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Mercredi 16 avril 2008


Fiche technique :
Avec
Rikki Beadle-Blair, Mat Fraser, Karl Collins, Noel Clarke, Paul Keating Pui, Fan Lee, Frances Lima, Michael Dotchin, David Fairbanks, Carleen Beadle,Dee-Dee Samuels, Matt Harris, Gavin Delaney, Lisa Harmer, Preeya Kalidas, Silas Carson, Helen Sheals, Joni Levinson, Danielle Murphy, Marianne Sheenan, Jonathon Pembrocke, Paddy Glym, David Squire, Rebecca Varney, Deobia Oparei et Josh Moran. Créateur : Rikki Beadle-Blair. Réalisation et scénario : Rikki Beadle-Blair. Producteur : Carol Hardin.
Durée : 6 épisodes de 26 mn. Disponible en VO et VOST.



Vidéo des six génériques différents pour les six épisodes.

Paroles du générique :
Je sais qu’ils disent que je suis fou
Qu’ils disent que je suis louche
Qu’on devrait m’enfermer
Qu’on devrait me retirer mon enfant.
Mon unique enfant !
C’est lui, ma fierté, ma joie, mon bébé !
Mon sourire, ma vie, mon garçon, mon bébé !
Ils auront beau dire,
Nous on sait que c’est l’amour
Ça c’est notre vérité
Nous on sait que c’est l’amour !

 


Résumé :
Après Queer as Folks, la chaîne anglaise Channel Four renouvelle son exploit avec une série extravagante en six épisodes. La vie, les amours d'un groupe d'ami(e)s, d'amant(e)s mêlant toutes les cultures, toutes les couleurs, toutes les tendances. Ils habitent le quartier branché de Notting Hill à Londres, ils s'aiment, ils se détestent, ils se réconcilient, ils sont inséparables, unis par un seul et même désir : l'amour. Avec Kwame et tout le petit monde de Notting Hill, Metrosexuality s'aventure dans la famille du XXIe siècle : une famille avec un enfant, deux papas, une soeur, des amis et plein d'amour.
La vie à Londres est déconcertante quand vous avez 17 ans et que vos deux pères gays sont séparés. Pour ajouter à la confusion, le nouveau petit ami de papa Jordan est parachutiste, votre meilleur ami est amoureux de papa Max, un autre de vos amis a des problèmes avec son copain, quant à vous, vous ne parvenez pas à séduire la fille de vos rêves !



L’avis de Delphine :
Bienvenue dans le quartier de Nothing Hill à Londres où vivent un groupe de personnages tous plus délirants les uns que les autres !  Dans Metrosexuality, chaque combinaison est possible : un mec rencontre des mecs, les filles des filles mais des mecs rencontrent aussi des filles et des filles des mecs. Certains ont des problèmes de couples, d'autre de drogues… Mais tous ont un point commun : ils recherchent l'amour, le grand le vrai !
Le personnage central est Kwane, super bien foutu et aux hormones déchainées ; il essaie par tous les moyens de remettre ses pères ensemble comme le ferait un autre adolescent dans un monde aux amours moins débridées ! Kwane essaie aussi de conquérir Asha, un petit ange de 17 ans qui a pour meilleure amie une lesbienne.


Bref, on suit la vie trépidante de tous ces personnages au rythme d'un montage énergique, d'un langage technoïde argotique dans un monde bariolé où les couleurs ternes sont banies !
Metrosexuality est un bol de fraicheur, une série décoiffante ; elle a le mérite de revendiquer la tolérance et la vie en communauté. Cependant, tout va très vite, trop vite, ça part dans tous les sens ! Certains sujets graves (parents alcooliques,...) sont abordés mais de façon superficielle et donc la série reste lègère ! Il n'y a pas de quoi en faire une série culte à moins que l'on soit passionné de fringues !


L’avis d’Isabelle B. Price :
Metrosexuality est une série anglaise dans la même veine que Queer As Folk (UK) qui compte 6 épisodes. Comme sa grande sœur, elle est totalement désinhibée, complètement extravagante et définitivement gay. Elle s'intéresse à la vie d'un groupe d'ami(e)s et d'amant(e)s vivant dans le quartier très tendance de Notting Hill à Londres.


Le héros, Kwame (Noel Clarke) a 17 ans et deux pères, Max (Rikki Beadle Blair) et Jordan (Karl Collins) qui sont séparés et qu'il essaye de rabibocher. Mais Jordan est amoureux d'un autre, Jonno (Silas Carson) et Max tente de passer à autre chose et de faire de nouvelles rencontres. Les deux meilleurs amis de l'adolescent sont gays. Bambi (Davey Fairbanks) est très amoureux d'un homme allergique à tout engagement qu'il souhaite épouser alors que Dean (Paul Keating) est toujours vierge. Kwame, quant à lui, est amoureux d'Asha (Rebecca Varney), mais ils se sont séparés après une première expérience sexuelle désastreuse. La meilleure amie d'Asha, Jaye (Pui Fan Lee) est lesbienne et très attirée par Flora (Preeya Kalidas) qui vient se faire coiffer dans leur salon. Il ne faut pas non plus oublier la sour de Max, Cindy (Carleen Beadle) qui vit en couple avec Doris (Dee Dee Samuels) et leurs deux enfants. Ainsi que de nombreux autres protagoniste dont le frère dealer de Dean, les parents hippies de Bambi, le père d'Asha qui est amoureux de Gerri (Frances Lima), Madame S.O.S. Conseils mariée mais malheureuse.


Dès le début, le ton est donné. Les costumes extravagants et flashs, les dialogues incisifs et crus, les personnages multiethniques et un seul et même désir : la recherche de l'amour.
Lors du premier épisode, Kwame donne rendez-vous à ses deux pères dans l'espoir de les réconcilier et de les voir se remettre ensemble. En effet, il souhaite vivre dans un foyer uni. Après ce plan, l'adolescent se rend devant le salon de coiffure où travaille Asha, son ex-petite amie. Accompagné de Dean, son meilleure ami, perché sur le toit d'une voiture, il observe la femme qu'il aime avec des jumelles.


À l'arrivée d'une jeune femme, Flora, dans le salon de coiffure, on découvre Jaye, la meilleure amie d'Asha, complètement paniquée. Jaye installe Flora sur un fauteuil et lui propose une coupe ou une couleur. Hystérique, elle se retourne ensuite vers Asha et lui demande son aide.
JAYE  : Asha, vite, un conseil ! Rappelle-moi ce qu'on avait dit !
ASHA  : C'est juste une nana. (Jaye paniquée fait semblant de pleurer) Ok, le plan. Si elle vient, tu lui dis ?
JAYE  : Mon ange, tu t'es fait mal en tombant du ciel ? J'ai de quoi te soigner, suis-moi. Et là, elle répond.
FLORA  : Pas trop tôt. Encore une séance ici et je deviens chauve. Voilà mon numéro. Appelle-moi.
Et Flora sort de la boutique alors que Jaye est aux anges. On revient alors à Kwame puis on le quitte pour passer à ses parents et finalement arriver à deux femmes disant au revoir à leurs enfants qui partent en voiture avec leur oncle. Elle se précipitent ensuite dans leur maison et se jettent littéralement l'une sur l'autre dans les escaliers. Elles s'embrassent passionnément lorsque Cindy se lève brusquement et déclare :
CINDY  : Chut !
DORIS  : J'ai rien dit.
CINDY  : Ecoute ! Ce silence me rend folle !
[...] Cindy se précipite sur le téléphone pour appeler son frère Max, qui est parti avec leurs enfants.
DORIS  : Ca fait 10 minutes ! Ils sont pas arrivés ! Arrête de jouer à la mère juive !
CINDY  : On se croirait dans une morgue. Ce n'est pas naturel. On est des parents ! Il faut des cris, des gosses qui courent, du bruit, de la vie. Là, c'est vide !
DORIS  : Notre vie familiale est bruyante et notre vie sexuelle silencieuse à cause des gosses. J'aime notre famille mais pour une fois, tu vas pas te servir de mes seins pour étouffer tes cris. Dans une semaine, on retrouve notre vie, les gosses, etc. En attendant, je veux sortir, aller au ciné et te faire jouir à gorge déployée. On va pas oublier les gosses mais on va un peu penser à nous. Alors ?
CINDY  (qui a posé le téléphone et se rapproche de Doris, séduite) : À gorge déployée ?
Elles s'embrassent, font l'amour et Cindy hurle de plaisir à gorge déployée. On les retrouve enlacée, nues sur le sol du salon, endormies. Doris, ouvre les yeux, s'empare d'un jouet en plastique et le fait couiner. Non, elle n'a définitivement pas oublié ses enfants !


Durant les épisodes 2 et 3, Jaye et Flora continuent à se voir. Flora apparaît exigeante, jalouse et possessive. Elle demande des comptes à Jaye pour leur rendez-vous manqué. Elle cherche à savoir pourquoi Jaye n'est pas venue et n'a même pas appelé pour s'excuser. Jaye lui ment et cherche à se justifier avec difficulté. Elle fait ensuite une crise de jalousie lorsqu'elle découvre que Jaye a appris à Asha à se masturber. Une représentation certes excessive mais plus proche de la réalité que bien d'autres.
En parallèle, Doris est jalouse de découvrir que Cindy a couché avec un homme avant de la rencontrer. Les deux femmes se disputent d'ailleurs plusieurs fois à ce sujet.
CINDY  : On est un vieux couple de lesbiennes rangées. Vachement rebelle !
DORIS  : C'est toi qui voulais des gosses.
CINDY  : Je voulais un million de choses !
L'accent n'est pas mis sur le couple Doris-Cindy. On ne retrouvera les deux jeunes femmes que peu de fois après ce passage. Et leurs principales discussions concerneront cet homme qui a eu une courte liaison avec Cindy. Doris, veillant jalousement sur sa femme lorsqu'elle celle-ci s'amusera en boîte.


Par contre, le couple Jaye-Flora aura le droit à plus d'attention lors des derniers épisodes. Toutes les deux finissent par trouver le temps de faire l'amour. Mais en pleine action, Jaye est soudain interrompue par Flora qui lui demande si elle a une digue dentaire. Jaye fait celle qui connaît et lui répond qu'elle va en chercher une. Une fois seule, elle se précipite sur le téléphone et appelle S.O.S. Conseils pour avoir des précisions.
JAYE  : C'est quoi une digue dentaire ?
GERRI (S.O.S. Conseils)  : Un carré de latex placé sur le sexe féminin qui empêche la contamination par le Sida ou les MST. Surtout utilisé par les lesbiennes.
JAYE  : On est les élues ! On peut pas attraper le Sida !
GERRI (S.O.S. Conseils)  : Si vous utilisez une digue dentaire.
JAYE  : Où en trouver en pleine nuit ?
Jaye part donc à la recherche d'un préservatif pour fabriquer une digue dentaire. Lorsqu'enfin elle trouve et qu'elle revient auprès de Flora, elle reprend où toutes les deux s'étaient arrêtées. C'est alors que Kwame arrive à la recherche d'Asha. Jaye lui précise qu'elle ne fait pas les parties à trois et lui referme la fenêtre au nez.
Lors de l'épisode suivant, Flora est endormie dans les bras de Jaye et celle-ci s'interroge. Elle se pose des questions qui aborde le « C'était génial » et le « Et maintenant » et ne parvient pas à dormir. La jeune femme finit par se lever, s'enferme dans la pièce à côté et appelle S.O.S. Conseils.
JAYE  : OK. C'est pas moi. Je suis une fille libérée et rebelle, une lesbienne du 21e siècle.
GERRI (S.O.S. Conseils)  : D'accord.
JAYE  : Après une semaine avec elle, je rêve de me ranger, je planifie nos vacances, j'envisage de cuisiner. L'aliénation totale ! Je peux pas être amoureuse. Je suis irresponsable, fantasque. Gerri, Gerri, Gerri ! Comment savoir si c'est de l'amour ?
Un peu plus tard, alors que chacune est dans sa famille pour fêter la fête des mères, Jaye et Flora se téléphonent.
FLORA  : Tu peux parler ? T'es où ?
JAYE  : Dans le jardin. Et toi ?
FLORA  : Dans le débarras. Tu me manques.
JAYE  : Nous, c'est du sérieux ?
FLORA  : Ahhh !
JAYE  : C'est pas comme si on était amoureuses, hein ?
FLORA  : Pas question ! Pas de sentiments, comme les mecs.
JAYE  : D'accord. Moi non plus. Cool.
FLORA  : Réglé. On peut avoir envie de se voir ?
JAYE  : Mais on n'en parle pas.
FLORA  : OK, on fait comme si de rien n'était.
JAYE  : Cool.


Alors que tout le long de la série, les hommes passent leur temps à courir après l'amour, les deux femmes de celle-ci, refuse d'y succomber. Elles veulent être libres et faire « comme les mecs » alors que c'est précisément ce que ces derniers ne veulent plus : être seuls et libres. Comique.
Le personnage de Jaye est fantastique. Il est rare de voir de jeunes lesbiennes refuser tout engagement, tomber amoureuse mais le nier et s'interroger sur leur avenir tout en refusant de changer. Elle est fantasque, imprévisible et légèrement hystérique. Elle porte des couleurs flashs à longueur de journée et des bonnets étranges. Elle est perdue par ses sentiments. Elle n'est pas perdue parce qu'elle aime une femme mais tout simplement parce qu'elle est amoureuse. Or elle n'était pas du tout préparée à cela. Et elle ne veut absolument pas être dépendante de qui que ce soit, et elle ne veut absolument pas changer quoi que ce soit à sa vie. Un personnage comme vous n'en avez jamais vu.


Metrosexuality est une série qui met définitivement en avant un autre mode vie, une autre manière d'imaginer la famille. Ricki Beadle Blair, le scénariste, réalisateur, acteur (il interprète le rôle de Max) qui chante le générique qu'il a écrit tient cette série comique à bout de bras grâce à son talent et à sa fougue. Les acteurs sont géniaux dans des rôles originaux, exceptionnels et rares. On peut reprocher à la série une réalisation sans surprise, des dialogues pas toujours à la hauteur et des scénarios parfois confus mais elle n'en reste pas moins un appel à la tolérance et à la découverte de ce que l'on nomme régulièrement « l'anormalité ».
Cette série a pris le parti de faire évoluer les mentalités des personnes bien-pensantes qui jugent sans connaître. Il est juste dommage que les personnages lesbiens soient si peu représentés en fin de compte. Et également dommage qu'il y ait encore un couple de lesbiennes-mères de famille. Bien que Doris et Cindy ne ressemblent en rien à Kerry et Sandy (Urgences) ou Melanie et Lindsay (Queer as Folk US) tant du point de vue physique que psychologique, elles ont également des enfants. Et même si ces derniers ne sont pas au centre de leur vie, elles ont du mal à les oublier et ils sont présents dans les conversations. Heureusement Jaye et sa douce folie contrebalance le conformisme de Doris et Cindy et son histoire avec Flora est aussi intéressante que celle de Bambi (avec son mec) ou celle de Dean (toujours à la recherche du sien).
Pour terminer, je voulais finir sur le générique de présentation, un bijou d'audace ou tous les acteurs sont en sous-vêtements, dansent, s'amusent et s'écrivent dessus et donne envie de découvrir la série et cette famille du XXIe siècle.
Pour plus d’informations :
Lire l’interview de Rikki Beadle-Blair
par Delphine & Isabelle B. Price publié dans : TV : La Lucarne Rose communauté : Gays news
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Mardi 15 avril 2008


Fiche technique :
Avec Toby Stephens, Tom Hollander, Rupert Penry-Jones, Samuel Wes, Anna-Louise Plowman, Adam Blackwood, Lisa Dillon, Peter Eyre, Jenna Harrison, Daniel Hart, Patrick Kennedy, Simon Woods, Stuart Laing, Leon Lissek et Anthony Andrews. Réalisation : Tim Fywell. Scénario : Peter Moffat. Musique : John Luan. Montage : Chris Gill. Direction artistique : Emer O Sullivan. Son : Steve Fish.
Durée : 240 mn (4 x 60 mn). Disponible en VO.



Résumé :
Angleterre, 1934. Kim Philby (Toby Stephens) est un étudiant idéaliste au sein de la prestigieuse université de Cambridge. Il aimerait pouvoir agir contre le fascisme qui gagne l'Allemagne et l'Italie. Il désire intégrer le parti communiste, la seule force qu'il juge suffisamment puissante pour mettre un terme aux dictatures qui se propagent en Europe. Il rencontre Guy Burgess (Tom Hollander) et Anthony Blunt (Samuel West) qui ont la possibilité de le faire entrer dans le parti. Mais avant, Kim Philby doit convaincre son meilleur ami, Donald Maclean (Rupert Penry-Jones), de le suivre. Or, ce dernier craint de trahir les idéaux de son père s'il s'allie aux communistes... Son père meurt, plus rien ne le retient. Ces quatre hommes assoiffés d'idéalisme et de justice sociale, désirant lutter contre le nazisme, vont trahir leur pays sans vergogne, durant vingt ans, au profit de l’URSS.
Maclean, converti, est aussitôt envoyé en Autriche par Otto, leur mentor en espionnage, pour convoyer des instructions. Il y tombe amoureux et se marie avec son contact, la belle Litzi (Lisa Dillon) qu’il ramène à Londres… mais le parti exige qu’il rompe. Il obéit. Leur diplôme universitaire en poche, les quatre compères vont tenter d'infiltrer les sphères d'influence de la société britannique en cachant leur passé de militants communistes. Blunt tire profit des relations qu'entretiennent ses proches avec la famille royale. Maclean rejoint le bureau des affaires étrangères. Burgess travaille à la BBC et entre dans les services secrets, tout comme Philby à qui l’on a demandé de devenir un journaliste pro-allemand. Ce dernier est envoyé en reportage en Espagne pour couvrir la guerre civile. Mais sa véritable mission est d'assassiner Franco... Devant le caudillo, il ne parvient pas à passer à l’action…



C’est bientôt la guerre. Les quatre camarades sont ulcérés par le pacte germano-soviétique. Leur foi en l’Union Soviétique est ébranlée. Comme tous les autres Anglais, ils luttent contre le nazisme. Donald commet l’irréparable : il avoue à sa femme (Anna-Louise Plowman) ses activités d’espionnage. Il déclare à Blunt vouloir se retirer. Ce dernier veut faire de même en achetant sa libération avec des informations cruciales sur la famille royale britannique. La guerre prend fin mais bientôt une autre guerre commence que l’on appellera « guerre froide ». Moscou demande aux espions anglais de leur communiquer des renseignements sur la bombe atomique américaine. Ce que Philby, Burgess et Maclean sont en mesure de faire, se trouvant en poste à Washington. Ils s’exécutent. « Grâce à eux », l’URSS obtient l’arme nucléaire. Les Américains ont rapidement la preuve que les fuites viennent de l’ambassade de Grande-Bretagne. Après une longue enquête, les soupçons se portent sur Maclean. Juste avant d’être arrêté, il parvient à passer à l’Est en compagnie de Burgess...



L’avis de Bernard Alapetite  :
Voilà une série qui n’a pas peur de s’attaquer à l’Histoire, mais aussi l’histoire d’espionnage la plus fameuse du XXe siècle communément appelée « Affaire Philby », du nom d’un des quatre protagonistes de cette épopée qui pourrait aussi s’appeler « les quatre mousquetaires de l’espionnage ». Cet épisode rocambolesque de la guerre froide est à l’origine de bien des films de fiction, encore plus de documentaires et de moult livres, tant historiques que romanesques.
Tout d’abord, un petit survol des précédents en se focalisant sur la fiction tant cinématographique que littéraire… On ne sera jamais assez reconnaissant à ces traîtres d’avoir été à l’origine de la quasi totalité de l’œuvre de John le Carré et notamment de La Taupe et Les Gens de Smiley, livres directement rattachés à cette affaire. Elle est également très présente dans l’un des plus beaux romans français des années 70, Les Poneys sauvages de Michel Déon (Gallimard). Et surtout, elle est au centre du beau et trop méconnu roman de Bernard Sichère, La Gloire du traître (Denoël), qui met au centre de l’intrigue l’homosexualité des personnages !



Pour le cinéma, la référence est Another Country de Marek Kanievska avec Rupert Everett et Colin Firth, adapté de la pièce éponyme de Julian Mitchell. Le film ne traite que de la rencontre dans une public school des futurs espions de Cambridge et de leurs amours (si l’on excepte une courte incursion en 1984, année de sa sortie). Bien que les noms soient modifiés, la référence historique est explicite. Le film suggère que c’est l’empêchement de vivre leur homosexualité au grand jour qui serait à la racine de leur engagement communiste. Cette histoire doit hanter le réalisateur, car en 2002 il tourne Secret d’État, toujours avec Rupert Everett qui – cette fois – incarne un clone de Philby lorsqu’il terminait sa carrière d’espion à Beyrouth dans les années 60. On peut mentionner aussi Les Espions Burgess et Maclean (DVD BBC/Le Monde), un docu-fiction très didactique qui relate la fuite, en 1951, de Burgess et Maclean à L’est. Dans Blunt The Four Man de  John Glenister (datant de 1992), l’éclairage privilégie le seul des quatre dont la vie n’a pas été détruite par son engagement. Le rôle de Blunt y est tenu par Ian Richardson et celui de Burgess par Anthony Hopkins. L’homosexualité des protagonistes est bien soulignée et présentée comme le moteur de leur révolte. John Schlesinger a consacré un film, An Englishman abroad (1983), à l’histoire de Burgess (interprété par Alan Bates). Le cinéaste est revenu sur le sujet en 1992 avec A Question of Attribution.

 


Dans la masse des documents et récits parus sur cette affaire, il me parait utile d’en extraire Mes Camarades de Cambridge de Youri Ivanovitch Modine (éditions Robert Laffont, 1994). Pour la première fois, un livre présente l'envers « officiel » du décor et le rôle concret de l'officier traitant. L’auteur, qui se réserve le beau rôle, a été attaché de presse à l'ambassade soviétique à Londres, et surtout officier du KGB. Il raconte comment il manipulait ses informateurs bénévoles. Ces étudiants de Cambridge qui se prirent de sympathie pour la cause communiste dans leurs années de jeunesse avant 1940 et qui n'hésitèrent pas un seul instant à rendre des services au régime stalinien durant les années 50 et 60, au pire moment de la guerre froide. On y apprend qu’ils n’étaient pas quatre mais cinq ! (Et même un peu plus). Le cinquième, Cairncross (il n’apparait que furtivement dans Cambridge Spies) vit encore en Angleterre (qu’il n’a jamais fuit) et était motivé par son antifascisme foncier. Il a été cet espion efficace qui permit aux soviétiques de tout savoir de l'armée allemande grâce aux informations prélevées directement à l'état-major britannique. À la lecture de ce livre, on reste stupéfait de l’importance des informations que le réseau transmet aux soviétiques, surtout via le courrier échangé entre Américains et Britanniques, y compris sur la conception d'une arme nucléaire ; on reste confondu devant l'innocence affichée, le manque de scrupules et l'absence de regrets, une fois découverte leur « sale » mission, dont témoignent ces agents.
 


Les « damnés » de Cambridge ont donné lieu à bien des fantasmes et leur dénomination de gentlemen espions est quelque peu usurpée. En vérité, ils étaient loin d'avoir tous du sang bleu. Par ailleurs, ils n'étaient pas tous amis comme le montre la série, et pas tous homosexuels. Mais Anthony Blunt et Guy Burgess seront les deux à la fois, leur histoire demeure indissociable. Blunt est le personnage le plus extraordinaire de cette épopée. Le livre que lui a consacré Miranda Carter, Gentleman espion, aux édition Payot est une source aussi passionnante que sérieuse, non seulement sur Blunt mais sur toute cette affaire. Au début des années 1930, à Trinity College, ils font partie d'un club secret animé par John Maynard Keynes : « La Société des Apôtres », dont ils vont être les Judas. L'auteur du Traité de la monnaie est aussi celui d'un concept plus risqué pour l'époque : La Sodomie supérieure (The Higher Sodomy). Les bacchanales entre garçons et les livraisons de documents stratégiques à une puissance étrangère ont alors ceci en commun : c'est la prison si l'on se fait prendre... Comme on ne prête qu’aux riches, en 1998, l’Australien Kimberley Cornish suggérait dans son livre Wittgenstein contre Hitler (PUF éditeur) que le philosophe (gay… aussi) aurait pu avoir fait partie du groupe d’espions de Cambridge. D’autres sources supputent que Victor de Rothschild en aurait été aussi !



Le premier épisode de la mini série se déroule dans le cadre, toujours plaisant et exotique, des collèges anglais. Il apporte son lot d’informations sur la vie quotidienne de ces lieux extravagants pour le profane. Mais on a bien du mal à s’intéresser aux péripéties des héros, en raison de la mollesse de la mise en scène et du peu de charisme des acteurs. Mais surtout, on ne comprend pas pourquoi ces quatre garçons privilégiés, brillants et fantasques, comme il est de bon ton de l’être dans sa jeunesse pour la caste supérieure de l’empire britannique, vont se mettre au service de la dictature communiste. On ne comprend pas plus comment ils ont connu leur mentor et pourquoi ce dernier recrute de tels pieds nickelés, car c’est bien ainsi que nous les percevons. Le réalisateur pense qu’en juxtaposant des scénettes signifiantes, il va rendre audible son propos. Il n’en est rien, faute de liaisons entre elles. Lorsque l’on rassemble le puzzle, on ne voit guère que quatre pantins qui parlent beaucoup et ne font pas grand chose. Ils semblent en outre (en particulier dans le deuxième épisode, qui par ailleurs est plus clair que le premier) être les seules personnes intelligentes, perdues dans un monde de ganaches et de femmes faciles. Pas plus que leurs opinions politiques, leur homosexualité n’a de densité. Elle est tout au plus fugitivement décorative.



Il faut attendre le deuxième épisode pour que les personnages se dessinent. On ne comprend pas d’avantage par quel miracle Blunt est nommé conservateur des collections royales. Rien n’est montré de sa précoce passion pour l’art. Il a fondé un journal d’étudiants dédié à l’esthétisme dès sa première année à Cambridge, ce qui est finement décrit dans La Gloire du traitre, dans lequel Bernard Sichère n’utilise pas les noms réels mais des patronymes transparents (Blunt devient Blake), ce qui lui laisse une liberté qui a vraisemblablement manqué à Peter Moffat, scénariste de Cambridge Spies.



Néanmoins cette mini série a l’immense mérite de nous faire réviser (et malheureusement pour beaucoup apprendre) notre histoire moderne. Elle soulève des lièvres historiques, et pas des petits, non… des bons gros mastards. Premièrement, Maclean aurait été chargé par le KGB d’assassiner le général Franco à la fin de la guerre d’Espagne mais il se serait dégonflé (pas insensible aux moustaches du caudillo peut-être ?). Deuxièmement, la famille royale aurait été plus ou moins informée des activités pro-communistes de Blunt et l’aurait couvert en souvenir de services rendus à la dite famille. Pourquoi pas, tout est toujours possible, même le plus improbable… Mais pour que le spectateur adhère à de telles hypothèses historiques, faut-il encore qu’il soit en confiance, et pour cela ne pas lui avoir montré une scène des plus improbables auparavant ! C’est le cas avec le flingage, à bout portant, en pleine rue à Vienne par des policiers d’un réfugié allemand, approximativement en 1936… soit deux ans avant l’Anschluss !



Cambridge Spies est souvent caricatural et ne s’embarrasse que de très peu de subtilités. On nous montre comme une évidence (voire avec grossiereté) ce qui etait suggéré avec finesse dans Les Vestige du jour que (toute ?) l’aristocratie britannique avait des sympathies nazies. Cette lecture n’est pas recevable, sauf pour les nostalgiques des bons vieux partis communistes des années soixante.
On peut être pour le moins interloqué par le fond de la série qui est condensé dans la dernière réplique que Blunt adresse à une de ses anciennes relations du temps de Cambridge qui lui demande ce qu’on fait ses amis (outre le ridicule d’une telle question, tout le royaume était informé de ce qu’étaient devenus ses complices) : « de grandes choses », réplique difficilement recevable aujourd’hui. Rappelons que ces « grandes choses » ont d’abord consisté à se mettre au service du régime stalinien qui, dans le même temps, organisait la grande famine en Ukraine qui fit trois millions de morts. Certes ces jeunes gens de Cambridge l’ignoraient. Mais à cette époque, les yeux d’André Gide s’étaient vite dessiller...



Bien des défauts de cette œuvre auraient pu être corrigés grâce à une durée plus longue. Il me semble que ce problème de la durée des œuvres n’est que rarement pris en compte par les décideurs du cinéma et de la télévision. Il est patent qu’il est difficile de faire une traversée de l’histoire de l’Europe entre 1930 et 1960 en quatre heures. Il est curieux que ce phénomène « qui trop embrasse mal étreint » atteigne surtout des productions télévisuelles historiques. Ce même mal contamine également d’autres mini séries comme De Gaulle ou Les  Amants du Flore qui souffraient aussi du défaut de vouloir ramasser en trop peu de temps la narration d’événements qui se trouve bien trop à l’étroit dans le carcan horaire qu’il leur est imposé. Alors que Sartre, qui se déroule sur sept ans (de 1958 à 1965), est une réussite complète. Pourtant la diffusion à la télévision offre plus de souplesse que celle en salle.



Une autre possibilité aurait été d’intégrer à la narration des actualités d’époque et/ou des interviews de survivants ayant connu les protagonistes de cette passionnante affaire, ou bien encore nombre de spécialistes du sujet. De tels ajouts apportent beaucoup à ces deux remarquables productions télévisuelles que sont Albert Speer, l’architecte du diable et Thomas Mann et les siens.
Une possibilité qui aurait permis d’éviter certaines erreurs : ne pas forcément suivre les quatre personnages principaux dans des parallèles bancals mais nous raconter cette histoire par les yeux de Burgess, qui était le seul à entretenir des relations avec les trois autres – car contrairement à ce que veut nous faire croire la mini série, Blunt connaissait à peine Philby et Maclean.



Certes, on ne peut pas demander à une fiction une vérité historique totale… contrairement à un documentaire ou même à un docu-fiction, mais dès l’instant où une production utilise des personnages historiques, il est impardonnable de travestir peu ou prou la vérité comme c’est le cas ici pour faciliter la narration… par ignorance ?.. par subjectivité politique ou plotiquement correct de l’époque ?
Il est également conseillé de choisir des acteurs qui ressemblent aux personnages historiques qu’ils incarnent… ce qui est le cas, par exemple, dans Sartre et dans Speer, l’architecte du diable. Ce qui n’a pas été (visiblement) le cas ici où seul Rupert Penry-Jones (alias Maclean) ressemble à son modèle.



La mini série a été réalisée pour la BBC, avec un budget de plus de 8 millions d'euros. Le tournage rencontra quelques difficultés. Le Trinity College de Cambridge refusa qu’il se déroule dans ses bâtiments. Il se murmure aussi que Buckingham Palace essaya de faire capoter le projet car Anthony Blunt était, jusqu'à ce que ses agissements soient rendus publiques en 1979, un proche de la Reine. Est-ce pour cela que la Reine mère est caricaturée en pocharde (avant que Stephen Frears fasse de même dans The Queen) ?. Il n’en reste pas moins que dans le deuxième épisode, elle est la seule à se montrer perspicace sur le compte de Blunt.



La série a été récompensée en 2004 aux FIPA Awards et aux Rencontres Internationales de la Télévision de Reims.
Pour plus d’informations :

par Bernard Alapetite publié dans : TV : La Lucarne Rose communauté : Gays news
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Jeudi 3 janvier 2008
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Fiche technique :

Avec Marcia Cross, Teri Hatcher, Felicity Huffman, Eva Longoria, James Denton, Steven Culp, Ricardo Chavira, Mark Moses, Nicolette Sheridan, Andrea Bowen. Réalisation : Larry Shoaw, Arlene Sanford... Scénaristes : Marc Cherry, tom Specialy...
Saison : 24 épisodes.
Durée des épisodes : 42 mn. Toujours en production (4 saisons). Disponible en VO, VOST et VF.



Résumé :

Wisteria Lane est un lieu paisible où les habitants semblent mener une vie heureuse... en apparence seulement ! Car en y regardant de plus près, on découvre bien vite, dans l'intimité de chacun, que le bonheur n'est pas toujours au rendez-vous. Et peu à peu, les secrets remontent inévitablement à la surface, risquant de faire voler en éclat le vernis lisse de leur tranquille existence...


L’avis de Mérovingien02 :
Tous les doutes étaient permis concernant l'avenir de Desperate Housewives au terme d'une deuxième année montrant d'évidents signes d'essoufflement de la part de Marc Cherry et de son staff de scénaristes. Intrigues faisant du surplace, transformation de Susan en boulet de compétition, manque d'interactions entre les héroïnes de Wisteria Lane, mystère ridicule des Applewhite en guise de fil rouge... Pas forcément de quoi enterrer un show toujours aussi hilarant et incisif mais largement de quoi relativiser les louanges chantées lors de la découverte de la saison 1. Qu'on se rasure : le créateur de la série a entendu les critiques du public et s'est bien décidé à redresser la barre au niveau où elle aurait toujours dû être.

Le premier épisode de la saison 3 affiche clairement les intentions louables puisque après une introduction fortement marquée par celle du pilote où Mary Alice se suicidait (scène choc + ménagère désespérée + humour noir + mystère), nous retrouvons Bree, Susan, Gabrielle et Lynette six mois après qu'on les ait quitté. Il pleut sur les maisons de banlieue et la voix off nous indique que l'eau va venir purifier ce qui était sale. Comprendre par là que les auteurs vont nettoyer la série de ses erreurs passées sans pour autant les renier, l'idée étant de transformer les situations énervantes mises en place précédemment pour les rendre intéressantes. On aurait alors pu craindre que le saut dans le temps soit utilisé pour zapper les boulettes récentes (voir la saison 4 de Nip/Tuck qui n'évoque pas une seule fois le Carver de la saison 3) mais il n'en sera rien. Mike est toujours plongé dans le coma, Bree a noué une vraie relation avec Orson, Lynette ne s'est pas débarrassée de Keyla et Gaby ne s'est pas rabibochée avec Carlos. Installés dans leur nouvelle situation, les personnage acceptent d'aller de l'avant, ce qui permet de les faire considérablement évoluer et d'apporter le vent de fraîcheur et de nouveauté indispensable à toute série après trois années d'existence.

Première satisfaction : Susan n'est plus une grosse crétine qu'on rêve de voir mourir dans d'atroces souffrances mais est redevenue l'adorable petite maladroite des débuts, apportant un vrai souffle romantique via sa liaison avec Ian, un riche homme d'affaires anglais qu'elle a rencontré à l'hôpital au chevet de Mike. Émouvant, tendre, déchiré par la perte de leur moitié respective, le couple est incroyablement attachant et on en viendrait presque à regretter le réveil du plombier sexy précipitant l'intrigue vers un triangle amoureux plus convenu, même si remarquablement bien géré puisque étroitement lié au mystère de la saison. Certes, on en est un peu toujours au même point avec Susan mais la fin de saison marquant une avancée considérable dans sa liaison avec Mike, on se dit que des perspectives inédites s'ouvrent enfin pour elle et que cela valait bien le coup d'attendre.

Plus ancrée dans la réalité, Lynette voit sa vie subir de violentes secousses avec le rêve de Tom qui souhaite ouvrir une pizzeria. Alors que la saison 1 tournait exclusivement autour de sa difficulté à assumer son rôle de mère au foyer et après que la saison 2 la présentait comme une femme active accomplie, la saison 3 tente de concilier les deux bouts puisque famille et travail se retrouvent plus que jamais étroitement mêlés. Gagnant en profondeur en laissant apparaître des failles jusqu'alors dissimulées (la tentation de l'adultère), le personnage mène des luttes ordinaires (soutenir son époux, éduquer une gamine qui n'est pas d'elle et qui ne veut pas d'elle) et s'impose plus que jamais comme une héroïne du quotidien, rôle admirablement revendiqué dans le tétanisant épisode « Bang » (de loin le meilleur épisode de la série et qui relate une prise d'otage dans une supérette transformée en spectacle par les médias) ainsi que dans le face à face malsain avec un nouveau voisin soupçonné de pédophilie. Avec Lynette, c'est toute la verve critique de la série qui revient en force, quand les jolies barrières blanches du rêve américain dissimulent un profond mal de vivre.


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Un mal de vivre qu'on retrouve également chez Gabrielle qui tente difficilement d'exister sans Carlos. Si l'on pouvait légitimement craindre de se lasser des minauderies d'une Eva Longoria déconnectée de l'excellent Ricardo Chavira qui l'avait toujours mise en valeur, les errements scénaristiques de mi-saison (un club de mannequinat pour gamine et le retour de Zach Youn) permettront surtout de critiquer la superficialité du mode de vie basé sur le luxe, l'argent et la beauté. Plus que jamais, Desperate Housewives fustige les ploucs tentant de passer pour des canons d'élégance, condamne un monde où l'argent permet d'acheter l'amour ou l'amitié et rappelle que la beauté est un sésame qui ne dure pas. L'argent et la beauté sont d'ailleurs deux sources d'un pouvoir largement remis en cause dans le dernier tiers de saison s'aventurant dans les affres politiques de Fairvew. Un pouvoir corrompu qui casse le mythe de la success story, laissant une Gabrielle plus désespérée que jamais dans sa robe de mariée. Arrachée à son conte de fée, il va bien falloir qu'elle grandisse.
Comment clôturer ce tour d'horizon de Desperate Housewives saison 3 sans évoquer le cas Bree Van de Kamp devenue, dès le second épisode, Bree Hodge ? Pilier phare de la série qu'elle a toujours tiré vers le haut par sa simple présence, elle est au centre du grand suspens annuel impliquant son nouveau mari ainsi que Mike Delfino. Une manière impeccable de faciliter les interactions entre les personnages et de renforcer l'intensité dramatique puisque, contrairement à l'intrigue des Applewhite, tout le monde est directement concerné par les faits. On pourra évidemment tiquer sur la remarquable coïncidence qui veut que Orson et Mike se retrouvent liés par un passé commun et débarquent tous deux à Wisteria Lane, tout comme on pourra s'agacer de la facilité scénaristique qui veut que beaucoup de monde ait côtoyé la mystérieuse Monique. Heureusement, tout cela est vite éclipsé par des séquences d'une remarquable perversité impliquant la mère d'Orson et son ex-femme, incarnation virulente d'une Amérique conservatrice totalement monstrueuse. De quoi tempérer les critiques adressées à Marc Cherry, souvent accusé de véhiculer ses idées républicaines à travers sa création.
Si les deux premiers tiers de la saison parviennent à se hisser sans peine au niveau d'excellence de la saison 1 en retrouvant le parfait équilibre entre l'humour, l'émotion et le suspens, c'était sans compter sur un évènement de taille dans les coulisses du tournage qui allait sensiblement influer sur les derniers épisodes : la grossesse de Marcia Cross. Attendant un nouvel enfant, la comédienne s'est mise à enfler aux alentours de l'épisode 10, contraignant les réalisateurs à user de subterfuges grossiers pour dissimuler son ventre énorme (on ne compte plus les plans où Bree apparaît derrière une télé ou un ustensile de cuisine) avant d'employer d'affreuses doublures cadrées de dos. Congé maternité oblige, Marcia Cross finit par disparaître de la série dès l'épisode 16 et ne reviendra que pour le grand final, entraînant une sensible baisse d'intérêt du spectateur baladé entre des intrigues plus ou moins sympathiques mais auxquelles il manque ce petit supplément de folie psychorigide et de suspens (ce n'est pas la mini intrigue McCluskey qui y changera quoi ce soit) qui fait toute la différence.
En dépit de toute la bonne volonté des auteurs (dont un amusant épisode centré sur les hommes et narré par la voix off du défunt Rex Van de Kamp) Desperate Housewives sans Bree, ce n'est plus tout à fait Desperate Housewives et il est regrettable que cette absence prolongée soit venue freiner une saison qui avait tout pour s'imposer comme la meilleure du show. Il faudra donc se contenter d'apprécier cette troisième fournée d'épisodes comme un savoureux retour aux sources permettant de boucler un cycle (Mike et Susan enfin ensemble, le suicide d'Eddie en écho à celui de Mary-Alice) tout en ouvrant des portes sur une suite qui, on l'espère, confirmera le regain de qualité amorcé ici.

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par Mérovingien02 publié dans : TV : La Lucarne Rose communauté : Gay-friendly
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Jeudi 20 septembre 2007