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Jeudi 6 mars 2008
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Le commentaire de Salim Kechiouche :
À toute vitesse, c'était la jeunesse, le réalisateur vingt-deux ans, une équipe qui ne dépassait pas la vingtaine, à part quelques cas. Dans le car-loge, on s'amusait à s'envoyer des trucs. Une partie de l'équipe arrive, on cache tout à la va-vite. Engueulade.
C'était une ambiance de potes, grands frères, avec Gaël, le frère blond. C'était l'insouciance. J'ai vraiment un bon souvenir de ce film.

© Pascal Faure pour salimkechiouche.com


Fiche technique :
Avec Elodie Bouchez, Stéphane Rideau, Pascal Cervo, Mezziane Bardadi, Romain Auger, Salim Kechiouche, Mohammed Dib, Hasan Akyurek, André Bouvard, Aurélien Morel et Paul Morel. Réalisation : Gaël Morel. Scénario : Catherine Corsini & Gaël Morel. Montage : Catherine Schwartz. Directeur de la photographie : Jne Lapoirie.
Durée : 86 mn. Disponible en VF.



Résumé :
Fils d'ouvriers, Quentin obtient le succès avec son premier roman. Il a pour amis le costaud et charismatique Jimmy et Julie, une jeune fille issue de la bourgeoisie. Samir, un jeune beur, s'éprend de Quentin, qui se refuse à lui mais veut en faire le héros de son prochain livre.

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L’avis d’Olivier Nicklaus :
Gaël Morel revisite la mythologie de l'absolu de l'adolescence avec une caméra physique et sensuelle. La grâce est avec lui.

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Le titre exprime la frénésie des quatre protagonistes à consommer, voire consumer, leur jeune existence. Comme si, à l'instar de James Dean, Raymond Radiguet ou Jim Morrison, il fallait se dépêcher de vivre parce que la fin est proche. Une précipitation qui les pousse dans les bras l'un de l'autre, les sépare prématurément, les fait foncer en moto, et les promeut écrivain en un seul livre.

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Sur un scénario linéaire comme une piste de 100 mètres, Gaël Morel développe un romantisme fiévreux déjà remarqué dans ses courts métrages, une capacité à saisir l'épiderme des choses et, au-delà, ce feu intérieur qui consume les êtres vulnérables.

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Cliché que cet absolu de l'adolescence ? Gaël Morel ne s'embête pas avec cette question. Il s'empare de ce thème et lui insuffle un lyrisme galvanisant et contagieux. Son cinéma physique, sensuel, intuitif semble nourri par des cinéastes américains comme Nicholas Ray (La Fureur de vivre), à l'écart d'une tradition française de cérébralité bavarde. Son talent est de ne pas traiter ces tourments adolescents dans un décorum sombre et claustrophobe, pléonasme que commettent tant de ses condisciples. La lumière de Jeanne Lapoirie idéalise les coteaux de vigne du Beaujolais aussi bien que les corps des quatre interprètes. Ce ne sont plus des personnages, mais des héros, des statues, à l'instar – et toutes proportions gardées – des James Dean (pour Pascal Cervo), Marlon Brando (pour Stéphane Rideau), Sal Mineo (Meziane Bardadi) ou Natalie Wood (Elodie Bouchez).

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Les adultes sont évacués. Gaël Morel, qui avait 24 ans le jour de la sortie d'À toute vitesse, filme des acteurs de son âge, dans un troublant effet-miroir. Si la caméra frôle le visage de Julie pour y capter tout un nuancier de sentiments, elle ne dévoile jamais son corps. La représentation des garçons en revanche est très homo- érotique. Surtout Stéphane Rideau souvent torse nu, qu'il boxe ou qu'il rappe avec la souplesse d'un félin. Un personnage en rupture sociale, mais auquel le regard de l'auteur rend toute sa dignité en soulignant sa beauté brute, sauvage et amère.

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La mise en scène frappe par sa maîtrise, son élégance. Gaël Morel n'hésite pas à pousser les scènes à leur paroxysme, à filmer ses personnages en mouvement, crescendo, jusqu'au drame. Mais il sait aussi se poser sur un visage ou une phrase au moment crucial. C'est cet aplomb dans le filmage qui contrebalance la naïveté de certaines scènes trop écrites. Comme celle où la voix d'Elodie Bouchez commente off son personnage. Ou quelques maladresses quand il s'agit d'enfoncer le clou de la récupération sociale (« Ils chialent devant Le Petit criminel, mais ils ne feront jamais rien pour ceux qui veulent s'en sortir »). Dans son obstination à traiter l'absolu sans recul, Gaël Morel laisse forcément quelques plumes. Mais le culot gomme le cucul, et le dernier quart d'heure, bouleversant, balaie les réserves.

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D'aucuns ne manqueront pas de tracer des parallèles avec le cinéma d'André Téchiné, au motif que Gaël Morel s'y est fait connaître comme acteur. Une référence à la fois écrasante et paresseuse. Si on ne peut nier quelques similitudes (le casting, le décor naturel, des thèmes comme l'homosexualité douloureuse, la tourmente romanesque, la perte de l'intégrité au contact de la capitale), on pourrait tout aussi bien citer Cyril Collard (le métissage sexuel et racial, le tropisme méditerranéen, la symbolique du sang, l'urgence de vivre). Comme Collard d'ailleurs, Gaël Morel n'élude pas la part d'ombre du destin de ses héros, mais il offre dans le même temps des raisons de se réjouir.

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Ainsi, cet optimisme sur les rapports entre des adolescents que tout oppose ou le personnage de Kamel, beur griffonnant des poèmes au fond de la cave de sa cité. On est plus près du fantasme que du documentaire. Mais c'est comme les pactes d'amitié éternelle pour lesquels on échange son sang : il faut y croire pour que ça marche.
Pour plus d’informations :

 

par Olivier Nicklaus publié dans : Spécial SALIM KECHIOUCHE communauté : Gay-friendly
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Samedi 19 mai 2007

Je viens de recevoir un petit mot de notre ami Salim Kechiouche et m’empresse donc de le mettre en ligne. Toutes mes pensées t’accompagnent, Salim ! J’espère que vous serez nombreux(ses) à aller le voir et l’encourager !

Daniel

*****

Salut les amis,

À vos agendas !

Je remonte sur scène à partir du 20 Mai, au théâtre du petit Gymnase dans la comédie Rupture entre Amis de Frédéric Rondot.

Venez nombreux le 20, le 26 et le 27 mai à 17 heures (le 2 juin à 20h30, le 3 juin à 17h). Du succès des premières représentations dépendra la programmation de la pièce à partir de Septembre.

Voici le pitch de cette nouvelle comédie délirante dans laquelle je me dévoile sous un angle nouveau :

Difficile de rompre quand vos amis s’en mêlent ! Benji et Juliette vivent en couple pour quelques heures encore seulement… Benji, pour accélérer le départ de son "ex", décide de prendre un colocataire en formule express. Il ne va pas être déçu avec l'arrivée de Karim (Salim Kechiouche) avec qui l'entente va être difficile, surtout quand il va s'apercevoir que son nouveau coloc branche sa meuf dans son dos.

Avec l’arrivée de Cassandra, la meilleure copine dépressive, de JP, le fonctionnaire syndicaliste passionné de bonzaïs, et Diane, la commissaire aux Stups lesbienne, la rupture en cours tourne vite au cauchemar.

Durant 1h15, les révélations s’enchaînent et les masques tombent. Rupture entre Amis est une comédie actuelle servie par une galerie de personnages complètement décalés et portée par une dynamique comique redoutable.

L’Amour triomphera-t-il de cette Rupture entre Amis ?

Je compte sur votre soutien à tous. Je vous invite à vous rendre sur le site officiel de la pièce (www.rupturentreamis.com) ou sur mon site (www.salimkechiouche.com) pour des informations complémentaires.

Numéro de réservation: 01 42 46 79 79

Salim Kechiouche

Lire l’interview de Salim pour Afrik.com



par Daniel C. Hall publié dans : Spécial SALIM KECHIOUCHE
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Vendredi 15 décembre 2006

Fiche technique :
France, 2006, 92 mn
Réalisation : Patrick Czaplinski, captation de la pièce Les grecs de Jean-Marie Besset. Mise en scène : Gilbert Désveaux. Décor : Serge Coiffard. Lumières : Franck Thévenon. Costume : Juliette Chanaud. Directeur de la photo : Cécile Trelluyer. Son : Raphael Dufour. Montage : Dominique Durand.
Avec Xavier Gallais, Marianne Basler, Laurent d’Olce et Salim Kechiouche.

Résumé :
Léna (Marianne Basler) mère de deux enfants, que l’on ne verra pas, mariée à Henri (Laurent d’Olce), a invité, un samedi soir, Alain (Xavier Gallais), son amour d'adolescence dans leur  villa cossue de la belle banlieue parisienne. Apparemment, elle règne, en ce début de soirée, entre un mari à ses petits soins et un ami, ancien amant, intellectuellement son complice. Alain et Léna se sont connus en Grèce. Ils avaient dix-huit ans. Ils ont eu alors une brève liaison, avant qu'Alain préfère les garçons. La vie les a séparés. Ils se revoient depuis quelques mois, grâce à la rencontre fortuite d'Henri avec Alain, et du désir souterrain qui existe entre les deux hommes. Léna se complaît à l’évocation de leur voyage en Grèce. Mais l'ancien amant, devenu homosexuel, est celui qui apporte la discorde dans ce couple bourgeois modèle, à la façon des Grecs ravageant la belle ville de Troie. L’Illiade est le sujet de la conversation écran du dîner. Alain est, à la façon d'Achille, le guerrier qui entre en conflit avec l'ordre établi, la famille, le couple... Insensiblement, par touches légères, par degrés progressifs, l’ordre apparent se désagrège. La façade sociale, l’illusoire amitié se révèlent factice. À l’acmé de ce dévoilement brutal des corps et des cœurs débarque Osman (Salim Kechiouche), le petit ami algérien d’Alain. Peu importe qu’il soit l’amant d’Alain, guidé par la jalousie, son intrusion épure le jeu : il enlève les masques, force chacun à avouer, devant les autres, ce qu’il désire. Osman rend manifeste l’ultime défaite de Léna. Elle se donne à lui, complice. Au petit matin, on pansera les blessures par des échanges jubilatoires autour de la table du petit déjeuner...

 


L’avis de Bernard Alapetite (Eklipse) :
La première qualité de la pièce de Jean-Marie Besset, comme de tout son théâtre, est de ne pas se vouloir naturaliste. Le théâtre n’est pas la vie. Il est une autre vie, consolante dans la mesure où il nous rend maître de quelques lois et donne l’illusion de fixer le temps parce qu’il crée un temps qui lui est propre. Besset renoue avec le grand théâtre de l’entre deux guerres. Sa référence la plus immédiate est Bernstein, mais on peut y voir aussi des réminiscences de Giraudoux et de Bourdet.
Les Grecs se placent dans la droite ligne d’une de ses premières pièces, Ce qui arrive et ce qu'on attend, qui a révélé cet auteur brillant. On y suivait l'itinéraire chaotique d'un jeune architecte qui rencontre un ami d'enfance, dans l'antichambre du pouvoir. Tous les thèmes de Jean-Marie Besset étaient déjà réunis, les jeux de l'ambition, de la séduction, de l'amour à géométrie variable que l’on retrouve dans Les Grecs et que l’ on peut aussi rapprocher de Rue Babylone (dvd COPAT), son opus précédent, où également un étranger miséreux servait de révélateur à un homme nanti. Le dramaturge ne fait pas mystère de ses maîtres : « André Téchiné au cinéma par exemple, Houellebecq et ses écrits témoignent sans fard d'une réalité amoureuse et sexuelle. J'aimerais réussir ce travail dans mes pièces et tenter d'intéresser les trentenaires à l'art théâtral et qu'ils retrouvent le chemin des salles. »
Encore une fois, Besset place l’homosexualité au centre de son propos, ce qu’il confirme sans fausse pudeur : « Il y a des formes d’homosexualité qui sont aujourd’hui marginalisées, négligées. Ici, je parle de ce rapport à l’homosexualité très complexe qui est celui des Maghrébins, de la sexualité furtive et secrète du mari, et je présente avec l’ami un type d’homosexuel que je définis comme très parisien, à la Chéreau, Navarre, Foucault… très intellectuel, très dur, dominant l’autre... On m’accuse parfois de faire du prosélytisme : mais je n’ai jamais cherché à convaincre quelqu’un de devenir homo ! Je témoigne, je parle de ce que je connais, de la société comme elle est. Il y a beaucoup d’homos autour de moi, à commencer par moi : j’écris aussi à travers mon prisme. Ce n’est pas du militantisme, c’est une façon de rétablir une réalité souvent occultée même dans cette longue tradition française d’auteurs homos qui n’en ont pas parlé ! Ce n’est pas militant non plus dans la mesure où je ne fais pas des essais sociologiques. Et en même temps, l’homosexualité est aujourd’hui un des thèmes très importants du débat. »
Il est incontestable que les intellos-bourgeois (de gauche bien sûr, le bourgeois de droite ne peut être qu’inculte selon la doxa parisienne) se reconnaîtront dans les personnages de la pièce. Où est le mal à cela ? Je reconnais sans aucune honte que je suis plus près de ce groupe abhorré par ses propres sectateurs, qui constituent la grande majorité du public du théâtre, que des paumés du Gardien de Pinter, des actants loqueteux d’En attendant Godot ou bien encore des folles carnassières du grand Copi... Pourquoi cette timidité sur scène comme ailleurs, depuis la déshérence du marxisme, à dire le fait social ? On voit bien qu’autant Besset est brillant dans sa peinture du désir autant il est timoré en ce qui concerne le constat social. On apprend subrepticement que Léna est une brillante normalienne. On nous glisse qu’Alain est médecin, fonctions ou qualités qui d’ailleurs n’ont pas d’incidences sur le déroulement de l’intrigue; mais le mari n’a pas droit à une quelconque qualification. On sait juste qu’il était en séminaire à New York le 11 septembre 2001. Il faut dire que l’on a un peu de mal à s’en persuader, car aussi bien Laurent d’Olce que Jean-Michel Portal, leur talent indéniable n’est pas en cause, n’ont pas le profil idéal pour le rôle. Quant à Osman – personnage si archétypal que l’on sent bien que dans l’esprit de l’auteur, il ne peut être que chômeur ! – Salim Kechiouche, qui ne rentre qu’à la 46e minute du spectacle, reprend peu ou prou son personnage du film Grande école, qui n’existait pas dans la pièce de Besset dont est tiré le film, et qui y a été ajouté par Salis pour le grand écran.
Il est amusant de lire dans le dossier de presse que Gilbert Desveaux, le metteur en scène, qualifie Les Grecs de pièce optimiste et que l’accommodement du couple aux diverses entorses à la fidélité est bien préférable au divorce, sous entendu pour les enfants. Avec cette intronisation de l’homosexualité dans le couple bourgeois, on ne peut être qu’ébahi par la faculté de récupération par la bourgeoisie des revendications soixante-huitardes pour les libertés sexuelles. C’est à la fois effrayant et consolant...
La captation, probablement réalisée à l’aide de quatre caméras, est fidèle à l’efficace mise en scène de Gilbert Desveaux, tout en prenant de vraies partis pris dans la mise en image ; comme celui de privilégier les plans moyens par rapport aux gros plans et aux plans larges. Ainsi souvent on a le sentiment que les acteurs jouent sur un fond de toiles de l’abstraction géométrique à la Mondrian ou à la Magnelli, ce qui est du meilleur effet esthétique et nous recentre sur le jeu et le texte, nous évitant d’être par trop accaparé par le splendide décor de Serge Coiffard.
Ce décor est un atout essentiel pour la pièce, tant il est beau. Les producteurs de spectacles devraient toujours avoir à l’esprit, que c’est d’abord, le décor que l’on voit durant toute une représentation. Dans Les Grecs, il n’est pas seulement magnifique, il est informatif, beaucoup plus que le texte, sur la situation sociale et le goût des habitants du lieu.
Son importance était validé par la communication du Théâtre du Petit Montparnasse, dans lequel la pièce fut créée au printemps 2006, qui choisit, avec beaucoup d’audace, comme affiche, l’extérieur supposé de la villa où se déroule l’intrigue. La furtive mention du RER et de l’ouest parisien, me fait subodorer que cette belle maison d’architecte doit se situer du coté de Chatou et du Vézinet. Elle est curieuse cette répugnance des auteurs de théâtre français à ne pas vouloir situer géographiquement avec exactitude leurs pièces, alors que leurs confrères anglais se régalent des énumérations de lieux, rues et autres gares dont ils parsèment leurs œuvres. Ce qui a aussitôt pour effet de faire naître, pour bon nombre de spectateurs, bien des réminiscences qui enrichissent de leurs sous-textes les pièces. 
Le parti pris du plan moyen a pour conséquence que nous contemplons assez rarement la totalité du décor. Lorsque cela se produit, celui qui a vu la pièce, lors de sa création au Petit Montparnasse, s’aperçoit que la caméra n’a pas été positionnée comme le serait un spectateur situé au centre d’une rangée, face à l’action, mais de biais, tel un voyeur, situé à l’extrême du côté jardin. Choix curieux puisqu’un décor de théâtre est d’abord étudié pour être vu du centre, donc avec un regard perpendiculaire à la scène. Le résultat est que nous percevons le plateau plus grand qu’il n’est dans la réalité. Cette vue a pour corollaire de rendre plus froid et moins intime ce lieu de vie où déjà dominent les couleurs froides et le béton brut.
Il aurait été préférable que la captation s’effectue sans public, celui-ci reste toujours hors champ. Ses rares interventions sonores sont plus gênantes qu’efficaces pour la recréation de l’ambiance de la représentation théâtrale.
Le montage va bien au delà du sempiternel champ contrechamp. Il soutient bien le rythme de la pièce. On lui pardonnera quelques images presque subliminales et qui sont surtout intempestives.
La première surprise en découvrant la captation est de constater que Jean-Michel Portal, créateur du rôle d’Henri, a été remplacé par Laurent d’Olce qui était depuis dix ans pensionnaire de la comédie Française. Les Grecs est son premier spectacle depuis qu’il a quitté la maison de Molière. Même si Laurent d’Olce ne démérite en rien, on ne gagne pas au change. Tout comme Portal, il me parait un peu trop prolétarien pour incarner le personnage d’Henri. Il joue plus frontal et apporte moins de mystère à ce mari ambivalent qu’en apportait Portal. Marianne Basler est remarquable. Elle est merveilleuse dans la première partie de la pièce dans cette époustouflante conversation mondaine, proprement homérique, dans laquelle elle « dombaslise » avec gourmandise. Nous sommes soudain transporté dans un Rhomer un peu trop chic. Salim Kechiouche est impeccable, juste comme toujours, dans un emploi qu’il connaît bien, celui du beur tentateur mais méritant. C’est surtout Xavier Gallais, en tête à claques de charme, qui nous enchante de son jeu tout en finesse fait de petits riens qui construisent de minute en minute son personnage. En 2004, il a remporté le Molière de la Meilleure Révélation Masculine pour la pièce de Koltes, Roberto Zucco, mise en scène par Philippe Calvario.

L’habile construction de la pièce avec ses multiples relances, l’excellence de la captation aux cadrages soignés offrent un constant plaisir malgré les petites réserves que je développe ci-dessus.
La captation de la pièce sortira prochainement en DVD chez COPAT.fr

par Bernard Alapetite publié dans : Spécial SALIM KECHIOUCHE
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Jeudi 2 novembre 2006

Et voilà que s’achèvent les dix jours consacrés à Salim. Dix jours pendant lesquels vous avez été nombreux à venir nous lire et à nous découvrir, je vous en remercie chaleureusement. Et pourtant d’autres posts sont prévus et paraîtront dans les jours à venir (consacrés notamment aux films À toute vitesse, Premières neiges, Gigolo et aux rôles dans les téléfilms) car des problèmes de serveurs de notre hébergeur m’ont bloqué pratiquement trois journées, ce qui explique ce retard. En fait, nous continuerons à observer la carrière de Salim Kechiouche et à l’encourager.

Je tiens donc à remercier toutes celles et ceux qui m’ont grandement aidé à réaliser ce projet qui me tenait à cœur : Salim Kechiouche (of course ! Pour tout ce que tu as fait et tes compliments), Pascal Faure (toujours disponible et charmant), Michel Giliberti, Youssef Nabil, Abdellah Taïa, Samuel Ganes, Philippe Quaisse, Philippe Leroux, Michel Derville, Gérard Courant, Zanzi, Pierre & Gilles, Bernard Alapetite et Cyril Legann pour Eklipse, Samuel Coraux pour AntiProd, Loïc Rio pour One plus One (et l’épisode du Grand Patron !), Rémi Lange, Thomas Desmond (pour les bannières), Gloria Films, Christian (webmestre du site de Stéphane Rideau), David de Media-G et tou(te)s le rédacteurs(trices) des critiques online. Je vous transmets aussi les remerciements de Salim pour tout ce travail qui l’a vraiment touché.

Salam chaleureux à vous tous,

Daniel C. Hall

Et je vous rappelle que vous pouvez aller voir Salim dans sa nouvelle pièce (cliquez sur l'affiche pour plus d'infos) en ce moment à Paris :

par Daniel C. Hall publié dans : Spécial SALIM KECHIOUCHE
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Mercredi 1 novembre 2006
 

 

 

Les photographies sont (c) Philippe Leroux.
Tous droits réservés. Reproduction interdite.
Publiées avec l'autorisation de Pascal et Salim.
par Daniel C. Hall publié dans : Spécial SALIM KECHIOUCHE
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Mardi 31 octobre 2006


Le parcours de Michel Derville est étroitement associé au « Théâtre du Verseau » qu’il a créé avec le comédien et metteur en scène Jean Menaud en 1984.
Avec cette compagnie, Michel Derville a créé Vie et mort de Pier Paolo Pasolini de Michel Azama, Jacques le fataliste, son maître et les autres d’après Diderot, les caprices de Marianne d’Alfred de Musset, Antigone de Jean Anouilh, Bérénice de Jean Racine, le Neveu de Rameau de Denis Diderot en 1999 qui, comme beaucoup des spectacles cités précédemment, a dépassé les 100 représentations mais a aussi été joué en Pologne, Hongrie, Roumanie, Ukraine… pour les instituts français et les alliances Françaises.
Dans ce parcours, Nous, Théo et Vincent Van Gogh de Jean Menaud apparaît comme un remarquable succès avec près de 700 représentations à Paris, une tournée en France, Belgique, Hollande, Espagne, Portugal, Etats-Unis, Canada. Une pièce jouée dans 12 pays et traduite en 8 langues.

Images (c) Eklipse. 


Il y a des acteurs « évidents » ! Salim est de ceux-là ! Lorsque nous l’avons auditionné avec Jean Menaud, nous avons su immédiatement que nous avions notre assassin pour Vie et mort de Pier Paolo Pasolini. Non que Salim soit un tueur, mais il porte en lui une animalité et un instinct dont il sait se servir pour nourrir un personnage. Il est à l’écoute de son metteur en scène et répond dans l’instant aux propositions, et c’est juste et vrai. Et spontané. Pas de trucage, ni de tics : la vérité. Et il ne se prend pas la tête, tout dans la bonne humeur ! ce qui ne l’empêche pas de « payer comptant » tous les soirs en scène, avec générosité. J’espère avoir le plaisir de retravailler avec lui, pour nous refaire de beaux souvenirs...

Bien à vous,
Michel Derville


Note de Daniel C. Hall : Un grand merci à Michel pour sa gentillesse au téléphone et pour avoir tenu à écrire ces quelques lignes malgré sa phobie de l’informatique et son départ imminent hors de Paris.

par Michel Derville publié dans : Spécial SALIM KECHIOUCHE
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Mardi 31 octobre 2006


Photographie (c) Pierre & Gilles.
Tous droits réservés. Reproduction interdite.
Publiée avec l'accord d'Eklipse.
Merci à Cyril Legann et Bernard Alapetite.
par Daniel C. Hall publié dans : Spécial SALIM KECHIOUCHE
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Mardi 31 octobre 2006

Giuseppe Pelosi (Salim Kechiouche), Photo (c) Eklipse.


Le commentaire de Salim Kechiouche :

Un metteur en scène, Jean Menaud, m'a contacté par le biais de l'ANPE du spectacle, ce qui montre que l'ANPE ça peut servir. J'avais fait déjà un peu de théâtre à La-Scène-Sur-Saône avant que je vienne vivre à Paris. Il m'a contacté pour jouer le rôle de l'assassin de Pasolini, il m'a fait passer une audition. Je me suis donné avec l'énergie que j'avais. Il m'a recontacté une deuxième fois, une troisième fois, il m'a expliqué qu'il avait vu beaucoup d'autres comédiens. Il m'a dit que c'était moi.

Je pense que Jean, c'est un metteur en scène d'instinct, qui sent les gens, ça a accroché vis-à-vis de ça, il voulait quelqu'un qui ait une sorte d'instinct du jeu, il a senti ça chez moi. J'ai joué avec mes vrais sentiments, si je dois pleurer sur scène, je pleure pour de vrai, ce n'est pas que je joue que je pleure.

Jean m'a appris beaucoup de choses, de voir ce qu'il y a derrière un texte, de voir entre les lignes ce que l'on veut vraiment dire. Jean c'est un mec engagé, il est entraînant, avec lui tu vas au charbon. Il me disait " sur scène, tu payes comptant, Salim ". C'est vraiment un grand monsieur. On s'est tous très bien entendus, avec Michel Derville et Cyril Romoli, jeune comédien. Bien que la pièce ne fût pas très joyeuse, on rigolait pas mal avant, quand on avait le trac, et après, Michel disait " elle n'est pas gaie cette opérette ! ".

J'ai appris que Nicolas Cazalé, un des acteurs qui a tourné avec Gaël Morel, trois ans auparavant avait joué le rôle de l'assassin de Pasolini. Cela m'avait déconcerté, cette coïncidence. Jean ne connaissait pas Gaël mais ce n'est pas un pur hasard, tous les deux sont dans l'univers pasolinien, un univers parfois assez dur, avec des ragazzi di vita, des garçons de vie. Nicolas ou moi, on joue d'instinct, et on dégage une sorte d'aura qui correspond à cet univers-là.

Pasolini c'est un univers formidable. Il n'a pas eu une vie facile, il a porté le flambeau à une époque où il ne fallait pas tenir le flambeau, il était seul contre tous, il a tenu bon, c'était quelqu'un de super courageux, de vivant, un grand bonhomme. Ça m'a fait plaisir de pouvoir toucher à cet univers. Même si sa vie n'était pas facile, souvent dans ses films on retrouve un univers assez joyeux, assez beau. Le message qu'il nous a laissé, c'est la paix, la dénonciation du fascisme.

Je pense qu'on a tous fait ça avec nos tripes. Le théâtre c'est vraiment une expérience autre que le cinéma. Pendant plus d'un mois, se dire tous les matins " à dix-huit heures, je suis au théâtre, à vingt heures, on lève le rideau ", c'est une sensation que je n'avais jamais ressentie avant. Au théâtre, c'est direct, tu es jeté dans l'arène, tu dois gérer ton personnage, tu dois gérer tes émotions, tu dois gérer ton espace, tu as une sensation de saut dans le vide, et à la fin, tu arrives à atterrir, bien. C'est une expérience personnelle plus grande que le cinéma. Ces deux approches sont différentes. Contrairement à ce qu'on dit, là où on répète le plus, c'est au cinéma, parce que tu fais vingt fois la prise, tu répètes la même chose. Au théâtre, quand tu joues, tu ne répètes plus, parce que le théâtre, justement, c'est jouer. J'ai vraiment hâte de refaire du théâtre.

© Pascal Faure pour salimkechiouche.com

 

Fiche technique :
Réalisation de la captation : Cyril Legann et Antoine Soltys. Avec... Michel Derville, Salim Kerchiouche, Jean Menaud et Cyrille Romoli. Texte : Michel Azama. Mise en scène : Jean Menaud.
Durée : 105 minutes. Bonus : 55 minutes. Disponible en VF.

Résumé :
La pièce de Michel Azama ne raconte pas la vie et la mort de Pasolini : elle est l'évocation, par le théâtre, d'un destin exceptionnel. Elle est aussi un roman policier où l'assassin serait non pas le jeune homme armé d'un couteau, mais la société bien pensante toute entière, et la victime, promise à l'immortalité des poètes, invulnérable.
Dans la nuit du 1er au 2 novembre 1975, Pasolini, poète, romancier, cinéaste, meurt assassiné, par un prostitué de passage, sur une plage non loin de Rome. Du Frioul de sa jeunesse à la plage d'Ostie, la pièce de Michel Azama explore les rapports d'un individu avec le monde, avec la société dans laquelle il vit en éternel rebelle. Elle montre son exclusion du Parti Communiste, ses combats, ses bonheurs, ses amours. Loin d'une hagiographie, dans une langue claire, subtile, poétique et contemporaine, sans pudeur, dans une construction cinématographique au-delà du psychologique, Azama nous découvre un homme combattant, un homme déchiré, personne publique, personne privée. Un homme au plus intime. Un homme, bouc émissaire d'un monde qui tue. Un homme-poète qui rejoint Sade, Baudelaire, Copernic, Rimbaud, Giordano Bruno, Villon. Un de ceux qui disent « NON ».

Giuseppe Pelosi (Salim Kechiouche) et Pasolini (Jean Menaud), Photo (c) Eklipse.


L’avis de Joseph Agostini (La Théâtrothèque) :
Pasolini est ici vu comme un véritable kaléïdoscope de souffrances et d'extases, de folies et de vérité. 
« Pasolini est un psychopathe des instincts ». Voilà la sentence lapidaire d'une Italie sociale démocrate réactionnaire et corrompue jusqu'à l'os. Chez les censeurs, pas de place pour le génie. Il faut psychologiser, rationaliser, ordonner, sélectionner, bref, il faut lyncher le bouc émissaire. Pier Paolo Pasolini meurt en novembre 1975, assassiné par un prostitué sur une plage. Il laisse une œuvre considérable, faite de romans, de films, de pamphlets visant une société de masse aliénante, qui n'autorise pas « le dérèglement de tous les sens », la recherche du poète infatigable. Communiste et exclu du parti, primé par l'Office catholique du cinéma et dénoncé pour obscénité, accusé de pervertir une Cité normosée, ravagée par ses tabous, hantée par ses propres fantasmes... Pasolini est le Diable, incarnation des excès les plus proscrits par la morale bien pensante.
Vie et mort de Pier Paolo Pasolini n'encense pas le maître. Elle ne fait que constater le fossé entre l'acte artistique, débridé, et les codes socio-culturels enfermants, par lesquels une minorité domine. Michel Derville est le juge, le député, tous les accusateurs offusqués, pointant du doigt les oeuvres de Pasolini comme autant d'immondices. Jean Menaud, lui, incarne l'écrivain cinéaste, en proie aux procès, à l'humiliation, qui ira, malgré tout, aux limites de l'homosexualité, de la prostitution et de sa propre « vision » artistique, toujours scandaleuse. La vie et la mort de Pasolini arrivent à nos yeux et à nos oreilles. Le texte de Michel Azama éclaire, sobre et touchant. Il mélange l'extrême froideur de la justice et la sensualité des tapins tristes, les crachats des bourgeois et le sens du sacré... Pasolini est ici vu comme un véritable kaléidoscope de souffrances et d'extases, de folies et de vérité. Son mystère reste intact, son calvaire nous est décrit.
L’avis d’Arnaud (Adventice) :
Ode à la marge
Deux corps nus étendus dans l’obscurité. L’un des deux hommes bouge, se redresse : c’est Giuseppe Pelosi (Salim Kechiouche), la petite frappe, que l’on traîne devant le juge d’instruction pour l’accuser du meurtre de Pasolini – meurtre qu’il reconnaît, mais en affirmant son caractère fortuit.
Le juge pointe les incohérences du dossier, démontrant que le poète, romancier et cinéaste du scandale n’a pu être tué par un homme seul – mais, contre to