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Blog LGBT du rédac' chef :
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Un grand merci à Francis Moury, Olivier Nicklaus
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(Dernière mise à jour des index par titres français des films critiqués sur ce blog : 04/09/08)

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L’intérieur du vaisseau ressemblait à une ruche bourdonnante. Des centaines d’aliens s’activaient dans tous les sens. Au niveau de sa conception, il n’avait rien de semblable aux élucubrations hollywoodiennes des films de science-fiction. Point de boutons lumineux multicolores ni de gadgets à gogo. Si j’osais cette comparaison hardie, un vaisseau spatial « Hollywood style » me fait l’effet d’une cathédrale gothique, alors que celui qui m’avait capturé faisait plutôt figure de cathédrale romane.

Simplicité et dépouillement, donc, mais qui n’excluaient en rien la haute technologie. Ces créatures d’un autre monde étaient en parfaite symbiose avec leur machine. Celui qui m’avait « captivé » dans tous les sens du terme me conduisit en un lieu dont je supposais qu’il devait abriter mon séjour à bord. Devant un mur d’une blancheur virginale, l’extra-terrestre fit, d’un geste circulaire de la main, s’ouvrir une porte qui n’était pas apparente. Nous empruntâmes un étrange couloir aux reflets bleu pastel qui, en réalité, se trouvait être un vortex. Le passage d’un point de vortex à un autre a ceci de surprenant qu’on ne sait s’il dure une seconde ou une éternité. Le transfert est instantané, mais tandis qu’il se produit, on a l’impression irréelle de vivre une vie entière et de traverser des milliers de paysages.

Lorsque nous atteignîmes l’autre bout, la porte du vortex s’ouvrit sur un jardin dont la féerie m’émerveilla. C’était la première débauche de couleurs au sein de cet environnement quasi monocolore qui m’entourait depuis mon entrée dans ce monstre d’acier. Une végétation luxuriante, sans commune mesure avec nos plantes terrestres, déployait ses fastes chatoyants devant mes yeux ahuris. Çà et là, des fleurs inconnues exhalaient un parfum rare et précieux, et des oiseaux indescriptibles tournoyaient au-dessus de nos têtes dans un concert de curieux gazouillis.

C’est alors que je dévisageai enfin mon joli geôlier. Ses traits réguliers avaient quelque chose d’humain, toutefois sa peau était de couleur bleu ciel et ses longs cheveux d’un noir de geai. Quant à ses yeux envoûtants, ils étaient mauves. Son allure était féline, il avait également de grandes oreilles pointues faites pour entendre dans le lointain, et des mains puissantes qui ressemblaient à la fois aux serres d’un aigle et aux pattes d’un lion. Son langage m’était incompréhensible, mais cependant, nous nous comprenions en esprit. Ses pensées pénétraient les miennes, et vice-versa.

Il m’attira contre lui, et dès ce moment, il n’y eut rien que je puisse faire pour lutter contre son magnétisme puissant. Toute résistance eut été vaine, aussi décidai-je de m’abandonner pleinement entre ses bras. Au moment précis où ses lèvres rencontrèrent les miennes, je n’aurais pas voulu être ailleurs dans toutes les galaxies. Tout se figea autour de nous tandis qu’il m’embrassait comme jamais nul ne le fit avant lui, et que son étreinte m’annihilait davantage. Tout mon être m’échappait et s’anéantissait dans cette rencontre fusionnelle. Soudain, dans un tourbillon de lumière céleste, nous fondîmes l’un dans l’autre et ne fîmes plus qu’un. Au sens littéral. Je m’étais volatilisé et lui aussi. À la place, un troisième être, la synthèse absolue de nous deux, faisait corps avec l’univers entier. Un être de perfection, aux proportions idéales. L’homme de Vitruve de l’espace.

Combien de temps cet état dura-t-il ? Je l’ignore. Tout comme j’ignore comment je me suis retrouvé aux abords de Matane. Le vaisseau spatial avait disparu, « il » avait disparu aussi, emmenant avec lui une partie de moi. Martin m’enveloppa dans un long manteau en peau de castor qui me couvrait intégralement de la tête aux pieds, et me conduisit à l’hôtel le plus proche. J’étais encore très faible et voyais dans ses yeux que quelque chose n’allait pas. C’est devant le miroir de la salle de bain que je compris la cause de son trouble. J’étais capable de voir, mais quelle déconcertante image : je n’avais plus de visage…

En s’envoyant en l’air avec un extra-terrestre, Zanzi a perdu la face

 

 

 

 

 

Pour lire le précédent épisode de Zanzi and the City, cliquez ici.

 

 
 
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