d'exemple, le Stiffler de la bande est ici une lesbienne hypra masculine et vulgaire qui dévergonde tout le voisinage et qui porte le doux nom de Muffler.

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Derrière les blagues grasses, aussi bonnes soient-elles, le film qui se veut léger soulève tout même le problème du dépucelage des homosexuels en province. Comme l'avait déjà évoqué à sa manière Dorian Blues, il paraît encore très compliqué de s'épanouir en tant que gay sans prendre des risques : celui de la réaction de l'autre ou d'autres plus graves comme les rencontres par Internet et les clubs louches.
Mais il ne faut pas faire preuve de trop de sérieux : Another gay movie est une comédie. Tout finit bien pour les quatre amis et on attend avec impatience la suite de leurs aventures hautes en couleurs, pour l'instant sous la forme de projet au titre alléchant : Another gay movie 2 : Gays gone wild !!

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L’avis de Psykokwak :
À quelques jours de la nécessaire Marche des fiertés, le cinéma propose une parodie des films pour ados version gay. Another gay
movie, du scénariste de Edge of seventeen, met en scène quatre potaches – plus queer tu meurs – désireux de perdre leur virginité avant d'entrer à l'université. Cette unique obsession tient lieu de scénario ! Tout est bon pour qu'ils réalisent leur souhait. Todd Stephens prend le parti du burlesque le plus grotesque pour mieux dézinguer ce genre de films pour ados. Il suffit pour le réalisateur de convertir la drague hétéro en baizouillage gay pour donner une caricature. Donc quatre « choupinous » (pour au moins deux d'entre eux) s'escriment à essayer des stratégies pour réussir leur défi. L'occasion est trop belle pour déballer des exemples d'approches propres au monde gay et tenter de nous faire rire. On aura compris que la finesse du propos se situe au niveau rectal.
À ne consommer qu'avec des copines pour rigoler gayement.

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L’avis de Pitch22 :
Très bon moment de détente devant ce film très « série déjantée ». Avec ses multiples situations cocasses hautes en couleur, c'est vraiment plus marrant et piquant que les American Pie, malgré quelques baisses de rythme (dans l'ensemble soutenu) et surtout plus sexe (on en voit, du cul et de la bi..)! Plus loufoque aussi. Tout y passe (enfin presque), des clichés à la pelle bien sûr mais sur un mode très fun (et foune...). Une scène avec Mr Puckov aka Gode-zilla (Graham Norton), grotesquissime, a quand même fait fuir de la salle un couple de gays (c'est dire !..) Donc nous avons nos quatre « puceaux » gays (18 ans) qui cherchent désespérément à connaître leur première vraie relation sex en bonne et due forme : en gros, un qui fait hétéro (et ne se croit qu'actif), une caricature fardée de la tapiole modasse (affublé d'une sœur non-voyante), une crevette timide (pas tant que ça) et un minet sexy (joué par Michael Carbonaro aka Andy, une révélation !)

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Tout ça sous les encouragements (et l'excitation ad libidum) de la « grosse touffe » ou Muffler (actrice apparue dans Inside Man), gouine partouzeuse ultravertie entourée de mini-touffes (mini-muffs) cheerleaders ce qui vaut son poids de mordant. Les parents sont bien sûr plus que gay-friendly (génial Scott Thompson, le père Wilson, entre autres one man shower hors pair)... Quelques beaux spéci…mens, tel Darryl Stephen (Angel), qu'on a pu voir dans Boy Culture (et Noah's Arc pour les abos à Pink TV). Pour les bears, apparition de Richard Hatch en personne, naturiste patenté et vainqueur de Survivor saison 1 (en outre condamné pour ne pas avoir payé ses impôts là-dessus). Les acteurs sont pour beaucoup issus de séries US : Queer as Folk (quelques références narguantes), Dawson, Veronica Mars, DOS, Providence, Rescue Me, etc. Gayissime et très kitch, beaux décors, beaux culs... Belle réussite pour Todd Stephen, le réalisateur.

Pour plus d’informations :

anotherplanche.jpgPour agrandir, cliquez sur l'image.

Et en bonus, une scène où l'acteur ressemble à Zanzi (mais Zanzi est bien plus bôôôôôô...) :

par Frédéric Mignard, Lucile, Psykokwak et Pitch22 publié dans : FILMS : Les Toiles Roses communauté : Gay-friendly
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Mardi 7 août 2007
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Fiche technique :

Avec Doug Cooeyate, Nyla McCarthy, Ray Monge, Robert Lee Pitchlynn et Tim Streeter. Réalisation : Gus Van Sant. Scénario : Gus Van Sant, d’après le roman éponyme de Walt Curtis (ed Hachette littérature). Image : John J Campbell. Montage : Gus Van Sant. Musique : Peter Daamaan, Karen Kitchen, Creighton Lindasy.
Durée : 78 mn. Disponible en VO et VOST.

Résumé :
Chronique d’un amour impossible entre Walt (Tim Streeter), un jeune épicier blanc, et Johnny (Doug Cooeyate), un immigré mexicain qui vient de débarquer à Portland, Oregon. Johnny se refuse à Walt. Il préfère coucher avec Pepper (Ray Monge), le meilleur ami de Walt. Ce dernier voyant qu’il n’arrivera pas à ses fins tente de se faire de Johnny un ami et couche avec Pepper.



L’avis de Bernard Alapetite :

Avant toutes choses, il me semble qu’un préambule s’impose. Il faut bien être conscient que si ce film n’était pas signé Gus Van Sant, il ne serait jamais arrivé sur nos écrans et ceci toutes considérations sur sa qualité mises à part. Il ne nous parvient guère, parmi la très nombreuse production américaine dite « indépendante » (il y aurait beaucoup à dire sur ce qualificatif), que les films ayant reçu l’onction du festival de Deauville (Little Miss Sunshine, L.I.E....) ou/et de celui de Sundance (Boys don’t cry); ou encore plus rarement ceux, ayant comme vedette, une personnalité étant soudainement parvenue à la notoriété : le cas de Transamerica est exemplaire. Le parcours de Mala noche est donc tout à fait singulier. Précisons qu’il est sorti dans d’autres pays bien avant la France : USA, Allemagne, Hollande... parfois sous le titre Bad night.
Si le critique se doit de donner à ses lecteurs les éléments (s’il les possède) qui ont conduit à l’élaboration du film et, si possible, situer l’œuvre dans la continuité de l’histoire du cinéma et dans celle du cinéaste, il doit s’abstraire de toutes ces connaissances pour délivrer son opinion sur le film en tant que tel. Il ne doit plus alors que se souvenir de son plaisir et tenter de le faire partager à ses lecteurs. Son plaisir étant bien sûr dépendant de son background et de sa personnalité. Après ces banalités, venons-en à Mala noche dont l’arrivée tardive sur nos écrans est précédée d’un tintamarre parisianiste sans commune mesure avec l’objet qu’il annonce.
Mala noche, premier film de Gus Van Sant est l’adaptation du livre éponyme et autobiographique de Walt Curtis.
Walt Curtis, aujourd’hui âgé de 65 ans, est une figure de Portland. Acteur occasionnel, il est surtout un auteur reconnu qui a publié plusieurs recueils de poèmes. Il est aussi l’un des traducteurs en américain de Pablo Neruda et de Frederico Garcia Lorca. Mala Noche est son unique roman. Lorsqu’il parait aux USA en 1977, Allen Ginsberg écrit : « Mala Noche, de Walt Curtis, est le récit cru des amours et des chagrins glanés au hasard des rues [...]. La vie est décevante, les gamins tragiques, il y a des moments de joie et de jouissance dans des sacs de couchage souillés, et des moments d'amertume quand les flics de l'Immigration interrompent les relations intimes nouées sur la route. Ceux qui n'ont pas un amour pour la vie y reconnaîtront leurs espoirs et leurs déchirements. »
Contrairement à son style habituel, pour cette adaptation Gus Van Sant ne fait pas de longs plans séquences comme dans le génial Gerry ou dans le creux et soporifique Last Days mais découpe à l’extrême son film en une multitude de plans très courts et peu éclairés, tournés en 16 mm dans un noir et blanc granuleux. Le cinéaste use et abuse des scènes nocturnes. Il filme principalement en gros plans avec une profondeur de champ réduite.
Le réalisateur a déjà 33 ans en 1985 lorsqu’il réalise ce premier opus. Curieusement, plutôt qu’un désir pour ses personnages, il y a peu d’images sensuelles alors que l’on est souvent au plus près de la peau des acteurs, c’est plus une complicité qui apparaît. Comme si le cinéaste était l’un de ces marginaux qui peupleront également ses deux films suivants, Drugstore cow-boy et My own private Idaho. Pourtant à l’époque, il travaille dans la publicité à New York, bien loin de cette faune de Portland où il retournera pour tourner le film uniquement en décors naturels.
Gus Van Sant autofinance son projet, le dotant d’un budget minuscule (22 500 $).
Les acteurs ne sont pas des professionnels et n’ont aucune expérience du jeu, à l’exception de Tim Streeter, l’interprète de Walt, un comédien que le réalisateur a repéré sur la scène d’un petit théâtre local. Ray, qui joue Pepper, était un boxeur ; quant à Doug Cooeyate , Johnny, il était chômeur et pas du tout mexicain mais un vrai indien d’Amérique. Aucun par la suite ne fera une carrière d’acteur, mais on peut les apercevoir dans d’autres films du cinéaste. La fidélité, comme on le voit, n’est pas un vain mot pour Gus Van Sant qui reprendra John J. Campbell, le chef opérateur de Mala noche pour My own private Idaho.

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Dans sa note d’intention, Gus Van Sant nous présente son film comme un film crypto politique : « Mala Noche  contient de rigoureuses observations sur la relation des États-Unis avec son voisin du Sud. L’exploitation constituant le thème central, il en résulte une perspective qui découvre aussi bien le mode d’existence de l’immigré en situation irrégulière dans la ville de Portland que les rapports de fascination de Walt avec Pepper et Johnny. Américain privilégié, Walt se trouve dans une position de pouvoir parce qu’il tient une épicerie. Il est à la caisse et compte l’argent. Il peut donner des sandwichs ou faire payer le prix fort. » Comme souvent au cinéma, il y a loin de l’intention à la réalisation. Aujourd’hui ce que nous voyons sur l’écran c’est un pauvre type, plus dirigé par sa bite que par sa conscience politique, chouchouter deux petits voyous machos qui le méprisent et pour lesquels il est prêt à faire toutes les bassesses contre un vague instant de promiscuité sensuelle.
Rares sont les scénarios américains immédiatement transposables dans nos radieuses cités mais quand on voit le maternage nourrit de frustrations sexuelles, de masochisme et d’expiation inconsciente de la culpabilité qu’il éprouve devant ces jeunes mexicains, population systématiquement exploitée, on pense immédiatement à ces benêts qui se pâment aux pieds de lascars qui n’ont au mieux que mépris pour eux et au pire une haine bien recuite.
Si l’on excepte les films fait pour des majors hollywoodiennes, tous les films de Gus Van Sant mettent en scène des jeunes gens perdus (parfois au sens propre comme dans Gerry) dans la société moderne. On trouve déjà dans ce premier film tout l’univers qu’il développera dans les suivants : solitude moderne, individus en marge, amours impossibles, coup de foudre... jusqu’à son tic de réalisation, le sempiternel accéléré des nuages.
J’affirme haut et fort que Gus Van Sant est un des nombreux cinéastes surévalués dans notre pays. Pourtant sa carrière atypique est passionnante, ceci explique peut-être cela. Elle commence d’une manière classique par ce petit film indépendant, objet de la présente critique, suivi par d’autres, un peu plus professionnels qui lui permettront d’obtenir son ticket pour Hollywood pour lequel il fera plusieurs films plus sages mais réussis avec un bon savoir-faire, le plus émouvant étant Will Hunting et le plus caustique Prête à tout. Jusque là rien que de très classique dans la carrière d’un cinéaste. Et soudain, il tourne le dos à ce cinéma classique pour réaliser un des films les plus conceptuels de l’histoire du cinéma, un remake du Psychose d’Hitchcock plan par plan mais cette fois en couleur ! Je conseille de faire l’expérience suivante : Prenez deux portables identiques, mettez-les l’un à côté de l’autre, le premier jouxtant le deuxième, enfournez dans l’un le film d’Hitchcock et dans l’autre celui de Gus Van Sant, faites démarrer les deux films en même temps et regardez-les. Le jeu consiste à remarquer les différences. Le jeu des sept erreurs de notre enfance revisité par l’art contemporain très chic et tout de même un peu vain...

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Puis le cinéaste réalise sa trilogie composée de Gerry (dvd ed. MK2), à ce jour son chef-d’œuvre, d’Elephant (dvd ed. MK2), qui lui vaudra la notoriété internationale, et du très surestimé dans notre contrée, Last days (dvd ed. MK2 ). On attend la suite avec curiosité.
Notre metteur en scène déclare que durant l’écriture et le tournage de Mala noche, il a eu trois films dans la tête : Le Troisième homme, Midnight cowboy et Le Dernier tango à Paris. Influences totalement indiscernables lorsqu’on voit le film. Le seul cinéaste auquel on pense c’est Casavetes, plus pour les processus techniques que pour l’image proprement dite. Mais dans les meilleurs moments du film, quelques très beaux plans émergent de ce brouillard charbonneux, c’est surtout aux photos des premiers livres (mais pas aux films) de Larry Clark que l’on songe.
Mala noche fait partie de ces films, hélas de plus en plus nombreux, qui nous poussent à nous demander ce qui nous a pris de nous enfermer, ici 1h18mn, ce qui parait fort long, avec de pareils imbéciles alors que dans la vie de tous les jours nous n’aurions de cesse que de les fuir à toutes jambes si par malheur on avait eu la déveine de les croiser. Par solidarité homosexuelle, on n’est pas obligé d’approuver un ectoplasme uniquement mené par sa libido envers deux bas du front, certes dans leur genre pas complètement moches.
Toutefois, ce film ne peut pas laisser indifférent toutes personnes ayant vécu une passion impossible et qui aura le malaise de se reconnaître quelque peu en Walt.

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L’avis de Niklas :
À Portland, Walt un homosexuel affirmé tombe amoureux de Johnny, un jeune mexicain clandestin. Le garçon n'a pas 18 ans et ne parle pas un mot d'anglais mais devient une véritable obsession pour Walt qui tente par tous les moyens de coucher avec le jeune étranger...
Pour un garçon par Gus Van Sant.
Même si je ne suis pas un client de son réseau de distribution, il faut reconnaître à Marin Karmitz son talent de producteur et du coup sa bonne idée de nous ressortir le premier film de Van Sant (car ça doit bien venir de lui cette histoire). Le réalisateur américain, qui après avoir fait des petits films indépendants comme celui-ci, a réussi son passage hollywoodien avec d'autres tel que Will Hunting avant de revenir sur le circuit plus proche de ses débuts, compte parmi ceux dont j'aime suivre le parcours et donc quand son tout premier film, inédit chez nous, sort enfin sur nos écrans je m'y jette à corps perdu (alors que, je suis sûr qu'il préférerait que je me jette sur lui). Même s'il me faut pour cela, traverser la capitale puisque UGC n'a trouvé que ce moyen pour que je mette quelques fois les pieds dans son complexe de la Défense. Cela dit, pour ce qui est de la filmographie de Gus, mon préféré reste Elephant, avec ses plans séquences magistraux, mais je n'ai jamais vu Drugstore Cowboy, et je persiste à dire que son “Marais" est l'une des plus grosse daube du collectif Paris Je t'aime...
Autant dire que cette Mala noche ressemble beaucoup, dans sa forme du moins, aux premiers films de Van Sant (notamment My Own private Idaho) et devrait combler les amateurs avec son noir et blanc où se révèle une sensualité rare. Les corps des garçons (je ne vous dis pas lesquels, un peu de suspens voyons !) qui pratiquent une partie de jambe en l'air quelque peu troublante sont filmés avec grâce et les différents plans laissent transparaître l'audace et la liberté que le manque de moyens n'affecte aucunement. Bien au contraire, le réalisateur use au mieux de sa caméra pour nous insuffler l'énergie et l'obsession de son personnage principal.
D'ailleurs, celui-ci n'a malheureusement pas fait d'autre films, ce qui est bien dommage parce qu'il est sacrément sexy, quelques petites poignées d'amour certes, mais j'en connais qui s'en contenteraient bien.
Pour en revenir au film, je suis sorti de la salle assez troublé par cette relation qui n'en n'est pas vraiment une, entre un garçon prêt à tout pour une simple nuit d'amour avec un type qui n'en a que foutre de lui, et qui n'est même pas homo. Il y a dans ce rapport un profond malaise et un décalage que le réalisateur parvient à retranscrire et qui est plus que déconcertant, dans le regard admiratif de Walt qui accepte le dédain, de celui de Johnny avec une certaine philosophie, c'est beau et en même temps assez interrogateur pour finir par laisser place au désarroi dans lequel l'Américain se trouve face au Mexicain.

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L’avis de
Shangols :
Bon, ben voilà, la curiosité du moment a été vue par un des rédacteurs de ce blog. Mala Noche est sympa, c'est exactement la même émotion (et presque le même film) que pour The Big Shave de Scorsese, Permanent Vacation de Jarmusch, Eraserhead de Lynch ou encore Icarus de De Palma... bref comme tous ces premiers films de grands réalisateurs, on regarde ça avec l'œil compatissant du spectateur qui sait ce qu'ils vont devenir.

Comme tout le monde, Van Sant produit un film très « arty », où le style se veut voyant, un film volontaire et « extraverti » qui fait merveille. Au niveau de l'image, c'est pratiquement irregardable : le noir et blanc, cradasse, sans contrastes, a pour résultat d'effacer les 3/4 de l'écran. Les bords de l'image sont en noir complet, et on distingue au centre de l'écran des formes, floues, heurtées, mobiles, dans lesquelles on reconnaît vaguement les personnages, les actions. Ca, c'est pour les scènes de nuit. Les scènes de jour sont elles assez nettes, baignées de soleil. À noter que les sous-titres, également, sont illisibles, puisque présentés en blanc sur blanc. Tout ça pourrait être gavant, mais je vous l'ai dit, on est bienveillant, et c'est juste délicieusement fashion, et mignonettement audacieux.

Niveau scénario, ça sent le Van Sant de très loin : il s'agit des errances amoureuses d'un jeune mec (très beau et très émouvant Tim Streeter) qui tombe raide dingue d'un tout jeune mexicain indolent, sauvageon et irresponsable, un de ces types qui file des insomnies à Sarko. C'est surtout un joli essai sur l'amour tout court, sur l'aveuglement, la perte de la personnalité et l'humiliation amoureuse. Dans un rythme très saccadé, Van Sant filme les corps qui se choquent (ou ne se rencontrent pas, le plus souvent, Van Sant est aussi un type qui filme la frustration), les petites combines, les bagarres hilares de gosses des rues, et puis aussi la petite vie des Américains moyens (qui achètent tous, à un moment ou à un autre, allez savoir pourquoi, de la crème anti-champignons). Il y a de magnifiques scènes, qui prennent bien leur temps pour s'installer (notamment la longue séquence où le Mexicain s'amuse à faire croire à Walt qu'il l'abandonne sur la route), il y a une compréhension du désir sexuel qui est déjà bien en place, il y a cette fameuse fascination pour les ados qui marquera le cinéma de Van Sant dans son ensemble, il y a une musique à la Paris Texas qui est parfaite. Bref, c'est déjà du très bon cinéma, sans hurler au génie. Et puis la fin (qui a rendu folle furieuse ma voisine de droite) est poilante, puisque le gars arrête son film en plein milieu ("zou rentrez chez vous j'ai plus d'argent pour terminer"). Toute une époque.

Pour plus d’informations :
 
par Bernard Alapetite, Niklas & Shangols publié dans : FILMS : Les Toiles Roses communauté : Gay-friendly
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Mardi 7 août 2007

Version hétéro de la pub du Lewi's 501


Version gay de la pub du Lewi's 501
par Daniel C. Hall publié dans : VIDEOS : Les Pubs Roses communauté : BLOGS GAY
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Mardi 7 août 2007

Fiche technique :
Avec Barney James, Neil Kennedy, Leonardo Treviglio, Richard Warwick, Donald Dunham, Daevid Finbar, Ken Hicks, Lindsay Kemp, Steffano Massari, Janusz Romanov, Peter Hinwood et Gerald Incandela. Réalisation : Paul Humfress & Derek Jarman. Scénario : Paul Humfress, Derek Jarman et James Whaley.  Directeur de la photographie : Peter Middleton. Musique originale : Brian Eno.
Durée : 90 mn. Disponible en VO/VOST (Latin).



Résumé :

Exilé par l'empereur, Sébastien devient le protégé du centurion Severus. Mais son insubordination fera de lui un martyr.



L’avis de Jean Yves :
Des intrigues conduisent l'Empereur Dioclétien à persécuter les chrétiens qu'il tolérait jusqu'alors. C'est pendant une fête célébrant le 20e anniversaire de son règne que son favori, le capitaine des gardes Sébastien, connaîtra le début de son martyre.
Après les danses rituelles, on propose, pour terminer joyeusement la soirée, d'accuser un jeune page d'être chrétien et d'ordonner sa décapitation. Sébastien proteste avec une telle vigueur contre cette ignoble forfait qu'on le soupçonne de protéger les chrétiens. Il perdra son rang et sera éloigné du palais.
Pendant son exil, Sébastien se lie d'amitié avec Justin le seul soldat qui ne l'humilie pas. Dépité, semble-t-il, de se voir préférer un inférieur, le centurion Séverus soulèvera ses hommes contre Sébastien dont on décidera le supplice et la mort.

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À travers le martyre de San Sébastien, Derek Jarman étudie la nature de l'homme, son ambivalence sexuelle.

Ce n'est pas une considération morale sur l'homosexualité qui, ici, est « naturelle ».
L'identification sexuelle du sanguinaire centurion Séverus par exemple, c'est l'amour refoulé qu'il éprouve pour ce « Christ-Apollon ».
Il y a aussi les sentiments amour-haine entre les hommes parqués entre eux et leur prédilection pour les jeux sado-masochistes.
Au sujet de la mort de Sébastien peu d'éléments authentifient la légende selon laquelle il aurait été la cible vivante de jeunes archers. Le film se réfère donc à l'imagination des peintres de la Renaissance qui représentent le martyr attaché, le corps transpercé de flèches.
Les décors sont sobres, le maigre budget du réalisateur ne lui permettait pas une reconstitution fastueuse de l'Empire Romain. Les dialogues ont la particularité d'être en latin.

Pour plus d’informations :

par Jean Yves publié dans : FILMS : Les Toiles Roses communauté : Gay-friendly
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Mardi 7 août 2007
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par Daniel C. Hall publié dans : VISUELS : Les affiches et pubs roses communauté : Gay-friendly
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